-Comment fait-on pour gagner une demi-heure sur le record de la Patrouille des Glaciers?
-On fait un pas après l'autre. Mes collègues et moi avons suivi un entraînement spécifique pour la Patrouille des Glaciers. Nous sommes beaucoup allés en altitude. Et nous étions très au point au niveau technique aussi. Les conditions météo nous ont aussi beaucoup favorisé. Pas trop froid à Tête Blanche. On n'est donc pas allé puiser dans les ressources. Bonne visibilité pour le ski ensuite. Et la neige était bien gelée ce qui nous a permis de bien glisser sur les plats.
-Quel a été le passage le plus délicat, où par exemple vous auriez pu flancher?
-La longue montée dans les vallons au bout du lac des Dix en direction de la Rosablanche... C'est très très long. Et lorsque nous sommes passés à 7h30, il faisait déjà très chaud. Mais nous n'avons pas eu d'ennui mécanique et mes coéquipiers ont bien tenu. Je les ai tirés un peu à l'élastique...
-Quand on est champion du monde, qu'on a gagné la Mezzalama et la Pierra menta, qu'on s'offre le record sur la PDG, que peut-on encore espérer en tant que sportif d'élite pour s'accomplir?
-Tout regagner une fois (rires). Non, là, je profite du moment présent. C'est une journée extraordinaire pour nous, pleine d'émotion. Je la vis pleinement. Ensuite, je me fixerai des objectifs. Seuls les objectifs vous permettent de progresser en sport. Je n'y ai pas trop pensé jusqu'à maintenant mais je vais sûrement m'engager passablement en course à pied. J'ai fait le troisième temps l'an dernier à Sierre-Zinal, premier au Tour du Val de Bagnes. Cette année, je courrai l'ultra-trail du Mont-Blanc. Et puis, je ne ferai pas éternellement du sport d'élite. Dans la vie, il y a tellement de choses à côté du sport.
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Zermatt est un drôle d'endroit. Qui sied bien à la Patrouille des Glaciers, qui est une drôle d'aventure finalement. La grand-messe du ski-alpinisme se joue dans la montagne, mais elle ne serait rien sans les veillées zermattoises et leurs cotillons: mélange incongru.
Après le dernier bon mot, solennel, du commandant à ses patrouilleurs à l'Eglise, se déploie lentement dans les rues de la capitale alpine une ribambelle de people, politiques, notables, trinquant au sport et à la joie de ne pas avoir à en faire, apparemment.
Puis, par marées, chaque heure dès 22 heures, les trios vedettes se pressent vers la ligne de départ tels des lumignons de cortège, dans une curieuse alternance: des commentaires soporifiques, au micro, et quelques silences de prière interrompus par des larsens. Peu importe, personne n'écoute.
Boom. Coup d'envoi d'Eveline Widmer-Schlumpf. Les lampes frontales tracent leur sillon entre les vitrines. Boom Boom. Les premières pulsations dictent le rythme de la trotte d'approche vers Staffel où l'on chaussera les skis pour amorcer une interminable montée vers Tête Blanche. Les populaires, d'abord. En sont-ils encore pour aligner 100 kilomètres effort dans la montagne ?
Les Troillet, les Blanc, les Pedrini, encore à la sieste pour certains d'entre eux, fendront la nuit à trois heures. Parmi eux, l'Espagnol Javier Martin de Villa (Dynafit Team), avec qui nous avons partagé l'hospitalité à souper, et qui s'est classé 2e aux Championnats d'Europe par équipes en 2009 (qu'il a courus avec son compatriote, la flèche Kilian Jornet Burgada) est épatant de flegme et d'humilité.
Il a mangé comme nous (rôti, haricots en lardons et purée) et bu comme nous (un verre de rouge, dixit «ça aide pour la sieste»). Tout à l'heure, il s'en ira là où, ça y est, pris d'une légère ivresse, les notables, invités, VIP, auraient de moins en moins envie de s'aventurer. Ni nous d'ailleurs.
On leur prédit pourtant une belle nuit, aux marathoniens du granit et de la glace, couronnée par une météo presque parfaite jusqu'à demain toute la journée, selon Didier Ulrich, le météorologue officiel de la course, croisé sur le chemin du retour: frais mais pas glacial, un peu couvert en début de nuit, puis grand beau. Mais très chaud à mesure que la matinée s'égrainera.
Rédigé à 01:23 | Lien permanent | Commentaires (0)
Ils sont là-haut. Leurs poumons crachent une petite suie d’excès qui s’envole vers les cieux. Un pas après l’autre, les patrouilleurs avalent d’ultimes hectomètres de dénivelé, qui couronneront plusieurs mois d’entraînement. Et alors que la file indienne se déroule lentement entre Zermatt et Verbier, butant sur les reliefs, Tête Blanche (3600m), de Riedmatten (2900m), Rosablanche (3000m), une question taraude forcément tout esprit bien constitué: pourquoi se faire mal ?
Les élites comme Florent Troillet (portrait dans Le Temps du jour) ont fait de la souffrance leur métier. Mais les autres ? Les populaires, les invétérés des dimanches sportifs et des soirées en salle de gym, qui n’ont eu dans la tête que ces trois lettres, PDG, depuis le jour du sacrosaint bulletin d’inscription ? Qu’ils se risquent sur le mythe, la grande, la vraie, l’authentique, la repoussante (Zermatt-Verbier) ou qu’ils s’engagent sur le petit tracé (Arolla-Verbier), la dévotion les a, pour un temps, engloutis tout entiers.
Tout n’est pas beau dans l’aventure PDG. Ici, les séances d’entraînement éclipsent la vie de famille. Là, l’obsession du régime alimentaire prend le pas sur la convivialité. Que dire des tachycardiques qui font l’impasse sur des amis croisés en montagne pour ne pas dérégler le chrono ? N’aspirant plus qu’à voir le graal, certains ont déjà trébuché, bien avant les premiers cols. Alors qu’on devrait se réjouir pour eux, voilà que les populaires nous filent le blues.
Rédigé à 10:16 | Lien permanent | Commentaires (1)
Pigne d'Arolla. Certains concurrents, qui passent ici de nuit, ne le verront pas, dans la montée vers le col de Riedmatten, mais l'insolent Pigne d'Arolla veille. Le mastodonte est un lieu de dépose très fréquenté pour le ski héliporté qui alimente un débat passionnel ces jours.
Col de Riedmatten. Le mythique col de Riedmatten (2919m) a occupé dix-neuf hommes de l'armée, placés sous les ordres du guide de montagne Alex Doyen pour aménager un passage. Lundi, les grimpeurs avaient de la neige jusqu'à la taille. Un minage plus tard (bombe pour déclencher les avalanches), le col est sécurisé mais l'alternance de neige et de terre rend l'accès délicat.
Alex Doyen. Guide de montagne au civil, Alex Doyen travaille à la sécurisation du col de Riedmatten depuis 2000. Il en est le chef de poste depuis l'édition 2008. Mercredi à 10h30,à quelques heures des premiers départs, le couloir était dans un drôle d'état. "Il sera tout à fait praticable au moment du passage des concurrents", assure le guide. "La nuit et au petit matin, les basses températures sont beaucoup plus favorables. Apèrs 8h30, plus personne ne passera ici."
A l'entrée du col. Vu les conditions, les hommes qui ont aménagé le couloir, taillé des marches et installé des cordes pour un meilleur assurage des patrouilleurs, ont été contraint de renouveler leur ouvrage tous les jours, de haut en bas du vertigineux éperon.
Panorama. Un coup d'oeil en arrière vers Arolla: à droite, le vallon d'où arriveront les premières patrouilles dès cette nuit. En contrebas, le poste sanitaire de Riedmatten. C'est, généralement, celui qui se trouve de l'autre côté du col qui est le plus sollicité. Il arrive assez fréquemment que des concurrents se luxent en redescendant le couloir.
Rédigé à 21:40 | Lien permanent | Commentaires (0)
Un crash d'hélicoptère, une avalanche dans le couloir de la Rosablanche, une chute de séracs au Mont-Collon. Il y a longtemps déjà qu'on se prépare au pire à la Patrouille des Glaciers, mais cette année l'heure est à la rationalisation.
Les accidents de la Kander et de la Jungfrau ont laissé des traces au point que le nouveau patron de la PDG, Ivo Burgener - qui était commandant remplaçant de la base d'Andermatt lors de l'exercice tragique - a imposé une cellule de gestion des risques et de gestion de crise.
Fallait-il encore trouver un volontaire pour cette tâche ingrate. Et le nominé est...Xavier Fournier. Le trentenaire bronzé, qui ronge son frein dans un petit bureau de la caserne de Sion alors que ses collègues guides de montagne grimpent les becquets, est taillé sur mesure pour le poste.
École de recrue chez les spécialistes alpins d'Andermatt, guide au civil, engagé dans la formation avalanche pour Swiss Snow Sport, expert Jeunesse et Sport dans les branches de la montagne, il a roulé sa bosse à la PDG, d'abord comme soldat à la Rosablanche, puis en tant que responsable du détachement d'intervention à Tête Blanche et enfin chef de poste aux Plans de Bertol.
Responsable des cours de formation pour les concurrents de la patrouille encore, où il a mis en place un système de gestion des risques, Xavier Fournier a accepté sa nouvelle mission notamment pour que la Patrouille «garde le know-how» en matière de gestion des risques.
Car ce know-how existe, soutient-il. «25 000 personnes sont déjà passées par là, engagées dans un terrain hostile, depuis 1984, sans incident majeur. C'est une preuve que le système a fonctionné. Or, tout se faisait jusqu'à présent entre quelques personnes et en quelques coups de fils. Désormais, tout est inventorié et protocolé.»
Avec les chefs de postes, Xavier Fournier a identifié 110 risques. Certains mineurs, d'autres majeurs et très peu probables comme ceux cités plus haut, d'autres, enfin, beaucoup plus probables comme un ennui sanitaire touchant un ou plusieurs concurrents.
«La Patrouille doit apprendre à vendre un mort», raillait récemment un membre de l'organisation pas très langue de bois, entre deux courses vers les hauts. On a connu plus diplomate mais c'est la loi des grands nombres qui lui a soufflé l'inéluctable.
Rédigé à 23:52 | Lien permanent | Commentaires (0)
Jean-Michel et Basile Bournissen.
Quand on naît Bournissen, on meurt dans la neige. Comment pourrait-il en aller autrement puisque dans cette fratrie chevillée aux cimes du haut Val d'Hérens, on est guide de montagne, gardien de cabane, chargé de sécurité ou professeur de ski de générations en générations.
Jean-Michel et Basile (les frères de l'ex-championne de ski Chantal) nous reçoivent à l'hôtel Mont-Collon, un monument de la fin du siècle au cœur d'Arolla. Le Mont-Collon, du nom de la montagne emblématique de ce pittoresque petit village, est un des QG historiques de la Patrouille des Glaciers. On trinquera à l'intérieur, «parce que du soleil, nous, on en a assez pris pour aujourd'hui.»
L'hôtel et, en arrière-plan, le Mont-Collon, à Arolla.
Les deux frangins reviennent de tout là-haut. Ils sont chefs technique sur le tracé, ce qui n'est pas la moindre affaire. Les premiers repérages sont faits à l'automne. Puis, trois semaines avant l'épreuve, débute un ballet quasi-quotidien dans les airs et sur l'Alpe pour dessiner le parcours dans les détails.
Dans l'ordre et non exhaustivement, il faut contourner les gouilles à Staffel, juger des conditions sous le légendaire mur du Stöcki, sonder les crevasses à Tête-Blanche, prévenir les chutes de séracs au glacier d'Arolla à la descente des Plans de Bertol, veiller aux plaques de neige entre le Pas du Chat et la Barmaz.
Bref, avec le temps, les deux frères, qui sillonnent aussi ces terrains accidentés le reste de l'année pour l'exercice de leur métier de guide (Basile) ou de gardien de cabane (Jean-Michel), connaissent le tracé par cœur, «presque au caillou près.»
Chez les Bournissen, on est programmé génétiquement pour se dévouer à la montagne et à la Patrouille des Glaciers. Pointez du doigt, au hasard, sur une carte topographique du Valais et vous tomberez assurément sur une cabane construite par le grand-père Basile ou l'arrière-grand-père Camille (Bertol, les Vignettes, l'ancienne cabane des Dix, les Aiguilles rouges, le Vélan, Valsorey).
Basile, le grand-père, avait couru les premières éditions de la PDG (dès 1943) avant son interruption en 1949 suite à trois décès. Camille, deuxième du nom, le papa cette fois, fut de ceux qui relancèrent la course (avec René Martin et Adrien Tchumy) en 1984. Lui succédèrent alors ses deux fils, costauds, tendres bourrus, vrais comme l'eau de source, unis dans la Patrouille par ce qu'ils connaissent de l'esprit de cordée.
Un document sur l'histoire des ancêtres Bournissen
Rédigé à 21:59 | Lien permanent | Commentaires (0)
Ivo Burgener, commandant de la Patrouille des Glaciers.
-Le Temps: La Patrouille des Glaciers: on adore ou on déteste. 900 heures d'hélicoptère pour rendre la montagne accessible et sûre, c'est encore défendable aujourd'hui?
-Ivo Burgener: Je reconnais que l'on peut faire des efforts pour réduire l'impact de l'organisation sur la montagne en limitant autant que possible les vols hélicoptère, j'y veille. Mais il y a une histoire et une tradition si fortes derrière cet événement qui le justifient aujourd'hui presque à elles seules. La PDG a aussi le mérite de faire connaître la haute montagne à ceux qui n'y auraient pas accès autrement. Moi-même, je suis venu à la haute montagne par la Patrouille.
-Vous l'avez courue plusieurs fois...
-Avant cela, je ne pratiquais pas la haute montagne. Je suis Haut Valaisan. Ma famille est proche de la terre comme toutes les familles haut-valaisannes. Quand j'étais petit, nous avions des chèvres et des moutons et nous faisions des balades en montagne mais pas en haute montagne. Personne, chez nous, n'en avait les compétences. La PDG est une course organisée par l'armée mais ouverte aux civils et qui offre donc aux civils cette opportunité de l'accès à la montagne.
-Les civils acquis à la cause ne vous sont pourtant pas tous infiniment reconnaissants. Ceux dont la candidature n'est pas retenue fustigent chaque année la méthode de sélection qu'ils qualifient d'opaque...
-J'ai, au titre de commandant, une certaine marge de manoeuvre dans la procédure de sélection. Il y a peut-être un certain nombre de choses à améliorer mais on ne pourra jamais contenter tout le monde. Allez poser la question aux organisateurs de la Jungfrau Marathon.
-Je vois un billet pour un match du FC Sion dépasser de votre poche. Vous avez troqué avec Christian Constantin qui, lui, a été retenu pour la PDG cette année?
-Absolument pas. Au début du processus, j'ignorais moi-même qu'il participait. Nous prenons en considération le chef de cordée et ce n'est pas lui, c'est Claude Troillet. Par contre, quand j'ai su que le match Sion-Young Boys avait lieu le dimanche précédant la course (aujourd'hui à 15h30) et qu'il était retranscrit sur le deuxième canal de Schweizer Fernsehen, je lui ai demandé si nous pouvions avoir le ballon du match. Il n'a pas hésité.
-Vous espérez toucher le public alémanique, trop peu représenté parmi les concurrents à la PDG?
-Nous faisons notre possible, depuis plusieurs années, pour communiquer en Suisse alémanique. Nous assurons le principe de proportionnalité dans le choix des patrouilles. Or, le ski-alpinisme ne connaît pas outre-Sarine le succès qu'il connaît en Romandie. Nous n'y pouvons rien.
-Peu d'Alémaniques, un audit conduit l'an dernier, une procédure de comptabilité analytique qui révélera le coût exact de l'édition 2010: la Patrouille des Glaicers est-il compromise ?
-Je pense que non. Le coût calculé de la PDG aujourd'hui est d'environ 6 millions de francs. Nos calculs vont assez loin. Sachant que les soldats engagés à la Patrouille le seraient de toute manière dans un autre exercice si la PDG n'existait pas, nous arrivons à un surcoût de 500 000 francs. Je ne pense pas que la comptabilité analytique va révéler des montants exorbitants ni que l'armée pourrait se passer d'une telle vitrine pour le moment.
Rédigé à 21:17 | Lien permanent | Commentaires (0)
photo: Olivier Maire (www.photo-genic.ch)
Par quoi commencer? Son insolent palmarès, sa jolie gueule de chérubin bronzé ou l'humilité de la montagne dont il ne s'est jamais défait, même au sommet?
A 29 ans, Florent Troillet est l'étoile filante du ski-alpinisme. Statut qu'il partage avec l'Espagnol Kilian Jornet Burgada, tantôt compagnon de cordée, tantôt féroce concurrent sur les épreuves individuelles du circuit mondial.
A un saut de puce de Lourtier, son village d'origine au départ du haut Val de Bagnes direction Mauvoisin, où Le Temps l'a rencontré une semaine jour pour jour avant le grand départ de Zermatt, le vainqueur de la Patrouille des Glaciers édition 2008 profite d'une rare journée de trêve.
De retour de Testa Grigia (3480 m) où, avec ses collègues d'entraînement, il a avalé 8000 mètres de dénivelé en quatre jours et peaufiné les derniers détails techniques (ski encordé etc...), la pression du favori se dissipe dans un coca glacé et quelques gros éclats de rire.
Il est, semble-t-il, conscient mais pas victime de la pression qui pèse sur lui. Après la Pierra Menta, qu'il a remporté une nouvelle fois cette année, la Mezzalama, la Patrouille des Glaciers, puis encore les championnats du monde individuel à Andorre en mars dont il est revenu couronné, à quoi peut-il encore rêver, le sherpa valaisan ?
Au record à la PDG (6h18'48)? Il ne conteste pas. «Je suis dans une bonne période, mais ça va dépendre de pas mal de choses, la visibilité, la qualité de la neige...» Le reste, le cœur et les jambes sont prêts pour cela. 950 heures d'entraînement cette année. 250 000 mètres de dénivelé en ski, sans compter les run de course à pied, les envolées à vélo.
Le thème du dopage? Les secrets et l'évolution foudroyante du matériel? Les conseils aux populaires pour ne pas flancher à Tête Blanche ou digérer De Riedmatten? Florent Troillet, né sur des lattes et des peaux de phoques pour ainsi dire, Florent Troillet, 61 kg, 1m76, fait pour «grimper les talus», se confie dans un portrait à paraître dans Le Temps cette semaine.
Rédigé à 21:30 | Lien permanent | Commentaires (0)
"Tu fais la Patrouille?" C'est la phrase la plus entendue, les années paires, en Valais et dans la bouche imbibéé de boisson énergisante des adeptes de ski-alpinisme, le sport chic de cette dernière décennie alpine.
Quand on déroule ses peaux de phoques sur tout un hiver et un début de printemps, qu'on collectionne les hectomètres de dénivelé en ne regardant plus que le ciel, implorant sa clémence, week-end après week-end, il faut en être, de la Patrouille des Glaciers. Au moins une fois.
Or, tant d'appelés - 2000 patrouilles candidates, donc 6000 candidats - si (peu) d'élus – 1400 patrouilles finalement inscrites entre Zermatt et Verbier/ respectivement Arolla et Verbier: tous les moyens sont bons pour entrer dans la légende.
Cette année, l'épluchage méticuleux des dossiers a révélé une imposture: prenant au pied de la lettre la directive de sélection qui garantit un passe-droit aux patrouilles dont un membre est guide de montagne breveté, soixante-et-une patrouilles civiles ont usurpé le titre pour vivre la légende.
Pris la main dans le sac, ces nouveaux scélérats de la montagne, ont probablement pesté un peu moins fort que tous leurs frères déboutés. Grégoire Jirillo, l'homme à abattre, celui qui se fait harceler par les candidats non retenus, peut en témoigner. Une centaine furent les mécontents à réitérer leur demande par téléphone. Quelques lettres désobligeantes, aussi, adressées au commandant, en disent long sur le virus PDG.
Jamais loin d'une chamaille, cette année, c'est le turbulent patron du FC Sion, l'entrepreneur Christian Constantin qui contribue à faire grossir la controverse sur les méthodes de sélection. Il prendra le départ du petit parcours depuis Arolla. Le pharaon de Martigny était-il dans les petits papiers du nouveau commandant de la course Ivo Burgener?
Non, répond ce dernier dans une interview à paraître prochainement sur ce blog. Sa cordée est emmenée par Claude Troillet - frère de Jean - qui est, sauf erreur, guide de montagne. Un vrai?
Rédigé à 17:18 | Lien permanent | Commentaires (2)

Voyage glacé, aventure intérieure, défi sportif: à chacun sa Patrouille des Glaciers. Xavier Filliez, correspondant du Temps en Valais, propose sa vision de cette course légendaire, en immersion dans l'événement, des préliminaires aux banderoles d'arrivée, du 21 au 24 avril 2010.


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