09 mai 2008

Le patron du fisc innocente Douillet et Houellebecq

L'ex-judoka national David Douillet et l'écrivain d'envergure internationale Michel Houellebecq ont-ils eu des comptes au Liechtenstein, comme l'a écrit le site «bakchich.info» en se basant sur une liste de noms livrée aux autorités allemandes? Pas du tout, assure le ministre du budget Eric Woerth, qui est à ce titre patron du fisc français.

«Monsieur Douillet, puisqu'on m'a interrogé sur ce nom en particulier, n'est pas sur cette liste, on ne peut pas jeter des noms en pâture comme ça, j'ai dit à «Bakchich» de se méfier de leur informateur», m'a-t-il déclaré cette semaine. Le ministre s'est dit prêt à produire un démenti par écrit si on le lui demande.

Du côté de «Bakchich», on répond que les noms de Douillet et Houellebecq pourraient figurer sur une seconde liste, qui se trouve encore entre les mains de la justice allemande. Le document n'a pas encore été transmis aux autorités françaises, mais celles-ci en ont demandé une copie et l'attendent «avec impatience». Affaire à suivre, donc.

07 mai 2008

Le vrai problème avec l'héritage de Mai 68

On discute beaucoup en ce moment des vertus ou des méfaits supposés de Mai 68. La pilule, les cheveux longs, la culture contestataire ou la perte des valeurs morales... Autant de sujets qui occultent le vrai problème: la façon dont la sortie de crise a été négociée.

Les accords de Grenelle, conclus par Pompidou, Balladur, Chirac et la CGT, prévoyaient la fin des grèves en échange d'une hausse de 35% du salaire minimum et du relèvement de 10% des autres salaires. Dans la France des années 60, ces concessions généreuses pouvait se justifier: le pays sortait tout juste de la reconstruction d'après-guerre, la croissance était forte et les salaires bas.Mai68

L'ennui, c'est que l'idée s'est installée qu'il suffisait que le gouvernement palabre avec les syndicats et signe quelques papiers pour que les revenus des Français augmentent subitement. En 1981, rebelote: Mitterrand augmente le smic de 25%, institue une cinquième semaine de vacances et réduit le temps de travail à 39 heures.

Les résultats ont été mitigés: chômage en hausse, gel des salaires, plan de rigueur. Mais cela n'a pas empêché Lionel Jospin, élu grâce au «mouvement social» de l'automne 1995, d'imposer les 35 heures deux ans plus tard. Il confirmait ainsi le préjugé selon lequel manifester permet d'obliger le gouvernement à améliorer les conditions de vie, par simple décret administratif.

Depuis, de «Grenelle» divers en hausse répétées du smic, la France est devenue l'un des pays où le coût du travail est l'un des plus élevés au monde. L'idée que les salaires puissent augmenter naturellement, parce que les entreprises font des profits et qu'il y a compétition entre elles pour attirer des employés, semble quelque peu absente des esprits.

Dans son dernier tract, le Parti socialiste propose ainsi d'organiser une «conférence des salaires pour augmenter le smic et les rémunérations». Qui a dit que l'esprit de Mai 68 était mort?

06 mai 2008

La joie discrète de Chirac et Villepin face aux déboires de Sarkozy

Chiracvillepin_2 A en croire l'un de ses proches, Dominique de Villepin ne serait pas mécontent des ennuis rencontrés par Nicolas Sarkozy un an après son élection. «Villepin a toujours dit: pour savoir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, les Français devront aller au bout du processus. Aujourd'hui, ils savent», estime cette source.

Quant à Jacques Chirac, il peut se sentir conforté dans sa prédiction maintes et maintes fois répétée à ses proches alors qu'il était encore président: «Vous verrez, ce type [Sarkozy] est destiné à exploser en plein vol.»Gateau_2

Seul regret des ultras du villepinisme: que Sarkozy ait attendu d'être élu pour dévisser dans les sondages et faire la preuve, selon eux, de son «incapacité à gouverner». Et que Jacques Chirac, tellement convaincu de l'inéluctabilité de sa chute, ne se soit pas opposé plus vigoureusement à l'ascension de son turbulent successeur.

05 mai 2008

Laissez ma femme tranquille, SVP

Ah, l'esprit français! Là-dessus au moins, tout le monde est d'accord: les habitants de l'Hexagone possèdent une joie de vivre, une vivacité pétillante, un côté leste en comparaison desquels l'Européen du Nord, certes plus efficace et prospère, fait souvent figure de balourd ennuyeux.

Mais on n'a peut-être pas assez attiré l'attention sur le côté obscur de cette personnalité. Sur le harcèlement continu, par exemple, que subissent les femmes d'expatriés. Depuis plus de deux ans, ma conjointe a droit presque tous les jours aux compliments plus ou moins appuyés de mâles en mal d'affection, qui vont de «je vous mange dans la main» à «on voit votre soutien-gorge».

Ces hommages libidineux sont le fait de personnages très divers, jeunes ou vieux, riches ou pauvres. Une source extérieure m'a affirmé que le risque de drague intempestive augmente fortement dans le métro. Il arrive aussi que les séducteurs amateurs se garent en catastrophe dans la rue et descendent de leur voiture pour servir leur boniment habituel («vous ne voulez pas boire un verre?», etc.).

Dans les pays coincés d'Europe du Nord, ce genre de comportement pourrait vite conduire au poste ou devant quelque commission anti-harcèlement. La France s'est contentée, il y a quelques mois, d'une courte campagne de prévention («harceleur, tu m'écœures»). Apparemment sans succès.

30 avril 2008

Je suis de gauche, moi, môssieu!

Les réactions courroucées des internautes de gauche qui me font l'honneur de fréquenter ce blog ont ravivé en moi une vieille question: pourquoi y a-t-il tant de gens, en France, qui éprouvent le besoin de proclamer constamment leur appartenance à la gauche?Panneau

Je me rappelle être monté dans un taxi avec une sociologue, Jeanine Mossuz-Lavau: nous revenions tous les deux d'une conférence organisée par des gens de l'UMP. «Je suis de gauche», m'expliqua-t-elle d'emblée, alors que je ne lui avais rien demandé. J'ai vu plus tard qu'elle s'était inscrite au comité de soutien de Ségolène Royal.

A l'inverse, on m'a décrit la pénible situation d'une productrice de Canal+ qui a voté Sarkozy. Elle est la seule dans son milieu, et les gens la regardent bizarrement lors des dîners. Elle n'ose pas avouer qu'elle est de droite dans son entreprise, parce que ses collègues sont culturellement «progressistes».

Peut-être qu'un jour, les Français de gauche comprendront qu'on peut voter écologiste aux européennes, Sarkozy à la présidentielle et socialiste aux municipales - bref, qu'il est possible, voire souhaitable de changer de camp en fonction des enjeux, des programmes ou des candidats. Et qu'il n'y a pas besoin de revendiquer toute sa vie une étiquette politique pour être un citoyen libre et rationnel.

23 avril 2008

Soutenir la Commune, c'est progressiste ou réactionnaire?

Dans sa nouvelle «Déclaration de principes», le Parti socialiste déclare qu'il «revendique le souvenir de la Commune». Pourquoi? «Ça a été une lutte politique, sociale, nationale, m'a expliqué l'un des auteurs du texte, Alain Bergounioux. Nous ne renions rien de la tradition.»

Rf Pour mémoire, la Commune fut un mouvement insurrectionnel qui exerça brièvement le pouvoir à Paris en 1871 avant d'être écrasé dans le sang. Elle reste une référence de l'extrême gauche qui y voit une rare expérience de communisme authentique. Mais cet épisode fut aussi marqué, côté communard, par des exécutions sommaires d'otages, un climat d'anarchie, voire de terreur, et la destruction délibérée de deux chefs-d'œuvre de la Renaissance, le palais des Tuileries et l'Hôtel de Ville de Paris, qui n'avaient rien fait à personne.

Au risque d'être à nouveau taxé de «réactionnaire» par Martin, je me demande si le Parti socialiste n'aurait pas mieux fait de «renier», ou au moins critiquer, une tradition qui consistait à brûler des monuments historiques, fusiller des citoyens et procéder à des expropriations sauvages. Mais il est vrai qu'en France, il suffit parfois de dresser des barricades et de faire peur au bourgeois, même si cela ne mène à rien de bien constructif, pour bénéficier d'un fort capital de sympathie. C'est grave, docteur?

22 avril 2008

En France, l'élitisme s'apprend dès l'enfance

J'ai déjeuné l'autre jour avec un père inquiet. «Mon fils ne veut plus descendre la poubelle, ni faire la vaisselle, m'expliquait-il. Il ne veut plus faire de sport et il a le teint tout vert. Dès qu'on lui demande un service, il répond qu'il ne peut pas, qu'il est en prépa.»

Dessin La maladie dont souffre l'ado de mon ami s'appelle l'élitisme. Elle frappe les jeunes issus de milieux non-défavorisés que leur famille a inscrit dans un lycée prestigieux (Louis-le-Grand, dans ce cas précis) afin de préparer les concours des grandes écoles. Et ses effets les plus dévastateurs sont psychologiques.

«Le système les coupe très vite des jeunes de leur âge, constate le père précité. Tous les jours, on leur dit qu'ils sont l'élite, qu'ils ne sont pas comme les autres. Du coup, ils croient qu'ils ont plus de droits que le commun des mortels.»

Enfermés dans leurs internats, bûchant sans cesse, ces pupilles de la Nation développent un mépris instinctif de leurs concitoyens moins cérébraux. En revanche, ils vouent un culte fervent à la République, vue comme une «nounou» qui, en échange de leur labeur, leur réserve les meilleures places de la société future.

C'est encore un de ces absurdes paradoxes français. On a vu récemment des milliers de lycéens descendre dans la rue pour défendre leurs établissements mal fichus au nom d'une prétendue égalité. En réalité, ils sont les victimes d'un système qui sélectionne les meilleurs pour alimenter la technostructure et laisse les autres se débrouiller avec les moyens du bord. Au lieu de demander des sous au ministre, ils feraient mieux d'aller protester devant Louis-le-Grand.

15 avril 2008

Critiquer la France, un sport dangereux

Un éditeur parisien m'avait mis en garde il y a quelques mois: «En ce moment, la France va mal. Soyez subtil si vous la critiquez, les gens risquent de réagir violemment.» Je ne l'ai sans doute pas assez écouté, puisque les messages hargneux s'accumulent sur ce blog, m'enjoignant d'un ton sec de me taire ou de quitter le pays.France_2

«Votre parti pris contre les Français devient grotesque [...], allez respirer l'air pur de vos montagnes », lance ainsi gabchem. Il est suivi par une cohorte d'internautes qui dénoncent alternativement la francophobie des Suisses romands (un problème réel, mais je pense limité) ou le provincialisme de votre honorable correspondant. Les commentaires plus agressifs sont parfois teintés de militance «progressiste», comme celui d'Olivier: «Evidemment, vu depuis un bureau genevois, ça fait ringard. Mais que peut-on connaître de la révolte quand on vient de l'opulente et égoïste Suisse?».

En fait, j'habite à Paris. Mais François Toulouse, lavie-durail et d'autres me conseillent de rentrer en Helvétie, puisque j'ai le front de critiquer la République qui m'accueille. Une version moderne, et hexagonale, du «allez voir si c'est mieux à Moscou» de la Guerre froide.

Par bonheur, un autre groupe, à peu près aussi nombreux, prend ma défense: «Ils ne nous ont rien fait, les Suisses, ils ne sont pour rien dans cet histoire», explique Tom, tandis que David enjoint ses compatriotes d'abandonner la «nostalgie de la lutte des classes» qui teinte certains commentaires.

A l'issue de cet échange, j'ai pris deux bonnes résolutions. Pour ne pas être accusé de seulement «casser», je vais rédiger un billet sur la «France qui marche» - et j'en profite pour lancer un vibrant appel aux contributions externes. Ensuite, je vais essayer de comprendre pourquoi la France, comme le disait l'éditeur précité, est un pays malheureux. Ce qui explique sans doute la hargne de mes contradicteurs les plus virulents.

13 avril 2008

Commer gérer l'overdose de manifestations?

Manif_pix1 Au risque de me faire à nouveau insulter - je reviendrai, plus tard, sur les réactions virulentes que suscite ce blog de la part de certains défenseurs des «valeurs républicaines» - j'aimerais relever un problème né de la propension des Français à manifester. Car il n'est pas facile, ces jours-ci, d'être un bon citoyen engagé dans l'Hexagone.

Par exemple, si vous sympathisez avec les sans-papiers victimes de taudis insalubres, mais aussi avec les malades du sida appauvris par les franchises médicales, vous auriez dû participer à deux manifestations samedi (à Paris, près de l'Opéra et devant le ministère de la Santé).

Et si vous êtes un lycéen ou un enseignant opposé à la fois aux suppressions de postes dans l'éducation et à la modernisation du marché du travail, il vous faudra descendre dans la rue deux fois mardi, à peu près aux mêmes heures (début d'après-midi), mais pas forcément aux mêmes endroits.

Enfin, si, en plus de tout le reste, vous vous inquiétez pour votre salaire et votre retraite et que vous habitez en Ile-de-France, il vous faudra défiler deux fois jeudi (le syndicat Force ouvrière réussissant l'exploit d'appeler ses adhérents à participer aux deux manifestations).

Un affreux étranger ultralibéral pourrait suggérer aux Français de manifester un peu moins. Alternativement, il faudrait demander aux organisateurs de ne pas agender leurs marches de protestation à la même date. Comme ça, on pourrait aller manifester pour tout, tous les jours.

10 avril 2008

Les ravages de la bonne conscience à la française

A quoi servent les universités françaises ? A rien, me répondait l’autre jour un ami mathématicien, citant les taux d’échec astronomiques, le chômage massif à la sortie et le fait que les étudiants doués sont presque tous absorbés par les grandes écoles, loin des facs.

Sorbonne Mais à la réflexion, m’expliquait le mathématicien, l’université française sert bien à quelque chose: elle donne bonne conscience à tous ceux qui pensent que le pays des Lumières dispense à ses enfants une éducation «progressiste» et digne des «valeurs républicaines». L’idée est belle, tant pis si les résultats ne sont pas au rendez-vous.
La situation est assez semblable dans la presse. Au nom des idéaux de la Libération (lutter contre les «puissances d’argent» qui avaient vendu le pays aux nazis), on a créé un secteur économiquement bancal, soumis au syndicat des imprimeurs et financé par l’Etat à hauteur de 1,4 milliards d’euros par an. Résultat: beaucoup de journaux crevotent lentement, mais l’esprit «républicain» est sauf.

Le Code du travail ou celui des impôts sont d’autres exemples de ce travers bien français. On promulgue des lois censées rendre justice au «travailleur» et si cela crée, dans les faits, du chômage et de la pauvreté, il suffit de blâmer le «vent mauvais du libéralisme» (dixit Ségolène Royal) ou de demander «plus de moyens» (c'est-à-dire plus d’argent public) à l’Etat.

Pendant ce temps, la Grande-Bretagne prosternée devant la finance, la Suisse et ses gnomes bancaires ou l’Allemagne avec son pragmatisme froid s’en sortent mieux. Cherchez l’erreur.

08 avril 2008

Lagarde dénonce le niveau trop bas du franc suisse

LagardeChf_3 L'industrie française, déjà mal en point, va-t-elle devoir affronter une concurrence déloyale de la Suisse? Autrefois affreusement cher, le pays des Helvètes est devenu, grâce à la flambée de l'euro, beaucoup plus abordable. Avec des conséquences sympathiques: un chômage ridicule (2,6%) et des exportations industrielles en hausse.

Mais Christine Lagarde, la ministre française de l'économie, voit les choses autrement. Pour elle, c'est le franc suisse qui est trop bas: «Votre monnaie, d'ailleurs, est sous-évaluée», a-t-elle lancé jeudi dernier aux correspondants parisiens de deux journaux suisses.Chf2_2

Je me permets ici une remarque personnelle: en tant qu'expatrié suisse à Paris, mon salaire a fondu à mesure que l'euro battait de records (il est monté jusqu'à 1,68 franc suisse). Hier, il était redescendu à 1,59 CHF. Le franc suisse n'est donc pas si «sous-évalué» que ça.

Sur la photo: Christine Lagarde en compagnie de Hans-Rudolf Merz, son homologue suisse, au Forum économique mondial de Davos. (photo Keystone)

Pas d'austérité pour les buffets de la République

Champagne La cure d'amaigrissement que Nicolas Sarkozy veut imposer à l'Etat français a commencé de façon surprenante, vendredi, au ministère des Finances. A peine le président avait-il terminé son discours sur la «modernisation des politiques publiques» que les centaines de fonctionnaires présents se sont rués sur un somptueux buffet apporté - aux frais du contribuable - par le service traiteur du Bon Marché, le plus cher des magasins parisiens.

Une rapide enquête auprès de cet établissement permet d'évaluer le prix de ce «18 pièces» - un buffet avec 18 sortes de mets - à quelque 5000 euros, sans compter le champagne, whisky et eaux minérales qui l'accompagnaient. Mais comme le ministère des Finances est un client régulier du Bon Marché, il a eu droit à un «prix spécial», précise le grand magasin sans dévoiler le montant.

L'agape de Bercy était modeste comparée aux buffets somptueux servis à l'Elysée pour le 14 juillet ou les voeux aux journalistes, au début de l'année. Il n'empêche: goberger la fonction publique de petits fours et d'alcools fins est une drôle de façon de réduire les dépenses. En Suisse, les buffets se résument en général à quelques chips, des carrés de Gruyère et du vin blanc médiocre. La France sait ce qui lui reste à faire si elle veut revenir à l'équilibre financier.

02 avril 2008

Ne parlez plus d'Identité nationale à Hortefeux

Hortefeux Sans son ministère de l'Identité nationale, Nicolas Sarkozy n'aurait peut-être pas été élu président. Mais aujourd'hui, Brice Hortefeux préfère éviter le sujet. Je lui ai posé la question ce matin à l'Assemblée nationale: «La promotion de l'Identité nationale, ça avance?» Réponse du ministre: «Vous définissez ça comment, vous?»

Brice Hortefeux précise qu'en 10 mois d'activité, son ministère n'a pas pondu un seul document expliquant ce qu'est l'Identité nationale de la France. «On pourrait mener une réflexion à ce sujet», hasarde-t-il. Et il ajoute comme pour se défendre: «Partout où je vais en Europe, les gens me parlent de leur identité.» Alors pourquoi est-il si réticent à en parler? Peut-être parce que l'identité nationale, ça n'existe pas? Allons donc... (photo Keystone)

28 mars 2008

Carla, Sarkozy, Chirac: les potins du voyage à Londres

Plateaurepas Parmi les sujets de conversations entre journalistes qui ont suivi le président en Grande-Bretagne, ce coup de fil de Nicolas Sarkozy à Franz-Olivier Giesbert: le chef de l'Etat n'a pas du tout apprécié une chronique parue dans «Le Point», qui lui conseillait de ne pas laisser son fils Jean approcher de Carla Bruni. De peur que celle-ci ne le «croque» à son tour.

Autre info: Jacques et Bernadette Chirac ont été aperçus dans un restoroute près de Châteauroux, en train de manger un plateau-repas au milieu de clients ébahis. C'est dur, le retour à la vie ordinaire.

Enfin, ce petit échantillon d'humour sarkozien. Lors de son voyage à Londres, le président lance à la cantonade: «Y a-t-il un photographe français dans la salle?». Un homme lève timidement le bras. «Dehors!», ordonne alors Nicolas Sarkozy. Le photographe s'apprête à s'exécuter, tête basse. «Mais non, reste, c'était pour rire», dit alors le chef de l'Etat. Drôle, non?

Sarkozy et le chien mangeur de petits fours

Labrador Anecdote effarante, contée cette semaine par un reporter qui suivait le président à Londres. Nous sommes à la fin des années 1990. Le journaliste est invité à la mairie de Neuilly afin de rencontrer pour la première fois Nicolas Sarkozy. Après l'apéritif, ce dernier s'impatiente et veut passer au dîner. Un convive s'inquiète alors du devenir des petits fours, qui n'ont pas été mangés.

Nicolas Sarkozy siffle aussitôt son labrador. Empoignant à pleines mains le plateau de petits fours, il l'offre en pâture à l'animal, qui n'en fait qu'une bouchée. Les invités, inteloqués, ne savent plus où se mettre. Nicolas Sarkozy et sa femme de l'époque, Cécilia, éclatent alors d'un rire décrit comme homérique, voire diabolique.

Le journaliste en a été durablement marqué. Ses confrères pensent que l'histoire ferait une bonne entrée en matière pour un livre, voire un film consacré à l'actuel président. Mais il faudra un réalisateur de génie pour restituer l'intensité de la scène - et faire en sorte que le public y croie.

L'affaire Bitton scandalise la presse présidentielle

Bitton Anna Bitton, journaliste au «Point» et auteur d'un livre sur Cécilia, ne suivra plus Nicolas Sarkozy dans ses voyages officiels. Elle a été rayée de la liste des reporters autorisés par l'Elysée, malgré ses demandes d'accréditation réitérées. «C'est du jamais vu, c'est scandaleux, estiment des membres de l'association de la presse présidentielle. Sarkozy ne peut pas choisir ses journalistes.»

La présidence prétend que ce boycott est dû à une plainte de Cécilia Ciganer-Albéniz, ex-Sarkozy, contre Anna Bitton pour violation de la vie privée. En fait, la journaliste paie un passage de son livre peu flatteur pour Nicolas Sarkozy: son ex-femme le décrivait comme un être peu présidentiel et souffrant d'un problème de comportement.

La direction du «Point», qui a adopté un profil bas dans cette affaire, a tenté de recaser Anna Bitton à Bruxelles, où elle a suivi un sommet européen. Un vrai supplice: «Je l'ai vue là-bas, elle errait comme une âme en peine», raconte un journaliste qui la connaît.

27 mars 2008

A Londres, Sarkozy laisse mariner le gratin de la finance

Qui a dit que Nicolas Sarkozy était le candidat des milieux d'affaires? Avant de s'exprimer jeudi devant les Français de Londres, pour la plupart des banquiers cravatés et bronzés, le président a laissé mariner son auditoire dans une tente surchauffée, près de la résidence de l'ambassadeur de France. De nombreux invités ont dû être évacués parce qu'ils se sentaient mal.

Arrivé largement en avance à la résidence, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni sont apparus avec vingt bonnes minutes de retard sur l'estrade. Pourquoi? Quelques initiés prétendent que le président était allé faire la sieste, sans se soucier du bien-être des banquiers qui cuisaient à l'étouffée en attendant son discours.

Ultime déception: l'allocution ne contenait strictement aucune mesure économique ou fiscale pouvant inciter les expatriés londoniens à rentrer au pays.

Les photos de Cécilia que vous ne verrez pas

Louissarkozy Cécilia Ciganer-Albeniz, ex-Sarkozy, a vraiment une dent contre son ancien mari. Après avoir épousé le publicitaire Richard Attias, ce week-end à New York, elle fait distribuer aux rédactions des photos de Louis, fils de l'actuel président, en train de jouer au pistolet à eau avec son nouveau beau-père.

Ces images sont parvenues dimanche soir au magazine Point de Vue, qui a décidé de ne pas les publier. «Elle a fait ça juste pour faire chier Sarko», estime une source proche du magazine. «Et puis, Louis est un gosse de dix ans. On ne peut pas publier un truc comme ça.»

Autre indice de la rancune de Cécilia: les connaisseurs ont repéré d'étranges similarités entre sa nouvelle robe violette et celle que portait récemment Carla Bruni-Sarkozy, la troisième épouse du chef de l'Etat. «C'est peut-être un hasard, conclut la source précitée. Mais j'ai l'impression que Cécilia a vraiment un problème avec elle.»

25 mars 2008

Axa part en croisade contre le «lumpen-prolétariat» des universités

Le système universitaire français en a encore pris pour son grade, mardi dernier, lors d'un déjeuner organisé par le patron d'Axa Henri de Castries. L'assureur, qui offre 100 millions d'euros pour financer des projets de recherche en France et en Europe, espère casser «l'esprit de lumpen-prolétariat de Jussieu» qui étoufferait les facultés françaises.

«Il faut en finir avec cette culture syndicaliste», a asséné l'un des associés au projet d'Axa, le biologiste Miroslav Radman. En cause: les «chercheurs qui se voient comme des fonctionnaires» et les syndicats, qui s'opposent aux augmentations de salaires des scientifiques les plus méritants.

Le politologue américain Ezra Suleiman a aussi déploré la faiblesse des crédits supplémentaires promis par Nicolas Sarkozy aux universités françaises: 1,8 milliards d'euros pour 1,5 million d'étudiants, alors que Harvard ou Cambridge disposent de budgets supérieurs à deux milliards pour des effectifs presque cent fois moindres.

Cerise sur le gâteau: Henri de Castries s'est moqué de la toute jeune Paris School of Economics, qui n'aurait «pas beaucoup de savoir-faire et beaucoup de naïveté», et serait empêtrée dans des querelles «bureaucratico-administratives» interminables. Enfin, Alain d'Iribarne, directeur de recherche au CNRS, a salué le mécénat d'Axa: «On a jamais reçu un sou du capitalisme français», a-t-il noté, alors que Ford, VW ou Thyssen subventionnent la recherche hexagonale depuis les années 1960.

20 mars 2008

Aubenas défend la publication du SMS de Sarkozy

Florence Aubenas, ex-otage en Irak et reporter au Nouvel Observateur, approuve la publication du SMS attribué à Nicolas Sarkozy sur le site NouvelObs.com. La démarche était «légitime», a-t-elle expliqué cette semaine - même si le message n'a sans doute jamais existé.

Aubenas Dans son édition de jeudi, le Nouvel Observateur «prend acte» des déclarations de Cécilia Ciganez-Albeniz, ex-Sarkozy. Celle-ci a expliqué à la police qu'elle n'avait reçu aucun message dont le contenu approcherait le «Si tu reviens, j'annule tout» publié sur le site de l'Obs. Le magazine défend cependant la «bonne foi» de son journaliste Airy Routier. Selon la direction, citée par Libération, «la source paraît solide» (tiens, il n'y en a plus qu'une?), mais il y a pu y avoir «une erreur sur la datation».

Toujours dans Libé, Airy Routier se dit «de plus en plus sûr que ce SMS est totalement véridique». Cela signifie-t-il qu'il n'était pas sûr de son coup au moment de le publier? Déjà mal vu pour des articles jugés complaisants, notamment sur le sulfureux homme d'affaires Pierre Falcone, le journaliste est en tout cas de plus en plus contesté au sein de la rédaction du Nouvel Obs.

18 mars 2008

Montebourg propose: Martinon ambassadeur en Suisse!

Montebourg Comment recaser David Martinon? Le porte-parole de l'Elysée, ignominieusement largué par sa hiérarchie au cours du week-end, pourrait hériter du poste de consul général de France à New York ou à Los Angeles. Mais le député socialiste Arnaud Montebourg a une autre idée: «Ils devraient le nommer ambassadeur en Suisse», expliquait-il, goguenard, lors d'une rencontre impromptue devant l'Elysée.

Dans sa bouche, ce n'est pas un compliment: Arnaud Montebourg considère la Confédération comme un Etat quasiment voyou, accueillant sans vergogne les traîtres fiscaux et les chanteurs amis de Nicolas Sarkozy. La nomination du placide Martinon ne changerait évidemment rien à cette situation. Et si le président, au nom de l'ouverture, choisissait Arnaud Montebourg pour diriger l'ambassade de France à Berne?

16 mars 2008

La droite mord la poussière dans plusieurs villes, Bayrou incertain

Sur fond de faible participation, la gauche semble avoir conservé son avance au second tour des élections municipales: elle obtiendrait 49,5% des voix contre 47,5% à la droite, selon une estimation nationale de l'institut CSA. Selon Ipsos, il n'y a pas eu de sursaut national en faveur de l'un ou l'autre camp: l'abstention est évaluée à 34,5%.

Selon Ipsos la gauche l'emporterait dans une série de ville clé: à Périgueux, où le ministre de l'education Xavier Darcos serait battu, mais aussi à Reims, Amiens, Caen, Metz, Angers et Saint-Etienne.

Quant à François Bayrou, il est en ballotage à Pau: CSA le donne perdant sur la foi d'un bureau test, Ipsos le donne vainqueur sur la base des résultats de plusieurs bureaux.

13 mars 2008

Municipales: Martinon ne versera pas une larme

Martinon5 Anti-héros malheureux du feuilleton des municipales à Neuilly, David Martinon professe un détachement zen à l'approche du second tour, dimanche. Interrogé jeudi pour savoir s'il aurait un pincement au coeur à l'annonce des résultats, le porte-parole de l'Elysée s'est retranché derrière une déclaration pudique: «Je ne suis pas là pour évoquer ce que je peux ressentir... je ne suis pas là pour vous faire part de mes sentiments», a-t-il expliqué lors du point de presse de la présidence.

Nul n'ignore pourtant que David Martinon est un grand sensible. Mais en public, il ne devrait rien laisser paraître de son dépit à l'idée de voir son ancien rival, Jean-Christophe Fromantin, élu avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy. Quant à sa fonction elyséenne, elle pourrait ne pas être éternelle: des rumeurs persistantes donnent Martinon partant pour une lointaine ambassade. Là aussi, le porte-parole se veut zen: «Il me semble que cette situation était clarifiée et c'est la raison de ma présence ici, a-t-il déclaré jeudi. Mais je n'en sais rien.»

10 mars 2008

Municipales: c'est plus serré que prévu

Comparé à la projection nationale CSA que nous vous livrions en exclusivité hier soir, la droite s'en sort finalement mieux que prévu aux municipales: elle remporte 45,49% des voix (contre 40% annoncés initialement par CSA) tandis que la gauche frôle les 48% (score exact: 47,94%). L'écart entre les deux est de 2,5% environ au lieu des 7,5% annoncés initialement.

Notons que ce blog n'a pas porté chance à la liste «Paris save Paris» qui, malgré le patronage officieux de Paris Hilton, n'a remporté que 0,88% des voix dans le 8ème arrondissement de Paris. Les vieux ont dû mal voter...

06 mars 2008

Kaspar Villiger, nouvelle star des anti-Sarkozy

Kasparvilliger Et encore un fan de la Suisse dans la classe politique française! L'ex-ministre et jeune loup de la droite François Léotard, auteur d'un pamphlet contre Nicolas Sarkozy, ne tarit pas d'éloges sur l'Helvétie: une vraie démocratie respectueuse des citoyens, décentralisée, un modèle d'avenir dont la France devrait s'inspirer...

Ce nouveau soldat de l'anti-sarkozysme avoue une admiration particulière pour Kaspar Villiger, ex-ministre de la Défense et des Finances helvétique connu pour ses costumes gris et son absence totale de charisme. «J'ai bien connu Villiger, j'ai senti chez lui qu'il avait intégré, profondément, la brièveté de son mandat», a expliqué François Léotard.

Après François Bayrou, Kaspar Villiger pourrait donc devenir la nouvelle référence des anti-Sarkozy. Les deux hommes partagent d'ailleurs le côté un peu terne, l'amour des équilibres financiers et un centrisme rassurant pour tous ceux que l'actuel président inquiète.

Reste une dernière question: si tant de dirigeants français, présents et passés, voient dans la Suisse un modèle, comment expliquer qu'ils ne soient jamais parvenus à introduire dans l'Hexagone la démocratie directe, le fédéralisme et le (relatif) libéralisme qui ont fait le succès de l'Helvétie?

05 mars 2008

Victor Hugo avait prévu Sarkozy

Sarko_hugo2_3_2 En visitant une exposition sur les dessins de Victor Hugo, l'autre jour à Lausanne, je suis tombé sur une oeuvre troublante: on y voit un personnage au corps raccourci, au nez prononcé et à la chevelure ondulant vers le haut, qui semble très agité. Plus je le regardais, et plus je lui trouvais une ressemblance avec Nicolas Sarkozy, devenu président de la France 122 ans après la mort du grand écrivain.

Victor Hugo est un habitué des prémonitions: il a milité avant tout le monde pour les Etats-Unis d'Europe et l'abolition de la peine de mort. Son dessin (non daté) semble contenir plusieurs allusions à l'actuel hôte de l'Elysée. Il s'intitule «La Rupture», et sa légende se lit comme un commentaire des récentes mésaventures amoureuses du chef de l'Etat: «Je romps avec vous, soyez heureuse, madame, avec un autre!», affirme le petit personnage. Cécilia Albeniz, ex-Sarkozy, devrait se remarier avec le publicitaire franco-genevois Richard Attias le 22 mars prochain.

(NB: Je remercie Didier Billon de «Libération» pour le scan. Le dessin original est exposé jusqu'au 18 mai à la Fondation de l'Hermitage, Lausanne, et le reste du temps à la Maison de Victor Hugo, Paris. Photo Roger Viollet)

04 mars 2008

Quand les municipales dépassent les limites du grotesque

Paris3En France, les élections locales sont l'occasion d'une floraison de listes farfelues, voire carrément provocantes. Ainsi cette liste «Paris save Paris», qui se présente aux municipales dans le VIIIème arrondissement de la capitale. Composée de jeunes résidents de ce quartier chic, elle cite comme seule référence idéologique la starlette Paris Hilton. Ses propositions: mettre des Bentley en libre-service à disposition des habitants, «parce qu'il n'y a pas besoin de souffrir pour circuler dans Paris», distribuer des plateaux-traiteurs à ceux qui «sont dans le besoin» et instaurer un jour de congé supplémentaire afin que les citoyens puissent «rester chez eux pour procréer».

Pas sûr, pourtant, que cette liste «fun» et favorable à une vie nocturne plus intense fasse un tabac dans ce quartier conservateur. Ainsi, une récente enquête de proximité réalisée auprès des habitants notait «une demande très importante de bancs publics supplémentaires pour permettre aux personnes âgées de faire des pauses lors de leur promenade». A quand une liste des retraités qui en ont marre de marcher?

27 février 2008

L’art français d’être à côté de la plaque

Face à un vrai problème, posez la mauvaise question. Le réflexe est courant chez certains intellectuels français, comme le montrent le récent appel de «Marianne», jugé «caricatural et grotesque» par l’Elysée, et les inquiétudes du patron de «Libération», Laurent Joffrin, qui dénoncent tous deux l’instauration rampante d’une «monarchie élective» en France.

Marianne1 Louisxiv Leur préoccupation paraît légèrement à côté de la plaque, au moment où Nicolas Sarkozy dévisse dans les sondages, où la presse le descend en flammes et où le premier ministre François Fillon retrouve un rang conforme à l’ordre institutionnel. Mais Joffrin, «Marianne» et les signataires de l’appel – François Bayrou en tête – n’en démordent pas : selon eux, il y a un risque de dérive autoritaire, la liberté de la presse est en danger, les fous de Dieu menacent la séparation de l’église et de l’Etat, etc.

Le problème n’est même pas que ces postulats soient faux. Mais plutôt qu’ils passent à côté des enjeux de la vie réelle en France: salaires trop bas, industrie pas assez compétitive, système social coûteux et mal financé. L’ennui, c’est que la majorité des intellectuels français ne connaissent rien, ou pas grand-chose, à l’économie. Du coup, personne n’a fait circuler de pétition pour soutenir la grève des caissières. Dommage.

22 février 2008

A quand la fin des jacqueries?

Sympathique ambiance, ce matin, à Charleville-Mézières (Ardennes): une odeur de pneus brûlés empuantissait les rues, des fumées noires d’incendie se répandaient dans la ville, des policiers étaient en faction un peu partout. A l’origine du sinistre, une manifestation des ouvriers de Lenoir et Mernier, fonderie locale promise à la fermeture.

On ne peut guère en vouloir à ces travailleurs en détresse: ils ne font qu’utiliser le langage traditionnel des revendications politiques en France. Que l’on soit pêcheur, paysan ou banlieusard, il importe de brûler, bloquer ou casser pour être entendu. Seuls les groupes disposant de solides appuis politiques, ou de relations dans les médias, semblent pouvoir faire l’économie de la violence.

De ce point de vue, la France n’est pas vraiment sortie du Moyen Age. A cette époque, de brutales révoltes paysannes – les jacqueries – ou des insurrections citadines, plus rares, secouaient l’ordre féodal du royaume. Après une sanglante répression et parfois des concessions du pouvoir, le calme revenait. Aujourd’hui, on ne pend plus les émeutiers aux murs des forteresses, mais les jacqueries continuent. Jusqu’à quand?

20 février 2008

L'avalanche annoncée des bouquins anti-Sarkozy

L'anti-sarkozysme est un excellent filon éditorial: les «Chroniques du règne de Nicolas 1er», de Patrick Rambaud, ont franchi le cap des 100'000 exemplaires. Et ce n'est qu'un début. D'ici au 6 mai, premier anniversaire de l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy, les livres dénonçant les travers du président devraient se multiplier. «C'est énorme, ça motive beaucoup, beaucoup de gens», commente un éditeur.

Sarkochasse_4Leotard Parmi les ouvrages en préparation, le «Ça va mal finir» de François Léotard devrait être l'un des plus remarqués. L'ex-ministre de droite, qui avait côtoyé Nicolas Sarkozy dans le gouvernement Balladur de 1993-1995, affirme qu'il a voté pour lui et que depuis, il «dort mal». «Il déroule les événements depuis 2007 et dit que tout le déçoit», explique-t-on chez Grasset, son éditeur.

Certains professionnels  du secteur se demandent toutefois si le marché ne risque pas d'être bientôt saturé. De leur côté, les stratèges de l'UMP comptent  sur la lassitude de l'opinion face à la vague de critiques visant le chef de l'Etat pour limiter les dégâts aux municipales. «Certains médias se rendent compte qu'ils sont allés trop loin, on observe un certain reflux», confie un responsable du parti présidentiel. Mais les Sarko-boys se font peu d'illusions: au mieux, il faudra plusieurs mois à leur patron pour remonter la pente dans les sondages.

13 février 2008

Et si tout était la faute de la Libération?

Il paraît que si les journaux français vont mal - «Le Monde» a encore perdu 20 millions d'euros en 2007, «Le Figaro» 10 millions - c'est à cause de la Libération. Selon le spécialiste Patrick Eveno, le système bâti à cette époque pour préserver la presse du grand capital, et qui offre un quasi-monopole à la CGT dans l'impression, a créé un secteur «anti-économique» qui, pour survivre, dépend des aides publiques et des subsides de quelques milliardaires proches de Sarkozy.Liberation

Mais une foultitude d'autres maux français sont aussi dus à la Libération. Les syndicats peu représentatifs et grognons, le droit du travail hyper-rigide, la Sécurité sociale en déficit permanent ont pris forme dans ces années tumultueuses. La fiscalité des entreprises, qui visait à financer la protection sociale grâce aux armées de travailleurs enrôlés dans les usines, reste basée sur l'économie industrielle de l'ère fordiste. Quant à l'alliance gaullo-communiste qui régissait la France à l'époque, elle a engendré une idéologie antilibérale qui reste prévalente dans de nombreux secteurs des médias et de la politique.

L'armature socio-économique héritée de l'après-guerre a tellement perdu de sa superbe qu'on en oublierait presque que la Libération a été une bonne chose, puisqu'elle a débarrassé la France de l'occupant nazi. Pour le reste, il est peut-être temps de tourner la page.

11 février 2008

Perte de sang-froid à l'Elysée face aux «conneries» des médias

La chute de David Martinon à Neuilly, l'affaire du (faux?) SMS publié par le site nouvelobs.com, les mauvais sondages ont eu raison des bonnes relations entre l'Elysée et les journalistes. La semaine dernière, «Le Temps» appelle un conseiller de la présidence au sujet du conservatisme des élus de droite face au rapport Attali. L'interlocuteur élude et insiste plutôt sur «la connerie des médias» qui, après avoir porté son patron au pinacle, exagèrent ses difficultés. «Cela passera», soupire le conseiller avant de conclure l'entretien.

Martinon4 Lundi, rebelote. Votre honorable correspondant appelle le service de presse de l'Elysée au sujet de David Martinon, porte-parole lâché par le fils du président à Neuilly. Peut-il continuer à travailler normalement, Nicolas Sarkozy lui garde-t-il sa confiance? Questions taboues! «C'est hyper-déplacé... laissez-le tranquille! C'est fou, quoi, répond un membre du service de presse. Il en a pris plein la gueule tout le week-end, acharnez vous plutôt sur ceux qui l'ont fait tomber!» Parmi les suspects potentiels, Franck Louvrier, peu apprécié de Cécilia dont Martinon était le favori, et qui n'est autre que... le chef du service de presse.

Devant tant de fébrilité, on se prend à espérer que Nicolas Sarkozy, lui, garde son sang-froid face à l'avalanche de mauvaises nouvelles. Mais ses dernières trouvailles  - allocution improvisée sur l'Europe, dimanche, pour faire oublier l'affaire Martinon, et avance de 200 euros aux retraités modestes - ont eu peu d'écho. Entre Sarko et les médias, il y a un charme qui n'agit plus.

06 février 2008

Pas de balade en pirogue pour Nicolas et Carla

Osera-t-il ou n'osera-t-il pas? La question obsède les rédactions parisiennes à l'approche du voyage de Nicolas Sarkozy en Guyane, les 11 et 12 février prochains. Les journalistes se demandent si le président refera le coup de la balade en pirogue devant les caméras, non plus avec Cécilia, comme en juin 2006, mais avec Carla Bruni-Sarkozy.

Guyane Aux yeux des médias, cette question de pirogue est même devenue un test décisif: si Nicolas Sarkozy ose réitérer l'escapade sur le fleuve avec sa nouvelle femme, il montrera qu'il est incorrigible, provocateur et désespérément accro aux images «people».

Mais l'Elysée se veut rassurant: «Je ne pense pas qu'elle viendra», explique le chargé de communication de la présidence, Franck Louvrier. C'est un voyage très court, et en plus, elle est assez occupée» - allusion à la sortie prochaine du nouvel album de Carla Bruni.

Ledit Louvrier précise que Nicolas Sarkozy «n'a jamais cherché à se pipoliser. Mais il est populaire, donc il fait vendre. Les excès [en matière d'exposition de sa vie privée] ne sont pas de son fait, ils sont dus aux médias».

05 février 2008

Bouffées délirantes de chauvinisme en France

Superdupont3 Quelques-unes des réactions à notre «Dictionnaire de la France qui ne marche pas» le montrent: certains Français supportent difficilement qu'on critique leur pays. L'automne dernier, déjà, un article de «Time» annonçant la «mort de la culture française» avait suscité des réactions indignées. Plus récemment, un dossier du «Figaro magazine» consacré au «bonheur d'être français» a donné aux néo-chauvinistes une occasion de s'illustrer.

Starck Le designer Philippe Starck affirme ainsi: «Aucun pays n'a repris à la France son devoir de rayonnement, d'utopie, de proposition de société. Nous sommes le phare du monde.» Rien que ça! «Evidemment, il faut éviter d'être arrogant, ajoute Starck. [Mais] je préfère être arrogant et exister, que rien.»

Le propos peut sembler consternant. Mais quel autre pays peut prétendre au statut de «phare du monde»? Les scandinaves ont le modèle social, mais pas l'art de vivre. Les Etats-Unis devront attendre l'après-Bush. L'Europe manque de cohésion, l'Asie n'a aucun message universel. La Suisse est un pays presque parfait, mais petit. Momentanément, donc, la France peut continuer à revendiquer le titre. Par défaut.

25 janvier 2008

La France qui ne marche pas: pluie de réactions et cinq nouvelles entrées!

Franc succès pour le «dictionnaire de la France qui ne marche pas» placé sur ce blog il y a quelques jours. Notre humble proposition a suscité des réactions amusées, courroucées ou approbatives, mais aussi des suggestions de nouvelles entrées dans le dictionnaire.

Outre les réactions postées ci-dessous, nous en avons repérées d'autres sur kelblog. Certains internautes s'offusquent qu'un étranger (je ne le suis qu'à moitié car j'ai aussi la nationalité française) puisse critiquer ainsi la «cinquième puissance mondiale». D'autres suggèrent de proposer aussi des solutions: ils ont parfaitement raison, mais ça va demander du boulot. D'autres, enfin, ont allongé la liste des dysfonctionnements hexagonaux. Voici leurs propositions:Laporte1

Les demi-finales de rugby contre l'Angleterre: la France ne les gagne pas, surtout quand elle est favorite.

Les demandes de permis de construire: l'administration est horriblement tâtillonne.

Les gens qui râlent systématiquement: un mal français, profondément enraciné, qui conduit à dénigrer toute tentative de réforme. Variante: les gens qui prétendent que ça ne va pas si mal en France, et qu'il ne faut rien changer.

Le système de santé: bien sûr, c'est gratuit et les médecins sont bons. Mais certains services d'urgence font peur: allez à l'hôpital Bichat, un jour férié, avec ses vitres cassées, son sang qui sèche par terre, ses SDF bourrés et ses médecins à l'air fou, et vous verrez ce que je veux dire. En dix ans, la France a emprunté l'équivalent de 110 milliards d'euros pour financer son système de santé...

Les taxis parisiens: ils fonctionnent, mais semblent obéir à une loi ennuyeuse: on n'en trouve pas quand on en a besoin (en semaine, le matin) et on en trouve quand on n'en a pas besoin. Le récent rapport Attali note que les taxis parisiens n'ont pas le droit de prendre des clients en Ile-de-France... Une absurdité de plus dans le «modèle français». (photo Keystone)

Sarkozy et Martinon, c'est «Maverick» et «Iceman» à l'Elysée

Diapo_sarkozy4 Avec ses Ray-Ban genre pilote militaire, Nicolas Sarkozy assume son image de «Tom Cruise du pauvre» - l'expression, citée dans le livre de Bruno Le Maire, est de lui. Mais il y a un autre héros de «Top Gun» à l'Elysée: David Martinon, porte-parole de la présidence, dont le visage rappelle assez fortement celui de Val Kilmer.Martinon3

Dans le film, ce dernier jouait le rôle d'Iceman, l'arrogant rival de Maverick, le «gentil» joué par Tom Cruise. «Il doit y avoir quelque chose, admet David Martinon au sujet de sa ressemblance avec Val Kilmer. Vous n'êtes pas le premier à me dire ça: on me l'a dit quand j'avais 20 ans, quand j'en avais 33, et maintenant, trois ans plus tard. Donc ça doit être vrai.»

Cette similitude fait quelque peu ricaner dans les couloirs de l'Elysée, où l'on constate que le frêle Martinon n'a pas tout à fait la carrure d'un as de l'aviation navale - ou d'une star de Hollywood. «En fait, plaisante une collègue, il ressemble plutôt à un mélange de Christophe Lambert et de Val Kilmer». C'est moins flatteur.

22 janvier 2008

Les larmes de Carla après l'article de «Libé»

Sarko6Carla Bruni a réagi par des pleurs à l'article de «Libération» qui annonçait, ce matin, qu'elle ne se rendrait pas en Inde avec Nicolas Sarkozy. Le journal précise que la chanteuse n'est pas encore mariée avec le président, contrairement à ce qu'annonçait il y a quelques jours «L'Est républicain».

Selon «Libération», le président avait beaucoup insisté pour aller en Inde avec elle et visiter, en sa compagnie, le romantique Taj Mahal. Mais pourquoi sangloter alors que l'article ne contient aucun mot blessant? L'interprétation qui circule dans les rédactions parisiennes soutient que Nicolas Sarkozy a appris la défection de son amie par la presse. Une hypothèse que l'Elysée, fidèle à sa ligne de discrétion concernant la vie privée du président, ne devrait ni confirmer, ni infirmer. (photo Keystone)

17 janvier 2008

Vers un dictionnaire de la France qui ne marche pas

«Mais mon bon Monsieur, ici on est en France, et en France rien ne marche!» Tout étranger ayant le privilège de vivre dans l'Hexagone aura entendu, un jour ou l'autre, ce genre de remarque. En partie justifiée, il faut bien l'avouer.

Dans le cadre de la «politique de civilisation» proclamée par le président Sarkozy, j'ai pensé à un dictionnaire qui recenserait tout ce qui, effectivement, ne marche pas en France. La tâche est immense, mais il faut bien commencer quelque part. Voici quatre entrées possibles et, je l'espère, consensuelles:

Le bloc-notes orange (marque Rhodia ou NF). Il est impossible de détacher proprement les feuilles: elles se déchirent, ce qui rend le bloc peu à peu inutilisable. Rien à voir avec un bloc suisse, par exemple, dont les feuilles se détachent sans effort. Etrangement, il semble que les fabriquants de blocs oranges défectueux disposent d'un monopole en France, car on n'en trouve pas d'autres.

Les démarches administratives. Il faut s'y reprendre à deux ou trois fois pour obtenir n'importe quel papier. Une attestation des allocations familiales? Plusieurs appels sont nécessaire pour recevoir le document certifiant que vous ne les recevez pas. Le fisc vous impose un prélèvement direct dont vous ne voulez pas? Un harcèlement téléphonique est indispensable pour le faire revenir sur sa décision. Cela dit, les impôts sont sans doute l'administration qui marche le mieux. Maigre consolation...

Sncf1 Les écrans d'information SNCF et RATP: «Ce dispositif est provisoirement hors service. Nous vous prions de nous en excuser.» Des variantes de ce message s'affichent dans toutes les gares de France, sur de gros téléviseurs dont le taux de panne est astronomique. Et lorsqu'ils marchent, les écrans annoncent de mauvaises nouvelles: grèves, incidents techniques, voyageurs écrasés. Sordide.

Le Parti socialiste. Même ses dirigeants admettent que la situation y est épouvantable. La ligne politique fait cohabiter marxisme et social-libéralisme, la position sur le traité simplifié européen est incompréhensible (on s'abstient pour ne pas voter oui, tout en étant pour, sauf ceux qui sont contre), la candidate laminée à la dernière présidentielle est la seule personnalité populaire du parti. Et ça devrait durer, peut-être jusqu'en 2012.

Les secrets de la garde-robe de Parisot

Parisot Manteau bleu ciel, ensembles pseudochinois, vestes froncées, plissées, gaufrées... mais où Laurence Parisot va-t-elle chercher tout ça? Sur le plan vestimentaire, la patronne des patrons n'a en tout cas pas peur de détonner (et d'étonner) dans un personnel politique féminin coincé dans les tailleurs Chanel et les carrés Hermès, ou, pire, dans des tenues de matrones ringardes.

Un proche de la dirigeante du Medef confie qu'il arrive à celle-ci d'aller faire ses courses «chez Rykiel ou chez Courrèges». Pourquoi? «Parce que c'est une esthète». On se disait bien.

16 janvier 2008

Sarkozy juge «honteux» l'intérêt des médias pour sa vie privée

Sarkopatek Péroraison de Nicolas Sarkozy, cette semaine dans le Golfe, sur l'intérêt disproportionné des médias pour sa vie privée. Après avoir convié des journalistes à boire un verre avec lui, il s'est posé en victime, cigare à la main: «C'est honteux! On a même publié le prix de ma montre [cadeau de Carla Bruni, ndlr]! Vous vous rendez compte! Mais qui ça peut intéresser?!»

Des témoins de la scène racontent qu'à la grande surprise des journalistes, le chef de l'Etat s'est ensuite lancé dans une description détaillée de sa vie avec Carla Bruni: comment leur appartement va être réaménagé, où dormiront les enfants, etc. Une envolée aussi intimiste qu'exceptionnelle, selon l'Elysée, qui impose généralement un silence complet à la presse française sur ce genre de confidences. Mais si Nicolas Sarkozy ne veut pas que les médias évoquent sa vie privée, pourquoi en parle-t-il aux médias? Cet homme est un mystère.

Sur la photo: Nicolas Sarkozy arborant, lors de sa conférence de presse du 8 janvier, une montre Patek Philippe, le cadeau de Carla Bruni. (photo Keystone)

10 janvier 2008

Sarkozy et le sexe de la statue africaine

LemaireStatuehommelubacopie2 Même s'il s'est retenu - autocensuré, diront certains - Bruno Le Maire, ancien bras droit de Dominique de Villepin, a gardé quelques anecdotes cocasses dans son livre «Des hommes d'Etat» édité chez Grasset (lire notre article sur ce livre). 26 août 2005: Nicolas Sarkozy rend visite à son rival et se promène dans le fumoir de l'hôtel Matignon. Une statuette africaine attire sa curiosité: «Il examine de près la statuette, il se penche, du bout du doigt il fait basculer le sexe du guerrier rattaché au bas du corps par un bout de ficelle, il recule: «Franchement, Bruno, vous n'allez pas me dire que vous trouvez ça beau. [...] En plus, vous avez vu - il fait basculer à nouveau le sexe du bout du doigt, ça bouge!»

Ma question: les statuettes africaines à sexe amovible sont-elles compatibles avec la «politique de civilisation»?

09 janvier 2008

Pourquoi Sarkozy a oublié l'économie

Sarkocp L'entourage de Nicolas Sarkozy a tenté de justifier son omission très remarquée des sujets économiques, mardi, lors de sa grande conférence de presse. «Le passage sur la fiscalité a sauté», admettait la «plume» du président, Henri Guaino. Pourquoi? «Je ne sais pas, il ne l'a pas lu...»

Et pourquoi ne pas avoir parlé de la compétitivité des entreprises, un thème reconnu comme central pour la santé de l'économie française? «Mais il n'a pas parlé des paysans, des artisans, de notaires», rétorque Guaino. Faire une annonce spécifique sur les entreprises aurait entraîné le président dans une spirale ingérable: «Vous pouvez faire 500 annonces de ce type, il en resterait encore 500.»

Autre argument: «La compétitivité, Christine Lagarde en a parlé il y a deux jours.» Problème: par-rapport à la conférence de presse du président, les propos de la ministre de l'Economie sont passés complètement inaperçus. Quant au rapport Attali, qui doit proposer une libéralisation drastique de l'économie française, le président n'en a pas du tout parlé: «On en parlera quand le rapport sera prêt», conclut Henri Guaino.

Une autre explication est possible: Nicolas Sarkozy n'a pas envie d'endosser le costume de réformateur libéral et pro-patronal que veut lui faire porter la presse internationale. Au risque de passer pour un homme à court d'idées sur les moyens de redresser l'économie française. (photo Keystone)

La crise du «Monde» expliquée aux nuls

Difficile de suivre les soubresauts qui agitent en ce moment la rédaction du «Monde». Actionnaires en embuscades, intervention possible d'un administrateur judiciaire, invectives à peine voilées entre membres de la rédaction... mais si l'on en croit quelques journalistes, le crise se réduirait finalement à une guerre entre partisans et adversaires de l'ancien directeur Jean-Marie Colombani.

Les «colombanistes», qui admettent être minoritaires au sein de la rédaction, se définissent comme réalistes, plutôt sociaux-libéraux et pas opposés à la montée en puissance d'actionnaires extérieurs comme l'espagnol Prisa (ils se méfient, en revanche, de Lagardère, jugé trop proche de Nicolas Sarkozy).

Les «anti-colombanistes», en revanche, tiennent mordicus à la domination des journalistes dans le capital de l'entreprise. Citations de Pierre Bourdieu à la bouche, anti-sarkozysme en bandoulière, ils se méfient des patrons, d'Internet et de Bruno Patino, membre démissionnaire du directoire, considéré comme le fils spirituel et possible successeur de Jean-Marie Colombani.Lemonde_3

Parmi les fidèles de ce dernier, la candidature au poste de directeur d'Eric Fottorino suscite sarcasmes et critiques: «Il n'a pas les épaules pour ce poste, estime une «colombaniste». Depuis qu'il a gagné le prix Femina, il ne rêve que d'entrer à l'académie française.»

02 janvier 2008

Contre les émeutes, militariser le 31

Crs1_3 Combien de voitures brûlées? La question agite la classe politique française après un 31 décembre mouvementé. Le ministère de l'Intérieur annonce 372 véhicules incendiés, l'opposition socialiste craint un bilan beaucoup plus lourd.

Le cœur de Paris a été touché: par exemple, deux épaves calcinées ont été retrouvées au pied de l'église St-Augustin, dans le VIIIème arrondissement. Des touristes ont été pris dans les jets de bouteille et de gaz lacrymogènes qui ont fusé sur les Champs-Elysées. En banlieue, ce fut parfois pire: à Grigny, «quatre personnes qui circulaient dans une voiture avec un sabre et un bidon d'essence ont été interpellées», relate «Le Parisien».

Face à la répétition des troubles, certains experts en appellent à l'armée. Son intervention en cas d'incidents graves sera «une nécessité opérationnelle et citoyenne», estime un stratège cité par la très droitière revue Valeurs Actuelles. Cet auteur, Georges-Henri Bricet des Vallons, préconise l'utilisation de drones (avions sans pilote), de produits chimiques pour «marquer» les émeutiers et de fusils non létaux FN 303.

En 2003, à Genève, une arme de ce type avait fracturé le visage d'une altermondialiste qui manifestait contre l'OMC. Même s'il ne tue pas, le FN 303 peut donc faire mal. Mais il n'est pas sûr que cela suffise à ramener le calme les soirs de Nouvel An.

Le Sarkozy du XIXème siècle

Petite taille, maîtrise des médias et agitation permanente seraient-elles les clés de la réussite en politique? Ces qualités rapprochent en tout cas Nicolas Sarkozy de son prédécesseur Adolphe Thiers, l'un des plus importants dirigeants français du XIXème siècle. L'égocentrisme, aussi: «Tout part de sa personne, tout y revient aboutir», notait un commentateur de l'époque cité par Georges Valance, auteur de «Thiers, bourgeois et révolutionnaire» (Flammarion, 2007).Thiers_2

«Quand M. Thiers parle, aucun autre homme ne peut placer un mot», ajoute un journaliste contemporain. On remarque sa «taille courte et ramassée» (1 mètre 55), ses «tics du bras et du buste», le dévouement de son entourage qui doit «beaucoup écouter, toujours approuver, admirer même le plus possible». Sur le plan sentimental, il peut, relève-t-on, «compromettre une femme par ses assiduités puis, malgré cela, chercher ailleurs des plaisirs faciles».

La ressemblance s'arrête là. A la fin de sa vie, Thiers dut écraser une insurrection d'extrême-gauche (la Commune) et négocier une paix humiliante avec l'Allemagne avant de s'éteindre, toujours député, à 80 ans. Même ses pires adversaires peuvent souhaiter à Nicolas Sarkozy de connaître une fin de carrière plus paisible, et plus précoce.

27 décembre 2007

Sarkomania sans limites, sans frontières

Sarko_carla_suite_4 Sarkozy 70 - Arche de Zoé 1: c'était le score (en nombre de commentaires) enregistré sur le site de «Libération», hier à la mi-journée. Réflexion unanime des cadres du journal: «C'est incroyable comme Sarko intéresse les gens».

Le même phénomène se retrouve dans tous les médias, de «Marianne» au «Temps»: dès qu'un sujet est titré Sarkozy, les ventes et/ou la fréquentation des sites Internet explosent. L'épisode Carla Bruni a internationalisé le phénomène: plusieurs quotidiens européens ont publié en Une de grandes photos du président français à Louxor, avec sa compagne.

«Egyptian break for Sarkozy and friend», titrait le «Times» de mercredi. «Clase de historia en el Valle de los Reyes», ajoute jeudi «El Mundo». «Sarkozy in Egitto con la Bruni, polemiche sul jet offerto dall'amico», renchérit «La Reppublica».

«Le Monde» a recensé les réactions les plus critiques: un quotidien néerlandais, «NRC-Handelsblad», s'interroge ainsi sur «ce qui se déroule vraiment à l'Elysée, où l'on semble tourner un remake de Louis de Funès».

Reste à comprendre les ressorts profonds du phénomène. Sarkozy intrigue-t-il parce qu'il est un politicien atypique? Parce qu'il est simplement «too much»? Parce qu'il incarne d'une manière nouvelle la France, pays qui continue à susciter admiration et irritation de par le monde? Le débat ne fait sans doute que commencer.

26 décembre 2007

Le message de Sarkozy: «Tu les emmerdes et tu te fais plaisir!»

Sarkocarla1 Faute d'autres sujets à traiter pendant la trève des confiseurs, les commentateurs français se sont avidement emparés du voyage de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni à Louxor. Pour Dominique Reynié, chercheur à Sciences Po et «sarkocritique» notoire, la «pipolisation» du président est une manière de focaliser le débat sur sa manière d'être, pour faire oublier les carences de sa manière de gouverner. «Le côté bling bling fait partie du spectacle, il ne lâche rien sur la mise en scène, il crée un monde fictionnel», estime le politologue, dans le but de faire oublier l'absence de vraies réformes.

Mitz_2 Directice d'une agence de relations publiques et proche des socialistes, Nina Mitz estime que le show présidentiel correspond à l'avènement d'une nouvelle génération d'hommes décidés à afficher un mode de vie à base de «femmes, fric, pouvoir».

En somme, le signe d'une «époque décadente», dont le mot d'ordre serait parfaitement résumé par la phrase soufflée par Nicolas Sarkozy à sa ministre préférée, Rachida Dati: «Tu les emmerdes et tu te fais plaisir!» 

Toute la question est de savoir qui est visé par ce «les»: les membres déconfits de l'opposition, les intellectuels qui fréquentent le café de Flore - plusieurs fois pris pour cible par Nicolas Sarkozy ces derniers jours - ou la population en général?

19 décembre 2007

La fin des maîtresses cachées, une révolution française

Carla2_2 En s'affichant avec Carla Bruni, Nicolas Sarkozy a mis fin à une tradition bien établie de la Vème République: celle des maîtresses dont les présidents cachent l'existence au public, mais que les initiés connaissaient parfaitement. (photo Keystone)

«Mitterrand disait qu'il avait une maîtresse pour l'apéritif, une pour le plat principal et une pour le dessert, explique une bonne connaisseuse des milieux politiques. Chirac était un grand cavaleur. Mais dans les deux cas, personne n'en parlait publiquement.»

Pompadour_2 L'apparition voulue et assumée de Carla Bruni aux côtés de l'actuel chef de l'Etat renoue avec une tradition plus ancienne, celle des courtisanes qui se pavanaient dans les cours de l'ancien régime à la façon de Madame de Pompadour, la maîtresse de Louis XV.

Un exemple revendiqué, au moins inconsciemment, par Carla Bruni: «C'est une fille qui depuis longtemps avait le projet de mettre un président de la République à son tableau de chasse», affirme la source précitée, qui l'a fréquentée lorsqu'elle sortait avec Arno Klarsfeld. Une autre époque...

17 décembre 2007

Sarko et Carla: à quand la rupture?

Carla L'annonce de la liaison entre Carla Bruni et Nicolas Sarkozy a stupéfié les milieux journalistiques parisiens, qui croyaient dur comme fer à une idylle, évoquée par la rumeur et quelques médias étranger