Les journalistes qui ont le privilège de suivre Nicolas Sarkozy dans ses tournées en province sont vraiment gâtés. A l'issue de chaque discours, ils ont droit à un copieux buffet payé par le contribuable. Mais sa composition est tellement étouffe-bougre qu'il fait figure de danger public dans cette époque en principe soucieuse de santé, de bien-être et d'environnement.
Qu'on en juge: des jattes de mayonnaise, un régime presque exclusivement carné - jambon, rosbif, pâté - avec, en guise de légumes, quelques cornichons et du céleri rémoulade dans une sauce bien lourde. Sans oublier les caisses de bouteilles de rouge pour faire passer le tout.
Pourquoi s'en plaindre? Mais la composition des buffets officiels est révélatrice. Le gouvernement français encourage ses citoyens à manger cinq fruits et légumes par jour, à se prémunir du cancer en limitant la charcuterie, à boire moins d'alcool - mais lorsqu'il s'agit de les nourrir lui-même, il s'empresse d'oublier ses nobles principes, assénés avec force messages publicitaires.
Ensuite, les buffets révèlent une société duale: pour la piétaille, du gras, du lourd, du non-éthique. Pour les buffets de prestige à l'Elysée, des mets raffinés, des verrines légères, des produits bio ou équitables. Noblesse oblige, il serait impensable de proposer la même chose à tout le monde. Et tant pis pour les artères et les bedaines de ces pauvres journalistes.





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