La mésaventure du groupe de Tarnac, arrêté le 11 novembre pour avoir supposément saboté des lignes de TGV, fait beaucoup jaser et ricaner à Paris. Son leader, Julien Coupat était en effet connu comme le loup blanc dans un certain milieu philosophico-intellectuel de gauche.
«Julien Coupat, c'était un violent, raconte une ex-connaissance. Il était très dur, très dogmatique.» Ce qui ne l'empêchait pas de fréquenter la meilleure société - l'une de ses compagnes était issue de la grande bourgeoisie vénitienne.
Notre interlocuteur se souvient d'avoir croisé Coupat à la sortie d'un cinéma en compagnie de son maître à penser, l'Italien Giorgio Agamben. «Ils étaient allés voir Fight Club, pouffe cette source. Ils étaient fascinés.»
Julien Coupat était aussi connu pour faire du tourisme de combat dans toutes les manifestations altermondialistes, «cassant du flic» en compagnie ses amis du Black Bloc. Ses idées et ses écrits avaient même inspiré un film, plus ou moins culte dans la mouvance.
Selon la source précitée, Julien Coupat n'est peut-être pas si mécontent d'avoir été arrêté pour faits de «terrorisme»: «Comme ça, au moins, on le prend enfin au sérieux.» Vraiment?





Allons M. ShereKhan, moins de mauvaise foi, il n'y a pas que celles-ci:)
Et je m'en tape à la fin.
Autre chose à faire.
Rédigé par : Vertuchou | 14 janvier 2009 à 20:30
M. Vertouchu, je ne vous suis pas dans vos métaphores animalières et vestimentaires...:)
Rédigé par : ShereKhan | 11 janvier 2009 à 22:14
Sans doute, j'en ai. Mais à un moment donné, permettez-moi d'appeler un chat un chat. Ce n'est pas ici que vous trouverez l'analyse de fond que vous appelez de vos voeux (bonne année 2009). Rien ne sert de jouer au chat et à la souris, alors que le sort de cette dernière est joué d'avance. Sous les couvertures, on est nus. Il n'y a rien de mal à soulever un bord de ce qui s'y trame, tant que l'habit ne fait pas le moine.
En clair, user de sa fameuse charte pour fourguer le témoignage sous couvert d'anonymat d'une ex-connaissance(!) certainement actuelle connaissance de notre ami, et unique ingrédient mélangé à plusieurs sauces (de manière virtuose, certes, d'un point de vue rhétorique)... même un ignorant de la rhétorique parvient à en déduire la malice idéologique et l'inutilité objective.
Quant à la comparaison avec Houellebecq, je n'irais pas jusque là, sinon qu'une volonté de destruction et (moins facilement) de résurgence semble animer effectivement plus d'un quidam. C'est sur cette énigme que nous nous quittons.
J'aimerais encore attirer l'attention sur l'excellente esthétique en partie involontaire, provoquée par la mise en miroir du portrait de l'ange Besson (à droite) et du diable Coupat (à gauche)- je ne fais que décrire le hasard de cette distribution, n'y voyez pas de mauvais jeu de mots! Remarquez le style "portrait terroriste" de Coupat, dû à un défaut de pixellisation. Cette seule image de mise en scène a été utilisée par les différentes presses. Il existe cependant de nombreuses autres images du personnage en question, aussi nettes et virginales que le portrait de droite (là encore, je ne fais que décrire et non pas suggérer: que le français est retors!
Rédigé par : Vertuchou | 10 janvier 2009 à 14:05
Allons, M. Vertouchu, un peu de nuance et de modération...:)
Rédigé par : ShereKhan | 29 décembre 2008 à 18:30
Vos interventions à ce sujet, M. Besson, ne méritent pas un commentaire si ce n'est celui-ci: vous avez l'art de prêcher des convaincus, et c'est bien triste. Une pensée mérite des questions et des réponses à la hauteur, et manifestement chez vous on n'élève que la bassesse.
Rédigé par : vertuchou | 28 décembre 2008 à 17:26
M. Besson,
J'appelle analyse de fond une analyse qui aille au-delà de l'anecdote, qui nous dise ce que vous en pensez vraiment, qui présente une interprétation du phénomène.
C'est mieux, c'est mieux...
Pour avoir lu en diagonale le texte de Coupat, j'ai eu l'impression qu'il part d'une analyse à la Houellebecq de la destruction du lien social, analyse qui est légitime (et je conçois qu'on puisse haïr une telle société) et qui est associée à une aspiration tout aussi légitime à une certaine restauration de la communauté.
Mais il poursuit par un exercice de plume d'intellectuel à la française, dans un cadre strictement hexagonal, exprimant une révolte sans grande issue, avec des références au vieux gauchisme et au vieil anarchisme, sans parler des copiés-collés d'auteurs marxistes un peu nihilistes ou des erreurs cocneptuelles (telles que le capital social confondu avec le capital humain).
Bref, les promesses des premières intuitions ne m'ont pas semblé être tenues - mais il s'agit d'une lecture rapide.
Si vous voulez une analyse de qui se passe actuellement et qui n'alimente aucun "terrorisme", je vous conseille ce texte:
http://www.socialcapital-foundation.org/wp-content/uploads/hunout-20084.pdf
Cordialement.
Rédigé par : ShereKhan | 04 décembre 2008 à 10:37
ShereKan, je ne sais pas ce que vous appelez une analyse de fond. Mais il est certainement intéressant de constater, dans cette affaire, à quel point on peut détester le système et comment ce rejet peut cimenter de petits groupes très déterminés. Il n'y a pas d'actes terroristes dans cette affaire, mais une logique qui rappelle celle de la lutte armée des années 1970-80: affronter l'Etat avec des forces dérisoires, dans l'espoir que les masses suivront, ou que le système, ce tigre de papier, s'effondrera sous les coups. Avec, au bout du compte, le même échec. Cette fois-ci, au moins, il n'y a pas eu mort d'homme. C'est déjà un progrès...
Rédigé par : Sylvain Besson | 02 décembre 2008 à 16:42
Votre réponse ne propose toujours pas d'analyse sur le fond...
Rédigé par : ShereKhan | 30 novembre 2008 à 16:39
Bonjour Marc, votre critique n'est pas totalement infondée, mais l'ironie du post ne fait que refléter celle de mon interlocuteur... Cela dit, si vous lisez mon article sur le même sujet, vous comprendrez le pourquoi de cette note: la violence qui transparaît dans les écrits de Julien Coupat était aussi une violence réelle, pratiquée, assumée. Créer une autre société, c'est très noble, mais faut-il absolument s'employer à détruire l'ancienne, si elle est destinée à s'effondrer de toute façon? Là où je rejoins ceux qui le soutiennent (cf tribune des intellectuels dans Le Monde de samedi), c'est que les actes qui lui sont reprochés n'ont, à proprement parler, terrorisé personne... L'accusation d'entreprise terroriste est donc abusive.
Rédigé par : Sylvain Besson | 30 novembre 2008 à 11:19
Ne soyez surtout pas "violents", ni "dogmatiques".
Soyez mous, ne croyez en rien, c'est parfait pour foncer dans le mur les yeux fermés à l'époque que nous vivons.
Vous êtes un des seuls journalistes du Temps que je respecte, j'avais repéré votre nom grâce à votre livre sur les paradis fiscaux.
Mais s'il vous plait, ce genre de billet ne sert strictement à rien. Que des rumeurs mélangées à de l'ironie.
Il est dogmatique? alors pourquoi ne déteste-t-il pas cette femme issue de la "grande bourgeoisie vénitienne"? Et de toute façon la lutte des classes n'existe plus non? c'est démodé.
Et quelle honte, il a aimé Fight Club (!), il fait du "tourisme de combat"...
Si vous voulez vous faire un vrai avis, lisez son écrit: http://www.lafabrique.fr/IMG/pdf_Insurrection.pdf , mais peut être il est préférable d'ignorer cette frange de la population qui rêve de renverser votre/notre mode de vie, c'est plus tranquillisant, surtout lorsque l'on travaille pour un journal alimentant le système, afin d'assurer sa propre survie.
A partir de là une critique construite serait acceptable, contrairement à celle basée sur des "on dit" indigne du journalisme.
Marc
PS: Félicitation pour votre publication dans le Courrier International, cette fois votre lectorat n'aura pas été uniquement l'élite libérale romande.
"élite libérale romande"...je ne sais pas pourquoi mais ces trois mots, les uns à coté des autres, me font rire seul devant mon écran.
Rédigé par : Marc | 29 novembre 2008 à 13:16
Bref, M. Besson, sur le fond, que faut-il en penser?
Rédigé par : ShereKhan | 28 novembre 2008 à 21:05
Le sabotage de lignes TGV, c'est plutôt nul commme aboutissement intellectuel. Cela dit, ils n'ont pas encore été jugés et par conséquent on ne peut pas les accuser de crimes qu'ils n'ont eut-être pas commis. C'est tout de même très inquiétant de savoir que de tels mouvements existent et qu'on les ignore totalement.
Rédigé par : frog | 28 novembre 2008 à 13:54