C'est un vrai mystère: des gens habitant Paris depuis des lustres refusent obstinément de prendre le principal moyen de transport de la ville - le métro. J'entendais l'autre jour une consoeur suisse établie ici depuis dix ans: «Je ne prends pas le métro, disait-elle fièrement. On est serré, ça pue et il fait chaud.»
Au début, je n'ai pas saisi. Comment peut-on vivre sans métro? Le vélib' est formidable, mais il faut du courage pour se risquer dans les rues en deux-roues, qui fournissent le gros des tués sur la route dans la capitale. Le taxi est trop cher. Et marcher, c'est très lent.
Mais j'ai fini par comprendre. La paranoïa du métro est un mal qui vous gagne progressivement. Les fous qui parlent à haute voix dans les wagons commencent à vous faire peur. Il y a parfois des gens qui se tuent en tombant sur les rails électrifiés. Les arrêts incessants des rames («veullez patienter quelques instants pour régulation») vous tapent sur le système.
L'autre jour, mes deux lignes de prédilection, 3 et 9, sont tombées en rade. Un message lugubre tournait en boucle dans les corridors: «En raison d'un voyageur suicidaire à Nation, le trafic est interrompu.» Maintenant, je sais pourquoi il y a des gens qui ne prennent plus le métro.
Prochain épisode: la folie du périph'.





"Les fous qui parlent à haute voix dans les wagons commencent à vous faire peur" ?!
Allons Stéphane, regarde mieux ! Ils sont au téléphone portable, tout comme les gars qui prennent les CFF entre Genève et Lausanne le matin et le soir ! Les premiers pas plus fous que ces derniers !
Pour ma part, je prenais la voiture dans Paris ; mais depuis deux ans je ne prends plus que le métro, comme quand j'étais étudiant : c'est plus rapide, moins anxiogène (aucun policier pour m'infliger une amende pour une prétendue entorse au code de la route) et surtout ....... on découvre les vrais habitants de la ville (lignes 2 et 4). C'est là que l'on se rend compte que Paris en 2008 c'est un peu comme Los Angeles en 1974 : il y a des ghettos mais on n'en parle pas ou pas encore.
Le vrai snobisme à Paris, c'est celui du conducteur qui a le permis "B" (auto) et qui prend le Vélib ou un deux roues motorisé (mais juste un scooter ou une 125 cm3, sans permis moto ni aucune formation à la conduite) et qui ensuite roule sur les trottoirs. Les statistiques d'accidents publiées par la préfecture de police sont riches en enseignements, sur ce sujet.
Rédigé par: jpalcover | 25 octobre 2008 à 07:13
A Paris, les métros sont à l'image des palais de cette république : dans un triste état mécanqie... Mais n'y a-t-il pas une part de snobisme ? Genre, le métro c'est fait pour le peuple...
Rédigé par: Guess | 24 octobre 2008 à 22:37
J'ai vécu deux ans à Paris. J'adore cette ville et j'y reviens une fois tous les ans passer quelques jours pour rendre visite à des amis, m'y promener, faire quelques bons restaurants et le shopping. J'ai souvent la nostalgie de Paris, du quartier latin, du 18 arrondissement où je rencontrais très souvent des amis dans des petites brasseries où l'on passait des heures à discuter de tout et de rien, du dernier bouquin à la mode, de nos relations sentimentales inextricables, de la dernière crotte de chien qu'on n'avait pas su éviter, des retards et des grêves de métro, de la puenteur du RER A. J'avais lu à cette époque dans un magazine que l'air du métro contenait davantage de particules en suspension que la couche d'air situé à hauteur des automobiles. Ce fut l'objet d'une discussion passionnée au Café Suédois de la rue Payenne ,que je vous conseille, qui ne situe pas loin de la rue Thorigny près du musée Picasso. A cette même époque j'ai été confronté aux grêves de métro. Au départ je le prenais avec bonne humeur. Après quelques jours, l'attente devenait insupportable. Les wagons passaient toutes les demi-heures et arrivaient bondés. Il me fallait 3 heures au lieu d'une demi-heure pour traverser Paris. Un matin, j'ai vu un type apparemment ordinaire(costume impeccable, laptop) devenir fou et se taper la tête contre un distributeur automatique... La petite foule qui était autour de lui a pris peur et dans un consentement silencieux l'a laissé monter dans le wagon suivant... Il m'a regardé avec un regard désolé: " Je suis HS! J'en ai ras le bol!", je l'ai cru sur parole.
Rédigé par: frog | 24 octobre 2008 à 21:59