Tous les quatre ans, depuis 1998, c'est la même chose. Il y a le Mondial, c'est entendu. Et avec le Mondial, on s'émerveille. La mixité, l'égalité, tout ça. «Le Temps» a fait fort dans son supplément du jour: «Paroles de femmes». Sur deux pages, rien que ça. «Paris Match» aussi, avec ses photos de supporters qui sont des supportrices. Et «Elle» naturellement. Et tous les autres. Tous les journaux. Et la télévision, qui s'attarde de préférence dans les tribunes sur les jeunes femmes fraîches et décorées aux couleurs de leur pays, si possible en tenue légère comme la horde de sambistes le nombril à l'air qui suivent la Seleçaõ brésilienne dans tous ses déplacements. Quand les réalisateurs et les cadreurs sont en majorité des hommes, le machisme décoratif reste de rigueur. Mais, signe d'un progrès irréversible, il n'y a plus seulement les jeunes femmes taille mannequin qui aiment le foot. Désormais, on trouve des sages (l'avantage du mot sage est qu'il est masculin et féminin à la fois), des arbitres qui partagent avec les sages la double désignation du genre des députées, des entrepreneuses, des journalistes (tiens, c'est comme les sages et les arbitres) et même des sociologues. Plus personne n'osera dire que le football est un sport d'homme, à part Thierry Rolland, ancien de TF1 qui officie maintenant sur M6
– dont on avoue ne pas l'avoir entendu depuis longtemps dériver sur la pente fatale, lui qui s'étonnait (c'est un euphémisme) il y quelques années de voir débouler des commentatrices derrière des micros autrefois réservés aux commentateurs. Le foot est donc mixte, sauf sur le terrain. Quoique cette mixité ressemble au fameux paté d'alouettes: beaucoup de chevaux, et quelques gentilles alouettes.
Preuve de cette évolution historique, ce portrait d'une footballeuse dont le short est néanmoins un peu trop long pour réaliser une roulette mais qui possède tous les atouts pour éviter un petit pont. (L.W.)
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