Ce sont ses enfants qui jouent. Les réalisateurs tv l'ont compris. Quand l'Argentine est sur le terrain, quand elle sort des ailes de gala comme face à la Serbie-Monténégro, quand elle besogne comme hier contre les Pays-Bas, il y a toujours un moment où on voit un gamin en gros plan, un extasié qui fait tournoyer dans une main un maillot azur et blanc, un revenu de l'enfer qui a tout oublié d'une vie où il n'était plus lui-même. Diego Maradona est là, il veille sur ses petits frères, et cette présence-là me touche.
Il y a quelques années, l'enfant de Boca Juniors, le petit prince de Naples entre 1984 et 1991, fréquentait des hâvres de tristesse. Inutile de s'appesantir: 124 kilos - il en ferait aujourd'hui 76 - une déprime soignée à coups de stupéfiants divers, une inaptitude à trouver sa placer sur le terrain de la vie, des tentations suicidaires... Mais à 45 ans, Diego est redevenu l'enfant de Boca, le prodige dont l'avènement était annoncé dès le milieu des années 70. Gamin, c'était déjà le messie du ballon rond, il avait été repéré, il était attendu, on l'imaginait déjà briller au Mundial 1978, à Buenos Aires, à domicile, mais le poupon avait le pied encore tendre.
Aujourd'hui, Diego a renoué avec la joie, dans la tribune il danse, il communie avec Crespo, Saviola et Lionel Messi surtout, 18 ans, son frère footballistique, un qui a failli ne pas grandir à cause d'un problème hormonal, il fait 1 mètre 65 d'ailleurs, Diego mesure 1 mètre 70. Lionel Messi, c'est le nouveau Maradona, jurent nos camarades d'Argentine. Le héros, lui, se moque de la pompe. Comparez d'ailleurs sa danse au hiératisme cravaté du grand Franz Beckenbauer! Et puisqu'il est permis ici de rêver - et le foot, c'est cela, une chimère qu'on fabrique à plusieurs - parions que le 9 juillet un enfant frisé se mêlera à la transe des siens, l'Argentine au zénith.
A.Df
cher Alexandre,
je lis avec retard ton blog sur Maradona, et je ne peux que te remercier de cette belle vision de Diego comme enfant. Non seulement il dégage depuis les tribunes cet enthousiasme juvénile qui devrait toujours être celui du spectateur de football (à opposer non seulement à la raideur du Kaiser, mais aussi à l'apathie de Platini et au sourire «politiquement correct» de Pelé), mais son maillot frappé du coq sportif réveille toujours le souvenir de notre enfance et de ses exploits au Mexique.
Amitiés, et je me joins à ta prédiction pour le 9 juillet.
Rédigé par: Laurent Darbellay | 24 juin 2006 à 16:02
maradona ce magicien du foot reste le meilleur joueur de tout les temps
Rédigé par: maradona | 24 juillet 2009 à 01:06