La polémique sur Jean Sarkozy le montre bien: la France reste hantée par son passé féodal. Que le président donne un coup de pouce à son fils pour s'installer aux commandes de La Défense (poste pas anodin, je vous l'accorde) et le voilà soupçonné de vouloir rétablir un régime héréditaire. Il n'y que les Français pour y croire - les étrangers se content de trouver ça drôle -, peut-être parce qu'au fond d'eux-mêmes, ils se savent encore monarchistes.
Par coïncidence, j'ai passé le week-end dans le château d'un aristocrate, qui considère que la Révolution est la plus grande erreur de l'histoire nationale. On en voit beaucoup, dans la campagne française, de ces grandes demeures entourées d'arbres, dont les domaines sont encore régis par des règles venues du Moyen âge: droits de chasse, droits de coupe de bois, fermage et exploitation des terres par des métayers...
Le plus révélateur est la déférence qui continue d'entourer les maîtres de ces lieux. Une Belge établie dans le Limousin me racontait que quand les villageois sont invités au château, on met des noeuds papillon aux enfants pour montrer le respect dû à "monsieur".
D'une certaine façon, l'ascension de Jean Sarkozy montre à quel point l'adage aristocratique - "bon sang ne saurait mentir" - reste imprégné dans la mémoire nationale. Mais une explication individualiste, moderniste, me semble plus pertinente: Nicolas Sarkozy est un papa tellement fier de son fils (dont il s'est peu occupé après son premier divorce), et tellement inconscient des conséquences de son attendrissement pour lui, qu'il ne sait pas dire non lorsque ce dernier lui dit "je veux être élu à la tête de La Défense". Le drame de la France, ce n'est pas la survivance monarchiste, mais la famille recomposée.





Sylvain,
Une fois n'est pas coutume, pour le troisième anniversaire de mon blogue j'ai publié un sujet collectif :
http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2009/10/on-a-tous-quelque-chose-de-sarkozy.html
il te donnera une idée de la dynastie Sarkozy, au cas où tes quatre années en France ne t'auraient pas encore permis, outre le président et le "big dealmaker" de l'Union des banques suisses, de cerner la famille… et l'évolution de Olivier/Oliver.
Bien à toi
Rédigé par: Fabien | 30 octobre 2009 à 03:57
Je ne partage pas entièrement votre point de vue. Le drame de la France n'est pas la révolution, sauf pour notre Châtelain et on peut le comprendre, mais Napoléon Bonaparte. Pourquoi, parce que le pays ne connaît pas la réalité de ce triste sir, ni sont rapport avec les banquiers (la banque de France - privée- de l'époque)pour lesquels (et pour sa bourse) il faisait des guerres. Il faut lire le Napoléon d'Henri Guillemin, plus lu par les Suisses que par les français pour le comprendre et pas toutes les autres versions romantiques ou légendaires. C'est Napoléon le mythe du grand homme et pas la royauté, peut être à tort d'ailleurs.
Rédigé par: Gerard | 15 octobre 2009 à 22:06
Au-delà des grandes phrases, n'est-ce pas tout simplement de la magouille bas de gamme que de nommer ce branquignol incompétent à un poste important?
Rédigé par: ShereKhan | 14 octobre 2009 à 15:07