Depuis Mussolini, il est courant de mesurer la performance d'un pays à la ponctualité de ses trains. A cette aune-là, la France est en train de chuter rapidement. Il m'a fallu 7 heures au lieu de 3h20, hier, pour faire le trajet Paris-Genève. Ceux qui étaient partis deux heures plus tôt ont mis neuf heures... La cause est habituelle: rupture de caténaire.
La pagaille dans les trains est riche d'enseignements sur le fonctionnement de la France. En bas, il y a les contrôleurs du train, souvent des cégétistes cabochards, qui n'en savent pas plus que vous sur les causes de la panne. On les a vus peiner durant tout le trajet, lundi, pour tenter d'arracher des bribes de renseignements à "ceux de Paris". Ils nous ont prédit une heure et demie de retard, puis deux heures, puis trois... Au final ce fut près de quatre heures.
J'ai pu le vérifier à de nombreuses reprises: les contrôleurs des trains ne sont pas préparés à informer le public et désamorcer ses inévitables colères. Mais cela ne dérange absolument pas le sémillant Guilaume Pépy, patron de la SNCF. Dans une récente interview au Parisien, ce copain de Bertrand Delanoé expliquait sans rire qu'il enverrait désormais les annonces de retard sur les iPhone des voyageurs, et les diffuserait via des "douches sonores" installées dans les gares... L'idée qu'il vaudrait mieux renseigner plus vite ses contrôleurs pour qu'ils puissent informer les gens ne semblent même pas l'effleurer. Mais peut-être ne prend-il pas souvent le train.
Une voyageuse avait un avis définitif (et typiquement français) sur la cause de la panne d'hier: "C'est la bourse qui prend tout, il n'y a plus d'argent pour refaire les voies." Je ne lui donne pas totalement tort, car certains services publics semi-privatisés sont devenus une vraie catastrophe - exemple la Poste, avec près d'un quart de paquets perdus (ma statistique personnelle) durant les fêtes de fin d'année.
Bientôt, on peut imaginer qu'EDF vous coupera de temps à autre l'électricité, à cause d'une rupture de ligne, d'une erreur de gestion réseau, ou que sais-je... Mais ils vous enverront un e-mail sur votre portable. En France non plus, on arrête pas le progrès.





pour les paquets perdus de la poste,le terme perdus n est pas le bon,il vaudrait mieux dire volés,ce serait plus juste
Rédigé par : huchet | 25 février 2010 à 13:20
Je me demande ce que le petit Sylvain Besson fait dans un pays aussi mal desservi et aussi mal gouverné que la France. Au Bouveret, en Suisse, au bord du Léman, un réseau de chemins de fer miniatures apprend aux bon "conducteurs" de loco à manoeuvrer avec art et circonspection. Les CFF font circuler des trains vides de passagers et les petits trains à crémaillère de montagne grimpent sans fumée jusqu'à 2000 mètres d'altitude. Que tout ceci est poétique, face aux ruptures d'anévrisme caténériennes de la SeuNeuCeuFeu...
Rédigé par : Nomade | 16 février 2010 à 20:26
Ah les cegetistes cabochards !Belle formulation populiste.C'est vrai qu'en Suisse les trains sont toujours a l'heure et les voyageurs informes par des controleurs non syndiques.C'est drole je n'est pas le meme vecu et pourtant je conduit des trains dans votre pays.
Rédigé par : roland | 14 février 2010 à 15:51
Quel râleur ! Je soupçonne l'auteur de ce billet d'être en voie d'acculturation rapide ;o)
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | 09 février 2010 à 21:54
C'est amusant en lisant votre blog on n'a pas l'impression de vivre dans le même pays que vous ... L'herbe semble être plus verte en Suisse !
Rédigé par : seb | 09 février 2010 à 17:25