Les attaques mondiales contre le secret bancaire aboutissent à un résultat logique, quoique désolant: les stéréotypes négatifs sur les Français font un retour fracassant dans les cafés du commerce de Suisse romande. "Les gens sont très remontés, ils disent "mais qu'on nous laisse tranquille", on a pas de leçons à recevoir", et surtout pas d'un pays en échec comme la France, me disait un ami artiste rentré récemment de tournée en Helvétie.
Il faut savoir que la francophobie - cela a été souligné par des intervenants de ce blog - est une partie, inavouable pour certains, revendiquée chez d'autres, de l'identité suisse romande. Le stéréotype qui s'en dégage ressemble à peu près à ça: le Français, pouilleux et désordonné, ne cesse malgré tout de pérorer et de donner des leçons au monde entier. Il est peu sérieux, bavard, arrogant et chauvin - la mauvaise foi crasse de ses commentateurs sportifs en témoigne (c'était la faute de la pelouse, de l'arbitre si la France a perdu; Yannick Noah était Camérounais lorsqu'il perdait, Français lorsqu'il gagnait).
La liste n'est évidemment pas exhaustive. Dans ses grandes lignes, ce stéréotype rejoint celui des anglo-saxons sur les mangeurs de fromage forts à l'haleine chargée d'ail et au caractère désagréable.
Côté français, on n'est pas en reste, du moins lorsqu'on daigne mentionner ceux qu'on nomme avec condescendance "nos amis suisses". Coincés, ploucs, lents, prospérant sur la misère du monde et totalement dépourvus de grandes idées, ils sont l'antithèse du cool. L'affaire du secret bancaire a ravivé de vieux clichés sur des coffres pleins d'or, gardés par des gnomes des Alpes à l'accent ridicule.
Reste à trancher la question qui fâche: le stéréotype est-il un artefact culturel parfaitement arbitraire, ou reflète-t-il une réalité objective? La vérité se situe sans doute quelque part entre les deux. Mais où?





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