Un rapport qui vient d'être publié par le Special Inspector General for
Afghanistan Reconstruction (SIGAR) a de quoi mettre dans l'embarras les autorités américaines. Le document laisse entendre que le Pentagone, incapable de contrôler l'origine du pétrole qu'il achète en Afghanistan pour soutenir les forces de sécurité afghane, a peut-être acheté du pétrole iranien (photo: le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à la raffinerie de pétrole d'Abadan/Amir Pourmand/AFP) sans le savoir. Un comble quand on sait que c'est Washington qui s'est activé auprès de l'ONU pour imposer les plus dures sanctions jamais imposées au régime des mollahs en décrétant un embargo sur les exportations d'or noir iranien.
Depuis 2007, le Pentagone a acheté et délivré pour 1,1 milliards de dollars de carburant pour la seule armée afghane. L'inspecteur spécial, le général John F. Sopko a fait la déclaration suivante à The Cable: "Il est essentiel que le Département de la défense continue d'effectuer des contrôles stricts du processus d'approvisionnement de carburants afin de s'assurer que l'argent des contribuables ne soient pas utilisé en violation des sanctions contre l'Iran."
Hillary Clinton passe ce vendredi 1er février son dernier jour à Foggy Bottom en qualité de secrétaire d'Etat. Après quatre ans de loyaux services dans l'administration de Barack Obama avec lequel elle est devenue amie, après plus de 112 pays visités et plus de 1,6 million de kilomètres parcourus en avion à travers le globe, la patronne de la diplomatie américaine tire sa révérence.
La semaine dernière, elle a encore donné un aperçu de son tempérament et de sa passion qui ne semble pas avoir diminué avec le temps. Lors d'auditions devant le Sénat au sujet de la tragédie de Benghazi, où quatre Américains furent tués par des islamistes, elle n'a pas laissé les républicains l'enfermer dans une logique politicienne. Dimanche soir dernier, elle a participé à une interview avec le président Obama, une première, dans l'émission 60 Minutes de CBS.
Le Washington Post diffuse une vidéo qui retrace une partie de son parcours, ses débuts comme First Lady, sa réforme de la Santé en 1993, son discours mémorable de Pékin sur le droit des femmes en 1995 ou encore les primaires démocrates de 2008 face à Barack Obama.
José Antonio Vargas (photo prise lors de la prestation de serment de Janet Napolitano devant le Sénat/Chip Somodevilla/Getty Images/AFP) était assis au premier rang lorsque le président Barack Obama a présenté son plan de réforme de l'immigration à Las Vegas mardi. Derrière lui, Janet Napolitano, la patronne du Département de la sécurité intérieure (Homeland Security), ministre responsable des expulsions d'immigrants illégaux. Or José Antonio Vargas est un sans-papier. Le jeune Vargas, 32 ans, avait 12 ans en 1993 quand sa mère l'envoya des Philippines où il est né aux Etats-Unis pour vivre avec ses grands-parents. C'était l'espoir, selon elle, qu'il vive une meilleure vie.
Le jeune Vargas s'adapte vite à son nouvel environnement. Il obtiendra d'excellents résultats au collège, puis à l'université. Il effectuera plusieurs stages journalistiques au New York Times, New Yorker, Politico et au Washington Post. Au sein du quotidien de la capitale, il obtiendra, en équipe, le Prix Pulitzer du journalisme pour la couverture de la fusillade du Virginia Tech en 2007. Mardi, Barack Obama a répondu aux attentes de José Antonio Vargas, même si ce dernier l'avoue: il ne comprend pas pourquoi les frontières doivent être encore davantage renforcées. Les passages de clandestins ont atteint l'un de leurs plus bas niveaux depuis des années.
Quand il a décidé de faire son "coming-out" en tant que sans-papier, il a fait la une de Time Magazine et l'objet d'articles dans la presse américaine. Il a lui-même décrit son cas dans le New York Times et créé un site internet, Define Americans.
Avec plusieurs jeunes sans-papier, il explique les enjeux de la réforme de l'immigration:
Shirley Chambers avait un fils Carlos, 18 ans. Il fut tué par une arme à feu par un jeune de son collège en 1995. Elle avait aussi un fils dénommé Jerome et une fille Latoya. Tous deux ont été abattus par balles en 2000 à quelques mois de distance. Samedi dernier, dans les rues de Chicago, c'est le dernier enfant de Shirley Chambers, Ronnie, 34 ans, qui a succombé à une fusillade.
Voici le témoignage de sa mère, Shirley, dévastée:
Ronnie Chambers était connu sous le nom de Scooby à Chicago et passa sur une émission de télévision, The Ricki Lake Show. Il y prodigua des conseils aux jeunes pour rester à distance des gangs qui minent la ville de Chicago. Selon la police, près de 600 gangs, pour la plupart petits, ont proliféré dans la ville de l'Illinois. Arrêté 29 fois par la police, Ronnie Chambers avait été condamné pour la dernière fois en 2005. Il s'était distancié de ce milieu et se consacrait à la musique et au rap.
Au cours de la dernière année, Chicago a dénombré près de 500 morts par armes à feu. C'est beaucoup plus que les années précédentes, mais c'est beaucoup moins qu'au milieu des années 1990 quand 900 personnes étaient abattus par des armes à feu dans la ville de Barack Obama.
La dernière apparition de Ronnie Chambers à la télévision:
L'interview double du président Barack Obama et de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton sur CBS lors de l'émission 60 Minutes n'en finit pas de susciter des réactions des médias conservateurs. Sur Fox News, les commentateurs en sont convaincus. CBS est une "télévision d'Etat" et ne fait que relayer le message de la Maison-Blanche. Ils continuent par ailleurs à alimenter la théorie du complot quant à la commotion cérébrale qu'a subie Hillary Clinton en tombant à la suite d'un évanouissement.
Le milliardaire Donald Trump, qui considère Hillary Clinton comme une amie, a tenté de contourner la difficulté de critiquer la secrétaire d'Etat et le président en s'en prenant à CBS et au journaliste qui a interviewé les deux personnalités en pointe de l'administration démocrate.
Voici l'avis des commentateurs de Fox News et de Donald Trump:
En 2008, c'eût été un événement impensable. Barack Obama, 51 ans et Hillary Clinton, 65 ans étaient de féroces adversaires lors des primaires démocrates. La bataille fut si disputée que beaucoup ne voyaient jamais les deux démocrates se réconcilier. Or Barack Obama, qui finira par remporter l'élection présidentielle, surprendra d'emblée en choisissant son ancienne rivale pour devenir secrétaire d'Etat.
Dimanche soir, sur l'émission phare de CBS "60 Minutes", Barack Obama et Hillary Clinton ont montré le chemin qui a été parcouru depuis. Les deux personnalités phares de l'administration démocrate ont accordé à Steve Kroft de CBS une interview conjointe, une première. Le président américain a d'emblée justifié la démarche: remercier en public l'un des secrétaires d'Etat les meilleures qu'ait connus l'Amérique. Hillary Clinton, pour sa part, a répliqué au journaliste qu'il n'était pas question ici de lire "dans les feuilles de thé". "Nous avons de l'eau de toute façon." La très populaire Hillary Clinton n'a donc donné aucune indication quant à ses intentions pour la présidentielle 2016. Mais les deux interviewés ont montré à quel point ils défendaient la même vision du monde et des Etats-Unis et à quel point ils sont devenus des amis.
La Marine américaine subit près de 110 000 cyberattaques par heure. Plusieurs banques aux Etats-Unis ont été victimes de violentes attaques cybernétiques ces derniers mois. Même les ordinateurs de hauts responsables américains à la retraite, comme l'amiral Mike Mullen, ont été piratés.
Face à une accélération de la guerre électronique, le Pentagone vient de décider de renforcer sensiblement ses moyens de défense et de riposte. Le Cyber Command, le quartier général de l'unité spéciale chargée de protéger l'Amérique de cyberattaques va voir ses effectifs bondir de 900 employés à 4900. Une multiplication par cinq. Comme le révèle le Washington Post, l'annonce n'a pas encore été faite, mais la décision date de la fin de l'année dernière. Pour le Département de la Défense, il s'agit de prévenir des attaques cybernétiques contre le réseau électrique, contre des trains dont les pirates informatiques pourraient prendre le contrôle ou contre d'autres infrastructures. Leon Panetta, le patron sortant du Pentagone (photo Kevin Lamarque/Reuters), a parlé de "Pearl Harbor cybernétique" pour qualifier la menace potentielle.
Le président américain a récemment déclaré la guerre à la National Rifle Association, le puissant lobby des armes aux Etats-Unis, en annonçant le plus ambitieux train de mesures pour combattre la violence par les armes à feu depuis des décennies depuis le Gun Control Act, une loi adoptée par le Congrès en 1968 et promulguée par le président Lyndon Johnson.
Même si la NRA estime que la Maison-Blanche est sur le point de saper le second amendement de la Constitution autorisant le port d'armes, Barack Obama a tenu à montrer qu'il n'est pas sectaire en la matière. Il a déclaré à The New Republic qu'il s'adonnait régulièrement, à Camp David, au tir aux pigeons ou ball trap. "
Extrait de l'interview:
- Avez-vous déjà utilisé une arme à feu?
- Oui, à Camp David, nous nous adonnons au ball trap, au tir aux pigeons tout le temps.
- Toute la famille?
- Non, pas les filles, mais souvent certains de mes invités. Et j'ai un profond respect de la tradition de la chasse qui remonte à des générations dans ce pays. Je pense que ceux qui l'oublie commettent une grave erreur." "Si on veut aller de l'avant, il faut comprendre que la réalité des armes à feu en zones urbaines est très différente de la réalité en milieu rural. Si vous avez grandi (dans de tels régions) et que votre père vous a donné un fusil de chasse quand vous aviez dix ans et que vous passiez la journée dehors avec lui et vos oncles, c'est devenu une part de la tradition familiale et on peut comprendre pourquoi vous souhaitez la préserver."
John Kerry a 29 ans d'expérience au Sénat américain. Marco Rubio deux ans, beaucoup moins expérimenté. Devant la Commission des affaires étrangères du Sénat jeudi, l'audition du premier cité, qui devrait devenir, mardi prochain, le nouveau secrétaire d'Etat en remplacement d'Hillary Clinton, a permis au démocrate du Massachusetts de livrer une belle leçon de réalisme au jeune sénateur de Floride Marco Rubio.
Le républicain, une étoile montante au sein du Parti républicain comme on a pu le voir lors de la convention républicaine de Tampa en août dernier, a interrogé John Kerry sur la vision (qu'il ne voit pas) du président Barack Obama et sur le relatif retrait américain des affaires du monde. Il a en particulier souligné que si les Etats-Unis étaient restés deux ou trois semaines de plus en Libye après l'intervention de l'OTAN en 2011, il n'y aurait pas eu le chaos auquel on assiste et le gouvernement libyen serait plus fort.
John Kerry ne s'est pas fait prié en déclarant que le monde arabe a connu le bouleversement le plus considérable depuis l'effondrement de l'Empire ottoman et qu'il fallait du temps pour que les pays concernés se stabilisent. Au sujet de la Libye, le démocrate a répondu à Marco Rubio. En restant quelques semaines de plus sur place, les Américains auraient pu ou n'auraient peut-être pas pu changer la donne. Les choses ne sont pas si simples, a insisté le futur secrétaire d'Etat. Car le colonel Kadhafi avait mis en place tout un système fondé sur les tribus en concluant des accords avec elles. "Il y avait plusieurs couches de pouvoir", a précisé John Kerry qui a ajouté: "Nous devons prendre en compte l'Histoire, la culture et la nature des endroits avec lesquels nous avons à faire. On ne peut pas simplement prendre un concept américain ou occidental et l'appliquer tel quel en pensant qu'il va marcher."
C'est la dernière trouvaille du magnat de l'immobilier new-yorkais Donald Trump: acheter le New York Times. Il aurait déjà eu plusieurs réunions à ce sujet. Ses motivations: le quotidien vedette de New York est en difficulté et le milliardaire serait prêt à venir le sauver avant qu'il ne soit trop tard.
Le New York Times perd de l'argent depuis plusieurs années et a de lourdes dettes. Lors des 9 premiers mois de 2012, il a perdu 43,7 millions de dollars. Son siège à la 42e rue, en face de la gare routière de Port Authority, est grevé par une lourde hypothèque. Ses actions ont néanmoins connu une croissance de 16% en 2012. Mais elles ont perdu plus de la moitié de leur valeur au cours des cinq dernières années. Ces dernières semaines, le quotidien a ouvert un guichet pour les départs naturels. Le NYT compte se passer à l'avenir de "30 "managers" ou "editors".
Donald Trump aime les coups médiatiques. En pleine campagne électorale, il avait pré-annoncé qu'une nouvelle allait changer le cours des choses. Le jour venu, Donald Trump annonçait à la télévision qu'il proposait de verser une large somme d'argent à une oeuvre de charité choisie par le président Barack Obama si celui-ci publiait son acte de naissance et d'autres documents universitaires. Donald Trump est un "birther", un Américain qui doute que Barack Obama soit né sur sol américain. Or Hawaï, jusqu'à preuve du contraire, est un Etat américain et les autorités de l'île du Pacifique ont déjà confirmé à de multiples reprises la naissance d'Obama dans un hôpital de l'île. Le magnat de l'immobilier est aussi un républicain conservateur. On voit dès lors mal la famille d'Arthur Sulzberger Junior, propriétaire de la majorité des actions du journal et réputée très progressiste (liberal), céder l'icone du journalisme américain à Donald Trump.
Interrogé par Twitter par un journaliste du Wall Street Journal à Davos, Arthur Sulzberger a répondu qu'une telle nouvelle le faisait bien rire. Les partisans d'un journalisme de qualité espèrent aussi qu'il s'agit d'une nouvelle facétie de Trump. Ce dernier estime d'ailleurs que le New York Times n'a pas de leçon économique à lui donner.
Aujourd'hui, la famille Bancroft, qui a vendu le Wall Street Journal à un autre magnat de la presse celui-ci, Rupert Murdoch, se mord les doigts après avoir appris les pratiques scandaleuses de corruption exercées par des journalistes de journaux britanniques appartenant au groupe de Murdoch, News Corporation.
Ci-dessous, l'animateur de Fox News Sean Hannity, qui tente de dissuader Donald Trump d'acheter un journal, une perte assurée dit-il, demande néanmoins à ce dernier les raisons qui pourrait le pousser à acheter le New York Times:
Après avoir été accusée d'avoir feint une "maladie diplomatique" par les ultra-conservateurs américains, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a témoigné mercredi devant les commissions des Affaires étrangères du Sénat et de la Chambre des représentants au sujet de la tragédie de Benghazi. Il s'agit de la dernière prestation majeure de l'ex-First Lady et ex-sénatrice qui quitte son poste de secrétaire d'Etat pour le laisser au sénateur John Kerry.
Le 11 septembre 2012, le consulat américain de cette ville libyenne a été la proie d'un raid de militants salafistes lourdement armés. Lors de l'assaut, quatre Américains ont été tués dont l'ambassadeur en Libye Christopher Stevens.
Hillary Clinton a d'emblée défendu l'action du Département d'Etat, rappelant que "lorsque l'Amérique est absente (du terrain), particulièrement dans des environnements instables, cet état de fait a des conséquences. L'extrémisme prend racine, nos intérêts en souffrent et notre sécurité intérieure est menacée."
La secrétaire d'Etat a relevé les aspects positifs des révoltes arabes du printemps 2011, mais aussi les dangers. Elle a déclaré qu'Al-Qaida avait subi de sérieux revers en Afghanistan et au Pakistan, mais que l'organisation et ses affiliés restaient actifs en tant que mouvement mondial. "Les forces américaines peuvent tuer ses leaders, mais jusqu'à ce que la démocratie s'installe dans la région, nous continuerons d''être confrontés à ce niveau d'instabilité."
Dans un vif échange avec le sénateur républicain du Wisconsin Ronald H. Johnson, Hillary Clinton a fustigé ses accusations selon lesquelles l'ambassadrice américaine auprès de l'ONU à New York, Susan Rice, aurait menti au peuple américain lors de plusieurs émissions télévisées du dimanche où elle avait laissé entendre que la tragédie était peut-être en lien avec une vidéo anti-Islam diffusée sur Internet par un Américain d'origine égyptienne (coopte).
Le sénateur John McCain, qui a fait de l'affaire de Benghazi une affaire quasi-personnelle (il était devenu ami de Christopher Stevens), a dit ne "pas être satisfait des réponses" d'Hillary Clinton. Selon lui, le Département d'Etat n'a pas réagi aux avertissements en provenance de Libye sur la sécurité des Américains sur place.
Or selon une loi que le Congrès a adoptée en 1990, le Département d'Etat est prié de sélectionner le sous-traitant local le meilleur marché, et non le meilleur pour assurer la sécurité des ambassades et consulats des Etats-Unis. Cet aspect n'a pourtant jamais été mis en évidence dans l'enquête à propos de Benghazi. Les gardes locaux du consulat de Benghazi ont d'ailleurs fait le minimum pour garantir la sécurité du consulat. De fait, le Département d'Etat évalue tous les six mois la sécurité de ses édifices à l'étranger en les classant dans plusieurs catégories allant de "zéro risque" à "critique". Dans le cadre de son budget 2013, le Département d'Etat a déclaré vouloir introduire une nouvelle catégorie "très critique" pour les ambassades les plus menacées. De plus, selon un audit de l'Inspecteur général, deux tiers des responsables de la sécurité des ambassades américaines ont évoqué des problèmes avec des gardes locaux et plus de la moitié d'entre eux ont estimé que la sécurité serait sensiblement améliorée s'ils pouvaient passer outre la clause imposant d'engager les gardes les meilleur marché.
Le sénateur républicain Rand Paul a été particulièrement véhément au sujet d'Hillary Clinton: selon lui, elle a "mal géré" l'affaire. "Si j'avais été président, je vous aurais relevé de vos fonctions. C'est inexcusable", a ajouté Rand Paul estimant que l'affaire de Benghazi est la pire tragédie depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis
Durant l'audition devant le Sénat, la secrétaire d'Etat n'a pas retenu son émotion quand elle a dû décrire ce que représentait pour elle la mort de quatre collaborateurs. Elle a décrit le retour des cercueils sur la base aérienne d'Andrew dans le Maryland. Peu avant de témoigner devant le Congrès, la secrétaire d'Etat a souligné que son département allait mettre en oeuvre le plus rapidement possible 29 recommandations émises par les auteurs d'une enquête sur la tragédie qu'elle avait commandée pour faire toute la lumière sur le drame.
Les républicains du Congrès attendaient ce moment depuis longtemps. Certains d'entre eux sont convaincus que l'administration Obama a mal géré l'affaire de Benghazi. Ils y voient une possibilité de ternir le bilan d'Hillary Clinton, qui pourrait être la candidate démocrate à la présidentielle de 2016. Or celle-ci est aujourd'hui plus populaire que jamais. Selon un observateur connaissant bien le Département d'Etat se confiant au Temps, la secrétaire d'Etat "est une vraie star" au sein de son département, n'hésitant pas à aller encourager et féliciter personnellement des collaborateurs, même aux échelons inférieurs, pour le travail accompli.
Les attaques du sénateur John McCain contre Hillary Clinton:
Lors de son second discours d'investiture prononcé lundi 21 janvier devant le Capitole et face à des centaines de milliers d'Américains rassemblés sur le National Mall, Barack Obama a truffé son texte de plusieurs références historiques.
"Nous le peuple déclarons aujourd'hui que les vérités les plus évidentes - que nous sommes tous nés égaux - est l'étoile qui nous guide toujours comme elle a guidé nos ancêtres de Seneca Falls à Selma en passant par Stonewall, comme elle a aussi guidé tous ces hommes et femmes (...) qui ont laissé leurs empreintes le long de ce grand Mall pour entendre un pasteur dire que nous ne pouvons pas marcher seuls, pour entendre (Martin Luther) King proclamer que notre liberté individuelle est liée de façon inextricable à la liberté de tout un chacun sur terre."
Seneca Falls est une ville de l'Etat de New York où se tint, en 1848, la première convention consacrée aux droits des femmes. Organisée par cinq femmes dont Elizabeth Cady Stanton, la manifestation est considérée comme le début du mouvement féministe. Les quelque 300 personnes présentes à ladite convention revendiquent des droits pour les femmes qui étaient, à l'époque, largement soumises aux hommes. Elles obtiendront le droit de vote en 1920. Au moment de la convention, les participants adoptent un document qui synthétisent les demandes des femmes: la "Declaration of Rights and Sentiments".
Selma (photo: des manifestants à Selma/AFP) est aussi une référence historique. Cette ville d'Alabama fut le théâtre, en 1965, d'une manifestation pacifique de militants des droits civiques menée par le révérend Martin Luther King. Elle fut brutalement réprimée par la police. Fut notamment battu par les forces de police l'actuel membre afro-américain du Congrès John Lewis.
Quant à Stonewall, c'est le nom d'un bar du Greenwich Village à New York où la police fit une descente en 1969. La résistance livrée par les clients du bar contribua à lancer le mouvement en faveur des droits des homosexuels.
Droits des femmes, référence au mouvement des droits civiques, droits des homosexuels, Barack Obama a tenu un discours audacieux, celui d'un président libéré de la préoccupation d'être réélu, affranchi de la nécessité de ménager des républicains qui n'ont jamais vraiment souhaité collaborer avec le premier président afro-américain de l'Histoire des Etats-Unis. Pour beaucoup, c'est le discours le plus engagé, le plus audacieux et surtout le plus progressiste qu'il ait jamais tenu. Les républicains n'ont pas tardé à fustiger, un jour après l'investiture, l'allocution présidentielle. Parmi les plus critiques, le candidat républicain à la vice-présidence Paul Ryan. Manifestement, rien n'a changé à Washington. Certains membres du Grand Vieux Parti n'ont pas hésité à déclarer que Barack Obama a déclaré la guerre aux républicains.
Elle n'a pas pris la parole lors de l'investiture devant le Capitole. Mais parmi la multitude de complets gris et
noirs, elle est une nouvelle fois sortie du lot et a séduit toute l'Amérique avec son manteau bleu gris taillé sur mesure par Thom Browne et ses gants magenta. Mais aussi avec sa nouvelle coupe de cheveux et sa frange qui ont déjà suscité une multitude de commentaires.
Le moment le plus attendu de lundi toutefois fut lepremier grand bal où Michelle Obama est apparue dans une robe rouge créée par l'un de ses deux stylistes préférés (photo Jewel Samad/AFP). L'honneur est revenu une nouvelle fois, après 2009, à Jason Wu, le jeune designer de New York qui a avoué sur Twitter être "sous le choc".
Pour la First Lady, ce choix, qui a surpris les commentateurs de télévision, met une nouvelle fois en évidence, sous les projecteurs du monde entier, la mode made in America. Mais ce qui caractérise Michelle Obama, c'est aussi de porter des habits que tout un chacun pourrait trouver à la boutique du coin.
Michelle Obama est, même si on le savait déjà, plus qu'une première Dame. C'est une icone américaine, "une femme historique", relève le Washington Post, qui ajoute néanmoins qu'elle a réussi à préserver sa sphère privée.
Barack Obama a été effectivement investi d'un second mandat à la Maison-Blanche lundi 21 janvier lors d'une cérémonie marquée par un discours très engagé du président des Etats-Unis. 44e président du pays, Barack Obama est aussi le seul démocrate, aux côtés d'Andrew Jackson et de Franklin Delano Roosevelt, à avoir remporté deux fois le vote populaire.
Voici quelques images prises sur le National Mall de Washington (cliquez sur les images pour les agrandir)
Entre 600 et 800 000 personnes se sont rassemblées sur le National Mall:
Barack Obama plus enjoué et confiant que jamais:
Les ex-présidents à l'honneur (George Bus père et fils étaient absents):
En image, John F. Kennedy prononçant sa fameuse phrase: "Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays."
Jimmy et Rosalynn Carter:
Bill Clinton a joué un rôle majeur lors de la campagne électorale de Barack Obama:
Et Hillary Clinton, toujours très populaire, qui a eu droit à une ovation des spectateurs rassemblés sur le National Mall:
L'animation au coeur de Washington:
Gwen Salley, 53 ans, Afro-Américaine de Chalotte, en Caroline du Nord, avait huit ans quand Martin Luther King a été assassiné. Aujourd'hui, elle n'en revient pas. Barack Obama a été élu pour un second mandat à la présidence des Etats-Unis. "J'ai envie de dire à tous les petits Américains: ici tout est possible."
Le Capitole et la foule sur le Mall:
Dans les rues du centre de la capitale:
Le dispositif sécuritaire n'a jamais été aussi important, rendant l'accès à la Parade très difficile:
La Maison-Blanche barricadée derrière des barrières:
L'investiture du 44e président des Etats-Unis Barack Obama, qui a lieu lundi 21 janvier devant le Capitole,
constitue l'un des temps forts de la vie politique américaine (photo Jewel Samad/AFP). La voici exprimée en chiffres:
250 000 tickets distribués par le Congrès pour assister à la cérémonie devant le Capitole
28189 sièges installés le long du parcours de la parade présidentielle
1600 sièges sur l'esplanade d'où Barack Obama va tenir son discours d'investiture. Celle-ci est réservée aux élus, aux membres de la Cour suprême, aux militaires, ambassadeurs et autres dignitaires
40 000 personnes devraient participer aux 2 bals présidentiels
147 chevaux vont participer à la parade
2500 cars seront autorisés à circuler à Washington
4 prestations de serments. Barack Obama est le seul, depuis Franklin D. Roosevelt, à avoir l'honneur de prêter quatre fois serments. En 2009, en raison d'une erreur de phraséologie de la part du président de la Cour suprême John Roberts, Barack Obama avait dû prêter serment une deuxième fois. Cette année, comme le 20 janvier, date établie par la Constitution pour l'investiture, tombe un dimanche, la cérémonie a lieu un lundi pour des raisons de commodité. Mais pour respecter la Constitution, le président prêtera serment le dimanche, puis répétera l'exercice lundi devant le public.
10 écrans géants sur le National Mall pour regarder la cérémonie d'investiture
4,2 millions investis dans l'infrastructure de l'esplanade où le président tiendra son discours
Lundi, entre 600 et 800 000 personnes vont se rassembler sur le National Mall pour la 57e cérémonie d'investiture du président des Etats-Unis. Pour Barack Obama, c'est la deuxième fois qu'il a l'honneur de prêter serment sur deux bibles, l'une d'Abraham Lincoln, l'autre du révérend noir Martin Luther King.
Politico a rassemblé quelques extraits des discours d'investiture. Sortent du lot celui du républicain Ronald Reagan, en 1981, quand il souligne que "l'Etat n'est pas la solution, c'est le problème". Autre phrase célèbre, celle prononcée par le président démocrate en 1961: "Ne demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays."
Dans un hôtel d'Austin, au Texas, le septuple vainqueur du Tour de France, Lance Armstrong, s'est livré jeudi soir, dans une interview préenregistrée avec l'animatrice vedette Oprah Winfrey (photo AP/HARPO STUDIOS), en respectant les règles du jeu fixées entre les deux: répondre honnêtement aux questions posées. Lors de l'interview, dont la première partie a été diffusée hier soir et la seconde le sera vendredi soir, Oprah Winfrey n'a pas tourné au tour du pot: "C'est une question pour laquelle le monde entier attend une réponse: avez-vous pris des substances pour améliorer vos performances? Répondez par oui ou par non."
EPO (érythropoïétine)? Réponse d'Armstrong: oui.
Transfusion sanguine: oui.
D'autres substances telles que la cortisone et la testostérone: oui.
Avez-vous pris ces substances lors des 7 Tours de France? Oui.
Etait-il possible de remporter sept Tours de suite sans dopage? Non.
Avez-vous pris des produits dopants plus tôt dans votre carrière: oui, de la cortisone et de l'EPO.
Lance Armstrong l'avoue. Il a commencé à prendre de l'EPO à partir de la moitié des années 1990, alors que la substance a fait son apparition sur le marché à partir de 1989. Le champion cycliste, à qui l'on a retiré les sept victoires sur le Tour de France ainsi que sa médaille de bronze aux Jeux olympiques 2000 a présenté un visage totalement nouveau au public américain. Face à l'empathique Oprah Winfrey qu'il n'a pas choisie par hasard, il le confesse: "Je me suis perdu. Je ne l'esquive pas. Toute la faute me revient. J'avais l'habitude de vouloir tout contrôler dans ma vie. [...] Je suppose que pour beaucoup de gens, [ces aveux] sont trop tardifs." Un peu plus tard, il le dira: "Je mérite tout cela."
Connu pour asséner des attaques virulentes contre celles et ceux qui l'ont accusé de dopage devant les médias ou devant la justice, Lance Armstrong, héros américain déchu, s'est livré, certes, mais il n'a pas souhaité procéder au grand déballage en citant des cyclistes ou personnes en particulier qui auraient été impliqués dans la pratique du dopage. Il admet qu'il s'agissait d'une "culture" répandue au sein du cyclisme. Lui-même le dit: sa technique de dopage était "clairement professionnel et intelligente. Mais elle n'était en aucun cas à l'échelle de ce qui se passait en Allemagne de l'Est" dans les années 1980. Son secret: la planification. Le Texan prenait de l'EPO avant les compétitions, même s'il a aussi admis en avoir pris en cours de Tour de France.
Par moment, Lance Armstrong apparaît comme le plus humble des interviewés. Quand l'interviewer lui montre des images de ses répliques, il le reconnaît: "Je ne peux nier avoir été arrogant. Ce n'est pas bien." Il ira jusqu'à regretter les propos agressifs qu'il a tenus après sa victoire au Tour de France en 2005 où il fustigeait les sceptiques. Parfois gêné, le Texan se gratte la tête, hésite. En termes de dopage, il relève que deux mesures ont radicalement changé la donne: les tests hors compétition et le passeport biologique introduit par l'Union cycliste internationale (UCI) et l'Agence mondiale antidopage (WADA). Le passeport biologique a été introduit en 2008, mais Lance Armstrong le déclare: il ne s'est plus dopé depuis 2005 et il n'a pris aucun produit dopants pour les deux derniers Tours de France qu'il a effectués en 2009 et 2010.
Accablé par un récent rapport de l'Agence américaine antidopage (Usada), dans lequel 26 personnes témoignent dont 11 coéquipiers et qui parle d'un réseau mafieux au sein de l'équipe cycliste du Texan, Lance Armstrong a nié jeudi soir avoir été un leader imposant à ses coéquipiers de se doper. Un leader "montre l'exemple", a-t-il précisé. Mais ses aveux sont restés ambigus. Il avait des "attentes" par rapport à ses coéquipiers et il l'admet: il a fait de l'intimidation (bullying). "J'ai grandi comme un battant, comme ma mère. Avec un cancer [des testicules] diagnostiqué, j'ai voulu faire tout pour survivre. J'ai fini par intégrer cette attitude." Avant son cancer, le Texan l'affirme, il avait déjà pris des produits dopants.
Oprah Winfrey ne pouvait éviter le sujet Michele Ferrari, le médecin du sport épinglé par le rapport de l'Usada et que Lance Armstrong a commencé à consulter à partir de 1994. Là, le champion américain déchu est emprunté. "C'est difficile de mentionner des noms. Mais je peux le dire, Michele Ferrari est un homme bon et intelligent. Il est totalement propre, il est éthique." Lance Armstrong lui aurait versé plus d'un million de dollars sur dix ans. Le médecin avait déjà une réputation sulfureuse et Oprah Winfrey s'est demandé pourquoi Lance Armstrong s'est associé à lui: "Oui, vu la perception que le public avait de lui, c'était irréfléchi."
Puis Oprah Winfrey n'en revient pas: "N'avez-vous pas eu le sentiment que ce que vous faisiez était mal?" "Non, pas à l'époque", a répliqué Lance Armstrong. "Avez-vous eu le sentiment d'avoir triché? "Non, c'est effrayant."
En se confessant en première mondiale sur la chaîne OWN d'Oprah Winfrey, Lance Armstrong entame un processus qui pourrait être très long. "Je vois la colère chez les gens que j'ai trahis, qui ont cru en moi, qui m'ont soutenu. Ils ont tout le droit d'éprouver ce sentiment. Je vais passer le reste de ma vie à tenter de reconquérir leur confiance et à m'excuser."
Le cycliste texan, qui a créé sa fondation Livestrong contre le cancer, est resté prudent au sujet des tests positifs qu'il a subis. En 1999, six éprouvettes de son urine avaient été congelées. Mais à l'époque, aucun test d'EPO n'existait. En 2005, ces mêmes échantillons ont été testés. Cinq sur six étaient positifs. Lance Armstrong nie toutefois avoir bénéficié d'une passe-droit au Tour de Suisse en 2001. Jeudi soir, il a nié avoir été testé positif malgré des accusations insistantes. Et son don à l'UCI? "Ce n'était pas pour couvrir" le dopage, s'est justifié le héros déchu.
Il admet avoir tenu des propos inexcusables à l'égard de certains accusateurs, notamment la soigneuse Emma O'Reilly traitée un jour de "prostituée alcoolique" qu'il attaqua en justice. Il espère, tout en reconnaissant n'avoir aucune crédibilité morale pour le faire, pouvoir aider à nettoyer le cyclisme du dopage, car c'est un sport qu'il "aime".
La nouvelle histoire de Lance Armstrong ne fait que commencer. Oprah Winfrey l'a d'ailleurs relevé. La justice américaine a classé une enquête à l'encontre du cycliste en février 2012 sans explication. Aujourd'hui, les experts estiment que les autorités américaines pourraient relancer des poursuites civiles et pénales contre Lance Armstrong pour fraude et parjure notamment. L'un d'eux est alarmiste. Le champion déchu risque gros, tant au niveau financier qu'au niveau de sa liberté.
Ce fut l'un des débats ayant le plus animé les débuts de Barack Obama à la Maison-Blanche. Le président s'est battu pour réformer le système de santé et avait insisté, à ses débuts, sur la nécessité de créer une assurance maladie publique (l'option publique). La proposition avait été adoptée par la Chambre des représentants qui était encore dominée par les démocrates, mais l'administration Obama, constatant l'impasse, renonça à la soumettre au Sénat. L'option publique fut enterrée, fachant l'aile progressiste du Parti démocrate, notamment Howard Dean, qui menaçait, un instant, de s'opposer en fin de compte à l'ObamaCare.
Or les démocrates n'ont pas abandonné le combat. Mardi, les représentants démocrates ont déposé le Public Option Deficit Reduction Act avec l'espoir que ce projet de loi permette de contribuer sensiblement à la réduction des déficits. Déposé par la représentante de l'Illinois Jan Schakowsky (photo Alex Wong/Getty Images/AFP) et 43 autres démocrates, le projet de loi pourrait engendrer, selon le Congressional Budget Office, un organe bipartisan et à la réputation d'impartialité, plus de 70 milliards d'économie sur dix ans. Jan Schakowsky est même convaincue que les économies pourraient se monter à 100 milliards de dollars. Les républicains, fortement opposés à l'option publique, insistent pourtant sur la nécessité de réduire les déficits. Ils ont une occasion en or pour le faire.
Selon Politico, Barack Obama a choisi son quatrième chef de cabinet depuis son arrivée à la Maison-Blanche en janvier 2009. Après Rahm Emanuel, Peter Rouse et Bill Daley, ce sera au tour de Denis McDonough, conseiller adjoint à la Sécurité nationale.
Le président américain a jeté son dévolu sur une personne qu'il connaît bien. Denis McDonough a été impliqué dans à peu près toutes les décisions majeures de politique étrangère prises par Barack Obama. Après Chuck Hagel (Défense), John Brennan (CIA) et Jack Lew (Trésor), le président choisit à nouveau de s'entourer d'une personne proche animée par un fort esprit d'équipe.
C'est l'avis du représentant républicain du Texas Steve Stockman. Après avoir annoncé qu'il allait prendre près de 23 mesures par décret présidentiel, Barack Obama (photo Mark Wilson/Getty Images/AFP) a provoqué un vrai tollé parmi les membres du Tea Party et les ultraconservateurs. Certains d'entre eux menacent déjà d'engager une procédure de destitution (impeachment) si la Maison-Blanche persiste à vouloir durcir autant le ton en matière de réglementation des armes à feu.
Les raisons poussant Steve Stockman à envisager un moyen aussi radical relève du second amendement de la Constitution que le président américain bafouerait par ses décrets présidentiels et les mesures qu'il propose au Congrès. Républicain du Texas, Steve Toth relève par ailleurs que si les droits découlant du second amendement autorisant le port d'armes sont bafoués par la Maison-Blanche, il fera tout pour les rétablir, car ces droits proviennent de Dieu et non du Congrès.
Sean Hannity sur Fox News a par ailleurs listé toute une série de mesures que le président a prises durant son premier mandat et qui constituent, selon l'animateur, des abus de pouvoir. Exemple: le décret présidentiel permettant à des enfants de clandestins de ne pas être expulsés d'emblée et de continuer leurs études aux Etats-Unis.
Chelsea est venue sur NBC pour rassurer les aficionados d'Hillary Clinton, sa mère. Selon la fille de Bill Clinton, l'actuelle secrétaire d'Etat n'a en rien perdu de sa vitalité et de son acuité mentale. Elle est en forme et forte, "et si Dieu le veut, elle le sera pour les 65 prochaines années".
Hillary Clinton, la très populaire secrétaire d'Etat qui va quitter sa fonction peu après l'investiture de Barack Obama le 21 janvier prochain, a eu des problèmes gastriques en raison d'un virus avant de subir une commotion cérébrale après avoir perdu connaissance en raison de déshydratation et a enfin dû être hospitalisée pour deux jours en raison de la présence d'un caillot de sang dans son cerveau. Tout est aujourd'hui rentré dans l'ordre et Hillary Clinton va même témoigner le 23 janvier devant le Congrès au sujet de la tragédie de Benghazi où, le 11 septembre 2012, quatre Américains, dont l'ambassadeur Christopher Stevens trouvèrent la mort après un raid de miliciens salafistes sur le consulat américain. Pour l'ex-First Lady et ex-sénatrice, c'est une manière de répondre aux basses accusations de certains milieux conservateurs qui l'ont rapidement accusée d'avoir feint une "maladie diplomatique" pour éviter de témoigner.
Un héros, une icone, un sportif qui a inspiré des millions d'Américains. Lance Amstrong (photo Joël Saget/AFP), 41 ans, vainqueur à sept reprises du Tour de France, a avoué lors d'une interview de deux heures et demie enregistrée lundi par la célèbre animatrice Oprah Winfrey et qui doit être diffusée jeudi à 21 heures (heure de New York) sur OWN Network, qu'il s'était dopé pour gagner le Tour de France.
Associated Press a eu vent de fuites à propos de l'interview qui s'est déroulée lundi après-midi dans le Four Seasons Hotel d'Austin au Texas. Etaient présents Lance Amstrong, l'interviewer Oprah Winfrey et des caméramans.
L'aveu rompt ainsi avec plus d'une décennie de démentis, de pressions et de chantage de la part de Lance Amstrong. Rarement une interview n'avait suscité autant de buzz sur Internet. Peu avant, le cycliste américain s'est rendu à sa fondation de lutte contre le cancer, Livestrong, et s'est excusé devant le personnel sans qu'on sache exactement pourquoi. Lui-même a dû contenir son émotion et des employés de la fondation n'ont pu retenir leurs larmes.
Lance Amstrong, qui fait l'objet d'une suspension à vie, a été accablé par un rapport publié récemment par l'Agence anti-dopage américaine (USADA) qui estime que le cycliste était le chef de file d'un vaste trafic de produits dopants au sein de son équipe. CBS a également diffusé, dans son émission 60 minutes, un documentaire dans lequel le patron de l'USADA, Travis Tygart, parle de "mafia".
La fusillade de Newtown, où un jeune homme a froidement abattu 20 enfants de six et sept ans ainsi que six
éducateurs, a choqué l'Amérique. Un mois après la tragédie toutefois, les anciens fronts se sont à nouveau constitués. Les partisans de contrôles plus stricts des armes et la National Rifle Association (photo Chip Somodevilla/Getty Images/AFP) ne pourraient pas avoir des positions plus éloignées les unes des autres.
Lundi, le président Barack Obama a pourtant répété lors d'une conférence de presse qu'il n'était pas prêt à baisser les bras devant le peu d'enthousiasme du Congrès pour durcir le ton. Il n'a pas exclu d'utiliser ses prérogatives présidentielles pour imposer par décret certaines mesures comme l'interdiction des fusils d'assaut. C'est ce type d'armes, le AK-15, qui a été utilisé dans les trois principales fusillades recensées en Amérique, Aurora en août 2012, un centre commercial dans la banlieue de Portland en décembre et Newtown quelques jours plus tard.
La Maison-Blanche, qui doit annoncer ce mardi par la voix du vice-président Joe Biden les recommandations d'un groupe de travail constitué au lendemaind de Newtown, peut désormais s'appuyer sur un sondage publié lundi par le Washington Post/ABC News qui révèle que 52% des Américains sont favorables à un contrôle plus strict des armes. Seuls 5% y sont défavorables. 58% d'entre eux approuvent une interdiction des fusils d'assaut et 39% s'y opposent. 44% des sondés disent posséder une arme à la maison et parmi eux, 45% jugent pertinente une interdiction des fusils d'assaut. Ces mêmes foyers qui disposent d'une arme juge nécessaire à 86% des vérifications sur l'identité et le casier judiciaire de l'acheteur d'une arme. Aujourd'hui, 40% des ventes d'armes à feu sont réalisées sans ce type de contrôle.
Les Américains (photo Joe Raedle/AFP) ont toujours eu la réputation, confirmée d'ailleurs par les faits, d'être très mobiles. Comparés aux Européens, ils ont longtemps montré une grande flexibilité pour alller trouver du travail ailleurs dans le pays. Jusqu'ici, il était courant d'entendre de la part d'une famille américaine qu'elle avait déménagé cinq fois au cours des quinze dernières années.
En 2011, les Américains ont été 3,9%, soit 11,8 millions, à avoir décidé de se déménager (au minimum) dans un autre comté que celui dans lequel ils habitent. La mobilité est en reprise par rapport au niveau de 2009 et 2010 (3,5%) quand le pays était frappé par la récession. Ce sont les derniers chiffres d'un récent recensement. Pour le Wall Street Journal, cette légère progression est la preuve que la récession est bien surmontée et que les citoyens américains recommencent à se déplacer pour aller chercher un travail plus intéressant.
Ces chiffres tranchent toutefois avec l'Amérique des quatre décennies d'après-guerre, où le taux d'Américains qui déménageaient dans d'autres comtés ou plus loin s'élevait à 7,1% en 1951 et à plus de 6% jusqu'en 1991. La mobilité des Américains s'est fortement ralentie dans les années 1990 et s'est effondrée dans les années 2000. Avec 3,9% toutefois, elle est toujours deux fois plus forte qu'en Italie, Grèce ou Pologne, estime le WSJ. Mais elle rejoint désormais celle de la France et du Royaume-Uni.
Le recul de la mobilité s'explique apparemment par deux facteurs principaux. La population vieillit et les personnes âgées sont moins disposées à changer de domicile. De plus, le nombre de foyers où les deux conjoints travaillent s'est multiplié, rendant un déménagement plus difficile. Par ailleurs, le fait de changer d'employeurs n'est plus le garant d'une hausse de salaire. L'intérêt de déménager pour des raisons professionnelles perd ainsi un peu de son attrait.
Selon les économistes Sam Schulhofer-Wohl, de la Réserve fédérale du Minnesota et Greg Kaplan de l'Université de Princeton, cette baisse de la mobilité n'est pas forcément un indicateur négatif. Pour eux, cela révèle que les économies régionales se sont beaucoup diversifiées et offrent une variété plus grande d'emplois.
Les Etats qui ont le plus bénéficié de la mobilité des Américains sont la Floride et le Nevada. La population de ces deux Etats a augmenté notamment en raison de l'arrivée de retraités. Au niveau professionnel, le Dakota du Nord a assisté à un afflux massif d'Américains en quête d'un travail très rémunérateur. L'Etat connaît un extraordinaire boom du pétrole extrait par fracturation hydraulique des formations géologiques de schiste. L'afflux est tel que beaucoup de citoyens venus dans ce nouvel Eldorado logent parfois dans des Eglises ou au pire dans leur voiture, faute d'infrastructures d'accueil suffisantes.
Parfois l'humour permet de mieux raconter la mentalité d'une ville ou d'une région. L'émission satirique The Daily Show, animé par Jon Stewart, a réalisé un magnifique reportage à Detroit, dans l'Etat du Michigan au sujet d'un pont, ou plutôt d'une proposition de pont devant relier la ville de l'automobile au Canada.
De nombreux habitants de Detroit se sont érigés contre le projet. Or ce dernier semble d'autant plus nécessaire que le seul pont existant, l'Ambassador Bridge, vieillit mal. Mais laminée par des finances aux abois, la ville du Michigan est méfiante. Une vaste campagne contre le nouveau pont a été lancée par des habitants effrayés à l'idée de devoir financer un pont dans une période de disette budgétaire. Interrogé par le Daily Show, le Consul du Canada à Detroit précise pourtant: le pont sera entièrement financé par son pays. Rien n'y fait. Les opposants n'y croient pas un instant et révèlent une vraie méfiance envers les Canadiens. Le projet est pourtant crucial, car c'est le plus important point de passage entre les deux pays et les activités qui s'articulent autour de ce point de liaison concerne plus de deux millions d'emplois.
Le plus surprenant dans l'affaire, c'est que les opposants refusent un nouveau pont entièrement financé par le Canada, mais font le jeu du propriétaire de l'Ambassador Bridge, un milliardaire, Manuel "Matty" Moroun, fer de lance des opposants. A ne plus rien y comprendre.
Regardez le reportage très éclairant d'une période et d'un lieu. Car comme le dit un interlocuteur, "This is Detroit Baby":
Son nom n'évoque pas vraiment le terroir français: "Korbel Natural, Special Inaugural Cuvee Champagne, California". C'est le
champagne qui sera servi au banquet en l'honneur de la réélection de Barack Obama à la Maison-Blanche (photo Jim Young/Reuters/banquet en 2009).
Le sang des collaborateurs de l'antenne washingtonienne des producteurs français de champagne n'a fait qu'un tour. Ils ont sans délai précisé aux organisateurs du banquet, le Joint Congressional Committee on Inaugural Ceremonies, une commission du Congrès chargée des festivités autour de l'investiture, que le vrai champagne ne peut provenir que de la région de Champagne, en France et que la seule dénomination possible, pour un breuvage similiare produit hors de cette zone, est "vin mousseux ou pétillant".
Le directeur du bureau de Champagne à Washington, Sam Heitner, a écrit une lettre aux organisateurs et au président de la commission du Congrès, le sénateur de New York Charles Schumer pour tenter de corriger le tir. Le marchand de vins de la Sonoma Valley ayant fourni le champagne précise toutefois: le vrai nom du champagne qui sera servi est "Korbel Russian River Valley Natural Champagne". Par ailleurs, les organisateurs ont fait l'erreur, dit-on, d'écrire Champagne Californie au lieu de California Champagne. Un ordre des mots qui change paraît-il tout. Quand les menus seront réimprimés, la bévue sera levée.
L'épisode ne surprenda pas les habitants du village vaudois de Champagne dont les vins et les "flûtes de Champagne" ont dû changer de nom en vertu d'une réglementation de l'Union européenne relative aux appellations d'origine. Mais apparemment, les producteurs vaudois peuvent toujours exporter leurs vins aux Etats-Unis sous l'appellation Champagne. Pour une raison bien simple: les Etats-Unis ne s'embarrassent pas du respect des appellations d'origine. Il suffit de se rendre dans une fromagerie new-yorkaise pour y trouver du Gruyère français de montagne, de l'Emmental français ou du Brie américain.
L'événement, qui a eu lieu mercredi, n'a pas suscité une vague de nostalgie ou d'enthousiasme aux Etats-Unis. Contrairement à Ronald Reagan dont le centième anniversaire, il y a deux ans, donna lieu à plusieurs événements et à l'inauguration de statues en son honneur, Richard Nixon (photo le montrant en présence de Henry Kissinger/ AFP) reste le mal-aimé de la scène politique américaine. On est beaucoup plus disposé à célébrer l'anniversaire du Watergate, le scandale qui obligea le 37e président des Etats-Unis à démissionner. Un cas unique dans l'histoire du pays. Selon un sondage Gallup, deux Américains sur trois estiment que Richard Nixon a été un mauvais président. Aucun locataire de la Maison-Blanche n'a été aussi impopulaire au cours des 50 dernières années.
Mercredi soir, 400 personnes ont néanmoins participé à un dîner en son souvenir au Mayflower de Washington et, en mai prochain, un voyage sera organisé par la Fondation Nixon en Chine pour retracer les moments forts de la visite historique du président américain au dirigeant chinois Mao.
Au début des années 1970, Bob Woodward était un jeune reporter au Washington Post. C'est lui, avec son collègue Carl Bernstein, qui sortit le scoop du Watergate. Aujourd'hui, il confie à Politico que le scandale du Watergate était bien pire que ce qu'il en avait perçu à l'époque. A ses yeux, c'est une tache indélébile sur l'héritage de Nixon. "Ecoutez les cassettes. Elles montrent qu'il utilisait littéralement la présidence comme un instrument de revanche et de récompense personnelles." Plusieurs films sur Nixon ont souvent brossé l'image d'un président émotionnellement peu stable.
Preuve que les choses ont mal tourné pour Richard Nixon en termes de réputation, les conservateurs républicains Rick Perry, Mitch McConnell ainsi que le groupe de réflexion Heritage Foundation ont qualifié le démocrate Barack Obama de "Nixonian" au cours des derniers douze mois. Manifestement une insulte. Même Peggy Noonan, chroniqueuse du Wall Street Journal qui écrivait à l'époque les discours de Ronald Reagan ainsi que de George Bush père, a fustigé le candidat républicain à la présidentielle, Mitt Romney, en le décrivant comme un politique qui "ressemble à Richard Nixon".
Il y a manifestement une certaine injustice dans la sombre description faite du 37e président des Etats-Unis, même si l'homme avait de multiples facettes dont certaines ne manquaient pas d'inquiéter. Aujourd'hui, à analyser de plus près le bilan de Richard Nixon, certains républicains, souligne Politico, seraient frappés d'apoplexie. C'est en effet Nixon qui créa l'Agence fédérale de protection de l'environnement, qui a proposé une couverture santé universelle et qui soutint un amendement à la Constitution garantissant l'équalité des droits.
"Le personnage est beaucoup plus complexe que la manière dont on en parle", soulignait mardi soir sur la chaîne MSNBC le commentateur politique Chris Matthews, qui n'a pu s'empêcher de relever une anecdote: deux jeunes hommes de retour du champ de bataille de la Seconde Guerre mondiale s'étaient retrouvés dans le même compartiment à couchettes d'un train qui les ramenaient à Washington. Tous deux avaient des visions très différentes du monde. Le premier se nommait John F. Kennedy. Le second Richard Nixon. "Ils se parlaient", ironise Chris Matthews pour mieux montrer l'incommunicabilité qui frappent les membres du Congrès aujourd'hui.
C'est peut-être l'effet de l'ouragan Sandy (photo Spencer Platt/Getty Images/AFP) qui a dévasté une partie de la côte Est dans les Etats de New York et du New Jersey. Selon le Guardian, le président américain Barack Obama pourrait accueillir à la Maison-Blanche, peu après son investiture pour un second mandat de quatre ans, un sommet sur le changement climatique réunissant les acteurs concernés par la problématique. Selon des groupes de défense de l'environnement, l'idée est de tenir un sommet bipartisan afin de lancer une stratégie d'action nationale en faveur du climat. "La menace [climatique] incite à l'urgence et nous aimerions voir un engagement du président afin qu'il aborde la question dans son discours sur l'état de l'Union", explique Jeremy Symons, de la National Wildlife Federation. Barack Obama aurait donné des signaux favorables à la proposition des groupes de défense de l'environnement de tenir un tel événement.
Jusqu'ici, le président a vu ses initiatives en faveur du climat fortement contestées par le Congrès, notamment la loi sur la bourse au carbone. Barack Obama a aussi poussé pour développer une économie verte en promouvant les énergies renouvelables. Il a aussi dû se battre pour défendre l'EPA, l'Environnement Protection Agency, l'Agence de protection de l'environnement qui est accusée de tous les maux et d'imposer le respect de normes inacceptables à l'économie, selon certains républicains. Or celle-ci fut créée dans les années 1970 par un certain Richard Nixon.
C'est un peu le monde à l'envers. Plusieurs républicains du Congrès ont déjà annoncé qu'ils allaient mener la vie dure à l'ex-sénateur... républicain du Nebraska Chuck Hagel (photo Jim Watson/AFP) quand il s'agira de le confirmer au poste de secrétaire à la Défense auquel Barack Obama vient de le nommer. L'ancien combattant du Vietnam a, selon eux, été trop critique de la guerre en Irak menée par l'administration de George W. Bush, n'a pas été assez dur avec l'Iran en proposant en 2001 de tenter le dialogue avec Téhéran et a osé critiquer le "lobby juif" qui n'agirait pas toujours, à Washington, dans l'intérêt d'Israël. L'homme a pourtant siégé pendant des années au sein de la Commission des affaires étrangères du Sénat, a été l'administrateur adjoint de l'Association des vétérans. Il est devenu millionnaire grâce à une société qu'il a créée dans la téléphonie mobile.
Les mêmes républicains ne trouvent en revanche rien à redire au fait que Michelle Bachmann (photo Robyn Beck/AFP), représentante du Minnesota et figure emblématique du Tea Party, a été nommée à nouveau au poste de membre de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants. En juillet 2012 pourtant, elle échafaudait avec quelques autres républicains une théorie du complot, persuadée que les Frères musulmans étaient en train d'infiltrer le gouvernement américain. C'est ainsi qu'elle s'en prit à une adjointe de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, Huma Abedin, une femme brillante qui serait, selon Michelle Bachmann, un cheval de Troie des Frères musulmans au sein du Département d'Etat. La représentante du Tea Party a ainsi adressé une lettre à 5 agences fédérales pour qu'elles prennent des mesures. A l'issue de cet épisode, la crédibilité déjà très fragile de Bachmann en prit un sérieux coup.
Désormais, un groupe de réflexion progressiste, The People for the American Way, a lancé une pétition pour que la nomination de Michelle Bachmann soit annulée. Près de 80 000 signatures auraient déjà été récoltées.
Après la tragédie de Newtown, où 20 enfants âgés de six et sept ans furent tués et 7 adultes, les Américains veulent croire que rien ne sera désormais comme avant. Mardi, à l'occasion du deuxième anniversaire de la tuerie de Tucson, l'ex-membre démocrate du Congrès Gabrielle Gifford, qui a été l'une des victimes de la fusillade, mais qui s'en est sortie miraculeusement malgré de graves séquelles, a lancé avec son mari Mark Kelly, ex-astronaute, une campagne visant à renforcer le contrôle des armes. Ils lancent une collecte de fonds afin de pouvoir défier la puissante National Rifle Association, le lobby des armes aux Etats-Unis.
Dans le même temps, Roxanna Green, dont la fille Christina Taylor, 9 ans, fut tuée dans le massacre de Tucson, diffuse un message dans une vidéo sponsorisée par la Coaltion des maires contre les armes illégales appelant le Congrès à agir. Dans les deux actions de Gabrielle Gifford/Mark Kelly et de Roxanna Green, un constat frappe: aussi bien le couple de Tucson que Roxanna Green sont de fervents partisans du second amendement de la Constitution autorisant le port d'arme. Ils ont tous trois des armes à la maison.
Dans ce contexte, le maire de New York Michael Bloomberg, qui a été très vocal pour exhorter à l'action contre la violence provoquée par les armes à feu, est sommé par un éditorialiste du New York Times, Joe Nocera, de consacrer une partie de sa fortune de quelque 20 milliards de dollars, à un combat visant à défier la NRA quand il aura achevé son mandat de maire de New York.
Après la tragique fusillade de Newtown, dans le Connecticut, perpétrée par un jeune homme de 20 ans dans une école primaire, où 20 enfants et 7 adultes trouvèrent la mort, l'animateur de CNN Piers Morgan a pendant une semaine consacré son émission quotidienne du soir au contrôle des armes. Le journaliste britannique n'a pas fait mystère de son avis sur la question: pour lui, il est temps que l'Amérique contrôle de façon beaucoup plus sévère les 300 millions d'armes possédées par les citoyens américains. A plusieurs reprises, il a mentionné une fusillade similaire à Dunblane en Ecosse en 1996 et souligné que les autorités britanniques avaient pris des mesures sévères pour prévenir ce type de massacre. Aujourd'hui, le Royaume-Uni compte, selon Piers Morgan, 35 meurtres par armes à feu par an contre plus de 11000 aux Etats-Unis.
Lundi soir, le journaliste britannique a invité un fervent défenseur des armes, l'animateur radio Alex Jones, qui a lancé une pétition pour expulser Piers Morgan du territoire américain, car il a osé s'en prendre au second amendement de la Constitution protégeant le droit du port d'arme. La pétition a déjà récolté plus de 100 000 signatures et la Maison-Blanche sera amené à y répondre.
En se rendant à New York dans les studios de CNN, Alex Jones, fondateur du site internet InfoWars.com, a été momentanément arrêté par les autorités aéroportuaires de Austin-Bergstrom pour avoir refusé d'enlever ses chaussures avant de passer la sécurité. Voici un extrait de l'interview pour le moins difficile d'Alex Jones par Piers Morgan:
C'est l'estimation que fait le Bipartisan Policy Center de Washington au sujet du niveau de la dette américaine et la capacité du
gouvernement américain de remplir ses obligations pour financer les activités de l'Etat. Comme le souligne le Washington Post, la limite de 16400 milliards de dollars a déjà été atteinte le 31 décembre dernier, mais le Département du Trésor est en mesure d'entreprendre différentes mesures comptables pour repousser l'échéance. Selon le Bipartisan Policy Center, ces artifices ne permettront toutefois pas à l'Amérique de jouer avec le plafond de la dette américaine au-delà du 15 février. C'est beaucoup plus tôt que prévu et les discussions entre le Congrès et la Maison-Blanche promettent d'être très animées.
Leader républicain du Sénat, Mitch McConnell l'a déclaré dimanche à la télévision: tous les moyens sont bons pour forcer Barack Obama à couper de façon drastique dans les dépenses sociales, y compris un défaut de paiement des Etats-Unis. Un tel cas de figure a d'ailleurs failli survenir en été 2011, mais a pu être évité de justesse. L'épisode coûta néanmoins une dégradation de la note de la dette américaine par l'agence de notation Standard and Poor's de AAA à AA+. Quant au président, il a déjà annoncé qu'il refusait de négocier les questions budgétaires sur la base du plafond de la dette que nombre de républicains (photo: le président de la Chambre des représentants John Boehner et le leader républicain Eric Cantor/Alex Wong/AFP) disent ne pas vouloir rehausser. Or comme le disait un expert sur une chaîne câblée, le plafond de la dette est l'illustration du passé (ce que l'Etat américain a déjà emprunté) alors que les problèmes budgétaires à résoudre concernent l'avenir: anticipation du vieillissement de la population, explosion des coûts de la santé et des dépenses sociales. Prendre le second problème en otage en usant du plafond de la dette, c'est confondre manifestement les priorités.
Les Américaines ont joué un rôle majeur dans la réélection de Barack Obama à la Maison-Blanche le 6 novembre dernier en étant 55% à voter pour lui contre 44% pour le républicain Mitt Romney. Durant la campagne électorale, le président n'a cessé de souligner l'importance de l'égalité entre hommes et femmes. Aujourd'hui, après la nomination du républicain Chuck Hagel à la tête du Pentagone et John Brennan à la direction de la CIA, plusieurs femmes ne cachent pas leur déception. Barack Obama n'a, selon elle, pas tenu parole.
En nommant Michelle Flournoy (photo Andy Wong/Pool/AFP) secrétaire à la Défense, Barack Obama aurait permis pour la première fois à une femme d'occuper la fonction. Il a préféré nommer pour la première fois un vétéran du Vietnam. Michelle Flournoy avait pourtant acquis ses lettres de noblesse en tant que secrétaire adjointe à la Défense en 2009 et a conseillé le président lors de sa dernière campagne présidentielle. A l'heure où les droits des femmes sont malmenés, notamment dans les pays qui ont connu le Printemps arabe en 2011, plusieurs femmes estiment que nommer l'une d'elles à la tête du Pentagone aurait été un message fort envoyé hors des Etats-Unis. Certains avanceront que le cabinet Obama fort de 15 membres comprend trois femmes à des postes importants: Janet Napolitano qui dirige le Département de la sécurité intérieure (Homeland Security), Susan Rice, ambassadrice auprès des Nations unies à New York et Kathleen Sebelius, secrétaire à la Santé.
Avec le départ de Timothy Geithner, la Maison-Blanche doit encore nommer un nouveau secrétaire au Trésor. Mais là encore, il y a peu de chance que l'honneur soit réservé à une femme. A en croire les spécialistes, le cabinet d'Obama II pourrait être moins diversifié en termes de composition que ceux de George W. Bush. Ce fait ne va pas sans rappeler le livre du journaliste Ron Suskind, "Confidence Men", dans lequel il laissait plusieurs femmes de l'administration Obama dénoncer le sort qui leur était réservé face à des mâles tels que Lawrence Summers ou Rahm Emanuel. Dirigeant en 2009 les conseillers économiques de Barack Obama, Christina Romer aurait déclaré (même si elle nia avoir tenu de tels propos) à une source de Ron Suskind qu'elle avait eu le sentiment d'avoir été traitée comme un "morceau de viande".
Les époux Frederick et Kimberly Kagan travaillent tous deux pour des think tanks de Washington, l'American Enterprise Institute et l'Institute for the Study of War. Les deux sont considérés comme des faucons néoconservateurs. Ils se sont pourtant portés volontaires pour évoluer "en zone de guerre" aux côtés du général David Petraeus qui était le commandant en chef des forces de la coalition internationale en Afghanistan. Sans toucher le moindre dollar du gouvernement américain.
Cette apparente générosité est troublante quand on se penche de plus près sur ce que les Kagan ont fait pendant près d'un an au quartier général de David Petraeus. Le Washington Post a enquêté. En résumé, ils avaient les accès à des zones ultra-sécurisés, pouvaient participer à des séances sur la stratégie, pouvaient lire des rapports des renseignements remplis d'informations classifiées. Les hauts responsables de la Maison-Blanche et du Pentagone n'étaient pas au courant de l'étendue des accès accordés aux Kagan. Aujourd'hui, des avocats de l'armée analysent ce qui s'est vraiment passé.
En Afghanistan, les Kagan n'avaient pas à suivre une procédure particulière pour accéder à Petraeus. Ils pouvaient lui poser directement leurs questions. Ils ne figuraient nulle part dans l'organigramme de la chaîne de commandement et des officiers sur place s'en sont étonnés. D'autres ont salué le travail qu'ils accomplissaient sept jours sur sept et parfois 18 heures par jour. Au fil du temps, les Kagan ont même eu droit à des places de travail dans le bureau du Strategic Initiatives Group, le groupe de réflexion interne au commandement. David Petraeus s'est chargé de changer leur badge de sécurité pour le faire passer de "secret" à "top secret/information sensible compartimentée", le plus haut niveau connu au sein du gouvernement américain. Cela leur a permis d'accéder au "pit", le Centre hautement sécurisé des opérations conjointes de renseignements. Ils y ont pu lire des transcriptions de conversations téléphoniques ou radio de talibans enregistrées par l'Agence américaine de sécurité nationale. Un colonel américain sur place l'avoue: "Les Kagan ont fait un excellent travail. (...), mais la situation était très très étrange. Ce n'est pas ainsi qu'on gère un QG."
Frederick et Kimberly Kagan ont beaucoup écrit sur les questions de sécurité nationale. Universitaires peu connus diplômés de Yale et de West Point, ils sont devenus de vrais amis de David Petraeus. Mais leur aventure afghane pose de nombreuses questions. Ainsi, grâce à cette proximité, Kimberly Kagan a pu attirer des sociétés de sécurité privées qui financent l'Institute for the Study of War. Le Washington Post se demande par ailleurs si David Petraeus, que le patron de Fox News aurait bien aimé inciter à se lancer dans la course à la Maison-Blanche pour les républicains, n'a pas profité de la présence des Kagan pour accroître le soutien à sa stratégie militaire auprès des responsables républicains du Congrès.
Quand le président Barack Obama commença à parler de réduire la présence américaine en Afghanistan, David Petraeus a accentué les attaques des bastions d'insurgés. Les Kagan appelaient une telle stratégie de leurs voeux et se sont mis à analyser le réseau Haqqani supposé être soutenu par les services de renseignements pakistanais. Pour eux, ils fallaient attaquer ce réseau. Ils partagèrent leurs vues avec des officiers de terrain qui s'étonnèrent de cette attitude. "Cela créa une grande confusion", releva l'un d'eux, ne sachant plus si les Kagan parlaient en leur nom ou au nom de Petraeus.
Aujourd'hui, l'accès privilégié qu'a eu Paula Broadwell au général Petraeus pour écrire une biographie, paraît mineure en comparaison des Kagan. Sur les chaînes de télévison américaines, certains commentateurs se demandent si David Petraeus a joué franc jeu. Ils s'interrogent sur sa loyauté envers le président Barack Obama quand il était encore commandant en chef en Afghanistan. Maintenant qu'il a démissionné de son poste de patron de la CIA cet automne, l'enquête du WP prend un relief tout particulier.
Voici les explications de l'enquêteur du Washington Post:
La tragédie de Newtown (photo John Moore/Getty Images/AFP), où 20 enfants de 6 et 7 ans et huit adultes (y compris le tueur et sa mère) ont été tués vendredi par un jeune homme de 20 ans armé de deux pistolets et d'un fusil d'assaut, donne lieu à d'étonnants retournements face à l'indignation de l'opinion publique américaine. Quelques exemples:
- Mardi, le gouverneur républicain du Michigan, Rick Snyder, a opposé son veto à une loi qui a été adoptée un jour avant la tuerie par le Congrès de l'Etat du Michigan, dominé par les républicains. Cette loi prévoyait d'autoriser les armes dans les écoles, les églises et les écoles maternelles.
- La Caisse de pension des enseignants de l'Etat de Californie (CalSTRS) a décidé de revoir son investissement de 751 millions de dollars réalisé cet année avec la société de capital-investissement Cerberus Capital Management qui a le contrôle de la société Bushmaster, celle qui produit le fusil d'assaut utilisé par le tueur vendredi dernier à Sandy Hook, l'école primaire de Newtown. A la suite de ces pressions, Cerberus s'est sentie obligée de réagir publiquement en déclarant qu'elle allait se retirer de la société Bushmaster.
- Barack Obama a dit qu'il soutenait la démarche de la sénatrice Dianne Feinstein visant à proposer un projet de loi dès le 3 janvier au Congrès pour interdire les fusils d'assaut. Il a par ailleurs réuni plusieurs responsables de son administration (sécurité, santé, etc.) pour élaborer un plan "hollistique" pour répondre à la tragédie de Newtown.
- Plusieurs pétitions, dont certaines postées sur le site de la Maison-Blanche, ont récolté plusieurs centaines de milliers de signatures pour changer la législation en matière de port d'armes.
- La National Rifle Association (NRA) s'est enfin exprimée après un silence assourdissant, déclarant: "Par respect pour les familles et par décence, nous avons pris le temps du deuil, de la prière et le temps de voir l'enquête menée à bien avant de faire un commentaire." Certains critiques estiment que la NRA attend que l'émotion se tasse pour reprendre l'initiative et combattre les différents projets visant à durcir le contrôle des armes.
- Plusieurs foires des armes à Westchester et ailleurs ont été annulées.
Bémol: le gouverneur du Texas, Rick Perry, a affirmé qu'il soutenait le droit pour les instituteurs de porter leur arme s'ils ont un permis.
C'est une publicité d'une société de télécommunications polonaise, Plus, qui utilise le nom du président américain, Obama, pour promouvoir une offre spéciale pour smartphone et tablette de type iPad. Car Oba ma en polonais signifie "il a les deux". Comme le raconte Buzzfeed, la publicité met en scène le président américain, qu'on ne voit toutefois pas à l'écran et qui remercie un associé polonais.
Voici la traduction de la conversation réalisée pour Buzzfeed par la journaliste polonaise Paulina Kozlowska:
- Oba ma? (Il a les deux) - Oui - Smartphone ma? (dit de façon un peu barbare: vous avez un smartphone?) - Oui - Tablet ma? (vous avez une tablette?) - Oui. - Alors qu'est-ce que vous dites? - Dziekuję - Thank you (avec un fort accent américain).
Pour Barack Obama, cette publicité est plutôt une bonne nouvelle. La Pologne a été longtemps une alliée proche de l'Amérique de George W. Bush.
Aujourd'hui, les tensions entre Washington et Téhéran ont rarement été aussi fortes. D'un côté, le régime iranien continue d'enrichir de l'uranium à des fins que beaucoup jugent militaires. De l'autre, Washington a tout fait à l'ONU à New York pour imposer les sanctions les plus dures jamais appliquées à la République islamique. Avec Israël, les Etats-Unis ont aussi entamé une guerre cybernétique en développant un virus informatique, Stuxnet, qui a dévasté une partie des installations nucléaires iraniennes.
Et pourtant, dans un reportage remarquable que vient de diffuser la chaîne publique PBS (Public Broadcasting Service) intitulé The Iranian Americans, on y découvre la manière dont des dizaines de milliers d'Iraniens qui ont quitté leur pays à l'époque de la révolution, en 1979, se familiarisent avec la société américaine. Un interlocuteur ne s'en cache pas: la plupart des Iraniens immigrés avaient longtemps une "suitcase mentality". Ils n'étaient pas prêts à défaire leurs valises, sûrs qu'un jour ils retourneraient au pays. Une Iranienne, dont les enfants sont nés aux Etats-Unis, qui y a fait ses études et qui se sent très bien en Amérique, rêve néanmoins de retourner dans son pays. Elle n'a pour l'heure toujours pas pu se rendre sur la tombe de sa mère décédée voici 21 ans. Et son père, qui vit toujours en Iran, est âgé de 94 ans.
Ce qui a frappé une bonne partie des immigrés iraniens, c'est la notion de famille qui n'est pas du tout la même aux Etats-Unis. Pour les Iraniens, elle est centrale. Quand ils sont arrivés aux Etats-Unis, tout le monde ne les a pas accueillis les bras ouverts. Sur les routes, des slogans disaient: "Iranians go home". Aujourd'hui, ils sont très intégrés. Jimmy Delshad, qui quitta Shiraz à l'âge de 19 ans, en est l'un des exemples les plus parlants. Il est devenu le premier maire irano-américain des Etats-Unis, à Beverly Hills. Juif persan, il estime que les Iraniens ont bien réussi dans le monde de l'économie, mais qu'ils se doivent de s'impliquer dans la vie politique américaine.
Culturellement, Firouz Naderi, ingénieur à la NASA, ne s'est jamais vraiment demandé s'il était plus Iranien ou plus Américain. "Je suis comme un œuf brouillé", dit-il. Il se sentait d'ailleurs plutôt distant de la culture iranienne jusqu'en 2000. A cette date, il devint le chef du programme spatial de Mars élaboré par la NASA. La nouvelle lui valut une avalanche de réactions d'Iraniens d'Iran, mais aussi de la diaspora qui exprimaient à quel point ils étaient fiers de voir l'un des leurs accéder à un poste aussi prestigieux. Le phénomène lui fit prendre conscience de son iranité.
Le Département d'Etat vient d'annoncer lundi que vient d'être achevé le rapport sur la tragédie de Benghazi, où quatre Américains dont l'ambassadeur américain en Libye Christopher Stevens furent tués lors d'un raid de salafistes contre le consulat américain. Il met un point final à l'enquête dirigée par l'ancien ambassadeur Thomas Pickering et par l'amiral et ex-chef de l'état-major interarmées Mike Mullen. Divisé en une partie classifié et une partie non classifiée, il sera distribué au Congrès cette semaine. Les journalistes pourront aussi en prendre connaissance, mais devront se contenter de lire la partie non classifiée.
Le rapport devrait apporter une lumière nouvelle sur les événements de Benghazi qui ont été l'un des principaux chevaux de bataille des sénateurs républicains John McCain et Lindsey Graham (photo Kevin Lamarque/Reuters) durant la campagne présidentielle. Pour les deux membres du Congrès, la Maison-Blanche, par l'intermédiaire de l'ambassadrice américaine à l'ONU à New York Susan Rice, aurait caché le fait que l'attaque de Benghazi relevait d'un acte terroriste et non d'une réaction spontanée à la diffusion d'une vidéo anti-Islam. Pour John McCain, qui a fait de l'affaire un combat personnel et obsessionnel, il s'agit d'une question de respect pour quatre citoyens qui ont donné leur vie pour l'Amérique.
Plusieurs observateurs de la vie politique américaine auraient aimé aussi entendre John McCain et Lindsey Graham intervenir ces jours-ci pour condamner la violence des armes à feu après la terrible fusillade dans l'école primaire Sandy Hook à Newtown dans le Connecticut. 20 enfants âgés de 6 et 7 ans et sept adultes ont été massacrés par un jeune homme de 20 ans qui a déchargé son fusil d'assaut Bushmaster dans l'établissement scolaire. Lindsey Graham n'a pas non plus été entendu. A croire que la National Rifle Association exerce toujours une influence certaine sur ces deux politiques jamais avares de condamnations.
L'élection de l'Afro-Américain Barack Obama à la Maison-Blanche fut une première historique en 2008. Sa réélection le 6
novembre 2012 fut tout aussi importante. Elle confirmait que ce n'était pas un accident de l'Histoire. Tim Scott, 47 ans (photo Mike Segar/Reuters), de Caroline du Sud, est le premier Noir du Sud des Etats-Unis qui siégera au Sénat à Washington. Il vient d'être désigné par la gouverneure (d'origine indienne) Nikki Haley qui a hérité de ce pouvoir quand le sénateur du Tea Party Jim DeMint a annoncé sa démission pour aller diriger le groupe de réflexion conservateur Heritage Foundation. Il sera le seul Noir au Sénat et le septième Afro-Américain à pouvoir siéger à la Chambre haute du Congrès.
La Caroline du Sud a été pourtant un Etat très ségrégationniste, contestant l'extension des droits civiques jusque dans les années 1960. L'un de ses sénateurs, James Strom Thurmond, qui a toujours refusé l'étiquette de raciste, a pourtant contesté la fin de la ségrégation et s'est opposé au Civil Rigths Act de 1964 et au Voting Act de 1965. La nomination de Tim Scott, qui pourra siéger au Sénat jusqu'à la prochaine élection du Sénat en 2014, montre le chemin parcouru par la Caroline du Sud.
Un autre aspect de la désignation de Tim Scott attire l'attention: ce dernier, qui siège actuellement à la Chambre des représentants, n'est pas démocrate. Or on sait que 93% des Afro-Américains ont soutenu Barack Obama en novembre dernier. Il est très conservateur et a été soutenu par le Tea Party, un mouvement qui défend plutôt les intérêts des Blancs. Il est pour une réduction importante des dépenses et des impôts. Il serait prêt à faire abroger l'ObamaCare, la réforme de la santé et plébiscite la loi anti-immigration d'Arizona. Autre ironie: c'est précisément l'un des chantres du Tea Party, Jim DeMint, qui lui ouvre les portes du Sénat.
C'est le site internet du Daily Beast qui a compilé plusieurs histoires poignantes au sujet des victimes de la tragédie de l'école primaire de Sandy Hook, à Newtown (photo Emmanuel Dunand/AFP). En voici un extrait:
Dawn Hochsprung
was a beloved principal who lost her life trying to lunge at the
gunman. Jesse Lewis was praised as always being able to “put a smile on
your face.” Jessica Rekos dreamed of horses and asked for new cowgirl
boots and a hat this Christmas. See photos of the victims, young and
old, who tragically lost their lives on Friday at Sandy Hook Elementary.
Charlotte Bacon, 6
On
Friday morning, Charlotte Bacon begged her mother to let her wear a new
pink dress and white boots to school—her Christmas outfit—and won. “She
was going to go some places in this world,” her uncle said in an interview with Newsday.
The Bacon family tragedy could have been worse yet—Charlotte’s older
brother, Guy, also attended Sandy Hook but survived the attack.
Daniel Barden, 7
Daniel Barden’s father, a longtime area musician,
affectionately called his red-headed boy “Daniel the Maniel” on his
blog, and Daniel and his family would often go to his father’s shows.
“Words really cannot express what a special boy Daniel was…a constant
source of laughter and joy. He earned his ripped jeans and missing two
front teeth. Despite that, he was, as his mother said, ‘Just so good.’
He embodied everything that is wholesome and innocent in the world. Our
hearts break over losing him,” the Barden family wrote of their son.
Olivia Engel, 6
Olivia Engel’s parents, too distraught to speak in public, asked a cousin to relay some memories
about their little girl to the press. The brightly smiling child seen
in pictures loved school, drawing, soccer, and theater, and danced
ballet and hip-hop. Olivia had landed the role of an angel at a nativity
performance on Friday night, which she had been looking forward to. On a
Facebook memorial, one post remembered
her bright demeanor: “I can not stop thinking about her beautiful
smile, her sweet voice, and her infectious laugh. Heaven got a beautiful
little angel and I know her grandpa is loving every moment, getting to
know this precious little girl.”
Josephine Gay, 7
Josephine Gay had just celebrated her seventh birthday three days before she was tragically killed in the Sandy Hook shooting.
Ana Marquez-Greene, 6
Ana
Marquez-Green moved to Newtown just this past summer from Manitoba,
Canada, with her parents and older brother. “As we work through this
nightmare, we’re reminded how much we’re loved and supported on this
earth and by our Father in heaven. As much as she’s needed here and
missed by her mother, brother and me, Ana beat us all to paradise. I
love you sweetie girl,” her father, Jimmy Greene, a jazz saxophonist,
wrote on his Facebook page. Ana’s brother, 9-year-old Isaiah, escaped
the school unharmed. A friend of the family described
Ana and her brother as “really talented, beautiful children.
Picture-book children and obedient and spiritual—you know, the kind of
kids you want moving in next door.”
Dylan Hockley, 6
The
Hockley family moved to Connecticut almost two years ago from England,
where they had lived for the last 18 years. Tragically, on Friday,
6-year-old Dylan was killed at Sandy Hook Elementary by a man who lived just 100 feet
from the Hockleys’ house. “I didn’t know there was a killer in my
street,” Dylan’s devastated mother reportedly told his grandmother.
“Dylan was a lovely boy. He had dimples and blue eyes and a mischievous
grin,” his grandmother told the Daily Mail. “We are shattered and will never be the same.”
Madeleine Hsu, 6
Catherine Hubbard, 6
“We
are greatly saddened by the loss of our beautiful daughter, Catherine
Violet, and our thoughts and prayers are with the other families who
have been affected by this tragedy,” Jennifer and Matthew Hubbard said in a statement. “We ask that you continue to pray for us and the other families who have experienced loss in this tragedy.”
Après avoir parlé aux familles des victimes en marge des projecteurs, le président Barack Obama a livré un hommage remarqué aux victimes de la fusillade de Sandy Hook, l'école primaire de Newtown, dans un collège de Newtown où s'étaient rassemblés les familles et parents des 26 personnes, dont 20 enfants, tuées dans l'établissement scolaire.
Ferme, mais ému, optimiste mais fatigué par la série de fusillades qui a endeuillé l'Amérique depuis qu'il est arrivé à la Maison-Blanche en janvier 2009, Barack Obama a exhorté au changement. Le massacre de vendredi ne doit en aucun cas être le prix de la liberté (de porter des armes). Le président a bien mis en évidence que le problème de la violence aux Etats-Unis ne relève pas d'un seul facteur et qu'il fallait désormais se mettre à la tâche sans tarder. Il a déclaré qu'il allait utiliser le pouvoir de sa fonction pour tenter de changer les choses. La prudence de la Maison-Blanche est de rigueur pour deux raisons: le pays n'a jamais été autant polarisé politiquement et la question du contrôle des armes demeure un tabou au sein d'une partie de la population américaine.
A la fin de son intervention, Barack Obama a prononcé les noms de toutes les victimes.
Après l'horreur, la peur. Alors que la petite ville de Newtown (27000 habitants) dans le Connecticut est en deuil et tente de surmonter la terrible épreuve que fut la fusillade dans une école primaire, où 26 personnes furent tuées, dont 20 enfants âgés de 6 et 7 ans, des fidèles rassemblés dans l'église catholique St Rose de Lima ont dû être évacués. Un individu a proféré des menaces par téléphone.
La police et les autorités n'ont pas tardé avant d'évacuer l'église alors que le président des Etats-Unis allait arriver dans l'après-midi à Newtown pour s'entretenir avec les familles des victimes. Après le massacre du Virginia Tech en 2007, la tuerie de l'école primaire de Sandy Hook à Newton est la deuxième fusillade la plus meurtrière dans l'Histoire des Etats-Unis.
Quelques heures après la fusillade à l'école primaire de Sandy Hook (photo Emmanuel Dunand/AFP), à Newtown dans le Connecticut, les médias (y compris Le Temps) ont rapidement fait circuler une information en provenance des enquêteurs selon laquelle le suspect du massacre était Ryan Lanza, 24 ans. Un peu moins d'une heure après cette nouvelle, les enquêteurs fournissent aux journalistes une information qui contredit ce fait. Le suspect serait en réalité son frère, Adam Lanza, 20 ans.
Apparemment, Adam Lanza, qui semble désormais être le suspect numéro un, portait des documents d'identité de son frère Ryan au moment de la tuerie. Pour tenter de corriger le tir alors que son nom a déjà fait le tour de la planète, Ryan Lanza a clamé son innocence sur sa page Facebook, pointant du doigt les journalistes et précisant qu'il était dans un bus au moment des faits. Le jeune homme habite d'ailleurs à Hoboken, dans le New Jersey.
Dans l'après-midi, la direction du Washington Post s'est empressée d'avertir la rédaction du fait que Ryan Lanza pourrait ne pas être l'auteur présumé du massacre. Si cela devait se confirmer, terrible méprise des enquêteurs et des journalistes.
La tragédie de Newtown (photo Don Emmert/AFP), où 20 enfants et six adultes ont été tués par un jeune homme de 20 ans armé de deux pistolets et d'un fusil semi-automatique, a provoqué un choc énorme en Amérique. Le gouverneur du Connecticut l'a lui-même exprimé dans une allocution prononcée quelques heures après le drame: il ne pensait pas vivre un moment aussi tragique après les attentats du 11 septembre 2001.
Sur Twitter, les comparaisons avec 9/11 abondent. Voici quelques tweets qui l'illustrent:
Après 9/11, tout a changé (Patriot Act, Sécurité/Aéroports,etc.) Après une enième fusillade, rien ne change.Pourquoi? #Newtown#USA
Dans un article publié dans le magazine Mother Jones, la journaliste Kiera Butler écrit: "J'ai trouvé quelques clés de lecture dans un article de 2011 publié dans l'American Psycholgist dans lequel Roxane Cohen Silver de l'Université de Californie-Irvine et Nancy Eisenberg, de l'Université de l'Etat d'Arizona fournissent un résumé utile de la recherche récente sur les réactions d'enfants aux attaques terroristes de 9/11. Même si les attentats du 11 septembre 2001 étaient une tragédie différente de celle de la fusillade de Sandy Hook (Newtown), la recherche n'en éclaire pas moins la manière dont les enfants digèrent un tel traumatisme.
Et la journaliste de poursuivre: "Voici l''un des principaux enseignements: regarder à haute dose la couverture télévisuelle d'événements traumatisants ne semble pas aider les enfants (et adultes) à gérer de telles situations. Selon une étude de 2007 réalisée par le Massachusetts General Hospital and Harvard Medical School, des chercheurs ont observé que les enfants qui ont le plus regardé la télévision avaient plus de risque de souffrir de syndrômes de stress post-traumatique dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre. Ils ont conclu que regarder de tels événements tragiques à la télévision suffit à causer des troubles de stress post-traumatiques au sein d'une population vulnérable que sont les enfants.".
Bien que les républicains aient boycotté l'enquête de trois ans menée par la Commission des renseignements du Sénat, celle-ci a néanmoins adopté, jeudi 13 décembre, un rapport de 6000 pages sur les techniques d'interrogation de la CIA utilisées avec des terroristes présumés. Mais le rapport, le plus complet sur les pratiques de la CIA dans la lutte contre le terrorisme, reste pour l'heure classifié.
Directeur général de Human Rights Watch, Kenneth Roth le souligne: "Le rapport du Sénat est d'une importance monumentale étant donné les nombreuses déclarations peu étayées précisant que la torture était indispensable aux succès des renseignements américains." Et Kenneth Roth d'ajouter: "Ce n'est qu'en publiant les faits et en comprenant les erreurs passées que les décideurs politiques pourront garantir que de telles politiques de sécurité nationale illégales et destructrices ne soient plus jamais menées."
La présidente de la Commission du Sénat, Dianne Feinstein a déclaré à l'issue du vote:"Je crois fermement que la création de "sites noirs" clandestins de
long terme et l'utilisation de techniques d'interrogation musclées ont
été de terribles erreurs" (photo: un détenu après une séance d'interrogation sur la base américaine de Guantanamo, Cuba/Marc Serota/Reuters). La démocrate californienne a également estimé, à titre personnel mais sur la base du
rapport d'enquête, que l'utilisation de ces techniques, notamment celle
de la simulation de noyade, n'avait pas conduit à des renseignements
ayant permis de localiser Oussama ben Laden, tué en 2011 au Pakistan
lors d'un raid des Navy Seals, des troupes d'élite américaines.
Le rapport va désormais être remis à des responsables de l'administration Obama qui devront décider de la déclassification ou non du document. Lors du vote à 9 sénateurs contre six, tous les républicains sauf un ont voté contre l'adoption du rapport. Dans le camp républicain, certains estiment que la torture, la simulation de noyade par exempe, reste un moyen efficace pour obtenir des informations précieuses de terroristes présumés, même si le rapport dit le contraire. Quand Oussama ben Laden, le chef d'Al-Qaida fut capturé et tué, le 1er mai 2011, l'ex-vice-président de George W. Bush, Dick Cheney, s'était empressé de déclarer que le succès de l'opération avait été rendu possible grâce à la torture.
Le bureau du recensement américain a publié mercredi de nouvelles prévisions démographiques (photo Kevork Djansezian/Getty Images/AFP) pour les Etats-Unis. NPR, qui a pris connaissance des projections du US Census Bureau, relève quelques évolutions impressionnantes. La population de 65 ans et plus va plus que doubler entre 2012 et 2060 pour passer de 43,1 millions à 92 millions de personnes. A l'heure où les membres du Congrès se demandent s'il faut réformer Medicare (l'assurance maladie étatique pour les plus âgés) et Social Security (la retraite), ces données devraient donner à réfléchir.
Un Américain sur cinq sera "âgé" en 2060. En parallèle, la population blanche (non hispanique) va régresser. La régression se chiffrera à 20,6 millions de personnes pour la période 2024-2060.
Le fait le plus marquant est sans doute l'évolution démographique des Hispaniques. Lors des 48 prochaines années, la population des Latinos va plus que doubler, faisant un bond de 53,3 millions aujourd'hui à 128,8 millions en 2060. A cette date, un Américain sur trois sera Hispanique.
Deux autres groupes ethniques vont aussi voir leur population augmenter: les Afro-Américains, dont la part de la population totale va passer de 13,1% à ce jour à 14,7%. Les Asiatiques vont passer de 5,1% à 8,2% durant la même période.
Au total, les Etats-Unis comptent 320 millions d'habitants. En 2051, ils en comprendront plus de 400 millions.
L'une se nomme Melina Mara et l'autre Nikki Kahn. Elles sont toutes deux photographes pour le Washington Post. La première a couvert la campagne du républicain Mitt Romney, la seconde celle du démocrate Barack Obama. Melina Mara décrit l'ex-gouverneur du Massachusetts comme un être amusant. Il est fascinant, dit-elle, de regarder la relation entre Mitt Romney et ses conseillers. Il aime savoir qui vous êtes et s'intéresse aux gens, poursuit-elle. Il est tolérant envers ceux qui ne "sont pas parfaits". Melina Mara relève aussi que la campagne républicaine a un peu vite cru qu'elle allait gagner.
Nikki Kahn a aussi couvert la campagne électorale de 2008 et elle l'avoue: 2012 fut très différent. Barack Obama n'est pas parvenu à créer le même enthousiasme. "Je pense que je ne vivrai plus cet engouement au sujet d'un candidat" tel qu'en 2008. Le moment fort, se souvient-t-elle, est le dernier meeting électoral de Barack Obama en Iowa quand des larmes ont coulé le long de la joue gauche du démocrate en plein discours.
Le président Barack Obama n'a pas toujours été épargné par le climat. Au Congrès, son plan d'instaurer une bourse de carbone pour lutter contre le réchauffement climatique fut un échec. A Charlotte, en août, lors de la convention démocrate, son équipe a dû changer de plan au dernier moment pour que le président tienne son discours dans une salle et non dans un stade à ciel ouvert. Les orages menaçaient, à moins que les démocrates souhaitaient éviter d'avoir un stade à moitié plein. Lors de son investiture (photo Mark Ralston/AFP) en 2008, Washington était frappée par une vague de froid glaçante.
Les responsables de la logistique à Washington craignent un Snowmadeggon, une apocalypse sous forme de tempête de neige. Comme le raconte le Washington Post, les organisateurs de la cérémonie d'investiture de Barack Obama II, qui doit se tenir le 21 janvier prochain, envisagent déjà l'option de rapatrier l'événement à l'intérieur même du Capitole, dans un espace dénommé la Rotonde sous la grande fresque de la voûte intitulé "l'Apothéose de Washington".
Les mauvaises langues avanceront qu'une telle option n'est pas plus sûre. Le toit du Capitole fait état de quelque 1300 fissures. Des ornements, près de la fresque, ont rouillé. Et le Congrès, qui est en train de négocier un plan d'austérité avec le président Barack Obama, est en manque d'argent. Faute d'accord politique!
Deux présidents durent déplacer la cérémonie d'investiture en raison des frimas de l'hiver: Ronald Reagan en 1985, où la température fut de -14 degrés sur le coup de midi, et Howard Taft. Quand John F. Kennedy fut intronisé en 1961, la cérémonie eut bien lieu à l'extérieur, mais elle fut perturbée par une vraie tempête de neige. Ajoutant un peu de piment à l'événement, un chauffage portable prit feu durant la cérémonie.
Quant à la prestation de serment, Barack Obama aura la chance de s'approcher d'une figure américaine qu'il admire, Franklin Roosevelt. Celui-ci prêta quatre fois serments car il obtint quatre mandats consécutifs. Pour l'actuel président, qui entame son second mandat, l'histoire est un peu différente. En 2008, en raison d'une bourde du président de la Cour suprême, John Roberts, lors de la cérémonie publique, le président noir dut à nouveau se soumettre à l'exercice en cercle plus restreint. Et en 2013, la Constitution prévoit que l'investiture se déroule le 20 janvier. Mais comme cela tombe un dimanche, les autorités américaines ont décidé d'organiser l'événement le lundi 21 janvier. Barack Obama prêtera donc serment le dimanche devant la Cour suprême et le lundi devant le Congrès.
Les autorités américaines expliquent les enjeux des préparatifs de la cérémonie d'investiture et de la parade présidentielle:
Regard de Stéphane Bussard, correspondant du Temps aux Etats-Unis sur une Amérique innovante, audacieuse, mais que l'explosion des inégalités sociales a fini par faire douter de sa capacité à se réinventer, une Amérique désormais écartelée entre deux visions diamétralement opposées de son avenir.