Le vrai problème avec l'héritage de Mai 68
On discute beaucoup en ce moment des vertus ou des méfaits supposés de Mai 68. La pilule, les cheveux longs, la culture contestataire ou la perte des valeurs morales... Autant de sujets qui occultent le vrai problème: la façon dont la sortie de crise a été négociée.
Les accords de Grenelle, conclus par Pompidou, Balladur, Chirac et la CGT, prévoyaient la fin des grèves en échange d'une hausse de 35% du salaire minimum et du relèvement de 10% des autres salaires. Dans la France des années 60, ces concessions généreuses pouvait se justifier: le pays sortait tout juste de la reconstruction d'après-guerre, la croissance était forte et les salaires bas.
L'ennui, c'est que l'idée s'est installée qu'il suffisait que le gouvernement palabre avec les syndicats et signe quelques papiers pour que les revenus des Français augmentent subitement. En 1981, rebelote: Mitterrand augmente le smic de 25%, institue une cinquième semaine de vacances et réduit le temps de travail à 39 heures.
Les résultats ont été mitigés: chômage en hausse, gel des salaires, plan de rigueur. Mais cela n'a pas empêché Lionel Jospin, élu grâce au «mouvement social» de l'automne 1995, d'imposer les 35 heures deux ans plus tard. Il confirmait ainsi le préjugé selon lequel manifester permet d'obliger le gouvernement à améliorer les conditions de vie, par simple décret administratif.
Depuis, de «Grenelle» divers en hausse répétées du smic, la France est devenue l'un des pays où le coût du travail est l'un des plus élevés au monde. L'idée que les salaires puissent augmenter naturellement, parce que les entreprises font des profits et qu'il y a compétition entre elles pour attirer des employés, semble quelque peu absente des esprits.
Dans son dernier tract, le Parti socialiste propose ainsi d'organiser une «conférence des salaires pour augmenter le smic et les rémunérations». Qui a dit que l'esprit de Mai 68 était mort?





Il ne faut pas confondre la "culture contestataire", associée avec l'individualisme hédoniste, et la culture sans-culotte, qui face à un pouvoir étatique ou patronal autoritaire, tend à secouer l'ordre établi par la mobilisation sociale. La première s'avère finalement glauque, la seconde peut avoir du bon.
Rédigé par: ShereKhan | le 07 mai 2008 à 21:06
Mai 68 fût le prélude aux accords de Grenelle qui consacrèrent l'abdication (le renoncement ?) des élites devant la pression de la rue. Ceux qui étaient chargés de guider et conduire le pays renoncèrent à faire face à leurs responsabilités et engagèrent un processus long qui aboutit à affaiblir le pays dans tous les domaines. Cela se vit rapidement dans certains domaines (dévaluations à répétition du franc) et moins vite dans d'autres (qualités de l'enseignement de l'Éducation Nationale). Toutefois, à court-terme, la majorité des Français s'en trouva satisfaite : les travailleurs avaient "arraché des concessions et des augmentations" aux "riches" et ces derniers étaient partis en masse vers d'autres cieux (rappelez vous toutes les voitures de luxe immatriculées en France que l'on voyait entre les rues du Rhône, de la Corraterie et la Place Neuve en mai et juin 1968 : la police Genevoise avait même doublé ses rondes) !
Aujourd'hui, il ne reste pas grand chose à "arracher aux nantis" : beaucoup sont partis et ce qui reste dans les entreprises (les PME en particulier) est tellement fragile qu'en prendre une partie (pour la redistribuer ?) équivaudrait à lancer le processus de leur mise faillite. Le PS le sait mais ne peut ou ne veut pas le dire (sauf quelques courageux comme Moscovici et peut-être Valls) : alors, il entonne un refrain connu, qui a quarante ans. En musique, ça s'appelle une "reprise" ou un "remix". Parfois ça marche et ça fait un mini-tube, mais c'est rare. En politique, la citation qui s'applique à l'histoire est plus juste : "elle ne se répète pas, elle bégaie" ! C'est ce que fait le PS en ce moment.
Pour conclure, une question à ShereKhan : êtes-vous un ketch ?
Rédigé par: jpalcover | le 08 mai 2008 à 07:24
A Jpalcover: déso mais nous n'avons pas le même vocabulaire. Qu'est-ce qu'un ketch? Pour moi il s'agit d'un voilier à plusieurs mâts, ce que je ne suis pas.
Rédigé par: ShereKhan | le 08 mai 2008 à 17:52
Shere Khan est un ketch (bateau à deux mâts, dont le mât d'artimon est plus petit que le grand mât) de 90 pieds, propriété d'un citoyen allemand résident de la Confédération Helvétique. D'ou ma question. Coïncidence, manifestement.
Rédigé par: jpalcover | le 08 mai 2008 à 21:59
je pense que les chiracs ne sont pa a plaindre,plus de la propagande,salut
Rédigé par: loggia | le 11 mai 2008 à 09:28