Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai comme un coup de moins bien. L'expression est jolie. Un coup de moins bien signifie qu'on était mieux, pas mal, assez confortable en définitive. Et qu'une petite lassitude passagère s'installe. Serait-ce l'accumulation de l'effort devant l'écran de télévision? Les yeux troublés par les 36 premiers matchs joués à cette heure, dont la majorité m'a permis d'entendre le bruit du décapsulage? Ou les commentaires quelques fois suprenants de hargne que je lis sur ce blog?
C'est peut-être ça. Dites-donc, les gars (c'est surtout des gars si j'en crois les signatures), est-ce impossible de considérer le jeu avec un brin de légéreté? On peut être déçu, légèrement, du parcours de l'équipe de France sans en faire un drame. On peut trouver les Brésiliens à 60% de leurs capacités sans aller se noyer dans la Baie de Guanabara. On peut se réjouir que la Suisse s'en tire plutôt bien sans penser que son jeu atteint maintenant des altitudes comparables à celle du Cervin.
Je vais vous faire un aveu que j'avais jusqu'ici remis à plus tard. Je n'ai aucune crainte en ce qui concerne les huitièmes de finales. Je sais déjà qu'au moins une de mes équipes préférées sera encore dans la compétition. Car j'ai pris mes précautions. Sans que cela ait quelque rapport que ce soit avec le Mondial de football. Figurez-vous que je suis pratiquement tri-national: Suisse à l'origine et encore aujourd'hui, Français parce que je vis à Paris depuis 38 ans et que je le suis devenu, et pour ainsi dire Brésilien car j'ai épousé le Brésil en épousant mon épouse. Reconnaissez que ça laisse quelques espoirs, et permet de s'adapter au gré des circonstances, même si l'Argentine m'inquiète, ainsi que l'Allemagne (depuis le match de mardi contre l'Equateur), peut-être d'autres.
Un Mondial, ça dure un mois, et c'est comme une symphonie. D'abord une entrée en matière, franche et claire comme les cymbales. Il faut réveiller le spectateur qui s'était assoupi en attendant le lever de rideau.
Ensuite un deuxième mouvement, plus calme, plus reposant.Avec les premières qualifications pour la suite. Le profil des favoris qui se précise. On y est. Et ensuite, le mouvement final. Les éliminations directes. Alors là, on peut espérer du tonitruant, de la surprise, du ballon relâché sur la ligne, des prolongations dramatiques. Pour l'instant le mouvement lent peut énerver. Mais tout va se précipiter.
Alors, amis du blog, gardons notre énergie. Pas de gestes intempestifs devant la télévision. Attention à l'épicondilite provoquée par de trop nombreux lever de coude. Au torticoli produit par un coussin mal placé derrière la nuque. Il faut conserver des forces pour l'essentiel, en espérant, du moins en ce qui me concerne, que mes trois équipes favorites resteront dans la course le plus longtemps possible. (L.W.)
Message à caractère informatif: je suis francais, j'aime la Suisse et je considère le foot à sa juste valeur: comme un jeu. Et des comme moi y'en a plein. Rassurez vous les autres sont certainement des cas isolés. Enfin tout cela aura eu au moins un effet positif: les français on put découvrir qu'il existait ailleurs qu'en france des journaux qu'ils étaient capables de lire et qu'écrire dans leur langue ne signifiait pas forcément les brosser dans le sens du poil. merci.
Rédigé par: benj | 21 juin 2006 à 17:43