Les médias ont beaucoup glosé sur cette récente étude qualifiant les Français de "pires touristes du monde". Mais le vrai problème est peut-être plutôt l'impolitesse des Français dans leur propre pays. L'exemplede Paris est évidemment paroxystique: serveurs qui vous regardent comme si vous tombiez de la planète Mars et ne connaissent pas l'usage des mots "merci" et "bonjour"; infects conducteurs de scooters qui manquent de vous rouler dessus sur les trottoirs; réceptionnistes qui préfèrent vous raccrocher au nez que de résoudre votre problème, etc.
Ces attitudes contrastent avec la politesse proverbiale qui est de mise en Grande-Bretagne (pour ne rien dire de la Suisse). Un confrère anglais avait à ce sujet une théorie intéressante: les Britanniques sont polis parce que sinon, ils seraient violents. Le côté lisse, voire obséquieux, est comme une barrière qui les protège de leurs propres débordements. Evidemment, un barman londonien qui se mettrait à parler aussi mal qu'un serveur parisien se ferait aussitôt briser une chope de Guiness sur la tête.
A l'inverse, le côté guilleret ou léger de la vie parisienne - un vieux poncif toujours valable pour nombre d'étrangers - peut s'expliquer par les constantes éructations des habitants, qui se plaignent sans cesse, jurent, insultent volontiers (cf les altercations entre motards et automobilistes sur la voie publique).
L'impolitesse, la rudesse proverbiale des Parisiens serait une manière d'extérioriser ses angoisses, de se délester du stress et du poids de la vie. En somme, de rester heureux. La prochaine fois que l'un d'eux se montre désagréable, soyez indulgent: il essaie d'éviter la dépression.
PS: Ce post est dédié à tous ceux qui se feront arnaquer par des pizzaïolos malpolis ou subiront les foudres d'un garçon de café mécontent, cet été sur la route des vacances. Votre serviteur reprendra du service (pardon de la redite) au mois d'août.





J'ai eu affaire avec ce monsieur Besson dans le cadre de ma profession et je dois dire que ce triste sire s'est comporté de façon ahurissante (au téléphone) et pourtant Dieu sait que je suis aux prises avec des journalistes impatients et grossiers à longueur de journée...
Vous imaginez bien ma surprise en tombant sur cet article...
Ce n'est même plus l'hôpital qui se fout de la charité à ce niveau là.
En tous les cas je lui décerne volontiers la palme du journaliste le plus méprisant et impoli sans aucun problème en ce qui me concerne !
Rédigé par: keyshawn | 02 octobre 2009 à 16:41
A se tordre de rire tous ces commentaires qui viennent magistralement confirmer ce que Besson explique dans son billet...
Rédigé par: eniotna | 14 septembre 2009 à 09:51
Comme helvetico-irlandaise qui a vecu pas mal de temps en Grande Bretagne comme en France, je dois dire que, de mon experience, la politesse mythique des anglais est precisement ca, mythique. On n'a pas besoin de lire beaucoup la presse britanique (surtot celle de droite, mais celle de gauche) pour constater que cette situation preoccupe les anglais; elle est exprime par exemple a travers ce qu'ils appellent le 'respect agenda'. Je dirai que certains anglais sont, effectivement, courteois -- comme ca l'est le cas de n'importe quel pays -- mais que, dans la vie courante, les petites politesses sont rares et sans conviction. Par contre, chaque fois que je vais en France, j'apprecie enormement l'importance qui est attache au petits politesses de la vie quotidiennes, et je suis meme souvent surprise de la maniere dont les gens s'offensent pour le moindre petit lapsus de courtoisie -- un bonjour manque, un merci dit qu'a moitie, etc.
Au telephone, quand on demande des renseignements ou bien la resolution d'un probleme, en particulier a une grande organisation, je trouve que l'impolitesse est entierement internationale.
Rédigé par: Celia | 25 août 2009 à 18:47
---> Jacques Terzibachian : rassurez-vous. Il vous suffira d'entendre quelques phrases en "français fédéral" de Suisse pour mieux apprécier le peu délicat langage de vos élus. Sans oublier que ce blog est celui d'un citoyen suisse qui s'en vient critiquer la France et les Français comme s'il se trouvait en pays conquis. Nuance...
Nomade, Français de Suisse
http://accesnomade.blog.lemonde.fr/
Rédigé par: Nomade | 30 juillet 2009 à 21:45
Le bon exemple en tous cas ; hélas,ne vient pas d'en haut:
Ancien Sergent Instructeur de nos Troupes Coliniales; mes chastes oreilles sont toujours surprises, d'entendre les éructions et le vocabulaire pauvre et ordurier à longueur d'année de nos élus sans patience, en manque d'arguments? et de conscience de leur représentativité.
J.T.
Marseille.
Rédigé par: Terzibachian Jacques | 26 juillet 2009 à 21:15
Dites M. Besson vous êtes sûrs de ne pas vous vautrer complaisamment dans la facilité du cliché? ;-)
Le Parisien est un Français très poli, trop d'ailleurs. En fait ce n'est pas un Français. Et c'est pour ça que personne ne l'aime en France. Si vous voulez observer quelques poètes de l'impolitesse (des troubadours, allez, j'ose le mot) je vous invite chez moi à Toulouse sur la Rive gauche ou dans les travées des Sept-Deniers, ça va vous décoiffer votre belle raie sur le coté :-)
Rédigé par: pouv | 21 juillet 2009 à 03:55
@ Bonbenoui : votre analyse est finement ciselée. Mais il apparaît que M. Besson apparaît bien comme un donneur de leçon doublé d'un humoriste disons... facétieux et qui ne prend pas en compte la Suisse alémanique dans ses pavés. Je dis bien "apparaît". Mais le traumatisme est suffisamment profond pour que j'appuie sur la chanterelle. Et pour d'autres raisons. Tout simplement que M. Besson choisisse son camp: correspondant du Temps OU humoriste politique critique. D'autant qu'il se tire trop souvent d'affaire en sifflotant les deux mains dans les poches. Ou alors qu'il prenne un pseudo, comme vous, comme moi, sans mélanger les genres. Car comme on dit en Suisse, ça fait désordre, et ça gratte. Et je soupçonne volontiers le plaisir qu'il prend à assurer cette vieille revanche sur les Français que les Romands, plus loquaces que les Suisses alémaniques, savent très bien exercer aussi. Donc je confirme: Monsieur Besson s'amuse à mettre de l'huile sur le feu déjà assez vif des sentiments souvent peu hexagonaux des Suisses d'expression française. Ce que je ne vais pas me gêner de répéter, depuis des mois que l'entreprise de démolition Besson & Co poursuit son gracieux pilonnage.
Rédigé par: Nomade | 13 juillet 2009 à 13:36
On parle toujours de la Romandie, mais il ne faut pas oublier que la Suisse alémanique existe aussi et qu'elle est beaucoup plus étendue que la Romandie (60% de la population). En Suisse alémanique, les commerçants sont en effet (la plupart) très polis. Si vous venez faire du tourisme vous serez bien accueillis dans les hôtels, les boutiques et les restaurants. Cette politesse est souvent surfaite mais c'est toujours très agréable.
Quand on travaille dans une entreprise suisse, l'ambiance est tout autre. Je ne voudrais pas généraliser comme S.Besson a tendance à le faire car ayant une expérience assez variée je pense que l'ambiance dans une entreprise dépend de très nombreux facteurs. Ce qui est récurrent en Suisse et en Allemagne, c'est la morgue des collègues de travail. On vous dit à peine bonjour le matin, En Guete le midi (Guten Appetit) et Tschüss le soir, c'est à peu près tout. Sans parler de ceux qui vous ignorent, ni plus ni moins.
J'ai maintenant un expérience assez variée et j'ai travaillé avec des nationalités très différentes mais contrairement à S.Besson, je n'ai jamais eu sa manie qui consiste à tout comparer à son propre pays.
S. Besson est très centré sur lui-même et très focalisé sur l'Helvétie. On notera son objectivité intellectuelle qui est la marque de fabrique de son journal, saluée d'ailleurs par les étudiants de la Sorbonne qui n'ignorent probablement pas que les conclusions de ses études comparatives Franco-Suisse sont en effet toujours très nuancées et totalement impartiales. On notera au passage qu'il approuve les étudiants français dans la mesure où ils accréditent son journal de leur confiance. Mais tout ce blog est de bonne intention puisqu'il s'agit en réalité de pousser ses voisins français à l'auto-critique. Les éructations de colère des internautes que S.Besson traite d'imbéciles arriérés malappris sont d'ailleurs la preuve qu'ils n'acceptent aucune critique, c'est la preuve pour S.Besson que la thérapie fonctionne et qu'il faut continuer plus loin, dans l'analyse. Jusqu'où nous amènera t-il dans l'auto-critique? Faudra t-il franchir une nouvelle limite pour sauver leur âme? Réponse dans le prochain épisode de l' Air de Paris.
Rédigé par: bonbenoui | 13 juillet 2009 à 13:19
@ ShereKhan : Je ne dis pas que le malaise ne soit pas profond. Je ne dis pas non plus qu'un observateur ne doive pas le mette en avant. Par contre ce que j'affirme, c'est que par sa position de représentant officiel d'un journal étranger qu'il invoque dans son blog (Je cite: Sylvain Besson, correspondant du "Temps" en France) M. Besson parle deux langages sous la même casquette. J'affirme également qu'à longueur de blog, M. Besson, sous prétexte d'humour, donne un avis strictement négatif sur la France, les Français et les autorités françaises. Et j'ajoute, en connaissance de cause, vivant en Suisse depuis 28 ans, que ce qui dans son blog fait rire un Français fait finalement détester la France par un Suisse. Et en cela, en tant que Français, je ne peux l'accepter. Et je répète à l'envie que si M. Besson était correspondant de son journal à Beijing ou à Oulan-Bator, il se ferait sérieusement admonester sinon expulser par les autorités d'un pays peut-être peu démocratique mais soucieux de respect de la part de ses hôtes étrangers...
Rédigé par: Nomade | 12 juillet 2009 à 20:49
A mon sens, la politesse et la civilité sont très importantes pour la vie en société car elles créent de l'harmonie sociale et expriment un sens de vivre ensemble. Conversement, leur absence démontrent une absence partielle ou totale de ce sens d'être ensemble. Dans le cas français, il y a en effet de l'impolitesse et la grossièreté, mais cela va encore plus loin: une absence de respect mutuel, une agressivité dans les rapports sociaux, une inégalité flagrante et abusive dans les rapports entre patrons/salariés, employeurs/candidats, propriétaires/locataires, etc. L'utilisation fréquente du mot "demande" de la part des entreprises, administrations etc. est éclairante: on vous place artificiellement en demande. Vous "demandez" à être retiré de la liste d'un spammer; il n'est pas forçé de vous exaucer. :-). Le but, en France, est d'"entuber" l'autre, pas de coopérer avec lui ou encore moins de l'aider. La courtoisie et la cordialité qu'on trouve à Bruxelles ne se retrouvent en France que dans des campagnes reculées. A force de chercher à s'entuber les uns les autres, toutefois, les Français vont finir par s'entuber eux-mêmes et s'autodétruire.
Rédigé par: ShereKhan | 12 juillet 2009 à 19:33
Pour information:
http://accesnomade.blog.lemonde.fr/2009/07/12/parisiens-tetes-de-chien/
Rédigé par: Nomade | 12 juillet 2009 à 08:25
Concernant la politesse suisse, en Suisse romande pour le moins il faudra repasser. Sans vouloir généraliser comme vous le faites pour les Français, les portes de magasin qui claquent au nez de ceux qui suivent sont monnaie courante. A Genève, le piéton doit filer doux, même s'il est dans les clous, sous peine de se faire écrabouiller. Bien des employées de magasin, mal formées et jmenfoutistes se la pètent et doublent leur incompétences d'une morgue à la limite du grossier.
Ce qui n'empêche pas que les Suisses sont profondément gentils, à défaut d'être aimables ou polis, adjectifs que vous confondez sans doute pour les besoins de votre démonstration.
En ce qui vous concerne, je dois noter la permanence de votre attitude viscéralement anti-française tout à fait indigne, et en cela je me répète, d'un correspondant d'un journal étranger et prestigieux à Paris. Je n'ai jamais vu un journaliste du MONDE ou du TIMES se comporter comme vous le faites à l'égard du pays étranger où il est quasiment accrédité. Et ça, Monsieur Sylvain Besson, c'est d'une suprême impolitesse.
Nomade, blog "PROPRE EN ORDRE", journal LE MONDE.
Rédigé par: Nomade | 12 juillet 2009 à 08:01