Finalement, ce résultat, est-il: excellent, bon, moyen, mauvais,catastrophique? Et la qualité du jeu, fut-elle: excellente, bonne, moyenne, mauvaise, catastrophique? Etes-vous: contents, rassurés, déçus, désespérés? Avez-vous été klaxonner dans la rue mardi soir: pour ce match nul ou contre ce match nul? Ceux qui ne sont pas allé klaxonner étaient-ils: fâchés, contents, fatigués? Sont-ils allés se coucher tôt, ou simplement, vu l'heure et la fin du stock de chips, sont-ils allés manger un morceau pour oublier le match France-Suisse?
Avez-vous remarqué, comme moi, à quel point on se souvient mal, après le coup de sifflet final, de ce qu'on pensait et de ce qu'on disait avant le coup d'envoi? Le match, surtout quand l'enjeu affectif et sportif est fort, fonctionne comme un trou d'air au cours d'un voyage en avion, 90 minutes de trou d'air, et dans le cas de mardi soir, 90 minutes qui en paraissent au moins le double, tant il a fallu rester sur la note constante d'une situation bloquée.
Quand une des deux équipes marque, cela fait exploser de joie ses supporters, qui se disent, au fond, qu'avec un but d'avance il y en a au moins deux qui les séparent de la défaite puisque si les leurs en encaissent un ce sera de nouveau match nul. Mais pour les supporters de l'équipe qui reçoit le but, c'est aussi une détente, pénible peut-être, mais une détente, un flash de respiration, un tout petit peu d'oxygène. Grâce auquel on peut encore attendre et espérer.
La dépense d'énergie du spectateur n'obéit pas strictement aux lois de la victoire et de la défaite. Un zéro-zéro comme celui de mardi est gros consommateur d'énergie parce qu'il n'offre aucun moment de relâchement ("bon dieu, ils vont marquer, ou quoi"), parce qu'il ne permet pas de conclure (et de crier: "nous sommes les plus fort", ou "bon les carottes sont cuites"), et parce qu'il se prolonge ensuite dans la palabre et la mauvaise foi ("je te l'avais bien dit", "t'as vu cet arbitre", "il aurait jamais dû mettre Untel en attaque"). Une défaite est pénible pour ceux qui la redoutent, mais elle est moins pénible par quatre à zéro que par deux à un.
Finalement, je vais vous le dire. Je crois que beaucoup de commentateurs, professionnels ou amateurs, ont prétendu mercredi que ce zéro-zéro n'était pas un si mauvais résultat que ça, pas une victoire, mais quand même, peut-être, pourquoi par, une sorte de victoire (sur qui, en tout cas pas sur l'adversaire), parce qu'ils ne pouvaient pas supporter plus longtemps l'apnée du zéro-zéro. L'amusant, c'est qu'il y avait autant de gens pour considérer que ce zéro-zéro n'en était pas un côté Suisse et côté France. Surtout si, mardi à 18 h, ils étaient tous sûrs de la victoire. (L.W.)

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