On pourrait imaginer le travail d'un agent secret en Suisse sous les couleurs les plus excitantes: dévaler des pistes de ski à la recherche de super-méchants; faire chanter avocats et banquiers à la recherche d'obscures transactions financières; filocher des Nords-Coréens, Iraniens ou Russes aux activités troubles...
Mais un ancien de la DGSE, le service de renseignement extérieur français, m'a décrit son séjour en Suisse de façon moins romantique. A son arrivée, le voilà convoqué à Berne pour un pénible sermon de trois heures par le chef de la Police fédérale (notre version du FBI, entre Pieds-Nickelés et inspecteur Derrick): "Il m'a dit que si je faisais quoique ce soit sans leur accord, ce serait l'explusion immédiate". Et voilà l'agent sommé de signer sur-le-champ des papiers garantissant son parfait respect des lois suisses, qui interdisent d'espionner.
Traumatisés par le fiasco du Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace sabordé dans les années 1980, les agents français auraient tendance à obtempérer. Du coup, leur principale source d'information sont souvent les journaux locaux - et même, ce qui m'a flatté, quelques articles de votre serviteur (toute cette histoire date d'avant mon arrivée à Paris).
A se demander si le détachement d'agents de la DGSE en Suisse sert vraiment à quelque chose... Mais c'est peut-être un truc de service secret: faire croire qu'on s'ennuie ferme, pour mieux agir dans l'ombre. Bizarre, mon agent secret avait tout de même l'air sincère...





A croire que la Suisse devient le lieu de rendez-vous des espions du monde entier. Après le FBI qui se fait attraper, la DGSE qui se fait sermoner.
Encore un sale coup du secret bancaire ? (http://www.swissinfo.ch/fre/a_la_une/Des_espions_etrangers_dans_les_banques_suisses.html?siteSect=105&sid=10951280&rss=true&ty=st)
Rédigé par: David | 18 juillet 2009 à 10:40
Vous avez travaillé pour la DGSE, vous devriez demander une retribution pour service spécial rendu à la France...
Rédigé par: bonbenoui | 07 juillet 2009 à 13:47