Je discutais l'autre jour avec une étrangère mariée à un Français. Elle revenait de vacances et s'étonnait de la propension de son homme à se plaindre de tout: il fait trop chaud, c'est moche, je m'ennuie... Ce travers lui inspirait une réflexion plus générale: pourquoi les Français se croient-ils obligés de critiquer sans arrêt?
J'en parle d'autant plus volontiers que je suis aussi concerné. Lors d'un voyage à Taïwan, il y a quelques années, j'avais osé exprimer mon dépit face à un petit déjeuner composé de chou à la saumure et d'omelette tiédasse. Une Américaine qui se trouvait là me l'avait vivement reproché: comment osais-je me plaindre, dans un pays étranger, et en plus pendant mes vacances? N'étais-je donc jamais content? Face à tous les défauts de la vie locale - scooters puants, déchets jetés n'importe où, urbanisme hideux - la réaction des Anglo-Saxons semblait être: accepter, ne pas se plaindre, au nom de l'adage «à Rome, fais comme les Romains».
La femme du Français, évoquée plus haut, se souvient de ses premiers repas avec sa belle-famille: ils n'arrêtaient pas de critiquer tout et n'importe quoi! Au début, elle se taisait. Elle s'est vite aperçue que cette attitude était déplacée: «Si tu ne critiques pas, c'est que tu n'as rien à dire. Ou que tu es stupide. Critiquer, c'est montrer que tu comprends, que tu es intelligent.»
Persifler, casser, se moquer, rire ensemble des défauts de tel ou tel, c'est donc l'ingrédient indispensable d'une vie sociale réussie. J'espère que les internautes qui me reprochent d'être trop dur avec la France ne m'en voudront plus. Car critiquer, ici, est aussi vital que l'air qu'on respire. (photo Keystone)





je dois critiquer la societe francais mai je c pas koi mettre si vou pouve r maider
Rédigé par : kennysoares | 09 février 2012 à 15:41
D'ailleurs je crois me rappeler que vous êtes 100% français — comme tous les Français — et seulement à moitié suisse. J'attire toutefois votre attention sur le cas des Allemands ; ainsi ma femme allemande ne cesse de se plaindre de moi, en permanence, à tous propos et soyez sûr que pourtant je suis un type bien.
Rédigé par : Lucas Clermont | 02 septembre 2008 à 23:30
Hello,
Eh oui, c'est tellement vrai !
Moi-même Français et vivant depuis plus de 40 ans à l'étranger, je m'aperçois que le "gueulard" de service est toujours le Français.
Le Français critique et réfléchit ensuite. Il n'a aucune tolérance : un Gaulois quoi !!! Pour n'importe quoi : rater un bus, se tromper d'endroit, ne pas avoir ce qu'il veut.
D'ailleurs, par ironie, on dit que le Français sans son camembert et sa baguette est perdu.
Franz Montagnon
Rédigé par : Franz Montagnon | 25 juillet 2008 à 01:37
Bon, allez, je compense : pour connaître tous les clichés des Suisses, canton par canton, rendez-vous ici : http://largeur.com/expArt.asp?artID=2030
Rédigé par : David | 21 juillet 2008 à 14:00
Qui ne râle pas n'est pas français... woué !
Rédigé par : Erache | 16 juillet 2008 à 12:30
hum... peut être ne pas faire de generalité? c'est peut être dans un groupe particulier, mais...
je crois que je n'aimerais pas "réussir" ma vie sociale, alors...
Rédigé par : tarmine | 13 juillet 2008 à 23:31
C'est bien la critique négative qui est répandue en France. En témoigne entre autres exemples la fortune des "blonde jokes" qui, bien que n'étant pas des plaisanteries d'origine française, ont connu dans ce pays un succès extraordinaire; au début une critique de la femme stéréotypée et à la main des hommes, elles y sont devenues un exercice de dénigrement systématique d'autrui dans lequel on rivalise d'inventivité pour défouler son propre malaise. L'explication est qu'en France, on hait tout ce qui a trait à la communauté; c'est paraître être dans le coup que de lui nuire ou de se situer à l'encontre. Si tu es négatif à l'égard de la communauté, tu es profond. Relève du même phénomène le dénigrement des mouvements de jeunesse, pourtant un outil superbe d'intégration sociale - quitte à ce qu'une candidate à la présidentielle redécouvre ingénument les mérites d'éventuelles "structures paramilitaires"...
Rédigé par : ShereKhan | 11 juillet 2008 à 20:48
Curieux cet amalgame entre critique et négativité; ce n'est pas la première fois que je vois ça, d'ailleurs.
Une critique n'est pas forcément négative et n'a pas non plus à être obligatoirement comprise de façon négative.
Du reste, si on veut donner dans l'amalgame, les Français critiquent, les Genevois râlent, les Anglais persiflent et les Américains regrettent que tout ne soit pas comme chez eux. Bienvenue dans l'humanité!
Rédigé par : Stéphane Gallay | 11 juillet 2008 à 11:23