Ils en ont pris plein les oreilles, les Anglais de Paris, depuis le début de la crise financière. Le chaos économique mondial a fait ressurgir les stéréotypes dont les Français affublent le monde anglophone: ultralibéraux, vendus à la finance, ennemis de la France et de son "modèle social"... Autant de savantes considérations introduites par ce bout de phrase assassin, "vous, les Anglo-saxons"...
Difficile, pour un étranger, de comprendre l'obsession française du complot anglo-américain. Barack Obama défend le port du voile islamique? Bien sûr, puisqu'il est "communautariste" (dixit Fadela Amara)! De l'invasion de l'Irak au scandale Madoff en passant les méfaits de "l'Europe libérale", tout, toujours, est de la faute des Anglo-saxons.
L'ex-secrétaire d'Etat Jean-Pierre Jouyet rappelait cette maxime de François Mitterrand: en cas de problème, allez voir les Allemands, brutaux et dépourvus d'humour mais efficaces, plutôt que les Anglais, agréables et prompts à la flatterie, mais avec qui les choses n'avancent jamais (l'entrée de la Grande-Bretagne dans la Communauté étant, on s'en doutait, un élément du complot anglo-saxon).
Faut-il convoquer la guerre de Cent ans, la Seconde guerre mondiale ou les défaites au rugby pour expliquer la dent des Français contre les Anglais? Peut-être pas. Le contentieux est d'abord identitaire: l'Anglais (et apparentés) dessine en creux un portrait flatteur du Français: il est laid, nous sommes beaux; il boit de la bière, nous du vin; il vit sur une petite île froide et grise, nous habitons (merci la guerre de Cent ans) un beau pays de cocagne ensoleillé.
C'est peut-être ce qui explique la virulence, bien plus grande, des clichés anglais sur l'habitant de l'Hexagone (sale, désagréable, se nourrissant de chevaux et de grenouilles). En 2003, quelques jours avant la guerre d'Irak, j'avais assisté à Washington à une émission de CNN où un malheureux coiffeur français avait été sommé de justifier en direct sa présence aux Etats-Unis par un pathétique "I love this country". Le tout transpirait de chauvinisme et de militarisme abrutissant. Mais que voulez-vous? Ce sont des Anglo-saxons.





Vous avez tout compris et rappelons en une phrase le vrai cœur de ce contentieux : les défaites au rugby...
Rédigé par: pouv | 21 juillet 2009 à 04:06
Le raisonement me convainc, si ce concept est valable pour la relation franco-anglaise, je n'en suis pas aussi convaincu.
Rédigé par: bonbenoui | 25 juin 2009 à 13:12
Vous laissez tellement de place pour la libre interprétation, que l'on a du mal parfois à sasir votre message. Ce billet contient beaucoup d'affirmations contradictoires sans réelle argumentation de sorte que le lecteur est confus. Je tente de lire entre les lignes, je peux me tromper dans mon interprétation. J'essaie de jouer aussi la provocation comme vous aimez le faire.
Merci pour votre réponse et surtout continuez d'écrire ...
Rédigé par: bonbenoui | 25 juin 2009 à 12:54
Merci, Bonbenoui, pour cette analyse de logique formelle. Mais l'expression "love to hate" n'a-t-elle aucun sens pour vous? Il y a des gens, des groupes de gens qu'on aime détester - c'est le coeur du contentieux franco-anglais et, dans un registre différent, le ressort de la hargne des Romands contre les Français. Je déteste, donc je suis, surtout si vos défauts font ressortir mes qualités. Est-ce que ce raisonnement vous convainc?
Rédigé par: Sylvain Besson | 25 juin 2009 à 12:08
Je ne comprends vore argument "le contentieux est d'abord identitaire etc... ". Les arguments dans cette phrase se contredisent. Les Français auraient une dent contre les Anglais par ce que l'anglais "dessine en creux un portrait flatteur du Français"... si ce portrait est flatteur pourquoi les Français auraient ils une dent contre les Anglais? Ou vous vouliez dire que le Français est vaniteux, arrogant etc...d'où sa condescendance vis à vis des anglais qui boivent de la bière et qui vivent dans le froid.
Et quel est le sens de la question finale "Mais que voulez-vous? Ce sont les anglo-saxons". Cela souligne t-il la résignation stupide et dédaigneuse des Français vis à vis des anglo saxons?
Quant à votre introduction "difficile pour un étranger de comprendre l'obsession française du complot anglo-américain", je la trouve très gonflée. Comme si le pays d'où vous venez, que je connais très bien, était un grand admirateur des USA.... Ne jouez pas toujours l'étranger naïf qui ne comprendrait pas les ressorts psychologiques des ses voisins français parce que sa psychologie en serait trop éloignée... C'est grotesque. C'est dans votre pays que pendant une "christmas lecture" j'ai vu un professeur brûler une photo de Bush qui descendait le long d'un fil...
Rédigé par: bonbenoui | 23 juin 2009 à 22:24