Et si tout était la faute de la Libération?
Il paraît que si les journaux français vont mal - «Le Monde» a encore perdu 20 millions d'euros en 2007, «Le Figaro» 10 millions - c'est à cause de la Libération. Selon le spécialiste Patrick Eveno, le système bâti à cette époque pour préserver la presse du grand capital, et qui offre un quasi-monopole à la CGT dans l'impression, a créé un secteur «anti-économique» qui, pour survivre, dépend des aides publiques et des subsides de quelques milliardaires proches de Sarkozy.
Mais une foultitude d'autres maux français sont aussi dus à la Libération. Les syndicats peu représentatifs et grognons, le droit du travail hyper-rigide, la Sécurité sociale en déficit permanent ont pris forme dans ces années tumultueuses. La fiscalité des entreprises, qui visait à financer la protection sociale grâce aux armées de travailleurs enrôlés dans les usines, reste basée sur l'économie industrielle de l'ère fordiste. Quant à l'alliance gaullo-communiste qui régissait la France à l'époque, elle a engendré une idéologie antilibérale qui reste prévalente dans de nombreux secteurs des médias et de la politique.
L'armature socio-économique héritée de l'après-guerre a tellement perdu de sa superbe qu'on en oublierait presque que la Libération a été une bonne chose, puisqu'elle a débarrassé la France de l'occupant nazi. Pour le reste, il est peut-être temps de tourner la page.





Cette phrase: "La fiscalité des entreprises, qui visait à financer la protection sociale grâce aux armées de travailleurs enrôlés dans les usines, reste basée sur l'économie industrielle de l'ère fordiste." ne semble pas vouloir dire grand-chose. Attention aux confusions et aux clichés. Il reste que la Libération porte certainement une grande responsabilité car elle a fait oublier les imperfections du système, elle a conforté l'ordre établi en le parant à tort des vertus de la victoire et de la démocratie. Une défaite claire, la destruction des villes comme en Allemagne auraient peut-être entrainé une véritable remise en question.
Rédigé par: ShereKhan | le 13 février 2008 à 16:46
une question aussi importante traitée en 10 lignes...Mouais...Et la crise du journalisme en Suisse, vous ne connaissez pas? Non? Alors c'est pour bientôt...
Rédigé par: olivier | le 13 février 2008 à 22:12
Passer à autre chose ? Vous nous recommandez d'entrer dans l'union Européenne et de renoncer aux bilatérales ? De prendre conscience que nous ne sommes plus entourés d'ennemis et de ramener les fusils que nous avons à la maison ? D'organiser notre législation pour qu'un avocat de Lyon puisse avoir le droit de plaider à Grenoble ? De virer nos TGV pour les remplacer avantageusement par des trains qui se penchent dans les virages ce qui permet de faire une croisière pour moins cher ? De prendre la retraite à 65 ans et de travailler plus de 40 heures ? Etc.
Nous avons en France des blocages structurels, il est vrai ; nous gagnerions à les faire sauter, mais cela revient à ébranler quelques avantages d'autres groupes qui rechignent à se laisser tondre ? Ça se fera peu à peu et notre appartenance à l'Union européenne y contribue.
Cela dit, une chose me navre en Suisse, et vous qui êtes à moitié Suisse peut-être pouvez-vous me répondre. Comment se fait-il qu'un peuple aussi éduqué que le peuple Suisse (c'est au premier degré) reçoive TF1 ? En outre est-ce que tout ce que raconte le géographe M.-T. Porchet est exact ? http://www.dailymotion.com/video/x32l62_marietherese-porchet-la-lecon-de-ge
Rédigé par: Lucas Clermont | le 14 février 2008 à 13:54
A Sherekhan
Les villes françaises ont été très endommagées. Saint Nazaire, Royan, Brest: rasées, Nantes à 70% détruite, Caen à 80% détruite, Le Havre quasi raséé, Dunkerque à 80% détruite, Montpellier etc...
Rédigé par: gabchem | le 14 février 2008 à 15:24
Votre article me choc beaucoup , lisez ceci et apprenez :http://www.alternatives-images.net/
Rédigé par: LB | le 14 février 2008 à 19:49
Ouai! Liquidons l'héritaige de 45, puis celui de 68 (c'est nico qui le veut) pis ensuite on liquidera l'héritage des années 80: Jean Luc Lahaye, Sardou et Kim Wilde aux chiottes! Vous minez la société française!
Rédigé par: Carlo Bruni | le 14 février 2008 à 22:19
Etonnant (ou lassant) de voir ces éternelles levées de bouclier dès lors que l'on touche à la poussiéreuse mythologie française d'après-guerre: les syndicats, la libération, les résistants... La continuité de l'Etat français pendant la 2e guerre, c'était Vichy, non?
Rédigé par: Clap | le 16 février 2008 à 18:12
A Clap,
Etonnant (ou lassant) de lire de telles absurdités. Mes grands parents ont vécu cette guerre, leurs blessures ne sont pas une vue de l'esprit ni poussiéreuses, elles sont encore intactes aujourd'hui.
Réfléchissez ou renseignez-vous avant d'écire des âneries!
Rédigé par: gabchem | le 17 février 2008 à 00:51
Oui gabchem, mais les destructions allemandes ont été plus massives et on peut penser que cela a pu contribuer à un nouveau départ, une rupture relative avec la tradition. Au lieu de cela, en France, on a entendu un discours autosatisfait: "nous sommes parfaits, des démocrates, valorisons notre patrimoine". Les heures les plus sombres du bonapartisme étaient légitimées, glorifiées lors du bicentenaire de 1989, un premier ministre récent était admirateur de Napoléon. On a fait l'économie d'une remise en question de fond. Vous en payez le prix aujourd'hui.
Rédigé par: ShereKhan | le 17 février 2008 à 18:24
A Sherekhan
Je ne comprends absolument pas vos raisonements contradictoires. D'un côté vous dénoncez les heures sombres du bonapartisme, d'un autre, vous auriez souhaité que les villes françaises soient réduites à néant!!!??? La destruction des villes, c'est l'horreur. Ma grand-mère a failli périr pendant les bombardements alliés, mon grand père a ramassé les cadavres après le bombardement de la rue du calvaire à Nantes. Il a vu l'horreur.
Dernière remarque. Pendant le bicentenaire, on a fêté la liberté, on a rendu hommage à l'esprit des lumières, on a fêté la fin de la féodalité. Mais on a pas non plus oublié les atrocités. Je suis nantais. A Nantes, l'Histoire est partout et on n'oublie pas que Nantes est un port qui a pris sa part dans la traite des noirs. Pendant la révolution, Nantes a vécu l'horreur. Carrier y a laissé une empreinte indélibile, et Turreau est toujours dans les esprits. La Révolution est à la fois une période tragique et glorieuse de notre Histoire. La fin de la féodalité, de l'ancien réigime, ce n'est pas rien. Cela a modifié totalement l'Europe et les citoyens ont acquis des droits fondamentaux.
Rédigé par: gabchem | le 18 février 2008 à 02:51
A Gabchem,
Sans contester aucunement les souffrances endurées par les particuliers et par votre famille en particulier, je trouve que l'Histoire ne doit pas être ce carcan d'immobilisme et ce sanctuaire intouchable que vous semblez décrire.
Rédigé par: Clap | le 18 février 2008 à 11:20
A gabchem
Mes raisonnements ne sont pas contradictoires. Je trouve choquant de voir des soldats napoléoniens défiler officiellement lors des cérémonies de célébration de 1989. Sans l'ombre d'un recul critique. Napoléon était un DICTATEUR. Il faut également rappeler que la Révolution française elle-même n'a pas tenu toutes ses promesses, que la jacobinisme est un extrémisme. Quant à la destruction des villes, je ne la prône évidemment pas. Je me borne à observer peut-être eut-elle secoué les mentalités de l'époque. Je serai provocateur: si l'ordre de Hitler de raser Paris avait été éxécuté, c'aurait été sans doute un drame, mais cela aurait peut-être entrainé une remise en question, une remise en cause de l'Etat français, un choc salutaire?
Rédigé par: ShereKhan | le 18 février 2008 à 12:40
A SherKhan
Ce qui a secoué les mentalités de l'époque c'est la deuxième guerre mondiale et son cortège d'atrocités . D'où le programme du conseil national de la résistance , que la droite n'a eut de cesse de démolir depuis pour en arriver aujourd'hui à dire : c'est l'Etat lui même qui est le problème . CQFD .
Rédigé par: LB | le 18 février 2008 à 20:03
A LB
Dire que c'est l'Etat lui-même qui est le problème n'est pas nécessairement de droite. D'ailleurs, on la voit constamment réglementer. Dès qu'il y avait un problème, la "fausse bonne idée" de Chirac était qu'il fallait une réglementation. La vérité, c'est que gauche et droite se sont tacitement entendues pour, avec des techniques différentes et au-delà de quelques nuances, patiemment renforcer l'Etat et affaiblir la société.
Rédigé par: ShereKhan | le 18 février 2008 à 20:11
A Sherekhan,
Choc salutaire, la destruction de Paris! ??? Désolé, je ne peux pas comprendre en quoi la destruction peut être salutaire. La destruction de Paris aurait exalté la haine des Français vis à vis des Allemands.
Quant à la Révolution, vous écrivez "la Révolution française elle-même n'a pas tenu toutes ses promesses". Ce n'était pas une campagne électorale. C'est un enchainement d'évènements complexes, tragiques, un combat pour la liberté et la reconnaissance de droits fondamentaux. Que vous le voulez ou non, elle a mis fin à l'Ancien Régime en France et en Europe. Et je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas s'en réjouir! Comme je le dis dans un mail précédent, les Français sont beaucoup plus critiques que vous le dîtes sur leur Histoire. D'ailleurs dans les esprits français, un des symboles de la Révolution, c'est la guillotine.
A Clap,
Je suis contre l'immobilisme. Je déteste le passéisme. Cela ne signifie pas qu'on doit regarder le passé avec mépris.
Rédigé par: gabchem | le 18 février 2008 à 20:31
Gabchem, révisez donc vos cours d'Histoire. La Révolution n'a pas tenu toutes ses promesses. D'abord présentée comme un combat pour la liberté, elle a vite sombré dans la Terreur, le jacobinisme, le centralisme, le génocide vendéen. Plus tard, la Monarchie a été restaurée fut-ce sous la forme rénovée de l'impérialisme bonapartiste. Il a fallu de nombreux soulèvements populaires réprimés dans le sang et des révolutions successives pour parvenir à un régime de libertés républicain. Encore ce dernier prit-il très vite le visage de l'Etat-nation manipulateur et revanchard qui dressait les peuples les uns contre les autres. Quant à la destruction de Paris, elle eut peut-être, en portant un coup au coeur de l'Etat français et de son organe centralisateur et nivelleur des différences culturelles, débouché sur une transformation politique.
Rédigé par: ShereKhan | le 18 février 2008 à 21:07
L'empreinte du gaullo-communisme sur la France (assimilée abusivement ici à la Libération), voila bien le noeud de tous les problèmes français actuels. Il suffit de citer :
- le statut de la Fonction Publique,
- le CNRS,
- le syndicat du Livre,
- EDF et ses 57 réacteurs nucléaires,
- la force de frappe,
- la concurrence non libre et faussée dans de nombreux domaines (instruction, livrets d'épargne),
- le statut des intermittents du spectacle,
- la notion de "Grenelle", (une co-production Chirac-Séguy),
- l'ORTF (presque morte elle, mais avec des restes),
- l'agriculture administrée (aux frais de l'UE!),
- les "cités" de banlieue, une co-production Ceinture rouge/Caisse des Dépôts,
- les arsenaux et leurs héritiers en faillite larvée,
- les livres d'Histoire qui révéraient Staline (de mon temps en tout cas)
et bien sûr la commune détestation de l'Amérique et de la Finance.
Les racines de tout cela remontent bien avant la Libération, sans doute au Moyen-Âge quand la France s'est affirmée autour d'une Monarchie terrienne et centralisatrice alliée aux Corporations.
Mais il est vrai que l'immédiat après-guerre en a été le dernier grand moment, à une époque où le PCF était le premier parti de France avec 27% des voix, et où la reconstruction était un impératif national.
Au moins De Gaulle nous a évité de devenir officiellement communistes. Nous ne l'avons été que partiellement.
Mais nous ne réussissons pas à nous en libérer pour de bon, 60 ans après la Libération.. et presque 20 ans déjà après la chute du Mur de Berlin.
Rédigé par: Basta | le 18 février 2008 à 22:52
A Sherekhan,
Je n'ai pas une vision idéaliste de la Révolution française. Cela dit les progrès sont considérables. Fin de l'absolutisme, abolition des privilèges, égalité des citoyens devant la loi, proclamation de la première république, c'est un pas immmense.
Je n'affirme pas que la démocratrie et la liberté ont triomphé tout de suite après 1789. La Révolution a cependant été une étape fondamentale dans le processus démocratique de notre pays.
La monarchie bonapartiste comme vous dîtes est une restauration de la monarchie avec une différence fondamentale. Elle n'a pas été reconnue par les autres monarchies européennes parce que Bonaparte était considéré comme le fils de la Révolution. Les Monarchies européennes ont d'ailleurs tenté d'envahir la France après la chute de la monarchie pour restaurer celle-ci de peur que les idées révolutionnaires se propagent à toute l'Europe. C'est alors que commencent les conquêtes de Bonaparte. Bonaparte ne sera jamais considéré comme un monarque légitime par le reste de l'Europe mais un usurpateur, c'est aussi pour cette raison qu'il sera enfermé à Saint-Hélène. L'Europe restaure Louis XVIII sur le trône, frêre de Louis XVI après la chute de Napoléon.
Rédigé par: gabchem | le 19 février 2008 à 00:42
A Basta:
Votre liste est édifiante, il convient d'y ajouter l'ENA qui, il faut le savoir, a été créée par...Maurice Thorez.
A propos du CNRS, vous pouvez lire:
http://capitalsocial.skynetblogs.be/post/5159145/usine-a-gaz
Bien à vous.
Rédigé par: ShereKhan | le 21 février 2008 à 19:55