"Grandeur" oblige, on ne plaisante pas, en France, avec le secret défense. Après l'avoir utilisé pour étouffer le scandale des frégates de Taïwan, les autorités songent à le renforcer en empêchant les juges de mettre leurs nez dans des sites stratégiques sensibles.
Mais avant d'élaborer une loi de plus, le gouvernement ferait bien de s'interroger sur la sécurité très relative dont jouissent les informations confidentielles au sommet de l'Etat. De passage dans le bureau d'un haut fonctionnaire du Quai d'Orsay, l'autre jour, j'aperçois une enveloppe jaune marquée "DGSE" et "confidentiel". Mon interlocuteur s'excuse: "J'ai demandé un coffre-fort, mais on me l'a refusé au motif que tout l'étage est sécurisé!" Les rapports des services secrets n'ont d'autre choix que de traîner ça et là, à portée du premier venu.
Car l'étage dont parle le fonctionnaire n'est pas vraiment "sécurisé". Certes, un pompier (?) et un gardien vous y accompagnent lorsque vous arrivez. Mais ensuite, on vous laisse seul, parfois pendant une bonne demi-heure. Il suffirait de pousser la porte non fermée d'un bureau, lorsque tout le monde est en réunion, pour s'emparer des secrets d'Etat (ceux de mon interlocuteur concernaient probablement l'Afrique).
Avis aux Etats étrangers: si vous voulez espionner tranquille, recrutez des secrétaires du Quai, ou, encore plus simple, prenez des rendez-vous sous des prétextes bidon à l'heure du déjeuner, traînez dans la salle d'attente et poussez les portes en faisant semblant de chercher quelqu'un. Si vous voyez une enveloppe jaune marquée DGSE, emportez-là : ils ne fouillent pas les gens à la sortie.





incroyable....les officines de la france afrique n'ont donc pas completement disparues?
Rédigé par: rd | 07 mai 2009 à 18:33