Ils sont extraordinaires, à la mairie de Paris. Leur sollicitude envers les victimes potentielles de la canicule (il fait 35° et, chose extraordinaire, les bancs publics exposés au soleil sont vides, même à l'heure du déjeuner) fait de cette noble institution municipale la quintessence même de cet Etat nounou, enveloppant et obséquieux, que j'ai égratigné quelques fois sur ce blog.
Figurez vous donc qu'à la mairie de Paris, ils ont placardé partout des affichettes incitant les citoyens à inscrire leurs proches un peu âgés dans le système d'information Chalex. Tous les jours, des opérateurs vous appellent pour voir si vous n'avez pas trop chaud et vérifier "au fil de la conversation" que vous ne présentez pas un "risque sanitaire et social grave".
Par exemple, si vous dites "je vais très bien merci, foutez-moi la paix", mais que l'opérateur - "adossé à une régulation médicale et sociale spécifiquement mobilisée pour la canicule", selon l'impayable jargon de la mairie - vous trouve un peu bizarre, il peut vous envoyer un "travailleur social" qui viendra chez vous pour vous offrir un "accompagnement adapté".
On ne peut pas en vouloir à la mairie de Paris. Depuis les 15'000 morts de l'été 2003, il n'est pas une autorité française qui ne se liquéfie de trouille à l'idée d'être accusée de négligence caniculaire. Alors, pourquoi ne pas étendre le système? Tous les jours, l'Etat français pourrait appeler l'ensemble de ses citoyens pour leur poser quelques questions: Vous n'avez pas trop chaud, trop froid? Est-ce que vous avez du travail? Comment vous sentez-vous, sur le plan moral, physiologique?
Pour économiser les deniers publics, l'opération pourrait être menée par des serveurs automatiques qui interpréteraient vos réponses à l'aide d'un logiciel adapté. Ils vous orienteraient ensuite vers les services compétents, de l'hôpital psychiatrique à l'ANPE. Comme ça, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Parce qu'en France, l'Etat veut votre bien, toujours, partout, tout le temps.





Vu le climat de la Suisse, il ne semble pas que la sollicitude des autorités fédérales ou cantonales poussent le bouchon jusqu'à se préoccuper des conséquences de la canicule dans les vallées appenzelloises.
Par contre j'espère qu'en hiver, quand le thermomètre descend jusqu'à moins 20° moins 30° dans certains coins du Jura suisse ou des Graübunden, on s'occupe des vieux citoyens helvètes un peu isolés dans leur chalet et qui savent crever de froid sans trop se plaindre comme vous le faites pour les Parisiens !
Rédigé par: Nomade | 29 août 2009 à 12:10
ce que Michel Schneider a appelé "Big Mother".
Rédigé par: GJ Edouard | 28 août 2009 à 22:57
C'est l'intention qui compte mais vous qui vivez à Paris, vous savez bien que la réalité est totalement différente. Les parisiens aimeraient être aussi chouchoutés que vous le dîtes.
Rédigé par: bonbenoui | 27 août 2009 à 09:58