Dernier jour de la campagne électorale. Une campagne marquée au signe de la polémique et de l’incertitude, mais aussi au signe de la violence. Depuis 45 jours, dans la presse, nous parviennent les nouvelles d’agressions armées sur les caravanes du candidat X ou du candidat Y. La lutte a été âpre. A partir de minuit aujourd’hui toutes les propagandes sont interdites. C’est la dernière ligne droite, le dernier baroud. Pendant que j’écris cela, un camion passe dans ma rue, ses hauts parleurs géants appellent les citoyens à voter le candidat X… et la musique ne manque pas au programme. Dans tous les moments de son existence, le peuple haïtien a besoin de musique pour vibrer, donnez-lui de la musique et il oublie ses peines pour un moment. Ce soir le camion offre du reggae. Jah Nesta, notre rasta national, chante : « solda Jah, twonpèt la sonnen ! Solda Jah, se jodi a, pa demen ! ». Pendant que sous mes yeux, à la télé, toutes les chaines locales distribuent des images des campagnes électorales des candidats à travers le pays. Pourtant, à un peu moins de 48 heures des élections présidentielles et parlementaires, je ne sais pas à quel citoyen ou citoyenne de ce pays donner ma confiance, confier mes espoirs… Mais un mot circule, il faut voter contre la continuité, contre la continuation de pratiques qui nous ont menés au chaos, qui maintiennent le peuple haïtien dans la misère abjecte…
Un candidat donne une conférence de presse, il demande au peuple d’aller voter en masse… parce qu’il sait de bonne source que dès demain, les armes vont semer la panique dans tous les départements du pays pour effrayer la population et l’empêcher d’aller remplir son devoir citoyen. Il encourage le peuple à ne pas se laisser intimider. Facile à dire.




>
>
>