Sa cuisine est ludique, gaie, mais aussi pleine de saveurs et
d’accords inédits très intéressants (purée de pomme de terre
ratte-pastis, par exemple. Denis Martin met le pastis en bille, mais à
mon avis, pour faire simple à la maison, quelques gouttes du breuvage
provencal d’Henri Bardouin sur une purée doivent très bien le faire).
Les cuissons sont parfaites. Denis Martin est un adepte des cuissons
extrêmement courtes, à l’asiatique (il cuit par exemple ses gambas en
les plongeant deux secondes dans l’eau bouillante), et il utilise
beaucoup le micro-ondes (autre surprise pour moi qui ai un rapport
assez lointain avec cet engin dont je me méfie toujours un peu sans
vraiment savoir pourquoi).
Le menu alterne la surprise, la flamboyance et le spectaculaire
(shampoings mousseux, volutes d’azote liquide sur des cigares aux
épices) avec des mets où le goût prime sur le visuel: les gambas au
gingembre, cacahuètes et huile de coriandre, la Saint-Jacques au yaourt
et camomille, la langoustine au lait de livèche et kafir.
Il nous a donné ses recettes de thon au chocolat blanc et piments
thaï, d’éponge de terre, de shampoing citrique à l’orgeat et de son
pigeon voyageur. C’est la minute d’auto-pub: on peut toutes les lire ici, ainsi que le volet scientifique.
Nous avons en effet partagé le repas avec Marc Heyraud, professeur
associé à l’Université de Neuchâtel, proche du physico-chimiste
français Hervé This, et créateur d’une formation continue en gastronomie moléculaire. Il a pu nous expliquer les coulisses moléculaires des plats et c’est passionnant.
On sort aussi de chez Denis Martin avec plein d’idées à tester. Par
exemple, son jaune d’oeuf à -196 degrés et cigare aux épices. Je vais
m’en inspirer pour essayer de faire un oeuf cocotte cuit à basse
température (65 degrés) avec des mouillettes de pain d’épice grillées.
Je teste et si ça fonctionne la recette suivra.
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