« Lagarde dénonce le niveau trop bas du franc suisse | Accueil | Commer gérer l'overdose de manifestations? »

10 avril 2008

Les ravages de la bonne conscience à la française

A quoi servent les universités françaises ? A rien, me répondait l’autre jour un ami mathématicien, citant les taux d’échec astronomiques, le chômage massif à la sortie et le fait que les étudiants doués sont presque tous absorbés par les grandes écoles, loin des facs.

Sorbonne Mais à la réflexion, m’expliquait le mathématicien, l’université française sert bien à quelque chose: elle donne bonne conscience à tous ceux qui pensent que le pays des Lumières dispense à ses enfants une éducation «progressiste» et digne des «valeurs républicaines». L’idée est belle, tant pis si les résultats ne sont pas au rendez-vous.
La situation est assez semblable dans la presse. Au nom des idéaux de la Libération (lutter contre les «puissances d’argent» qui avaient vendu le pays aux nazis), on a créé un secteur économiquement bancal, soumis au syndicat des imprimeurs et financé par l’Etat à hauteur de 1,4 milliards d’euros par an. Résultat: beaucoup de journaux crevotent lentement, mais l’esprit «républicain» est sauf.

Le Code du travail ou celui des impôts sont d’autres exemples de ce travers bien français. On promulgue des lois censées rendre justice au «travailleur» et si cela crée, dans les faits, du chômage et de la pauvreté, il suffit de blâmer le «vent mauvais du libéralisme» (dixit Ségolène Royal) ou de demander «plus de moyens» (c'est-à-dire plus d’argent public) à l’Etat.

Pendant ce temps, la Grande-Bretagne prosternée devant la finance, la Suisse et ses gnomes bancaires ou l’Allemagne avec son pragmatisme froid s’en sortent mieux. Cherchez l’erreur.

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/726244/27931292

Voici les sites qui parlent de Les ravages de la bonne conscience à la française:

Commentaires

c'est vraiment du grand n'importe quoi. Dommage, de temps en temps c'est intéressant ici, mais aujourd'hui c'est le raccourci dans toute sa splendeur, l'amalgame à deux balles.
On prend une situation (la situation économique et le chomage) d'un côté. Puis un bouc émissaire (l'université et le code du travail) et on en tire une relation de cause à effet.

Pas d'argumentation, pas d'analyse, pas de réflexion, pas d'esprit critique, pas de fait objectif, encore moins de preuves.

C'est consternant.

Le raccourci utilisé par Sylvain Besson ici est certes téméraire mais il à le mérite de pointer du doigt une réalité du système éducatif français qui devrait déranger mais dont la simple évoquation est taboue ... je veux bien sur parler de l'absence complète des notions de sélection et de compétition dans ledit système . A force de vouloir amener 80% d'une classe d'âge au bac (brillante idée des socialistes au nom du sacro-saint égalitarisme français)l'on se retrouve avec un système ou le bac (qui je le rapelle ici en passant est censé doter les élèves du bagage nécéssaire à des études supérieures)est distribué à 60% des jeunes d'une tranche d'age - un tel résultat n'est et ne sera je le crains jamais possible sans une détérioration massive du niveau d'exigences liés a ce degré d'etudes.

Les "facs" publics (hors grandes écoles) ne font que construire sur cette base, et l'on sait très bien ce qui se passe lorsqu'on tente de construire un château sur des sables mouvants ...

A force de refuser les réalités du marché (la libéralisme et la globalisation sont des réalités tangibles et durable et non des vues de l'esprit n'en déplaise à une pourcentage important de la classe politique française - y compris à droite) et d'abolir toute notion de séléction, l'on provoque ce que l'on voulait justement éviter, laisser le marché faire sa sélection et celle-ci ne connaît pas de pitié ...

Les alternatives existent (revalorisation de l'apprentissage, refonte radical du système éducatif, réduction du nombre d'unis et spécialisation de celle-ci) mais demande un certain courage politique, elle devraient toutefois être considerée avant que la France ne se retrouve à court de jeunes talents partis tenté leur chance ailleurs ...

Et si votre amis mathematicien etait un abruti? Vous etez vous pose cette question?

Un journaliste devrait peut etre trouver plus d'amis mathematiciens pour etayer, et si possible ayant un avis divergeant pour ensuite en faire une synthese. De plus, il devrait eviter de digresser sur des choses n'ayant rigoureusement rien a voir, juste pour y ascener son avis fort partial.

Ah comme je suis d'accord avec vous... Et heureux de voir un homme de votre talent, avec vos idées, prendre la plume en toute liberté pour dénoncer l'inacceptable : ces maudits français qui défendent leurs services publics, ces chômeurs et ces pauvres qui voudraient avoir des droits : et bien, ils n'ont qu'à travailler ou à devenir riche : c'est bien accessible à tout le monde de façon égale, la réussite sociale, non ? Alors pourquoi se révolteraient-ils ? Ah, comme vous avez raison, l'Angleterre est un si beau pays, et ce n'est pas là bas qu'il y aurait des centaines de milliers de personnes exclus pour incapacité du marché de l'emploi afin de ne pas être comptabilisés dans les statistiques officielles ! L'Angleterre, un si beau pays, alors pourquoi ne partez-vous pas vous y installer tout de suite, Monsieur Besson, hein ?

La France en ce moment ne cesse pas de se flageller. Alors je ne comprends pas votre article qui laisse penser que les Français sont autosatisfaits. C'est faux. Il suffit de lire les journaux, d'écoutez les intellectuels, les élus, les déclinologues, de discuter avec des gens ordinaires dans un café ou une brasserie. En ce moment on remémore mai 68 et on souligne que les problèmes universitaires sont les mêmes, qu'en 40 ans rien n'a changé et que l'université française ne fonctionne pas.
Comme la plupart des Suisses romands, vous aimez vous focaliser sur les travers des Français et ne relever que les aspects les plus négatifs. Pour avoir vécu un certain nombre d'années en Suisse je connais ce genre discours condescendant à l'égard des Français. J'y ai eu le droit de manière systématique chaque fois que je rencontrais un Suisse romand. A croire que l'identité du Romand se définit à travers la critique de la France voisine.

Sylvain,

Je vous soutiens à 200%, et pourtant je suis français ;-)

Peut-être que si la France possédait une démocratie directe, il y aurait moins de manifestations...
Je pense que la plupart des gens n'imaginent pas l'impact économique des grèves sur le PIB français... Surtout quand on connait le nombre de grèves. J'ai d'ailleurs fait une comparaison entre les jours de grève en Suisse en France sur mon blog il y a quelques mois : http://travailler-en-suisse.blogspot.com/2007/11/france-699-suisse-8.html

Je vous laisse juger par les chiffres...

Il est certain que l'Université Française n'est pas aujourd'hui au niveau auquel ses célèbres et prestigieux animateurs / fondateurs l'avaient portée. C'est la conséquence du manque de sélectivité (pas seulement au niveau des étudiants : aussi au niveau des enseignants et des chercheurs).
En revanche, le système des Grandes Écoles (ingénieurs, commerciales) fonctionne bien, depuis deux siècles, malgrés toutes les critiques faites à son égard.
En tout état de cause, les meilleurs étudaints français n'ont aucun problème à étudier à l'étranger et à y obtenir des bourses, car ils sont, justement, très bons. Mais alors, quel système les a rendus si bons ? Le primaire ? Le secondaire ? La question mérite étude !

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier

Sylvain Besson, correspondant du «Temps» en France, vous fait découvrir les coulisses du pouvoir et ses meilleures adresses parisiennes.


mai 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  

Les liens

WWW.BAKCHICH.INFO
Un spécialiste des sujets d’investigation (corruption, financements occultes…) qui nourrit de grosses ambitions de croissance.

WWW.RUE89.COM
Fondé par des anciens de «Libération», il s’est fait connaître par quelques scoops (Cécilia n’a pas voté au second tour…) «oubliés» ou censurés par les grands médias.

WWW.MEDIAPART.FR
Créé par l’ancien rédacteur en chef du «Monde», Edwy Plenel, le site vise à exporter le format «quality paper» sur le web.

WWW.NOUVELOBS.COM
Un des sites d’information les plus réactifs et les mieux achalandés.