La
séance des tirs au but, c'est ce qu'il y a de pire pour perdre
un match. Mais c'est un instant d'égalité devant
l'imprévisible. Cela se joue à un rien, comme on dit
quand on veut dire quelque chose. Pourquoi Chevtchenko échoue-t-il?
Allez savoir. Et nos trois Suisses qui n'ont rien de primitif? On
n'est pas en Formule 1, avec les paramètres des moteurs et la
précision de l'aérodynamique. Le joueur de football est
non paramétrable pendant la séance des tirs aux buts
A
chaque fois, je pense à ce poème écrit à la fin du XIXe siècle par Stéphane Mallarmé: "Un coup de dés jamais n'abolira le hasard".
Je
le massacre (qu'il m'en excuse) à la manière d'une
rengaine. Je l'adapte aux circonstances: "Un coup de pied jamais
n'abolira le hasard".
Les entraîneurs sont d'accord. On aura beau se préparer, répéter la séance des tirs un jour avant le début d'un match, rien ne permet de prévoir ce qui va se passer. Ou plutôt si, une équipe gagnera, une autre perdra, sans qu'on sache exactement pourquoi, sinon que la perdante aurait mieux fait de gagner pendant le temps réglementaire.
"Les pénaltoches, dis-donc, c'est un coup de dés", m'a jeté mon copain Marcel pendant que les deux équipes couraient (c'est beaucoup dire) en vain (c'est sûr), et que les aiguilles du chronomètre tournaient inlassablement (ce n'étaient pas des aiguilles, mais il ne faut pas pinailler, la situation est tragique). Arrive la séance. "Autant tirer au sort que tirer au but", me dit Marcel qui commence à fatiguer. "Tu charries, je lui réponds, si on tire au sort les perdants n'auront eu aucune chance de gagner, alors qu'avec les tirs ils savent pourquoi ils ont perdu". "Ah bon", me répond Marcel avec une expression d'incompréhension sur le visage. "Tu sais ce que c'est, je continue, personne n'aime les événements sans cause. On cherche toujours des raisons, et naturellement des coupables".
Marcel
s'échauffe: "Tu veux des coupables?" Je rétorque:
"Ce n'est pas moi qui veut des coupables, mais je dis: on, on
veut; tu vas voir, on va les chercher." Marcel: "Nos gars
ne sont pas coupables, quand même!" Moi: "Je n'ai pas
dit: ils sont coupables. J'ai dit on cherche des coupables. En
général, on a envie de s
avoir le pourquoi du comment.
Pourquoi la montagne s'est écroulée. Pourquoi les
consignes de sécurité étaient inefficaces. On
fait des enquêtes, des procès, et tout... Les compagnies
d'assurance, par exemple." Marcel m'interrompt: "Tu ne vas
pas prétendre que les équipes du Mondial ont pris des
assurances anti-échec-aux-tirs-au-but." Prudent, je lui
dis: "Je n'en sais rien, mieux vaut penser à Mallarmé,
et au début du poème":
"un
coup de dés jamais / quand bien même lancé dans
des circonstances / éternelles / du fond d'un
naufrage............"
(L.W.)
Cher blogueur,
Tu affirmes qu'une équipe «aura beau se préparer, répéter la séance des tirs un jour avant le début d'un match, rien ne permet de prévoir ce qui va se passer».
Certes, mais j'ajouterais que lorsqu'une équipe telle que la Suisse, qui au regard de la fin du match Suisse-Ukraine, est incapable de marquer un penalty sur trois, l'échec est bel et bien prévisible.
Rédigé par: Sepp Blatter | 27 juin 2006 à 23:37
Mais sepp,
comment prévoir A L'AVANCE que ton équipe va rater les trois pénaltys????????????
facile à dire après coup, et va réviser tes maths!!!
Sinon, bravo à Chovkovsky qui part du bon côté à chaque fois!
Rédigé par: l'as de l'espace | 28 juin 2006 à 00:55
1) quand la seule tactique c'est la défense (c'est vrai qu'il y a Frei), "le catenacio" n'a-t-il pas ete inventé par un suisse??? il ne faut pas s'étonner de finir aux penaltys
2) ou est l'arrogance des mes amis du temps ce matin? la gueule de bois est difficile? rien a dire sur la France? ou trop justement!
Rédigé par: Diego | 28 juin 2006 à 10:40
Ils sont plus concetré sur le tennis en ce momment, etonnant non ? ;))
Rédigé par: Lacs | 28 juin 2006 à 11:29
La suisse a les yeux rivés sur la France qu'elle adore, elle vit à travers elle ses plus beaux jours, s'enthousiasme pour les gestes magnifiques de Zidane, et oublie qu'elle a une équipe de foot.
Nous sommes en 98, nous sommes tous pour la France (ou contre le Brésil). Le vent change, et aujourd'hui nous av(i)ons nos chances... Subir l'enthousiasme (et le chauvinisme) des médias français qui nous inondent (ou que l'on lit/regarde/consomme avec délectation, c'est selon) pendant de trop longues années nous a aigris, c'est sûr.
Il eût été plus malin d'être plus malin, justement, et de ne pas reproduire ce populisme à deux balles qui caractérise TF1 et l'Equipe (un peu moins). Mais voilà, nous sommes tombés dans des travers peu respectables, nos médias ont fait vibrer la fibre patriotique, et la bile accumulée pendant si longtemps a rejailli!
Bravo à la France qui sera toujours la plus grande, et à la Suisse qui s'est vue un peu plus grande qu'elle n'était!
Hop France!
Rédigé par: roger Federer | 28 juin 2006 à 16:27
Cher Roger Federer,
Vous seriez pas en train de nous faire un complexe, par exemple ? C'est idiot surtout quand on s'appelle Federer...
Rédigé par: stephane73 | 28 juin 2006 à 23:44