L’art français d’être à côté de la plaque
Face à un vrai problème, posez la mauvaise question. Le réflexe est courant chez certains intellectuels français, comme le montrent le récent appel de «Marianne», jugé «caricatural et grotesque» par l’Elysée, et les inquiétudes du patron de «Libération», Laurent Joffrin, qui dénoncent tous deux l’instauration rampante d’une «monarchie élective» en France.
Leur préoccupation paraît
légèrement à côté de la plaque, au
moment où Nicolas Sarkozy dévisse dans les sondages, où
la presse le descend en flammes et où le premier ministre
François Fillon retrouve un rang conforme à l’ordre
institutionnel. Mais Joffrin, «Marianne» et les
signataires de l’appel – François Bayrou en tête –
n’en démordent pas : selon eux, il y a un risque de dérive
autoritaire, la liberté de la presse est en danger, les fous
de Dieu menacent la séparation de l’église et de
l’Etat, etc.
Le problème n’est même pas que ces postulats soient faux. Mais plutôt qu’ils passent à côté des enjeux de la vie réelle en France: salaires trop bas, industrie pas assez compétitive, système social coûteux et mal financé. L’ennui, c’est que la majorité des intellectuels français ne connaissent rien, ou pas grand-chose, à l’économie. Du coup, personne n’a fait circuler de pétition pour soutenir la grève des caissières. Dommage.





Décidément, M. Besson, votre blog a pour finalité unique de casser la France et les Français. Cela ne me dérange pas car je suis un ancien Français qui ne s'est jamais identifié (et réciproquement d'ailleurs). Mais méritent-ils tant d'honneur? En ce qui concerne les libertés, la loi sur les rétentions de sûreté me paraît tout de même sujette à caution. Il est facile pour les nouveaux dictateurs, au sens de Huxley, de détruire la société pour prétendre ensuite qu'elle a bougrement besoin d'eux, de leurs gendarmes, policiers, juges, prisons... et politiciens.
Rédigé par: ShereKhan | le 27 février 2008 à 16:42
Cher Sylvain,
Je tombe par hasard sur votre blog et je m'amuse à lire vos articles pas toujours élogieux pour ce beau pays qu'est la France.
Je suis français, j'ai moi-même vécu plusieurs années en Suisse près de Lausanne, et lorsque je suis revenu en France, j'ai eu le choc culturel inverse : je m'étais "suissisé", et j'avais une aversion profonde pour ces malotrus qui vous klaxonnent sur le passage piéton, qui sont bruyants dans les restaurants, et qui s'imaginent être le centre du monde. Depuis, j'ai de nouveau apprivoisé mon pays.
J'aime bien votre blog pour le décalage culturel qu'il met en avant. Ca ne nous fait pas de mal à nous autres Français, c'est vrai qu'on se la raconte un peu parfois et qu'une remise à niveau des compteurs est souvent nécessaire.
Vos messages sont quand même parfois un peu caricatural, mais ça passe (visiblement pas pour tout le monde vu les commentaires).
Objectivement, il y aurait aussi beaucoup à dire sur la Suisse, sauf sur un domaine : l'économie et le business, domaines où vous excellez. Dans un de vos articles, vous dites que la Suisse est quasi parfaite mais insignifiante, c'est assez bien résumé, et ce complexe d'infériorité, on peut le ressentir : ça ne plait pas à mes amis suisses quand je leur en parle d'ailleurs.
Bonne continuation, je vous référence de ce pas dans mon blog : http://travailler-en-suisse.blogspot.com/
Rédigé par: David | le 27 février 2008 à 17:34
Pour citer H. L. Mencken: "Pour tout problème complexe, il y a une solution qui est simple, claire, et fausse."
( http://www.wikiberal.org/wiki/index.php?title=Henri_Louis_Mencken )
Il n'empêche que le "Sarkozysme" a de sérieux relents de proto-fascisme et que les provocations voulues ("Casse toi pauvre con" après la "racaille nettoyée au Karcher") CONTRIBUENT à fomenter des troubles qui justifieront des mesures d'exception.
Mais "Ceux qui n'ont rien à se reprocher n'ont rien à craindre" comme le disait si bien Goebbels...
Rédigé par: JLD | le 27 février 2008 à 17:38
A David:
Il ne faut pas oublier que les Français, eux aussi, sont très complexés...
Rédigé par: ShereKhan | le 27 février 2008 à 18:22
Je confirme le premier commentaire sur cet article, après en avoir lu bien d'autres sur ce blog: belle oeuvre de démolition de la France et des Français. Vieille tradition en Suisse romande, où bien souvent l'attraction et la répulsion toutes deux égales de la France voisine alimentent une sorte d'autosatifastion sans cause. Un peu de sérieux, s'il-vous plaît, même dans l'humour ! Vous êtes mieux placé que quiconque pour améliorer ce triste constat...
Rédigé par: Xarm | le 27 février 2008 à 18:55
Réduire la politique aux seuls aspects économiques, ne serait-ce pas à coté de la plaque?
Rédigé par: ChF | le 27 février 2008 à 21:35
Je pense que ce sont les journalistes qui ne s'intéressent pas à l'économie. Jean François Kahn n'est est à mon avis pas un intelectuel mais un journaliste commentateur de la vie politique. Les intellectuels français, ceux qui savent et qui ont une vraie réflexion qui ne s'arrête pas aux commentaires de l'actualité, sont peu médiatisés malheureusement et ont un avis assez différent. Les politiqes regrettent que les intellectuels ne soient pas plus solicités et qu'ils ne cherchent pas à se faire entendre davantage. Ils n'ont la place qu'ils méritent dans les médias et les débats publiques. Ceux qui animent les débats,ce sont finalement les journalistes, les politiques et les pseudo intellectuels comme J.F. Kahn ou L. Joffrin. C'est d'ailleurs dangereux car ce sont ceux qui font l'actualité et ceux qui la communiquent qui la commentent.
Cela dit, vous trouvez de très bons débats sur www.publicsenat.fr, je vous recommande bibliothèque médicis et conversations d'avenir avec J. Atali.
Rédigé par: gabchem | le 02 mars 2008 à 12:44
A JLD : tout à fait exact, mais le complexe ne porte pas sur les mêmes critères (je ne sais pas si c'était le sens de ton propos).
Que la mixité culturelle est belle ;-)
Rédigé par: David | le 03 mars 2008 à 09:49
Pour ShereKhan : voyons, il s'agit d'un second degré, plutôt incisif mais assez bien fait : finalement, nous autres français, ne devrions-nous pas nous réjouir de voir un journaliste décomplexé et non politiquement soumis nous mettre en pleine face les réalités que beaucoup de journalistes français refusent de publier (sauf peut-être certains de Mariane, et encore).
Autre point : je n'ai jamais autant appris sur mon propre pays que lorsque j'ai lu ce que la presse étrangère racontait à son sujet. Cela se vérifie pour la France, la Suisse, mais beaucoup de pays. C'est dans une telle démarche qu'on s'aperçoit que la presse est belle et bien muselée (de façon souple mais ferme).
Rédigé par: David | le 03 mars 2008 à 09:55
A David,
J'ai vécu en Suisse et j'ai observé que beaucoup de Suisses romands souffrent de francophobie. C'est pourquoi je préfère lire les journaux allemands, anglais, belges ou américains que les journaux suisses pour avoir un avis étranger. La France en Suisse est toujours considérée avec beaucoup de condécendance. Et contrairement à ce que j'ai lu sur ce blog les Suisses n'ont absolument pas un complexe d'infériorité. Bien au contraire. Les Suisses ont une vision idyllique de leur pays et de leur histoire et il est très mal vu d'en discuter. C'est pourquoi les remarques de S. Besson me font doucement sourire. Les Suisses n'acceptent que les superlatifs quant il s'agit de leur pays. S.Besson n'a t-il pas écrit que la Suisse était quasi parfaite mais insignifiante? C'est l'expression d'un chauvinisme revendiqué et d'une fausse humilité. Alors ne tombez pas dans le piège. Et ne vous flagellez pas.
Je me souviens d'un collègue suisse qui n'en finissait pas de se plaindre de ce que les Français à Genève se garent n'importe comment. Il était fier en revanche quand les rues de Genêve étaient totalement bouclées pour la venue de richissimes princes arabes. Je me souviens aussi de l'expression employée pour désigner certains joueurs de l'équipe de France: "Les noirs de l'équipe de France"... Et ce ne sont que deux anédoctes parmi beaucoup d'autres.
Rédigé par: bob | le 03 mars 2008 à 22:01
A bob :
Moi aussi j'ai pu observer tout un tas de "déviances" nationales... Est-ce le cas de tous les Suisses ? Je ne crois pas, bien au contraire, le pays et la culture sont extrêmement complexes et difficiles à cerner (du moins, il est difficile de généraliser) sur ce sujet.
Les commentaires de Sylvain Besson en sont une expression d'un Suisse parmi beaucoup d'autres avis. Il agite le bocal, et nous on suit ;-)
Un journaliste français pourrait faire exactement le même blog de l'autre côté de la frontière, il y aurait autant à dire, et ce serait tout aussi vrai... et faux à la fois.
Rédigé par: David | le 04 mars 2008 à 10:11
Mais de qui viennent ces sarcastiques commentaires? de braves citoyens suisses? Vous voulez connaître le souvenir que je conserve de ces braves gens? Travaillant à Annemasse pendant quelques semaines, j'ai eu l'occasion d'admirer le comportement des helvètes : sitôt passé la frontière au volant de leur automobile, que se passait-il? eh bien on vidait son cendrier par la fenêtre. Qui sont-ils pour donner de telles leçons? Doit-on parle de l'argent des nazis et de la morale qui va avec? du secret bancaire qui bénéficie aux narco-trafiquants et autres criminels? du racisme avéré oh combien perceptible dans cette belle confédération? Vous qui ne voulez pas de l'Europe, je vous rassure, nombre d'européens ne veulent pas de vous non plus... J'espère qu'avec le temps la suisse sera étranglée économiquement, alors peut-être vous demandera t-on un visa...travailleur immigré suisse, cela sonne bien je trouve...
Rédigé par: Francis | le 09 mars 2008 à 19:32
Cher Francis,
Je me délecte encore des clichés colportés, que ce soit par les Français ou les Suisses d'ailleurs. Le cas de la voiture avec des plaques suisses vidant son cendrier par la fenêtre, je les entendu des centaines de fois depuis 20 ans, et tiens, c'est étrange, j'ai moi-même pas mal trainé plusieurs années dans des zones transfrontalières, et je n'en ai jamais vu. D'ailleurs, êtes-vous allé demander au conducteur s'il était Suisse, car comme vous le savez probablement, des étrangers (dont des Français) qui résident en Suisse et qui ont des plaques suisses, il n'y a "un peu".
Vous parliez de "donner des leçons" ? Je pense que nous Français sommes champions du monde sur le sujet. Vous parlez de l'argent des nazis ? Soit, je vous parlerai des collabo français à cause de qui des centaines de milliers de personnes sont mortes.
Tous les exemples que vous citez (secret bancaire, racisme, europhobie) prouvent à quel point vous ne connaissez probablement pas grand chose à la Suisse, hormis cette couche superficielle qui vous permet à peine de briller en société le samedi soir avec des amis qui n'en connaissent pas plus long que vous sur le sujet.
Et c'est très précisément une des causes des discordes : les Français, très nombreux à travailler en Suisse, ne s'intéressent pas au pays, pas à la culture, pas à grand chose hormis travailler. C'est un des fondements du nationalisme : la méconnaissance de "l'autre". Et je prétends que nous connaissons la Suisse beaucoup plus mal que les Suisses ne connaissent la France. Je le vois dans mes conférence sur l'emploi en Suisse que je donne dans les zones frontalières : une personne sur 30 est capable de me donner le nom du Président de la Confédération ou d'un conseiller fédéral. Posez la question aux Suisses, vous verrez s'ils ne sont pas capables de citer le nom du Président ou d'un Ministre.
Bref, cher Francis, votre commentaire alimente ce que j'appelle la "machine à fantasme suisse" et qui contribue à colporter une image simpliste du pays. Révisez un peu vos bases, intéressez-vous au pays, à sa culture, et revenez discuter, c'est avec plaisir que j'échangerai avec vous.
Rédigé par: David | le 18 mars 2008 à 08:23
Je modère un peu mon propos : tous les Français ne sont pas ainsi, fort heureusement et bien au contraire, mais c'est malheureusement cette frange qui est la plus visible. Comme celle des Suisse qui tiennent des propos nationalistes d'ailleurs...
Rédigé par: David | le 18 mars 2008 à 08:26