Mercredi nuit, Paléo a sans doute vécu la soirée la plus inouïe de son histoire trentenaire en terme de densité sonore. C'est la grande scène qui a été le théâtre des prestations étourdissantes, époustouflantes, virevoltantes, tournoyantes d'Arcade Fire et de Björk. La section cuivrée toute féminine et islandaise de la seconde est même venue rajouter une couche aux sarabandes instrumentales et vocales des premiers. La fureur d'Arcade Fire en tapis rouge idéal au concert polyphonique de Björk (Le portrait, «Björk, dans le musée des tribus», LT du 04.05.07 ).
Soudain, de Montréal à Reykjavik, de la Nouvelle Orléans jazz à l'Afrique
syncopée, les deux troupes affolaient successivement les fuseaux horaire. En revanche, question électricité et intensité scénique, la vingtaine de musiciens touche-à-tout composant ce festin global se trouvait sur une
même longueur d'onde. Une onde de chocs et contrechocs, de lignes de fuite en avant et de contrepoints mesurés, de mélodies tourbillonnantes et d'harmonies télescopées, d'acoustique et d'électronique concassées.
En d'autres lieux, peut-être confinés, le public aurait disjoncter. A Nyon, il est au final monté gentiment en pression, a laissé venir les sensations. Avant d'imploser complètement au cours de l'épilogue ahurissant de robotique électronique que Björk lui a ménagé... Après ces deux prestations-là, après tant d'enthousiasme et de folie live, il risque d'être difficile de retrouver pareille adrénaline d'ici dimanche. (O.H. Photo: E. M.)
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