Des racines et des hommes. Avant la venue de Renaud en bouquet final dominical de Paléo sur la Grande Scène, il était samedi soir des chanteurs dont les filiations aiment à s'incarner. Si la voie Ridan-Renaud était claire pour son premier album, c'est aujourd'hui vers Brassens et les poètes d'antan qu'elle se tourne au coeur de L'ange de mon démon, disque bercé de mélodies «brasseniennes». Au fil d'«Ulysse», il ressuscite et adapte carrément Du Bellay, poète du XVIe siècle: «Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage». Et c'est soudain la mémoire vive du répertoire de Brassens qui resurgit.
Un Brassens évoqué par JoeyStarr («Le Gorille», censuré sur disque), lui-même cité par Ridan («Quelle chance d'habiter la France», millésime NTM). Le rap francophone n'oublie parfois pas d'où vient sa tradition versifiée. Au même titre que la nouvelle scène chanson paie son tribut aux anciens. A l'image d'un Renan Luce (Photo DR) qui reprend «L'orage» qu'adore également revisiter Aldebert en scène. Toujours Brassens donc. La poésie de Renan Luce, dont le premier album et la chanson-titre prennent pour nom Repenti (suivez mon regard dans le rétroviseur...), s'aventure par ailleurs en concert sur les chemins chagrins de Nougaro («Une petite fille (en pleurs dans une ville en pluie) »). Il fait parfois bon savoir que la mémoire s'entretient de façon vivace. (O.H.)
• Sur Renaud et les filiations, lire «Aire de familles. Les raisons de la colère» (LT du 21.07.07)

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