Je n'ai jamais vraiment su ce que fait l'Inspection du travail, cette administration détestée entre toutes par les patrons français. Maintenant je sais, et c'est assez ahurissant.
En mars 2007, le journal Libération (j'y réside et c'est pourquoi j'en parle) a reçu une lettre de l'Inspection du travail qui s'inquiétait du triste sort fait à Mme C.: aucune augmentation de salaire en 18 ans, des refus de promotion systématiques et une privation totale de travail depuis juin 2006. "Madame C. semble être victime d'une discrimination au sein de la société pouvant vraisemblablement [...] être liée au fait que c'est une femme élue par ailleurs sur les listes de la CGT" (l'employée était jusque récemment représentante de ce syndicat).
La réalité, qu'on m'a expliquée à l'interne, est que Madame C. était tenue en piètre estime par ses collègues et sa hiérarchie, en raison de compétences professionnelles jugées insuffisantes. Elle n'a jamais été licenciée car c'était impossible - en France, on ne peut pas limoger un délégué syndical. Lorsqu'elle a perdu ce statut, la direction en a profité pour l'écarter. L'employée s'est mise en grève de la faim et les syndicats maison ont appelé à la grève (tout court) pour la soutenir.
La morale de l'histoire est double. Puisque le droit du travail français empêche les licenciements, l'entreprise se venge: elle placardise les gens, les humilie, les paie mal. Ensuite, chose qui serait absolument impensable en Suisse, la France s'est dotée d'une bureaucratie qui intervient directement dans les relations entre employeurs et employés, suggérant des promotions, demandant des augmentations de salaire, attribuant des tâches. Ce qui n'empêche pas les gens, au final, d'être virés. Vous avez dit modèle français?





Il est vrai que le droit du travail a pour objectif d'encadrer le travail dans son ensemble et réguler les abus.
Des abus il en existe du côté des patrons, mais aussi du côté des salariés.
De bons patrons il en existe. Il ne faut pas l'oublier.
Le système est par ailleurs excessivement lourd. l'accumulation de loi écrase le système.
Des aménagements seraient bien évidemment nécessaires.
Rédigé par: immobilier | 23 juin 2009 à 14:03
Le droit du travail en France est fait pour réguler les abus de toutes part : à ma droite, je vois parfois des patrons qui ont oublié qu'ils ont des responsabilités vis-à-vis de leurs employés, et à ma gauche des syndicats français ultra-minoritaires, que la majorité silencieuse laisse faire, et qui contestent systématiquement le pouvoir (car c'est bien là leur seule façon de se faire entendre). Tiens, ici vous pourrez voir ce que je pense de nos amis syndicalistes français : http://travailler-en-suisse.blogspot.com/2008/05/une-raison-de-plus-de-travailler-en.html
Je pense que le gouvernement devrait aussi (et surtout) s'attaquer à ce droit du travail qui est une véritable plaie pour le développement économique de la France. Ils ont commencé, mais le problème, c'est que les syndicats s'opposent :-) On y arrivera bien un jour... Le jour où nous n'aurons plus le choix !
Rédigé par: David | 25 février 2009 à 12:33
Monsieur Besson, j'ai lu votre bon article de ce jour sur le journal Le Temps, sur le fond je suis d'accord avec vous. Mais pourquoi citer comme économistes les Fitoussi qui n'a qu'un mot "démographie", Patrick Artus, chef économiste dans la banque en faillite Natixis qui disait en juillet 2007 que la crise des subprimes n'existait pas et l'ineffable Jacques Marseille ancien maoiste, ce qui après une pareille erreur devrait s'interdire de donner des leçons. Ne pouvez-vous pas trouver d'autres économistes que ces piliers du PAF. De grâce prenez d'autres références vos articles n'en seront que plus pertinents.
Rédigé par: GED | 17 février 2009 à 18:26
Version partisane des faits. Qu'est-ce qui garantit que les racontars des collègues et de la hiérarchie sont vrais? Il y a une mesure, une objectivation? Non. Et le droit du travail français n'empêche pas les licenciements, même dans la fonction publique.
Rédigé par: ShereKhan | 17 février 2009 à 09:09
Bonjour, vous réduisez la fonction de l'inspecteur du travail a une anecdote, il a un rôle plus important que ça pour en avoir eu besoin une fois.
Rédigé par: GED | 16 février 2009 à 16:18
Comme on dit aux USA, le pluriel de "anecdote" n'est pas "faits".
Personnellement, je ne vois pas trop quelle leçon tirer de ce qui est manifestement un abus. On a un peu trop tendance, ces temps, à ériger les abus en "anti-normes" et, sous prétexte de lutter contre eux, rajouter des règlements aux règlements ou carrément de sombrer dans la paranoïa. D'un côté de la frontière comme de l'autre, d'ailleurs.
Rédigé par: Stéphane Gallay | 12 février 2009 à 16:54