"Quelle est votre situation financière?" Cette question indiscrète a été posée, lundi, à tous les accusés du procès Clearstream. Leurs réponses permettent de mesurer le déclassement social subi par chacun des protagonistes - et de constater qu'au fond, certains ne s'en sortent pas si mal.
En queue de classement, on trouve Florian Bourges, l'ancien comptable d'Arthur Andersen qui a volé les fichiers originaux de Cleastream. Il est aujourd'hui actif dans la "gestion d'une crèche associative", avec un revenu de 1200 euros par mois - contre près de 3000 avant l'éclatement de l'affaire.
Imad Lahoud, le principal accusé et truqueur présumé des listings, s'en sort à peine mieux: le voilà "professeur agrégé de mathématiques" dans un lycée, avec un revenu mensuel de 1850 euros par mois. Rien à voir avec les centaines de milliers d'euros que lui a versés EADS lorsqu'il travaillait comme spécialiste de la sécurité pour Jean-Louis Gergorin.
Denis Robert, le journaliste qui dénonce Clearstream depuis 2001 et a perdu plusieurs procès, a plutôt profité du scandale. Il déclare aujourd'hui "entre 80'000 et 105'000 euros de revenus par an", grâce au droit d'auteurs de ses différents bouquins sur les turpitudes de la finance mondiale.
Mais les plus gros revenus sont sans conteste ceux de Jean-Louis Gergorin et de son ex-ami Dominique de Villepin. Le premier, consultant en stratégie, avoue des revenus de 130'000 euros par an, le second, avocat international, 20'000 euros d'honoraires par mois.
Tout cela est plutôt rassurant. En France, on peut être lynché médiatiquement, poursuivi, inculpé, perquisitionné et objet des foudres du président de la République, et continuer à gagner confortablement sa vie. Aucun des accusés n'est au chômage. A croire que tripoter de faux listings et échafauder des théories du complot délirantes est bon pour votre CV.





"A croire que tripoter de faux listings et échafauder des théories du complot délirantes est bon pour votre CV. "
L'honnêteté n'a jamais été une preuve d'intelligence ! Mais il est tout de même heureux que ces gens puissent vivre , plus grave sont d'autres parcours comme ceux de Messier et Tapie , dans le genre la liste est plutôt longue , très longue .
Dans cette affaire Clearstream nous sommes dans un cirque politique .
Rédigé par: Flupke | 01 novembre 2009 à 09:07
@Nomade
On peut savoir combien gagnent les gens en Suisse. Le salaire de tout personnage quelque peu public est connu de tous et étalé dans tous les journaux. Preuve est le classement publié par Bilan (ou Bilanz outre-Sarine) chaque année.
Tous les syndicats et banques offrent également des calculateurs de salaires qui donnent des statistiques très détaillées sur les salaires dans toutes les branches et tous les métiers. Les offices statistiques cantonaux et fédéral offrent également une quantité de données très importante sur le sujet.
En fait, il circule tellement d'informations sur ce sujet, qu'il est difficile de s'y intéresser par manque de temps ...
Rédigé par: Robert | 07 octobre 2009 à 22:45
Je suis quelque peu étonné de cet avis sur les revenus actuels des protagonistes de l'affaire Clearstream émis par le représentant d'un journal établi à Genève, cité calviniste par excellence où l'argent n'a jamais eu d'odeur.
Par contre, essayer de savoir combien gagne tel ou tel personnage non-fonctionnaire en Suisse, cela relève du parcours du combattant sans fin. Preuve qu'en France on ne cache pas ses revenus, même si on cache ses économies en Suisse...
Rédigé par: Nomade | 26 septembre 2009 à 11:37