Ziegler se désintéresse du «cœur de la bête»
Il est en pleine forme Jean Ziegler, le célèbre tiers-mondiste suisse, ex-rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation de l'ONU, qui assure en ce moment la promotion de son livre «La haine de l'Occident» (Albin Michel). Attablé l'autre jour dans un restaurant de la rive gauche, il a servi aux journalistes un récit haut en couleurs, où se mêlaient nazis exfiltrés par le Vatican, requins de Wall Street et «tortionnaires» de l'armée américaine.
Pour tous ces gens-là, le sympathique Ziegler (il connaît et tutoie tout le monde, se souvient de chaque visage) réclame un «tribunal de Nuremberg» destiné à châtier les responsables de la crise financière. «Le capitalisme mondialisé est le dernier avatar de la colonisation», a-t-il asséné.
On sent pourtant chez lui une certaine lassitude. Ziegler est intarissable sur Hugo Chavez, Fidel Castro ou la «Renaissance mémorielle» en Afrique. Mais que pense-t-il de l'apathie des gauches européennes face à la crise? Des perspectives révolutionnaires en Occident? Il n'en pense rien: «Ça ne m'intéresse plus, plus du tout», a-t-il expliqué alors qu'on l'interrogeait sur l'état des socialistes français.
Dans sa jeunesse, pourtant, Jean Ziegler avait été encouragé par Che Guevara à rester en Suisse, pour se battre «au cœur de la bête». Il semble aujourd'hui qu'il ait renoncé à sa mission. Che, reviens, tes fidèles t'abandonnent! (photo Keystone)





Commentaires