Je ne boude pas mon plaisir. Mais en attendant le début du match Portugal-Angleterre, je ne peux pas m'empêcher de faire part de quelques doutes. Huit ans après l'affaire Festina, huit ans après le Mondial français, le cyclisme est une fois de plus plongé dans la catastrophe. Seule différence, peut-être, cette fois-ci, Manolo Saiz, le Fantomas du cyclisme espagnol, qui se moquait alors des efforts faits par les instances politiques et sportives françaises, est le principal accusé, on n'ose pas encore dire le coupable. La décision prise par les équipes de mettre en congé les favoris du Tour de France est tout simplement raisonnable, et conforme aux accords signés. On ne peut pas dire qu'ils aient pris les devants, mais c'est chose faite.
La première réflexion qui vient à l'esprit est que la leçon de l'affaire Festina n'a pas servi puisqu'on en est là aujourd'hui. La seconde est que des procédures existent désormais dans le cyclisme qui empêchent les tricheurs de sévir en permanence, surtout quand ils sont pris la main dans le sac (de sang congelé par exemple). La troisième est que la mélancolie de professionnels du vélo est justifiée. Leur profession est montrée du doigt alors que, depuis maintenant au moins huit ans, la lutte contre le dopage, la course poursuite entre les gendarmes de la santé et les voleurs de résultats est nettement plus équilibrée qu'au départ. Ils disent, à juste titre, le vélo n'est pas le seul sport gangréné par le dopage.

On les croit volontier. Et c'est ce qui nous ramène au sujet de ce blog, le Mondial de foot, et à une autre compétition en cours, le tournois de Wimbledon. Les instances internationales du football ont longtemps traîné les pieds pour appliquer des contrôles équivalents à ceux que pratique le vélo. Sous le prétexte que le dopage ne servirait à rien dans un sport collectif. Cette année, en Allemagne, il paraît que tout a été fait tip top en ordre et que c'est clean et compagnie.
On veut bien le croire, mais on se force. La seule chose qui rassure, c'est que les joueurs ont l'air épuisés avant le coup de sifflet final, quand ils ont bataillé par canicule. Et la chose qui inquiète, c'est que des joueurs qui sont impliqués dans une sombre histoire de matchs truqués et de paris plus ou moins clandestins se qualifient en demi-finale. Avec des commentateurs qui saluent leur «formidable réaction dans l'adversité et leur solidarité retrouvée». Face à quoi? Face à la justice. Quant au tennis, c'est la boîte noire, ou plutôt la chemisette immaculée couvrant des muscles extraordinaires. Vive le vélo!
Passons à autre chose. Portugal-Angleterre commence. Je vous quitte. (L.W.)
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