Axa part en croisade contre le «lumpen-prolétariat» des universités
Le système universitaire français en a encore pris pour son grade, mardi dernier, lors d'un déjeuner organisé par le patron d'Axa Henri de Castries. L'assureur, qui offre 100 millions d'euros pour financer des projets de recherche en France et en Europe, espère casser «l'esprit de lumpen-prolétariat de Jussieu» qui étoufferait les facultés françaises.
«Il faut en finir avec cette culture syndicaliste», a asséné l'un des associés au projet d'Axa, le biologiste Miroslav Radman. En cause: les «chercheurs qui se voient comme des fonctionnaires» et les syndicats, qui s'opposent aux augmentations de salaires des scientifiques les plus méritants.
Le politologue américain Ezra Suleiman a aussi déploré la faiblesse des crédits supplémentaires promis par Nicolas Sarkozy aux universités françaises: 1,8 milliards d'euros pour 1,5 million d'étudiants, alors que Harvard ou Cambridge disposent de budgets supérieurs à deux milliards pour des effectifs presque cent fois moindres.
Cerise sur le gâteau: Henri de Castries s'est moqué de la toute jeune Paris School of Economics, qui n'aurait «pas beaucoup de savoir-faire et beaucoup de naïveté», et serait empêtrée dans des querelles «bureaucratico-administratives» interminables. Enfin, Alain d'Iribarne, directeur de recherche au CNRS, a salué le mécénat d'Axa: «On a jamais reçu un sou du capitalisme français», a-t-il noté, alors que Ford, VW ou Thyssen subventionnent la recherche hexagonale depuis les années 1960.





On a la recherche qu'on mérite. Le problème n'est pas de financer des recherches qui serviront essentiellement à orner la bibliothèque de prétendus décideurs éclairés. Il est plutôt de favoriser l'innovation, ce qui est plus complexe et plus difficile. 100 millions de perdus, sauf pour la pub d'un groupe d'assurance qui a toujours eu pour politique de jeter de la poudre aux yeux du public.
Rédigé par: ShereKhan | le 25 mars 2008 à 17:32