« décembre 2007 | Accueil | février 2008 »

janvier 2008

25 janvier 2008

La France qui ne marche pas: pluie de réactions et cinq nouvelles entrées!

Franc succès pour le «dictionnaire de la France qui ne marche pas» placé sur ce blog il y a quelques jours. Notre humble proposition a suscité des réactions amusées, courroucées ou approbatives, mais aussi des suggestions de nouvelles entrées dans le dictionnaire.

Outre les réactions postées ci-dessous, nous en avons repérées d'autres sur kelblog. Certains internautes s'offusquent qu'un étranger (je ne le suis qu'à moitié car j'ai aussi la nationalité française) puisse critiquer ainsi la «cinquième puissance mondiale». D'autres suggèrent de proposer aussi des solutions: ils ont parfaitement raison, mais ça va demander du boulot. D'autres, enfin, ont allongé la liste des dysfonctionnements hexagonaux. Voici leurs propositions:Laporte1

Les demi-finales de rugby contre l'Angleterre: la France ne les gagne pas, surtout quand elle est favorite.

Les demandes de permis de construire: l'administration est horriblement tâtillonne.

Les gens qui râlent systématiquement: un mal français, profondément enraciné, qui conduit à dénigrer toute tentative de réforme. Variante: les gens qui prétendent que ça ne va pas si mal en France, et qu'il ne faut rien changer.

Le système de santé: bien sûr, c'est gratuit et les médecins sont bons. Mais certains services d'urgence font peur: allez à l'hôpital Bichat, un jour férié, avec ses vitres cassées, son sang qui sèche par terre, ses SDF bourrés et ses médecins à l'air fou, et vous verrez ce que je veux dire. En dix ans, la France a emprunté l'équivalent de 110 milliards d'euros pour financer son système de santé...

Les taxis parisiens: ils fonctionnent, mais semblent obéir à une loi ennuyeuse: on n'en trouve pas quand on en a besoin (en semaine, le matin) et on en trouve quand on n'en a pas besoin. Le récent rapport Attali note que les taxis parisiens n'ont pas le droit de prendre des clients en Ile-de-France... Une absurdité de plus dans le «modèle français». (photo Keystone)

Sarkozy et Martinon, c'est «Maverick» et «Iceman» à l'Elysée

Diapo_sarkozy4 Avec ses Ray-Ban genre pilote militaire, Nicolas Sarkozy assume son image de «Tom Cruise du pauvre» - l'expression, citée dans le livre de Bruno Le Maire, est de lui. Mais il y a un autre héros de «Top Gun» à l'Elysée: David Martinon, porte-parole de la présidence, dont le visage rappelle assez fortement celui de Val Kilmer.Martinon3

Dans le film, ce dernier jouait le rôle d'Iceman, l'arrogant rival de Maverick, le «gentil» joué par Tom Cruise. «Il doit y avoir quelque chose, admet David Martinon au sujet de sa ressemblance avec Val Kilmer. Vous n'êtes pas le premier à me dire ça: on me l'a dit quand j'avais 20 ans, quand j'en avais 33, et maintenant, trois ans plus tard. Donc ça doit être vrai.»

Cette similitude fait quelque peu ricaner dans les couloirs de l'Elysée, où l'on constate que le frêle Martinon n'a pas tout à fait la carrure d'un as de l'aviation navale - ou d'une star de Hollywood. «En fait, plaisante une collègue, il ressemble plutôt à un mélange de Christophe Lambert et de Val Kilmer». C'est moins flatteur.

22 janvier 2008

Les larmes de Carla après l'article de «Libé»

Sarko6Carla Bruni a réagi par des pleurs à l'article de «Libération» qui annonçait, ce matin, qu'elle ne se rendrait pas en Inde avec Nicolas Sarkozy. Le journal précise que la chanteuse n'est pas encore mariée avec le président, contrairement à ce qu'annonçait il y a quelques jours «L'Est républicain».

Selon «Libération», le président avait beaucoup insisté pour aller en Inde avec elle et visiter, en sa compagnie, le romantique Taj Mahal. Mais pourquoi sangloter alors que l'article ne contient aucun mot blessant? L'interprétation qui circule dans les rédactions parisiennes soutient que Nicolas Sarkozy a appris la défection de son amie par la presse. Une hypothèse que l'Elysée, fidèle à sa ligne de discrétion concernant la vie privée du président, ne devrait ni confirmer, ni infirmer. (photo Keystone)

17 janvier 2008

Vers un dictionnaire de la France qui ne marche pas

«Mais mon bon Monsieur, ici on est en France, et en France rien ne marche!» Tout étranger ayant le privilège de vivre dans l'Hexagone aura entendu, un jour ou l'autre, ce genre de remarque. En partie justifiée, il faut bien l'avouer.

Dans le cadre de la «politique de civilisation» proclamée par le président Sarkozy, j'ai pensé à un dictionnaire qui recenserait tout ce qui, effectivement, ne marche pas en France. La tâche est immense, mais il faut bien commencer quelque part. Voici quatre entrées possibles et, je l'espère, consensuelles:

Le bloc-notes orange (marque Rhodia ou NF). Il est impossible de détacher proprement les feuilles: elles se déchirent, ce qui rend le bloc peu à peu inutilisable. Rien à voir avec un bloc suisse, par exemple, dont les feuilles se détachent sans effort. Etrangement, il semble que les fabriquants de blocs oranges défectueux disposent d'un monopole en France, car on n'en trouve pas d'autres.

Les démarches administratives. Il faut s'y reprendre à deux ou trois fois pour obtenir n'importe quel papier. Une attestation des allocations familiales? Plusieurs appels sont nécessaire pour recevoir le document certifiant que vous ne les recevez pas. Le fisc vous impose un prélèvement direct dont vous ne voulez pas? Un harcèlement téléphonique est indispensable pour le faire revenir sur sa décision. Cela dit, les impôts sont sans doute l'administration qui marche le mieux. Maigre consolation...

Sncf1 Les écrans d'information SNCF et RATP: «Ce dispositif est provisoirement hors service. Nous vous prions de nous en excuser.» Des variantes de ce message s'affichent dans toutes les gares de France, sur de gros téléviseurs dont le taux de panne est astronomique. Et lorsqu'ils marchent, les écrans annoncent de mauvaises nouvelles: grèves, incidents techniques, voyageurs écrasés. Sordide.

Le Parti socialiste. Même ses dirigeants admettent que la situation y est épouvantable. La ligne politique fait cohabiter marxisme et social-libéralisme, la position sur le traité simplifié européen est incompréhensible (on s'abstient pour ne pas voter oui, tout en étant pour, sauf ceux qui sont contre), la candidate laminée à la dernière présidentielle est la seule personnalité populaire du parti. Et ça devrait durer, peut-être jusqu'en 2012.

Les secrets de la garde-robe de Parisot

Parisot Manteau bleu ciel, ensembles pseudochinois, vestes froncées, plissées, gaufrées... mais où Laurence Parisot va-t-elle chercher tout ça? Sur le plan vestimentaire, la patronne des patrons n'a en tout cas pas peur de détonner (et d'étonner) dans un personnel politique féminin coincé dans les tailleurs Chanel et les carrés Hermès, ou, pire, dans des tenues de matrones ringardes.

Un proche de la dirigeante du Medef confie qu'il arrive à celle-ci d'aller faire ses courses «chez Rykiel ou chez Courrèges». Pourquoi? «Parce que c'est une esthète». On se disait bien.

16 janvier 2008

Sarkozy juge «honteux» l'intérêt des médias pour sa vie privée

Sarkopatek Péroraison de Nicolas Sarkozy, cette semaine dans le Golfe, sur l'intérêt disproportionné des médias pour sa vie privée. Après avoir convié des journalistes à boire un verre avec lui, il s'est posé en victime, cigare à la main: «C'est honteux! On a même publié le prix de ma montre [cadeau de Carla Bruni, ndlr]! Vous vous rendez compte! Mais qui ça peut intéresser?!»

Des témoins de la scène racontent qu'à la grande surprise des journalistes, le chef de l'Etat s'est ensuite lancé dans une description détaillée de sa vie avec Carla Bruni: comment leur appartement va être réaménagé, où dormiront les enfants, etc. Une envolée aussi intimiste qu'exceptionnelle, selon l'Elysée, qui impose généralement un silence complet à la presse française sur ce genre de confidences. Mais si Nicolas Sarkozy ne veut pas que les médias évoquent sa vie privée, pourquoi en parle-t-il aux médias? Cet homme est un mystère.

Sur la photo: Nicolas Sarkozy arborant, lors de sa conférence de presse du 8 janvier, une montre Patek Philippe, le cadeau de Carla Bruni. (photo Keystone)

10 janvier 2008

Sarkozy et le sexe de la statue africaine

LemaireStatuehommelubacopie2 Même s'il s'est retenu - autocensuré, diront certains - Bruno Le Maire, ancien bras droit de Dominique de Villepin, a gardé quelques anecdotes cocasses dans son livre «Des hommes d'Etat» édité chez Grasset (lire notre article sur ce livre). 26 août 2005: Nicolas Sarkozy rend visite à son rival et se promène dans le fumoir de l'hôtel Matignon. Une statuette africaine attire sa curiosité: «Il examine de près la statuette, il se penche, du bout du doigt il fait basculer le sexe du guerrier rattaché au bas du corps par un bout de ficelle, il recule: «Franchement, Bruno, vous n'allez pas me dire que vous trouvez ça beau. [...] En plus, vous avez vu - il fait basculer à nouveau le sexe du bout du doigt, ça bouge!»

Ma question: les statuettes africaines à sexe amovible sont-elles compatibles avec la «politique de civilisation»?

09 janvier 2008

Pourquoi Sarkozy a oublié l'économie

Sarkocp L'entourage de Nicolas Sarkozy a tenté de justifier son omission très remarquée des sujets économiques, mardi, lors de sa grande conférence de presse. «Le passage sur la fiscalité a sauté», admettait la «plume» du président, Henri Guaino. Pourquoi? «Je ne sais pas, il ne l'a pas lu...»

Et pourquoi ne pas avoir parlé de la compétitivité des entreprises, un thème reconnu comme central pour la santé de l'économie française? «Mais il n'a pas parlé des paysans, des artisans, de notaires», rétorque Guaino. Faire une annonce spécifique sur les entreprises aurait entraîné le président dans une spirale ingérable: «Vous pouvez faire 500 annonces de ce type, il en resterait encore 500.»

Autre argument: «La compétitivité, Christine Lagarde en a parlé il y a deux jours.» Problème: par-rapport à la conférence de presse du président, les propos de la ministre de l'Economie sont passés complètement inaperçus. Quant au rapport Attali, qui doit proposer une libéralisation drastique de l'économie française, le président n'en a pas du tout parlé: «On en parlera quand le rapport sera prêt», conclut Henri Guaino.

Une autre explication est possible: Nicolas Sarkozy n'a pas envie d'endosser le costume de réformateur libéral et pro-patronal que veut lui faire porter la presse internationale. Au risque de passer pour un homme à court d'idées sur les moyens de redresser l'économie française. (photo Keystone)

La crise du «Monde» expliquée aux nuls

Difficile de suivre les soubresauts qui agitent en ce moment la rédaction du «Monde». Actionnaires en embuscades, intervention possible d'un administrateur judiciaire, invectives à peine voilées entre membres de la rédaction... mais si l'on en croit quelques journalistes, le crise se réduirait finalement à une guerre entre partisans et adversaires de l'ancien directeur Jean-Marie Colombani.

Les «colombanistes», qui admettent être minoritaires au sein de la rédaction, se définissent comme réalistes, plutôt sociaux-libéraux et pas opposés à la montée en puissance d'actionnaires extérieurs comme l'espagnol Prisa (ils se méfient, en revanche, de Lagardère, jugé trop proche de Nicolas Sarkozy).

Les «anti-colombanistes», en revanche, tiennent mordicus à la domination des journalistes dans le capital de l'entreprise. Citations de Pierre Bourdieu à la bouche, anti-sarkozysme en bandoulière, ils se méfient des patrons, d'Internet et de Bruno Patino, membre démissionnaire du directoire, considéré comme le fils spirituel et possible successeur de Jean-Marie Colombani.Lemonde_3

Parmi les fidèles de ce dernier, la candidature au poste de directeur d'Eric Fottorino suscite sarcasmes et critiques: «Il n'a pas les épaules pour ce poste, estime une «colombaniste». Depuis qu'il a gagné le prix Femina, il ne rêve que d'entrer à l'académie française.»

02 janvier 2008

Contre les émeutes, militariser le 31

Crs1_3 Combien de voitures brûlées? La question agite la classe politique française après un 31 décembre mouvementé. Le ministère de l'Intérieur annonce 372 véhicules incendiés, l'opposition socialiste craint un bilan beaucoup plus lourd.

Le cœur de Paris a été touché: par exemple, deux épaves calcinées ont été retrouvées au pied de l'église St-Augustin, dans le VIIIème arrondissement. Des touristes ont été pris dans les jets de bouteille et de gaz lacrymogènes qui ont fusé sur les Champs-Elysées. En banlieue, ce fut parfois pire: à Grigny, «quatre personnes qui circulaient dans une voiture avec un sabre et un bidon d'essence ont été interpellées», relate «Le Parisien».

Face à la répétition des troubles, certains experts en appellent à l'armée. Son intervention en cas d'incidents graves sera «une nécessité opérationnelle et citoyenne», estime un stratège cité par la très droitière revue Valeurs Actuelles. Cet auteur, Georges-Henri Bricet des Vallons, préconise l'utilisation de drones (avions sans pilote), de produits chimiques pour «marquer» les émeutiers et de fusils non létaux FN 303.

En 2003, à Genève, une arme de ce type avait fracturé le visage d'une altermondialiste qui manifestait contre l'OMC. Même s'il ne tue pas, le FN 303 peut donc faire mal. Mais il n'est pas sûr que cela suffise à ramener le calme les soirs de Nouvel An.

Le Sarkozy du XIXème siècle

Petite taille, maîtrise des médias et agitation permanente seraient-elles les clés de la réussite en politique? Ces qualités rapprochent en tout cas Nicolas Sarkozy de son prédécesseur Adolphe Thiers, l'un des plus importants dirigeants français du XIXème siècle. L'égocentrisme, aussi: «Tout part de sa personne, tout y revient aboutir», notait un commentateur de l'époque cité par Georges Valance, auteur de «Thiers, bourgeois et révolutionnaire» (Flammarion, 2007).Thiers_2

«Quand M. Thiers parle, aucun autre homme ne peut placer un mot», ajoute un journaliste contemporain. On remarque sa «taille courte et ramassée» (1 mètre 55), ses «tics du bras et du buste», le dévouement de son entourage qui doit «beaucoup écouter, toujours approuver, admirer même le plus possible». Sur le plan sentimental, il peut, relève-t-on, «compromettre une femme par ses assiduités puis, malgré cela, chercher ailleurs des plaisirs faciles».

La ressemblance s'arrête là. A la fin de sa vie, Thiers dut écraser une insurrection d'extrême-gauche (la Commune) et négocier une paix humiliante avec l'Allemagne avant de s'éteindre, toujours député, à 80 ans. Même ses pires adversaires peuvent souhaiter à Nicolas Sarkozy de connaître une fin de carrière plus paisible, et plus précoce.

Sylvain Besson, correspondant du «Temps» en France, vous fait découvrir les coulisses du pouvoir et ses meilleures adresses parisiennes.


mai 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  

Les liens

WWW.BAKCHICH.INFO
Un spécialiste des sujets d’investigation (corruption, financements occultes…) qui nourrit de grosses ambitions de croissance.

WWW.RUE89.COM
Fondé par des anciens de «Libération», il s’est fait connaître par quelques scoops (Cécilia n’a pas voté au second tour…) «oubliés» ou censurés par les grands médias.

WWW.MEDIAPART.FR
Créé par l’ancien rédacteur en chef du «Monde», Edwy Plenel, le site vise à exporter le format «quality paper» sur le web.

WWW.NOUVELOBS.COM
Un des sites d’information les plus réactifs et les mieux achalandés.