"Tu t'ennuies?" me demande Marcel. "Non, en fait, pas vraiment, c'est bizarrre". "Moi non plus, dit-il, et je n'arrive pas à comprendre pourquoi". Nous sommes assis à une terrasse de café, où il est enfin possible de venir s'installer sans risquer d'attraper une insolation et sans manquer la retransmission d'une étape supplémentaire du Mondial. Nous discutons de choses et d'autres. C'est, comment dire, redevenu comme avant. Avant le 9 juin. Avant la succession des matchs. Avant les conversations monothématiques et les variations sur le cours du jeu.
La finale a lieu dans trois jours au moment où j'écris ces lignes. Trois jours, c'est la période sans compétition la plus longue depuis le 9 juin. Comment expliquer que cet intervalle ne soit pas insupportable, du moins pour ceux qui, comme moi, ont vu presque la totalité des rencontres précédentes. Entre les huitièmes et les quarts, j'ai eu un coup de vague, le sentiment d'un vide. Là, pas du tout. Dimanche arrivera bien assez vite. Trop vite peut-être. Parce qu'après dimanche ce sera fini. Parce que je sais déjà que ce Mondial ne restera pas dans les mémoires comme l'un des plus beaux de l'histoire et que cela ne changera rien au fait que je n'en ai pas perdu une miette. Parce que, d'étape en étape, la situation s'est simplifiée, s'est manichéisée. France ou Italie, rien d'autre.
Une finale fabuleuse, c'est rare. Rare, en ce qui concerne le jeu. Parce qu'elle sera fabuleuse pour ceux qui se reconnaissent dans l'une des deux équipes. Le football a ceci de passionnant qu'il est souvent une fable qui ne correspond pas exactement à son texte, à la qualité de l'événement proprement dit, à la manière dont circule le ballon, aux gestes des joueurs, à la rapidité des courses et des échanges. Mais la finale a un pouvoir d'effacement. Portugal-France, c'était hier. "C'est drôle, je dis à Marcel, je n'ai plus envie de parler de cette demi-finale, j'étais pourtant scotché à l'écran, mais plus envie, tourné vers dimanche..."
"Tu vois, me répond Marcel, on ne parlait plus de foot depuis une heure, et voilà que c'est reparti". (L.W.)
Ben vous oubliez quand meême un peu vite le match de ce sois entre l'Allemagne et le Portugal qui offrira sans doute un beau spectacle!
Rédigé par: flo67 | 08 juillet 2006 à 14:57