Pour un bi-national, franco-suisse, la vie sourit, ce soir. Mes deux pays sont qualifiés. Enfin, il était temps, leurs deux destins se séparent. Il y en avait assez, depuis la phase qualificative de ce Mondial, de devoir affronter les sarcasmes des supporters des deux camps. A Genève: «Ah-ah-ah!» A Paris: «Hi-hi-hi!» Basta! Nous, moi, les Suisses, les Français, nous sommes qualifiés pour les huitièmes de finales.
Vendredi soir, j'étais à Paris devant la télévision. Sur TF1, que la TSR m'excuse. Avec une cohorte de fanatiques prêts à maudire chacun des bleus quand ils manquaient un tir ou une passe. Grâce à un ravitaillement approprié, et surtout grâce à deux buts qui permettaient à la France de se qualifier sans rien devoir à personne, l'atmosphère est devenue limpide, quoique chargée de vapeurs diverses, plus on s'approchait du coup de sifflet final. Croyez-le ou non, dans cette ville qui est une belle indifférente, j'ai entendu comme un frisson, une petite ébauche de mouvement d'humeur, et une vague de klaxon, à la fin, venant du boulevard Diderot, juste devant la gare de Lyon.
Interviewé sur Canal+, Raymond Domenech, le décrié, eut cette phrase historique concernant Patrick Viera, lui même décrié depuis le début du Mondial, passeur et marqueur contre le Togo, et hyper-actif ce soir en récupération comme en soutien de l'attaque: «Il a fait débat ces jours-ci, il a fait des hauts aujourd'hui, c'est comme ça». Si tous les joueurs français font des hauts lors du prochain match, l'Espagne n'a qu'à bien se tenir, d'autant que, chacun le sait, les Espagnols en premier lieu, le Mondial n'a jamais été tendre avec les joueurs d'un pays qui compte quelques uns des meilleurs clubs du monde.
Voilà une bonne chose de réalisée. La semaine prochaine, quand j'arriverai à Genève, je n'aurai plus à affronter une avalanche de sarcasmes.La Suisse s'est qualifiés,
cela met de la bonne humeur. A la rédaction du Temps, dans les bars que je traverse en buvant de l'eau minérale, seulement de l'eau minérale. Et chez les amis, qui me disaient depuis des semaines: «Tu as vu les Français, la tasse!» Je ne répondais rien, attendant mon heure. J'ai cru attendre une éternité, surtout après le match France-Suisse, ce match de mauvais souvenir, avec ses joueurs aux chevilles nouées par l'angoisse.
Tout est bien qui finit bien, comme disait le capitaine Haddock. A moins que. A moins que. La Suisse et la France ne fassent le parcours parfait maintenant que nous entrons dans le matchs avec éliminations directes, et se retrouvent… Je rêve, je me pince, je n'y crois pas… A moins que la Suisse et la France ne se retrouvent en finale. Ah-ah-ah! Hi-hi-hi! (L.W.)
Il faut revoir vos prévisions stratégiques. Si la Suisse évolue et avance, la France est en train de couler... et puis aussi vos règles d'orthographe, mais ça c'est dans le domaine du possible!
Rédigé par: Lea | 25 juin 2006 à 00:06
Sympa cet article.
Rédigé par: jacquot | 25 juin 2006 à 03:22