Les ravages de la bonne conscience à la française
A quoi servent les universités françaises ? A rien, me répondait l’autre jour un ami mathématicien, citant les taux d’échec astronomiques, le chômage massif à la sortie et le fait que les étudiants doués sont presque tous absorbés par les grandes écoles, loin des facs.
Mais à la réflexion,
m’expliquait le mathématicien, l’université
française sert bien à quelque chose: elle donne
bonne conscience à tous ceux qui pensent que le pays des
Lumières dispense à ses enfants une éducation
«progressiste» et digne des «valeurs
républicaines». L’idée est belle, tant
pis si les résultats ne sont pas au rendez-vous.
La situation est assez semblable dans
la presse. Au nom des idéaux de la Libération (lutter
contre les «puissances d’argent» qui
avaient vendu le pays aux nazis), on a créé un secteur
économiquement bancal, soumis au syndicat des imprimeurs et
financé par l’Etat à hauteur de 1,4 milliards d’euros
par an. Résultat: beaucoup de journaux crevotent
lentement, mais l’esprit «républicain»
est sauf.
Le Code du travail ou celui des impôts sont d’autres exemples de ce travers bien français. On promulgue des lois censées rendre justice au «travailleur» et si cela crée, dans les faits, du chômage et de la pauvreté, il suffit de blâmer le «vent mauvais du libéralisme» (dixit Ségolène Royal) ou de demander «plus de moyens» (c'est-à-dire plus d’argent public) à l’Etat.
Pendant ce temps, la Grande-Bretagne prosternée devant la finance, la Suisse et ses gnomes bancaires ou l’Allemagne avec son pragmatisme froid s’en sortent mieux. Cherchez l’erreur.





c'est vraiment du grand n'importe quoi. Dommage, de temps en temps c'est intéressant ici, mais aujourd'hui c'est le raccourci dans toute sa splendeur, l'amalgame à deux balles.
On prend une situation (la situation économique et le chomage) d'un côté. Puis un bouc émissaire (l'université et le code du travail) et on en tire une relation de cause à effet.
Pas d'argumentation, pas d'analyse, pas de réflexion, pas d'esprit critique, pas de fait objectif, encore moins de preuves.
C'est consternant.
Rédigé par: martin | le 10 avril 2008 à 10:38
Le raccourci utilisé par Sylvain Besson ici est certes téméraire mais il à le mérite de pointer du doigt une réalité du système éducatif français qui devrait déranger mais dont la simple évoquation est taboue ... je veux bien sur parler de l'absence complète des notions de sélection et de compétition dans ledit système . A force de vouloir amener 80% d'une classe d'âge au bac (brillante idée des socialistes au nom du sacro-saint égalitarisme français)l'on se retrouve avec un système ou le bac (qui je le rapelle ici en passant est censé doter les élèves du bagage nécéssaire à des études supérieures)est distribué à 60% des jeunes d'une tranche d'age - un tel résultat n'est et ne sera je le crains jamais possible sans une détérioration massive du niveau d'exigences liés a ce degré d'etudes.
Les "facs" publics (hors grandes écoles) ne font que construire sur cette base, et l'on sait très bien ce qui se passe lorsqu'on tente de construire un château sur des sables mouvants ...
A force de refuser les réalités du marché (la libéralisme et la globalisation sont des réalités tangibles et durable et non des vues de l'esprit n'en déplaise à une pourcentage important de la classe politique française - y compris à droite) et d'abolir toute notion de séléction, l'on provoque ce que l'on voulait justement éviter, laisser le marché faire sa sélection et celle-ci ne connaît pas de pitié ...
Les alternatives existent (revalorisation de l'apprentissage, refonte radical du système éducatif, réduction du nombre d'unis et spécialisation de celle-ci) mais demande un certain courage politique, elle devraient toutefois être considerée avant que la France ne se retrouve à court de jeunes talents partis tenté leur chance ailleurs ...
Rédigé par: blaise | le 10 avril 2008 à 16:56
Et si votre amis mathematicien etait un abruti? Vous etez vous pose cette question?
Un journaliste devrait peut etre trouver plus d'amis mathematiciens pour etayer, et si possible ayant un avis divergeant pour ensuite en faire une synthese. De plus, il devrait eviter de digresser sur des choses n'ayant rigoureusement rien a voir, juste pour y ascener son avis fort partial.
Rédigé par: juju | le 11 avril 2008 à 02:21
Ah comme je suis d'accord avec vous... Et heureux de voir un homme de votre talent, avec vos idées, prendre la plume en toute liberté pour dénoncer l'inacceptable : ces maudits français qui défendent leurs services publics, ces chômeurs et ces pauvres qui voudraient avoir des droits : et bien, ils n'ont qu'à travailler ou à devenir riche : c'est bien accessible à tout le monde de façon égale, la réussite sociale, non ? Alors pourquoi se révolteraient-ils ? Ah, comme vous avez raison, l'Angleterre est un si beau pays, et ce n'est pas là bas qu'il y aurait des centaines de milliers de personnes exclus pour incapacité du marché de l'emploi afin de ne pas être comptabilisés dans les statistiques officielles ! L'Angleterre, un si beau pays, alors pourquoi ne partez-vous pas vous y installer tout de suite, Monsieur Besson, hein ?
Rédigé par: Francois Toulouse | le 12 avril 2008 à 13:29
La France en ce moment ne cesse pas de se flageller. Alors je ne comprends pas votre article qui laisse penser que les Français sont autosatisfaits. C'est faux. Il suffit de lire les journaux, d'écoutez les intellectuels, les élus, les déclinologues, de discuter avec des gens ordinaires dans un café ou une brasserie. En ce moment on remémore mai 68 et on souligne que les problèmes universitaires sont les mêmes, qu'en 40 ans rien n'a changé et que l'université française ne fonctionne pas.
Comme la plupart des Suisses romands, vous aimez vous focaliser sur les travers des Français et ne relever que les aspects les plus négatifs. Pour avoir vécu un certain nombre d'années en Suisse je connais ce genre discours condescendant à l'égard des Français. J'y ai eu le droit de manière systématique chaque fois que je rencontrais un Suisse romand. A croire que l'identité du Romand se définit à travers la critique de la France voisine.
Rédigé par: gabchem | le 14 avril 2008 à 11:06
Sylvain,
Je vous soutiens à 200%, et pourtant je suis français ;-)
Peut-être que si la France possédait une démocratie directe, il y aurait moins de manifestations...
Je pense que la plupart des gens n'imaginent pas l'impact économique des grèves sur le PIB français... Surtout quand on connait le nombre de grèves. J'ai d'ailleurs fait une comparaison entre les jours de grève en Suisse en France sur mon blog il y a quelques mois : http://travailler-en-suisse.blogspot.com/2007/11/france-699-suisse-8.html
Je vous laisse juger par les chiffres...
Rédigé par: David | le 15 avril 2008 à 11:04
Il est certain que l'Université Française n'est pas aujourd'hui au niveau auquel ses célèbres et prestigieux animateurs / fondateurs l'avaient portée. C'est la conséquence du manque de sélectivité (pas seulement au niveau des étudiants : aussi au niveau des enseignants et des chercheurs).
En revanche, le système des Grandes Écoles (ingénieurs, commerciales) fonctionne bien, depuis deux siècles, malgrés toutes les critiques faites à son égard.
En tout état de cause, les meilleurs étudaints français n'ont aucun problème à étudier à l'étranger et à y obtenir des bourses, car ils sont, justement, très bons. Mais alors, quel système les a rendus si bons ? Le primaire ? Le secondaire ? La question mérite étude !
Rédigé par: jpalcover | le 16 avril 2008 à 09:34