Le quotidien Le Monde publie dans son édition du mercredi 21 juin un billet d'humeur consacré à l'impopularité du Premier ministre français, Dominique de Villepin, comparée à celle de Raymond Domenech, sélectionneur de l'équipe de France. Le titre de ce billet signé Jean-Michel Normand est une trouvaille: «Les malheurs de Domenech de Villepin» (article réservé aux abonnés du Monde.fr).
Le sélectionneur, dont la famille a quitté l'Espagne à l'époque de la guerre civile, a la réputation d'avoir le coeur qui penche à gauche. Il doit être surpris de se trouver soudain en compagnie d'un artistocrate épris de Napoléon, de poésie lyrique, et de Jacques Chirac, qu'il sert avec plus ou moins de bonheur depuis de nombreuses années (c'est lui qui a eu l'idée foudroyante de recommander au président de la République de dissoudre l'Assemblé nationale en 1997, ce qui a ramené la gauche au gouvernement).
Voici deux hommes, dont dépendrait la grandeur de la France (bien que dans des domaines différents), deux hommes dont l'impopularité atteint des sommets, ou plutôt des abîmes. Et qui ont en commun, Jean-Michel Normand le souligne, d'être persuadé d'avoir raison même quand tout le monde ou presque, y compris dans leur entourage, leur donne tort. En plus d'un goût reconnu pour les activités culturelles – l'un écrit, l'autre a fait du théâtre.
Dominique de Villepin a souvent laissé entendre, dans ses livres et dans ses confidences, qu'un homme politique se forge dans l'adversité. Il est vrai que ne s'étant jamais présenté à une élection, fût-ce dans un arrondissement parisien, il lui faut fonder sa légitimité sur autre chose que l'approbation populaire. C'est donc contre l'opinion, contre l'avis d'une grande partie des députés de sa majorité, contre les nombreux donneurs de conseils qui arpentent les couloirs du pouvoir, qu'il est ce qu'il estime être, c'est-à-dire encore Premier ministre, malgré les affaires, malgré l'échec de son Contrat de Première Embauche, malgré des promesses non tenues (comme de ne jamais changer le droit du travail sans consulter les syndicats, ce qu'il a fait au moins deux fois), malgré une dette publique qui continue d'augmenter, etc. La finale de la coupe de France politique est fixé au printemps 2007. Convaincu qu'il faut faire la preuve par l'épreuve, Dominique de Villepin espère secrètement que «rira bien qui rira le dernier» et qu'il sera celui-là.
De son côté, Raymond Domenech entretient avec le presse et avec la plupart des experts de l'expertise footballistique des relations aussi tendues. J'ai assisté deux fois à des conférences de presse qu'il donnait dans une salle située au sous-sol du siège de la Fédération Française de Football. Il s'agissait, avant les deux matchs de qualification au Mondial contre la Suisse, de présenter la sélection française. J'ai eu l'impression de tomber dans un réfrigérateur malgré une salle surchauffée.
Généralement, les relations entre les journalistes sportifs et les dirigeants, dans tous les sports, sont plutôt cordiales. C'est un milieu chaleureux, direct, amical (le plus souvent), et même quelques fois complice – c'est ce qui explique que, dans des sports comme le vélo, les journalistes spécialisés ont paru être les derniers à se convaincre de l'étendue des ravages du dopage. Dans ce cas, rien de tout cela. Une présentation expédiée en dix minutes. Quelques questions dont les réponses sont expédiées encore plus vite. Bonsoir Mesdames et Messieurs, je donne cinq minutes aux radios et aux télévisions pour faire du son et de l'image. Fin.
A l'approche du Mondial, Raymond Domenech a fait des efforts et accepté des entretiens de longue durée. Mais c'était après le couac de la présentation détaillée de la sélection du Mondial, confiée à un réseau de téléphones portables sponsor de la Fédération. Depuis, il est redevenu un sphinx, et continue de présenter le 9 juillet comme son unique objectif. Car, rira bien qui rira le dernier si la France est en finale. Et le phénoménal retournement d'opinion qui a bénéficié à Aimé Jacquet en 1998 pourrait ainsi lui sourire. En attendant, il faudra gagner vendredi contre le Togo, pour gagner ensuite contre une opinion bigrement défavorable. En cas défaite, tout le monde se mettra d'accord et la France pleurera en choeur, car la maxime peut se retourner: pleurera bien qui pleurera le dernier. (L.W.)
Le problème de Domenech, c'est que ses choix tactiques sont tout simplement incompréhensibles!Sortir sont capitaine et qui plus est Zidane à 2min de la fin d'un match relève de la crétinerie caractérisée. Que les relations soient tendues avec les médias bon ok, mais visiblement les relations ne sont guères meilleures avec ses joueurs et là c'est franchement plus grave. Jaquet était un grand tacticien, ou technicien, la France a bénéficiée de beaucoup de circonstances favorables en 98, et je reste convaincu que cette finale à Paris a quelque chose de louche, ces Brésiliens qui jouaient à 2 km/h j'y crois toujours pas.
Rédigé par: cedo | 23 juin 2006 à 09:04