On ne peut que sourire devant la nouvelle offensive décrétée par le gouvernement français sur "l'identité nationale". Croit-il vraiment qu'une série de colloque dans les préfectures convertira les gamins de banlieue aux "valeurs républicaines"? En quatre ans de correspondance, je n'ai pas rencontré un seul Français capable de m'expliquer en quoi elles distinguaient leur pays de n'importe quelle autre démocratie.
Cela dit, quelques indicateurs informels suggèrent qu'il y a bien un trouble identitaire en France. Le plus sûr selon moi est le nombre de drapeaux dans les jardinets. En Suisse et aux Etats-Unis, c'est énorme: pas une zone villa où ne pullulent les étendarts patriotiques (en Suisse, on peut encore raffiner en plantant le drapeau de son canton, pour montrer qu'on est un vieux-patriote, comme il y a des vieux-croyants dans l'église orthodoxe russe).
En France, en revanche, qu'on me détrompe, mais je vois beaucoup moins de signes spontanés de fierté nationale. A la place, une avalanche de commémorations étatiques, avec la Marseillaise chantée devant le monument aux morts le 11 novembre et le 8 mai. C'est historique, officiel, scolaire. En Suisse, je ne me souviens pas de la moindre heure consacrée à "l'identité nationale" ou quoi que ce soit d'approchant (l'instruction civique est plutôt une sorte de cours de droit constitutionnel à l'usage des enfants). Et pourtant Dieu sait si les Helvètes sont, à leur manière, chauvins.
La solution est peut-être là. Au lieu d'infliger aux "jeunes des cités" d'ennuyeux sermons sur Marianne, le drapeau et les valeurs, envoyez-les en vacances à la campagne.





Ramener l'identité d'un pays au nombre de drapeaux qu'on y arbore, c'est un peu léger. Dans les jardins collectifs, à Lausanne comme à Genève, on trouve en abondance des drapeaux portugais et italiens au dessus des rames de haricots et des rangées de chou. Preuve qu'au moins les étrangers venus travailler en Suisse savent s'adapter.
Quand aux manifestations militaires de l'armée suisse, mon grand étonnement est de voir celle-ci participer aux fêtes religieuses locales, bénédiction comprise : le mélange du sabre et du goupillon a un aspect vieille France-ancien régime qui vaut son pesant de fusil d'assaut !
Rédigé par: Nomade | 10 novembre 2009 à 08:05
Je me souviens d’avoir vu très peu de défilés militaires. Pour moi le 14 Juillet, c'était le soir, les lampions, le feu d'artifice et le bal où les gens du village se retrouvaient dans une ambiance bon enfant autour d’un groupe de musique local.
En ce qui concerne les défilés militaires, c'est clair que les guerres (mondiales, décolonisation, etc...)ont laissé des traces indélibiles dans l'Histoire du pays, dans l'histoire des familles françaises. Prenons ma modeste famille par ex. Mes deux grands pères ont combattu, l'un en 40, l'autre en Indochine. Mes arrières grands pères: l'un est parti en Chine et l'autre ramassait les cadavres pendant la deuxième guerre. Mes grands mères ont été des bombardements et du débarquement (ont par chance survécu). L'Histoire de la France est jalonnée de guerres et l'armée est donc évidemment un point central de l'histoire commune. Et les défilés en Province sont aujourd'hui plus des hommages aux hommes qui sont tombés qu'une démonstration de puissance de l'Etat ou un symbole de fierté nationale. Avec le temps, avec la disparition des derniers témoins des événements militaires, les défilés et les cérémonies tombent peu à peu en désuétude.
Rédigé par: bonbenoui | 02 novembre 2009 à 13:05
@Guess: C'est qui le "on" dans "on" va encore payer?
Rédigé par: joel | 02 novembre 2009 à 11:37
Mais naturellement et on va encore payer !!!
Rédigé par: Guess | 01 novembre 2009 à 18:46
Oui!! Restaurons nous des tours de France en bicyclettes !
Rédigé par: DUPOND | 29 octobre 2009 à 06:25