Le paisible François Fillon s'est risqué vendredi à un exercice périlleux: définir ce qui fait "l'identité nationale" de la France et des Français. Ceux-ci se caractériseraient par leur "goût de la conversation" et leur "goût pour la critique", leur "plaisir de plaire", une "aversion pour les croyances trop exclusives" et l'amour des "jeux de l'esprit" qui fait que "toute décision entraîne la controverse". "La dissension et la bravade sont inscrites dans nos gènes", a dit le premier ministre.
Traduction par un étranger mal intentionné: les Français sont d'impénitents bavards qui se croient autorisés à discourir de tout et de rien par le seul fait qu'ils sont Français. Mais continuons avec la définition de Fillon:
"Nous sommes une des rares nations à vouloir vivre au-dessus d'elle-même", et cette "démesure [...] fait notre grandeur".
Nous voici au coeur du problème. Le général de Gaulle est devenu un dieu vivant parce qu'il a réussi à perpétuer le mythe de la France "flambeau de la lumière du monde", alors que son pays était nanifié par les Superpuissances. Mais aujourd'hui, la légende a mal vieilli. Et les conséquences sont graves.
"Il y a un discours sur l'inadéquation de la France au monde", estime Louis Schweizer (ex-PDG de Renault qui dirige la Halde, l'autorité anti-discrimination). Ce pessimisme - nourri par la conscience que le "modèle français" n'en est plus vraiment un - encourage le refus d'intégration des laissés-pour-compte des cités et autres lieux de bannissement.
Un chantre de la francité, Max Gallo, a fait une liste des "dix points cardinaux de l'identité française". J'avoue être déçu: on y trouve surtout ces ennuyeux poncifs que sont la laïcité, l'égalité et l'école. Tout à fait le genre de grands mots qui rendent les débats français assommants. La France que les étrangers aiment et admirent, c'est la France charnelle, épicurienne, la France du bon goût, des belles choses et des beaux paysages. La France des polémiques nombrilistes, des discussions creuses, des intellectuels qui parlent avant de réfléchir n'intéresse plus grand monde. C'était ma contribution au débat sur "l'identité nationale" que de le dire.





A propos des Japonaises, il s'agissait en fait de cas de dépressions évoqués par Guess (et non de suicides). Dûes au choc entre l'image et la réalité...
Rédigé par : ShereKhan | 29 décembre 2009 à 23:30
Je n'ai jamais eu la prétention de dire que la France était un pays parfait. D'ailleurs si vous en connaissez un faites nous signe. Vous prenez l'exemple de Lille, mais ça pourrait être Lyon, Marseille, Montpellier ou la banlieue nord de Paris où la laideur est de mise. Remercions les architectes des années 60 pour leur "bon goût". Quant aux Japonaises, qu'elles aillent voir un psychiatre. Le choc des cultures Franco-japonais n'explique pas tout. Il ne faut pas exagèrer.
Rédigé par : jen-paul | 29 décembre 2009 à 14:23
La question a déjà été abordée dans ce blog: le décalage entre l'image et la réalité, les Japonaises qui se suicident après avoir visité Paris... Je ne doute pas que le patrimoine ne soit pour l'économie française un secteur juteux et savamment entretenu. Je crains toutefois qu'il ne s'avère pas suffisant. Prenons le cas de Lille, par exemple: il n'y a dans cette "belle ville" que quelques rues centrales habilement restaurées, d'ailleurs par une Nicoise. Le reste est sordide, tant architecturalement que sociologiquement. Les vieilles images ont la vie dure, comme la lumière des étoiles éteintes depuis longtemps...
Rédigé par : ShereKhan | 27 décembre 2009 à 22:18
ShereKhan@ Vous êtes de quelle nationalité? Belge, enfin je voulais dire wallon? Bon, après tout, peu importe, vous avez le droit de masquer votre pays d'origine. Lorsque vous évoquez le mauvais accueil reçu par les touristes étrangers en France, vous voulez parler de Paris, je suppose? Peu importe, les touristes reviennent en masse chaque année et la France est le pays le plus visité du monde et Paris me semble-t-il la capitale la plus visitée également. Alors, pour un pays qui n'offre à vos yeux que peu d'intérêt, vous avouerez que c'est là une prise de position cocasse. Mer, montagne, îles, musées, châteaux, ,lieux historiques, tourisme fluvial, route des vins etc...le touriste est friand de tout cela. Si il était si mal reçu que cela, reviendrait-il?
Rédigé par : jean-paul | 27 décembre 2009 à 18:10
@Jean-Paul: c'est ce que vous aviez écrit: Jen-Paul. Figurez-vous que je ne suis absolument pas citoyen ni résident suisse. Je suis donc peu susceptible de sombrer dans l'ethnocentrisme helvétique que vous m'attribuez. J'aimerai la diversité de la France quand elle lui permettra de se libérer de ces gouvernants que vous évoquez... Par ailleurs, si vous avez une vie internationale, vous avez pu remarquer que la France et les Français ont une image ambivalente, quand elle n'est pas franchement négative: des gens centrés sur eux-mêmes, peu conviviaux, parlant mal l'anglais, voyant la paille dans l'oeil du voisin, et globalement très épris de leur propre "grandeur" autoproclamée. Les faits ne contredisent pas cette image. Il y a eu des rapports officiels sur le mauvais accueil reçu par les touristes étrangers en France. Et c'est un fait que les débats français ne semblent pas toujours en ligne avec ceux des autres pays, sans pour autant être plus pertinents.
Rédigé par : ShereKhan | 27 décembre 2009 à 13:29
Jean-Paul, ShereKhan, pas Jen-Paul. Concernant les français à l'étranger, vous vous référez peut-être aux voyageurs Fram aux sacs et bobs bleu, blanc, rouge ? J'ai moi-même pas mal voyagé; je n'ai jamais été insultant ni été insulté par qui que ce soit. Par contre, j'ai observé des allemands ou des anglais reconstituer de mini-quartiers pour que ces pauvres touristes malheureux puissent survivre à l'étranger avec leurs bières et leurs saucisses. Isn't it. Quant à la Suisse, au niveau ethnocentrisme, vous nous surpassez très largement, et vous le premier d'ailleurs. J'aime mon pays dans sa diversité mais pas ses gouvernants, cela fait une grosse différence. Vous ne la faites pas; tant pis.
Rédigé par : jean-paul | 27 décembre 2009 à 12:02
Inepties, Jen-Paul, pas inepsies. On croirait que vous avez fait un copié-collé de la prose du gouvernement français ou bien encore de celle d’Ernest Lavisse. Le mythe de l’aventure coloniale - qui allait donner à la France une puissance dépassant ses moyens propres et en compensant le déclin interne - est bien fini. L’Empire a sans doute servi à la France, mais il lui a aussi posé d’énormes problèmes. Etre présent en Guyane et dans le Pacifique n’apporte pas grand-chose, hormis des déficits publics additionnels et la pollution nucléaire. Le populationnisme est une idéologie autoritaire qui vise à remplir les casernes et les usines: si le territoire et le nombre étaient si importants, il y a belle lurette que la Turquie ou l’Inde seraient les premières puissances mondiales. Puisque vous êtes le bonapartiste de service, il serait intéressant que vous vous interrogiez sur les fondements de votre discours. Ce qui ridiculise les Français à l’étranger, outre leur évident ethnocentrisme, c’est cette absurde incapacité à se raccrocher à autre chose qu’à des attitudes désuètes.
Rédigé par : ShereKhan | 24 décembre 2009 à 13:40
La critique est à la base de toute discussion, que celle-ci concerne la France ou un autre pays mais sur ce blog, le moindre sujet fait apparaître un tel lot d'inepsies anti-françaises qu'au bout du compte même les critiques paraissant les plus fines en deviennent du coup noyées et moins crédibles. Je suis surpris par les propos très limites à l'égard de la France. Certes, la France est un vieux pays, mais il n'en demeure pas moins que son influence mondiale demeure importante, culturellement, diplomatiquement, économiquement et militairement. Voyons, faisons les comptes si vous le voulez bien. La France fait partie des 5 membres permanents à l'ONU, elle est la 4ème puissance économique du monde, elle est également la 3ème puissance nucléaire du monde. Si son hexagone n'est pas immense (bien qu'ayant la plus grande superficie d'europe de l'ouest) son aura mondiale grâce à ses territoires d'Outre-mer lui confère un champ élargi d'influence, ce que ne peut lui contester aucun partenaire européen. Ancien pays colonisateur, la France est voisine du Brésil avec la Guyane, elle est présente aux caraïbes, dans l'océan indien, dans le Pacifique sud, bref, peu de pays peuvent dire mieux. Sa diversité culturelle et géographique est quasi inégalable. Sa ZEE est la 2ème du monde (11 millions de km2)juste derrière les USA; elle a donc de quoi naviguer autant qu'elle veut (et chez elle) sur le globe terrestre. Sa démographie fait d'elle le pays dont le taux de natalité est le plus élevé et sa population sera à terme la plus nombreuse d'Europe de l'Ouest supplantant même l'Allemagne. Enfin, pour finir, elle est toutes disciplines confondues le 5ème pays le plus performant de la planète cassant par la même le mythe d'une France nulle en sport. Vous voyez qu'en faisant les comptes, ce pays, même en étant sans intérêt pour d'aucuns ici reste pour beaucoup d'autres un pays qui compte sur l'échiquier mondial. Si les idées et les avis sont discutables, ces chiffres eux, ne le sont pas.
Rédigé par : jen-paul | 24 décembre 2009 à 01:18
Le propre des Français, si j'ose dire après ces quelques boules puantes lancées de mains de petit-maîtres, c'est de discuter. Peu importe qui touille le ragoût, du moment que les mots montent aux narines.
Monsieur Besson se prétend franco-critique plutôt que francophobe. C'est la revanche des petits sur les plus grands. On réussit plus facilement ce tour de passe passe depuis Genève que depuis Paris. Mais ça marche... et mes compatriotes dissertent sur les humiliations qu'ils administrent.
Je vis depuis 30 ans en Suisse, j'en entends des vertes et des pas mûres sur les Français et la Frouzie. Mais là M. Besson vous êtes un orfèvre de la zizanie.
Rédigé par : Nomade | 08 décembre 2009 à 13:20
Allons, allons, MM. Bonbenoui et Besson, n'est-ce pas vos réactions qui sont pathétiques? Je ne vois pas dans vos réactions l'ombre d'une valeur ajoutée. C'est de la polémique à l'état pur. Bonbenoui vous ne savez pas qui je suis, et ce n'est pas "un vieux réflexe" sur "l'odeur des étrangers" (une référence de politique française?). Je ne fais pas non plus référence au débat gouvernemental sur l'identité nationale qui ne m'intéresse pas. Simplement il m'appert que la France était un pays sale, même si elle est devenue plus propre dans les deux dernières décades. Cela m'apparait contradictoire avec le bon goût. Désolé d'évoquer ces réalités prosaïques qui semblent choquer vos sentiments nationaux. Quitte à risquer la censure que M. Besson évoque dès lors qu'on est pas d'accord avec lui.
Rédigé par : ShereKhan | 08 décembre 2009 à 09:31
La référence à l'odeur des Français par ShereKhan est en effet particulièrement pathétique. J'aurais dû la censurer immédiatement - mea culpa - mais je n'ai pas eu le réflexe et maintenant c'est trop tard. Même chose pour "l'allaïcité" de Guess. Mes excuses à tous les lecteurs de ce blog - qui est francocritique et non francophobe comme l'en accusent certains. Ces excès assez misérables montrent bien le potentiel de dérapage du débat sur l'identité nationale.
Rédigé par : Sylvain Besson | 08 décembre 2009 à 08:16
Je trouve vraiment assez pathétique que les francophones se lâchent avec autant de mépris... SheereKhan mérite la médaille d'or. Ce vieux réflexe xénophobe et haineux sur l'odeur des étrangers... Quel mépris, quelle haine... Quant aux commentaires sur la Bretagne, l'Alsace etc... c'est incroyablement stupide.
J'accepte la critique et je suis moi-même très critique vis à vis de mes concitoyens (cons de citoyens dirait sans doute Sylvain Besson), je trouve aussi ces débats sur l'identité nationale ridicule mais il y a une limite à ne pas dépasser. Tomber dans la caricature injurieuse pour nous expliquer que les débats en France sont creux et petits, c'est la pitié qui se moque de la charité. Vous pourriez nous offrir ce genre de commentaires si vous étiez vous même une sommité intellectuelle mais vu le niveau de ce blog, vous devez admettre que l'on peut douter de votre capacité de jugement qui est visiblement biaisé par vos sentiments francophobes.
Rédigé par : bonbenoui | 07 décembre 2009 à 23:26
L'image de la France est de plus en plus en totale contradiction avec la réalité...
C'est la chrétienté qui a fait, en très grande majorité, la France que tout le monde admirait.
Aujourd'hui, à part quelques exceptions, on évacue tout ça.
Un jour ne restera plus qe l'allalaïcité et là...
Rédigé par : Guess | 07 décembre 2009 à 18:10
Ged, je ne sais pas si mon propos est haineux, mais je constate que d'une part vous mobilisez des références culturelles mal maîtrisées, et que d'autre part vous polémiquez. Ce n'est pas cela qui fera avancer le débat. Pour ma part je ne parle pas de Charlemagne (gaullisme et bonapartisme restent tout de même plus actuels...) mais de la France et des Français tels qu'ils sont.
Rédigé par : ShereKhan | 07 décembre 2009 à 17:45
Je fais référence aux deux France de Braudel et en aucun cas au populisme électoraliste du débat "sur l'identité française" qui ne m'intéresse pas,et vous incite à sortir de votre propos haineux et qui énonce autant de billevesées que celui de M. Besson. Au fait on pourrait parler de la Gaulle oude le France de Charlemagne?
Rédigé par : ged | 07 décembre 2009 à 15:05
Ged, il conviendrait que vous soyez un peu plus disert pour que je puisse vous répondre. Si vous faites allusion à "L'identité de la France" il ne semble pas que ce livre, au-delà du fatras documentaire dans lequel se perd son auteur, supporte la vieille idée de la France une et indivisible, mais plutôt celle de sa diversité et de sa segmentation en différents terroirs.
Rédigé par : ShereKhan | 06 décembre 2009 à 10:36
M SereKhan lisez Fernand Braudel de grâce.
Rédigé par : ged | 05 décembre 2009 à 22:39
"La France que les étrangers aiment et admirent, c'est la France charnelle, épicurienne, la France du bon goût, des belles choses et des beaux paysages". Dans le genre poncifs, c'est pas mal aussi !
Rédigé par : Tchavolo | 05 décembre 2009 à 17:00
Il est surprenant de vous entendre citer les petites phrases de l'apparatchik socialiste Schweitzer, sans parler des inspides niaiseries du terne Fillon. La France du bon goût...je ne veux pas péjorer encore votre analyse déjà sévère mais est-ce réel? Le Français en général est mal fringué, ne fait pas beaucoup de sport et ne sent pas toujours très bon. Sa cuisine a des mérites évidents mais elle est savante, donc chère; au quotidien elle est fort banale. Son accent en langue française n'est pas agréable à entendre, contrairement à certains accents suisses, belges ou canadiens. Il manque de politesse et de respect, alors que c'est l'antichambre du bon goût. Quant à la France des belles choses et des beaux paysages, n'est-ce pas une construction, une politique de l'Etat français destinée à tromper les gogos de l'étranger et à leur faire dépenser leurs devises en vacances, de la poudre aux yeux destinée à lui donner une auréole civilisée et démocratique? Les régions les plus riches en patrimoine, Bretagne, Bourgogne, Alsace, Savoie, n'ont rien de spécifiquement français et ont été conquises ou achetées par l'Etat français, qui vit sur ce patrimoine plus qu'il ne l'a créé. Alors j'irai un peu plus loin que vous: non, je ne trouve aucun intérêt à la France. C'est un pays qui est entièrement à reconstruire dans sa mentalité, de A jusqu'à Z.
Rédigé par : ShereKhan | 04 décembre 2009 à 16:43