Adam Kokesh (photo Tim Sloan/AFP) n'a pas froid aux yeux. Ancien combattant en Irak et animateur d'une radio internet, il s'active pour organiser une marche "contre
la tyrannie" le 4 juillet prochain, jour de l'indépendance américaine. Il ne spécifie pas que la manifestation est destinée à réaffirmer les droits des propriétaires d'armes à feu. 2500 personnes ont déjà signalé leur volonté de participer à la marche avec des fusils chargés.
Les autorités de Washington en ont déjà froid dans le dos. Dans le district de Columbia, les habitants ont le droit d'avoir une arme sur leur propriété, mais ne peuvent pas la porter en public. Or le groupe d'Adam Kokesh prévoit d'accéder à la capitale en marchant sur le pont menant d'Arlington à la capitale, le Memorial Bridge. La police a déjà prévenu: elle sera de l'autre côté du pont pour les accueillir. Avec des armes chargées.
Le 2e amendement de la Constitution autorisant le port d'armes est en train d'être interprété de façon littérale. Celui prévoit que les citoyens ont le droit d'avoir des armes à feu pour combattre un gouvernement qui deviendrait tyrannique. L'argument a toujours été avancé par les puristes du 2e amendement, mais depuis quelque temps, la notion de tyrannie du gouvernement est devenue dominante.
A-t-elle rédigé son discours elle-même? Sarah Palin, l'ex-candidate à la vice-présidence des Etats-Unis aux côtés du candidat présidentiel John McCain en 2008 a tenu un discours truffé de références historiques à Houston à la réunion annuelle de la National Rifle Association (NRA), le lobby des armes à feu. Elle a d'abord cité Shakespeare et Henri V, puis John Adams, sans oublier Margaret Thatcher qu'elle admire.
L'ex-gouverneure d'Alaska a aussi cité une autre personnalité américaine, Michael Bloomberg. Mais cette fois, c'était pour mieux fustiger son paternalisme visant à empêcher les jeunes de fumer en les exposant aux publicités et marketing de l'industrie du tabac. Pour rappel, Michael Bloomberg a aussi dépensé des millions de dollars en publicités pour inciter les citoyens à ne pas élire ou réélire des politiques qui ne souhaitent pas un minimum de contrôle des armes à feu.
Pour Sarah Palin, la liberté est codépendante de la moralité et de la religiosité. Or l'establishment de Washington, les "extrémistes de gauche" de New York, les médias vendus à la gauche, tous contribuent à saper la liberté, sans moral, ni religion.
C'est officiel. Le gouverneur du Maryland Martin O’Malley a promulgué jeudi 2 mai la loi SB 276 qui abolit la peine de mort. Cet Etat, qui entoure Washington et jouxte la Virginie est le sixième Etat en six ans à supprimer la peine capitale et le 18e au total. La tendance se poursuit, ce d'autant que la peine de mort n'est réellement appliquée que par quelques Etats. L’an dernier, 79% des exécutions ont eu lieu dans quatre Etats du Sud, le Texas, l’Oklahoma, le Mississippi et l’Arizona. En 2012 et 2011, les Etats-Unis ont exécuté au total 43 personnes. Elles étaient encore 85 en 2000. Depuis 1973, 142 personnes ont été extraites des couloirs de la mort après avoir pu prouver leur innocence.
Le Maryland a appliqué la peine capitale pour la dernière fois en 2005 et compte aujourd'hui 5 condamnés qui croupissent encore dans le couloir de la mort. Ils ne sont pas concernés par la nouvelle loi. Chercheur en droit pénal à Human Rights Watch, Alba Morales estime que le gouverneur O'Malley peut s'imposer en politique visionnaire en "commuant la peine capitale de ces cinq hommes" en prison à vie sans possibilité de remise de peine.
Jeudi, Vicki Schieber (au centre sur la photo, à côté de son mari, à gauche et de Kirk Bloodsworth, à droite/photo Patrick Semansky/AP) a crié victoire. Cette Américaine de 70 ans milite depuis des années pour l'abolition de la peine capitale. Or sa fille Shannon, qui étudiait dans l'une des meilleures facultés d'économie du pays à Philadelphie, a été tuée par un criminel en 1998. Quinze ans plus tard, en février dernier, elle se confiait au Temps: "«Ce n’est pas ce qui vous arrive dans la vie qui importe,
c’est ce que vous en faites. La soif de vengeance peut vous détruire et
le système exacerbe ce sentiment. On dit aux familles des victimes
qu’une condamnation à mort va les apaiser. C’est tout le contraire.
Elles attendent dix ou vingt ans avant une éventuelle exécution. En ce
qui me concerne, un criminel a tué ma fille, je ne le laisserai pas
détruire ma famille.»
Kirk Bloodsworth (en pull bleu sur la photo) a vécu cet événement avec émotion. En 1984, ce Marine était condamné à mort pour le meurtre d'une petite fille. A tort. Avec l'avènement des tests ADN, il fut reconnu non coupable en 1993 après avoir passé 9 ans en prison. Alors que sa mère était en train de décéder, il n'a eu que cinq minutes pour la voir. Voici son témoignage:
C'était le dernier élément qui allait permettre au One World Trade Center, reconstruit sur le site de Ground Zero, de retrouver son statut de plus haut gratte-ciel de New York. Doté de sa flèche de 124 mètres, l'édifice longtemps appelé Freedom Tower, atteindra bientôt la hauteur de 1776 pieds (541 mètres). Une hauteur qui ne doit rien au hasard. 1776 est l'année de l'indépendance des Etats-Unis. Pour l'heure, la structure de 22 tonnes est placée sur une plate-forme provisoire.
Le One World Trade Center est haut de 104 étages. Conçu initialement par l'architecte Daniel Libeskind, il devait répondre à la Statue de la Liberté. En raison d'embrouilles, Libeskind s'est retiré du projet et c'est David Childs qui a pris le relais. Avec sa flèche, il sera vu de toute la région. "Une façon de dire que nous sommes de retour et meilleurs qu'avant", se réjouit Steven Plate, chef de la construction.
La rédactrice en chef de Vogue, Anna Wintour (photo Dimitrios Kambouris/Getty Images/AFP), aurait aimé promouvoir la diplomatie américaine sur les bords de la Tamise. Mais le président américain, Barack Obama, semble lui avoir préféré Matt Barzun, responsable des finances de la campagne électorale du démocrate et ex-ambassadeur des Etats-Unis en Suède de 2009 à 2011.
Après le désistement du milliardaire Marc Lasry pour le poste d'ambassadeur à Paris, les actions d'Anna Wintour remontent. Apparemment, l'administration de Barack Obama chercherait en priorité une femme pour le poste. Si cela devait se confirmer, la rédactrice en chef de Vogue devrait renoncer à une promotion qu'elle vient d'accepter: directrice artistique du groupe Condé Nast.
Le candidat malheureux à la Maison-Blanche Mitt Romney est peut-être moins engagé politiquement, mais il ne perd pas une occasion d'exprimer ses convictions profondes. Samedi dernier, le républicain prononçait le discours de la cérémonie de remise des diplômes de l'Université de Southern Virginia, une alma mater fréquentée avant tout par des mormons. S'adressant à des jeunes de moins de 20 ans, il a précisé que ce n'était pas une bonne idée d'attendre 30 voire 40 ans avant de se marier: "Je crains qu'ils vont manquer tellement de la vie", a-t-il déclaré à propos des jeunes dans la vingtaine qui ne sont pas près de se marier.
Le mormon Mitt Romney s'est référé à la Bible, qui prône le mariage. "Ecoutez", a demandé l'ex-gouverneur du Massachusetts, qui n'a pas raté l'occasion non plus de souligner à quel point il était enrichissant d'avoir des enfants. Les Américains avaient douté du conservatisme de Mitt Romney lors de la campagne présidentielle de 2012. Les voilà rassurés.
Le général Martin Dempsey n'a pas envie d'inscrire son nom dans l'histoire des Etats-Unis, affublé du qualificatif de tête brûlée. Mardi, devant des journalistes rassemblés par le Christian Science Monitor à Washington, le chef d'état-major interarmées a été très clair: "Si j'ai été prudent à propos du recours à la puissance militaire, c'est parce que je me demande si une intervention militaire produirait le résultat que non seulement les membres du Congrès, mais aussi chacun de nous souhaiteraient, à savoir la fin de la violence, une certaine réconciliation politique entre factions et une stabilisation de la Syrie. A mes yeux, il n'est pas évident que cela produirait un résultat [probant]."
Martin Dempsey relève que, pour la Syrie (photo Miguel Medina/AFP), le Pentagone continue de travailler sur toutes les options possibles, mais reconnaît qu'aucune d'elles n'est vraiment souhaitable, qu'il s'agisse de troupes sur le terrain ou de l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne.
Les trois géants de l'automobile aux Etats-Unis, General Motors, Ford (photo Scott Olson/Getty Images/AFP) et Chrysler ne se sont jamais portés aussi bien en même temps.
Pour la première fois depuis près de vingt ans, les trois constructeurs automobiles de Detroit ont regagné des parts de marché face aux concurrents japonais Toyota et Honda.
L'une des raisons de ce renouveau porte un nom: qualité. Les trois multinationales ont accompli d'énormes efforts afin d'améliorer leurs véhicules, qui ne tenaient pas la comparaison par rapport à leurs concurrents. Ford est le plus prospère et n'a jamais été autant rentable que lors du premier trimestre de cette année. Ses ventes pour le seul mois d'avril ont augmenté de 17%. La croissance de ses parts de marché s'est chiffrée, lors des trois premiers mois de 2013, à 0,7 point, contre 0,5 pour GM et 0,2 pour Chrysler.
Les trois constructeurs détiennent désormais 45,6% du marché américain. Selon Bloomberg, on est loin des 74,3% détenus à l'époque de la présidence de Bill Clinton, mais c'est mieux qu'en 2009 (43,8%).
Des aspects conjoncturels ont joué un rôle dans la montée en puissance des "Américaines". Le Japon a été fortement touché par la catastrophe de Fukushima. Mais il pourrait retrouver un regain de compétitivité grâce à l'assouplissement monétaire massif que la Banque du Japon est en train de mettre en œuvre. Les constructeurs japonais pourraient en bénéficier à hauteur de 1500 dollars par véhicule.
Sandra Day O'Connor (photo Karen Bleier/AFP) fut l'une des neuf juges de la Cour suprême nommée par le président Ronald Reagan en 1981. A la retraite depuis 2006, elle l'avoue douze ans après les faits au Chicago Tribune: "La Cour [suprême] aurait peut-être dû dire: non, nous ne nous saisissons pas de l'affaire, au revoir." L'affaire consistait à trancher l'élection présidentielle de 2000, et en particulier le vote de Floride. Le résultat fut très serré. Il le fut tellement que le démocrate Al Gore demanda un recomptage des votes. Mal organisée, la Floride procéda à plusieurs recomptages, mais aucun d'eux ne donna véritablement satisfaction et ne répondait à des critères clairs. Face à ce chaos démocratique, la Cour suprême s'est finalement emparée du cas et a sans doute pris l'une des décisions les plus controversées de son histoire en attribuant la victoire à George W. Bush.
Aujourd'hui, Sandra Day O'Connor, 83 ans, qui fut la première femme à siéger à la Cour suprême, confie ses regrets au quotidien de Chicago : "De toute évidence, la cour a pris une décision et pensait qu'elle devait le faire. Mais il s'est avéré que les autorités électorales de Floride n'avaient pas fait du bon travail et se sont emmêlé les pinceaux. La cour, en fin de compte, a sans doute aggravé le problème." L'ex-juge admet que l'affaire a terni la réputation de la Cour suprême. Mais elle a de fait voté en faveur de l'élection de George W. Bush dans ce qui fut, selon les observateurs, un vote fortement partisan.
Katherine Russell (photo Katie Zezima/AP/Keystone) a appris à la télévision, comme la plupart des Américains, que son mari et son beau-frère étaient les auteurs présumés des attentats de Boston. A 24 ans, la jeune Américaine, qui a rencontré Tamerlan Tsarnaev il y a trois ans et qui a eu une fille avec lui aujourd'hui âgée de 3 ans, n'aurait jamais souhaité une telle visibilité. Après un bref passage dans la maison où elle vivait avec le terroriste présumé, elle s'est désormais réfugiée chez ses parents dans la ville de Kingstown, à Rhodes Island.
Selon les médias américains, Katherine Russell a abandonné l'université peu après avoir rencontré Tamerlan Tsarnaev et sa vie semble avoir considérablement changé. Elle et s'est convertie à l'Islam et portait le hijab alors qu'elle n'attachait pas de véritable importance à la religion auparavant. La famille de Katherine Russell a rapidement publié un communiqué après les attentats de Boston relevant qu'elle "n'a jamais vraiment connu Tamerlan Tsarnaev".
La question que les enquêteurs se posent est claire: était-elle au courant des activités de son mari? A priori, elle était rarement à la maison, travaillant entre 70 et 80 heures par semaine, 7 jours sur 7, en tant qu'aide soignante à domicile. Fille de médecin, elle est décrite par son ancien professeur d'art comme une fille intelligente. C'est avant tout Tamerlan qui s'occupait la journée de leur fille. Ce dernier a-t-il préparé ses bombes à la maison? Si oui, Katherine Russell était-elle au courant? Si c'est le cas, elle pourrait être inquiétée par la Justice pour avoir caché une activité illicite.
Djokhar Tsarnaev, l'un des deux auteurs présumés des attentats de Boston, coopère avec la Justice. Gravement blessé à la nuque et
à une jambe, il était inconscient jusqu'à dimanche, soumis à de puissants sédatifs. Mais à son réveil (à l'hôpital Beth Israel Deaconess Medical Center de Boston/photo Michael Reynolds/EPA/Keystone), des agents du FBI ont commencé à l'interroger. Il a rapidement admis qu'il avait posé les bombes lors du marathon de Boston avec son frère qui était le "cerveau" de l'opération. L'Américain d'origine tchétchène, naturalisé en septembre 2012, a avant tout répondu en hochant la tête. Mais il néanmoins pu dire "non" quand un représentant de la Justice lui a demandé s'il pouvait se permettre les services d'un avocat. (voir la transcription de l'audience menée par les représentants de la Justice au chevet du suspect).
Le jeune Tsarnaev, 19 ans, a précisé qu'il n'avait aucun lien avec des organisations terroristes étrangères et qu'avec son frère, il s'était radicalisé par le biais d'Internet. La réponse de Djokhar Tsarnaev a en quelque sorte rassuré ceux qui voyaient déjà la patte d'Al-Qaida. Mais rien de garantit toutefois qu'il s'agisse de la vérité. Selon Robert Baer, ex-agent de la CIA, on n'apprend pas à fabriquer des bombes artisanales telles que celles qui ont explosé à Boston simplement en s'inspirant de manuels publiés sur Internet. "Il faut suivre un cours de plusieurs semaines au moins", souligne Robert Baer. Le spectre d'Al-Qaida n'est d'ailleurs pas loin. Les autorités canadiennes viennent de déjouer une tentative d'attentat dans un train de Toronto à destination de New York dont les auteurs présumés pourraient avoir le soutien de l'organisation terroriste.
L'un des chefs d'inculpation de jeune Américain relève de l'utilisation d'armes de destruction massive. La définition des ADM est toutefois très variable d'une agence à l'autre ou d'un Département à l'autre. Pour le FBI, les ADM peuvent être des bombes, des grenades, des mines, etc. Pour le Pentagone, il s'agit avant tout de moyens nucléaires, biologiques, bactériologiques, radiologiques. A Boston, les armes utilisés, hormis des explosifs et armes à feu, furent des cocottes-minutes remplies d'explosifs et de clous.
Donald Trump a souvent des déclarations de mauvais goût au plus mauvais moment. Tout le monde se rappelle ses propositions faites à Barack Obama si le président américain présentait son certificat de naissance au public: le milliardaire new-yorkais lui donnerait cinq millions pour l'oeuvre de charité de son choix.On était alors en pleine campagne électorale en 2012.
Mais le magnat de l'immobilier (photo Slaven Vlasic/Getty Images/AFP) a trouvé mieux. Parlant de l'auteur présumé des attentats de Boston qui est toujours en vie, Djokhar Tsarnaev, il a tweeté le message suivant: "Que pensez-vous de soumettre le tueur de Boston à la simulation de noyade avant de permettre aux docteurs d'améliorer son état de santé? Je suppose qu'il parlerait." Humour noir, sérieux. Avec Donald Trump, la frontière entre les deux est souvent ténue.
Les vidéos de surveillance de Lord & Taylor, dans la Boylston Street de Boston ont peut-être donné un indice sur le type de relation qu'entretenaient les deux frères. Tamerlan, 26 ans, était devant et Djokhar, 19 ans, derrière. Les amis de Tsarnaev semblent tous l'admettre. Tamerlan avait une vraie influence sur son frère qui s'est même accentuée depuis que leur père, Anzor, a quitté les Etats-Unis en 2012 pour aller habiter dans la capitale du Daguestan. Ses convictions religieuses sont devenues toujours plus ancrées
L'un des amis de Tsarnaev, Luis Vasquez, sortait souvent avec Tamerlan et était aussi ami avec l'une de ses deux soeurs. L'aîné de quatre enfants, il voyait comme un devoir de rappeler les racines tchétchènes à son frère et ses soeurs. Illustration des rapports de force. Un mariage arrangé attendait l'une des des soeurs en Tchétchénie, relève Luis Vasquez sur CNN. Tamerlan voulait s'assurer qu'elle allait s'y conformer. Or celle-ci aimait la liberté qu'offre la société américaine. Selon Vasquez, Tamerland n'aimait pas ça.
La police du Massachusetts vient de publier la vidéo de l'arrestation du jeune Djokhar, gravement blessé à la nuque et à la jambe. Selon des sources proches de l'enquête qui se sont confiées à la presse américaine, il aurait tenté de se suicider. La nature de la blessure le laisse entendre.
Dans les rues de Boston, les habitants du quartier de Watertown, cloîtrés chez eux pendant une bonne partie de la journée, ont fini par laisser exploser leur joie après avoir appris que Djokhar Tsarnaev., 19 ans, a finalement été arrêté après quelque 26 heures de chasse à l'homme menée par des milliers de policiers. "USA, USA, USA". La foule scandait plus qu'un slogan, elle exprimait la fierté d'un pays qui était venu à bout de deux terroristes présumés accusés d'avoir commis les pires attentats terroristes depuis les attaques du 11 septembre 2001.
Djokhar Tsarnaev. a été emmené à l'hôpital en ambulance (photo Robert Ray/AP/Keystone) dans un "état sérieux". Il aurait passé près de 24 heures avec de graves blessures et perdant du sang. Pour le FBI et les responsables de la lutte antiterroriste, il était cependant prioritaire d'arrêter vivant le jeune homme d'origine tchétchène, mais naturalisé Américain en 2011. Ils aimeraient pouvoir comprendre les raisons qui l'ont poussé, lui et son frère Tamerlan, 26 ans, à commettre un attentat qui a coûté la vie à 3 personnes et blessés plus de 170 autres, puis à tuer un autre policier lors d'échanges de coups de feu.
Après la mort de son frère Tamerlan, tué de plusieurs balles lors de violents affrontements avec la police au cours desquels des explosifs ont été utilisés, Djokhar Tsarnaev. était lui aussi blessé. Il a laissé des traces de sang derrière lui avant de se cacher dans un bateau à l'arrière d'une maison de Watertown. Au moyen d'images thermiques prises depuis un hélicoptère, les forces d'intervention ont pu vérifier les informations qu'avait transmises à la police un habitant du quartier qui avait découvert le jeune homme couvert de sang dans ledit bateau couvert d'une bâche.
Les deux jeunes semblent avoir été happés par la rhétorique islamiste si l'on en croit les traces qu'ils ont laissées sur Internet. Pour l'Amérique, il est particulièrement déstabilisant de constater que le plus âgé avait une carte verte. Il était un sportif désireux de vouloir participer aux Jeux olympiques en boxe. Le plus jeune, naturalisé américain voici deux ans, était décrit comme une personne très ouverte. Tous deux sont devenus des terroristes alors qu'ils vivaient aux Etats-Unis depuis près de dix ans. Luis Vasquez, un ancien ami de Tamerlan, ne comprend pas ce qui a pu se passer. Voici deux ans, il était encore en contact régulier avec lui avant que ce dernier disparaisse et passe six mois en Russie. Pour lui, les deux frères étaient tout à fait normaux. Certains témoignages s'interrogent toutefois sur l'attitude de la mère des deux Tsarnaev, qui aurait laissé entendre que les attentats du 11 septembre 2001 n'étaient qu'un complot du gouvernement américain pour s'en prendre aux musulmans. Aujourd'hui, la mère des Tsarnaev est retournée en Russie, au Daguestan.
Dans la soirée, Barack Obama a tenu à exprimer son "extraordinaire gratitude" à toutes les forces de l'ordre et agents du FBI qui ont participé à une traque sans précédent. Le président américain a relevè que les opérations post-attentat ont "montré l'état d'esprit de l'Amérique", une résilience et une solidarité qui lui permettent de rebondir.
Avec l'arrestation de Djokhar Tsarnaev., les questions juridiques commencent à se poser. Les enjeux sont d'ailleurs considérables. Fortement critiqués pour la manière dont ils traitent leurs détenus à Guantanamo, les soumettant à des tribunaux militaires ou les laissant croupir dans leurs geôles sans le moindre procès, les Etats-Unis ont une carte à jouer. Ils peuvent redorer un peu leur blason en soumettant le jeune Américain à une cour civile.
Barack Obama avait déjà tenu un discours remarqué après la fusillade de Newtown, dans le Connecticut. Jeudi, il a également ému son auditoire en prenant pleinement conscience de la terrible tragédie, mais en soulignant aussi à quel point Boston est une ville pleine de ressources, moderne et résiliente:
En une semaine, le climat socio-politique aux Etats-Unis a radicalement changé. Les deux objets qui devaient
mobiliser l'attention des médias étaient la réforme de l'immigration dont un projet de loi a été présenté mardi et le débat sur le contrôle des armes au Congrès.
Les deux échéances ont été marginalisées par un attentat terroriste, lors du marathon de Boston lundi, qui a fait trois morts (photo Darren Mccollester/Getty Images/AFP) et plus de 170 blessés, puis par une psychose provoquée par l'envoi de lettres apparemment empoisonnées à des sénateurs et au président Barack Obama ainsi que par la présence de paquets suspects dans les bâtiments du Sénat. En 24 heures, le climat sécuritaire aux Etats-Unis a changé. A New York, plusieurs paquets suspects ont provoqué des alertes durant la journée de mardi. A la Penn Station, jeudi matin, les forces de l'ordre étaient très visibles et nombreuses, comme à l'Union Station de Washington.
Pour ne rien arranger, l'usine Western Fertilizer, près de Waco au Texas, a été le théâtre d'une gigantesque explosion dont l'origine n'est pas encore clairement connue. Au même titre de la catastrophe d'AZF en France, peu après le 11 septembre 2001, les pires spéculations ont circulé. Ce d'autant qu'à Waco en 1993, le FBI avait fait un carnage en s'en prenant à une secte qui refusait de remettre les armes dont elle disposait.
Symboliquement, la semaine était marquée par plusieurs dates anniversaires. Le 15 avril, jour de l'attentat de Boston, c'était le Patriot's Day, un jour férié au Massachusetts qui commémore les guerres d'indépendance de 1776 à Lexington et à Concord. C'était aussi le Tax Day, le jour où les citoyens américains accomplissent leur devoir fiscal. Le 18 avril, c'était l'anniversaire de l'attentat contre l'ambassade américaine de Beyrouth en 1983. Le 19 avril correspond à l'anniversaire de l'attentat d'Oklahoma City perpétré par un extrémiste de droite Timothy McVeigh.
Certains parleront de la théorie du complot, d'autres se contenteront de la loi des séries.
Les autorités américaines et le FBI en particulier sont toujours en train de traquer les auteurs de l'attentat de Boston, qui a fait 3 morts et plus de 170 blessés. Jeudi, le FBI a publié sur son site une vidéo montrant deux suspects, l'un portant une casquette blanche, l'autre une casquette noire. Chacun portait un sac à dos. L'un d'eux a semble-t-il été filmé par une caméra de surveillance au moment où il a déposé son sac contenant la bombe.
Le FBI a diffusé la vidéo afin d'appeler le public à livrer des informations qu'il pourrait détenir à propos des individus apparaissant dans le document. Mais les commentateurs sur les télévisions américaines relevaient que le FBI dispose sans doute d'autres documents et d'autres images livrant des informations plus précises sur les deux suspects. Selon une source proche de l'enquête qui s'est confiée à Fran Townsend, spécialiste de la sécurité à CNN et ex-conseillère à la Sécurité intérieure sous George W. Bush, les deux suspects seraient restés sur les lieux de l'attentat, auraient attendu de voir les effets des deux explosions avant de s'enfuir.
Grâce à des technologies très sophistiquées, les agents fédéraux ont sans doute réussi, estiment certains spécialistes, à obtenir des photos moins floues. La stratégie suivie par le FBI consiste-t-elle à limiter la quête des deux suspects aux familles et proches qui pourraient les reconnaître même si les vidéos publiées restent floues (photo FBI/AFP)? Quoi qu'il en soit, la chasse aux deux hommes est lancée. Mais pour l'heure, le FBI n'est pas en mesure de dire si les auteurs présumés de l'attentat vivent aux Etats-Unis ou viennent de l'étranger, s'ils se réclament d'une obédience (extrême droite ou islamiste ou autre). Ces éléments détermineront la manière dont les autorités américaines vont répondre à la tragédie.
A 27 ans, Jeff Bauman (photo Charles Krupa/AP) respirait la vie. Il était venu encourager sa petite amie Erin Hurley qui courait son premier marathon de Boston. Le jeune homme, explique le New York Times, aime jouer de la guitare et travaille dans un petit traiteur dans la grande surface Costco. Il comptait rembourser sa dette d'étudiant pour reprendre des études à l'Université de Lowell Massachusetts à Boston.
Erin Hurley n'était qu'à 800 mètres de l'arrivée quand une explosion détonna dans l'aire d'arrivée. Jeff Bauman a été sérieusement touché. La photo qui a fait le tour des médias américains ne montre qu'une partie de la réalité. La partie inférieure de la jambe du jeune homme est déchiquetée. Jeff Bauman va perdre énormément de sang. A l'hôpital, les médecins n'ont d'autres choix que de l'amputer des deux jambes au niveau du genou. Il devra être réanimé à plusieurs reprises. Sur les lieux de la tragédie, un homme qui n'a pas compté ses efforts, Carlos Arredondo, 52 ans, qui avait déjà perdu un fils en Irak et un second qui s'était suicidé, a sauvé la vie de Jeff Bauman en lui faisant immédiatement un garrot.
Le père de Jeff Bauman découvre horrifié à la télévision que son fils a été blessé, mais il ne voit que le haut du corps du jeune homme. Il tente de l'appeler sur son téléphone portable. Pas de réponse. Il le retrouvera à l'hôpital à 20 heures. Des tuyaux dans la gorge, Jeff Bauman, abattu par la tragédie, n'aura que deux mots: boum, boum.
Les enquêteurs en quête d'indices à propos de l'attentat de Boston, où deux bombes ont explosé en plein marathon, faisant trois morts et plus de 180 blessés, dont certains dans un état critique, sont catégoriques. Les bombes étaient artisanales et se présentaient sous la forme de cocottes-minute (photo AP/FBI) de six litres placés dans des sacs déposés le long de la dernière ligne droite des 42 kilomètres du plus vieux marathon du monde.
Les débris des cocottes-minute devraient aider l'enquête à trouver le fabricant de l'ustensile de cuisine et le lieu où il a été acheté. Pleines de clous et de boules de métal, les cocottes-minute ont été remplies de poudre noir. L'objectif du ou des terroristes derrière la tragédie était manifestement de blesser ou tuer le maximum de personnes. De fait, plusieurs personnes ont dû être amputées de leurs jambes et les hôpitaux de Boston font tout pour sauver les membres inférieures de plusieurs victimes.
Les deux cocotte-minute ont sauté à seize secondes d'écart. Selon Robert Baer, ex-agent de la CIA, l'auteur ou les auteurs devai(en)t avoir un minimum de connaissance pour parvenir à faire sauter les deux engins presque simultanément, car "ce n'est pas une chose facile". Robert Baer rappelle d'ailleurs que les cocottes-minute ont été utilisés au Moyen-Orient, mais aussi en Afghanistan. Ce sont les Américains qui à l'époque montrèrent aux Afghans comment confectionner de telles bombes pour combattre l'ennemi soviétique.
L'auteur de la fusillade de Fort Hood, le psychiatre militaire Nidal Hasan, qui était en contact avec l'islamiste radical américano-yéminite Anwar al-Aulaqi, avait chez lui une cocotte-minute et consultait, selon Time, le magazine Inspire d'Al-Qaida (qui ne fut publié que très brièvement) qui expliquait comment fabriquer des bombes à partir de ce type de matériel de cuisine. Le terroriste qui avait tenté de faire sauter une voiture à Times Square en 2010 avait aussi rempli une cocotte-minute d'explosifs.
Lors de tentatives d'attentats déjoués, des terroristes ont aussi tenté de faire sauter des cocottes-minute. Ce fut le cas en France, au Népal et en Inde.
Pour Robert Baer, ce type de monde ne permet en aucun cas de conclure qu'il s'agirait d'Al-Qaida ou d'un islamiste qui s'en réclamerait. A ses yeux, il est plus probable que l'auteur ou les auteurs vivent aux Etats-Unis. "Il n'y a pas eu jusqu'ici de revendication, explique l'ex-agent de la CIA. Or ce n'est pas dans le style d'Al-Qaida de ne pas revendiquer un tel attentat."
L'incapacité du Congrès d'avancer rapidement pour tenter d'introduire un contrôle plus strict des armes à feu (photo Joe Raedle/Getty Images/AFP) aux Etats-Unis pousse les Etats à prendre leur destin en main. C'est le cas du Missouri, où l'école de Fairview, à West Plains, a commencé à former ses employés, y compris des enseignants, à manier des armes à feu pour protéger les écoliers du risque de nouvelle tragédie telle que celle qui a frappé Newtown dans le Connecticut en décembre 2012. 26 personnes y furent abattues, dont 20 enfants et 6 éducateurs.
Dans cette région du Missouri, relève le New York Times, la culture des armes est bien ancrée. A l'âge de six ans, de nombreux garçons et filles ont déjà appris à manier une arme en toute sécurité et ont sans doute tué un cerf ou autre gibier. Les responsables de l'école de Fairview ont été abordés par des parents d'élèves au lendemain de la fusillade de Sandy Hook. Ils s'inquiétaient de la sécurité de leurs enfants, sachant que le sherif met 9 minutes au minimum pour arriver à Fairview depuis son bureau.
Les employés et enseignants ont suivi un cours de 40 heures dispensé par la société Shield Solutions le mois dernier. La formation comprenait des exercices de tir et des entraînements simulant une attaque. Chacun a dû passer un test pour voir s'il n'est pas sous l'influence de médicaments ou drogues, un test psychologique et ses antécédents judiciaires ont été vérifiés.
Les parents d'élèves, à quelques exceptions près selon l'école, ont reçu avec satisfaction que l'établissement avait armé des employés. Mais certains n'ont pas manqué de s'étonner que la mesure ait été annoncée par un communiqué de presse dans le journal local.
Jeudi, sur CNN, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a lancé un appel solennel au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, l'exhortant à se retenir de nouvelles provocations qui sont clairement "en violation des résolutions du Conseil de sécurité et contraires aux attentes de la communauté internationale. Je l'exhorte à en faire davantage pour améliorer les conditions de vie de son propre peuple, car celui-ci souffre de difficultés économiques".
Puis à la demande du journaliste Wolf Blitzer, Ban Ki-moon a adressé un message en coréen au dictateur de Pyongyang qui disait en substance: "J'aimerais transmettre un message sincère à Kim Jong-un. Afin de restaurer la paix et l'unification de la Péninsule coréenne de sorte que nous puissions résoudre tous les problèmes pendants par le dialogue, en tant que secrétaire général de l'ONU et citoyen de Corée, je vous demande sincèrement de mettre un terme aux récentes provocations et de retourner au dialogue. Merci."
Un peu plus tôt dans la journée, le secrétaire général de l'ONU était reçu dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche. A l'issue de la réunion, Barack Obama a appelé le leader nord-coréen à cesser ses provocations et à faire "baisser la température" de la crise.
Voici l'interview de Ban Ki-moon et son message en coréen à Kim Jong-un:
Pour la première fois depuis 1996, un consortium formé de représentants des Etats, de scientifiques et d'enseignants a publié, mardi, de nouvelles directives pour l'enseignement des sciences aux Etats-Unis. Appelées "Next Generation Science Standards", elles pourraient être mises en oeuvre dans 26 Etats qui ont déjà annoncé qu'ils souhaitaient les intégrer dans leur cursus, selon le New York Times. L'objectif est de combattre l'ignorance des élèves dans les matières scientifiques et de les préparer à une carrière scientifique. Des scientifiques bien formés peuvent apporter une contribution essentielle à la prospérité de l'économie américaine.
L'une des directives les plus controversées suggère de fortement renforcer l'enseignement des questions liées au réchauffement climatique. Au collège, les étudiants seraient ainsi amenés à approfondir leurs connaissances en la matière et à comprendre le rôle de l'Homme dans la production d'émissions de gaz à effet de serre. Plusieurs milliers d'écoles le font déjà sur une base volontaire, mais les directives suggèrent de systématiser un tel enseignement.
Un jour après la présentation de ces directives, le représentant républicain du Texas Joe Barton, réfutait la thèse du réchauffement climatique provoqué par l'Homme. "Je signale que si vous croyez vraiment en la Bible, alors vous devez admettre que le Déluge fut un exemple de changement climatique. Ce n'était certainement pas un phénomène dû au fait que l'Homme aurait surexploité les hydrocarbures."
Deux événements qui se sont déroulés mercredi jettent une lumière inédite sur le rapport qu'entretiennent les pires ennemis de la planète. Les autorités de Cuba, qui n'hésitent jamais à fustiger la grande puissance impérialiste et le voisin américain, ont autorisé des agents du FBI à se rendre à Cuba pour arrêter un couple d'Américains (Sharyn et Joshua Hakken/photo AFP) qui ont kidnappé leurs enfants de 4 et 2 ans dont ils avaient perdu la garde. Le geste de la Havane fut un rare exemple de coopération efficace entre les deux pays qui se regardent en chiens de faïence depuis plus de 60 ans.
Or Cuba n'avait aucune obligation de faire ce geste, n'étant pas lié par un traité d'extradition avec les Etats-Unis. La Havane n'a pas non plus signé la Convention de la Haye facilitant le retour d'enfants kidnappés. Les autorités cubaines avaient plutôt l'habitude, jusqu'ici, d'accueillir des criminels américains qui venaient à Cuba pour fuire la justice américaine.
Mercredi toujours, un séisme de 6,3 sur l'échelle de Richter frappait le sud de l'Iran (photo STR/AFP), causant près de 40 morts et
plus de 650 blessés. Une porte-parole du Conseil de la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Caitlin Hayden a présenté à l'Iran les condoléances de l'Amérique: "Le peuple américain exprime ses condoléances au peuple d'Iran pour la dévastation provoqué par le récent tremblement de terre au sud de l'Iran, et en particulier à ceux qui ont perdu des proches ou qui ont des proches qui ont été blessés. (...) Nous sommes prêts à aider le peuple iranien dans ces moments difficiles."
Michelle Obama a jusqu'ici beaucoup concentré son message sur l'obésité des jeunes et des adolescents en faisant la promotion de l'exercice quotidien et d'une alimentation saine. Mercredi toutefois, la First Lady est entré dans une arène politique survolté quand il s'agit du contrôle des armes à feu, une question sacrée aux Etats-Unis.
Dans un discours émotionnel, elle a rappelé que la jeune Hadiya Pendleton, 15 ans, abattue par erreur dans un parc du South Side de Chicago une semaine après avoir participé à la parade à l'occasion de l'investiture de Barack Obama en janvier dernier, était comme elle. Comme elle, Michelle Obama a grandi dans ce même quartier défavorisé, celui du South Side. Dans son allocution, elle a eu de la peine à retenir ses larmes et déclaré: "Les parents d'Hadiya ont pourtant fait tout juste".
La violence par les armes dans la ville de Barack Obama est endémique avec plus de 600 petits gangs. Depuis 2012, le nombre d'homicides a de nouveau pris l'ascenseur après une accalmie de plusieurs années. Dans ce contexte, Michelle Obama est intervenue alors que le Congrès débat de la nouvelle législation qui pourrait être mis en oeuvre pour éviter des tragédies comme celle de Newtown, le 14 décembre 2012, où 20 enfants de six et sept ans furent tués par un jeune homme armé d'un AR-15, un fusil d'assaut.
Après de sérieux blocages, les sénateurs républicains semblent avoir surmonté quelques obstacles et seraient prêts à accepter d'imposer la vérification des antécédents judiciaires pour chaque acheteur. Ce serait un petit progrès, même si le projet de loi risque d'être fortement édulcoré par rapport à ce que souhaitait la Maison-Blanche.
Coup d'épée dans l'eau pour l'Américano-Cubaine Ileana Ros-Lehtinen. Cette membre du Congrès réputée pour ses prises de position incendiaires par rapport au régime castriste avait exhorté le Trésor américain à mener une enquête sur la légalité du voyage de la chanteuse afro-américaine Beyoncé et de son compagnon et rappeur Jay-Z (photo Reuters) entrepris à Cuba voici deux semaines à l'occasion de leur anniversaire de mariage.
Le Département du Trésor a donné sa réponse mardi. Le voyage était tout à fait légal et s'inscrivait dans le cadre d'un programme d'échanges culturels. Dans sa lettre de réponse, le Trésor déclare: "Selon ce que nous avons compris, les personnes en question ont voyagé à Cuba dans le cadre d'un programme d'échange organisé par un groupe autorisé par l'Office of Foreign Assets Control qui promeut des programmes visant à favoriser les contacts individuels à Cuba." L'organisateur est basé à New York et se dénomme Academic Arrangements Abroad.
Les échanges culturels permettent à des Américains de se rendre à Cuba même s'ils n'y ont pas de parenté. Mais les voyageurs doivent suivre strictement l'itinéraire prévu par l'organisateur. Jusqu'ici, près de 90 000 Américains ont bénéficié de ces programmes. Une manière de défier un embargo qui dure depuis 1962 et que beaucoup décrivent comme étant totalement anachronique et contre-productif.
Ileana Ros-Lehtinen (photo de la républicaine en présence de Mitt Romney/ Reuters) a déclaré ne pas être satisfaite de la réponse du Département du Trésor. La républicaine de Miami le déclare: "Si les activités touristiques de Beyoncé et de Jay-Z à Cuba sont considérées comme un échange culturel, alors il est clair que l'administration Obama ne prend pas au sérieux la nécessité de refuser au régime castriste le soutien économique qu'apporte le tourisme en provenance des Etats-Unis."
La chanteuse américaine Beyoncé et le rappeur Jay-Z (sur le balcon de leur hôtel Saratoga à la Havane/AFP) se sont rendus à Cuba voici deux semaines. Le couple de musiciens fait toutefois l'objet d'une enquête du Trésor américain qui est en train de vérifier si les deux Américains n'ont pas violé l'embargo des Etats-Unis contre Cuba en voyageant en tant que touristes sur l'île des Caraïbes.
Hormis le fait que l'embargo américain, en place depuis 1962, n'a aucunement porté préjudice aux frères Castro qui ont au contraire pu s'appuyer sur cette mesure aujourd'hui absurde pour justifier les errances de la politique économique cubaine, le "bloqueo", comme l'appelle La Havane, a déjà fait l'objet d'une multitude de votes des Nations unies exhortant Washington à le lever.
L'enquête du Trésor américain a été ouverte à la demande, sans surprise, de deux représentants républicains du Congrès, Illeana Ros-Lehtinen et Mario Diaz-Balart. La première passe pour l'une des représentantes de la communauté cubaine de Miami les plus intransigeantes à l'égard de Cuba. Selon les deux politiques, les dépenses de la chanteuse Beyoncé et de Jay-Z profitent directement au régime cubain qui contrôle entièrement l'industrie du tourisme et financent de fait "la machine à oppression qui réprime brutalement le peuple cubain".
Certains blogueurs de la diaspora cubaine ont déjà laissé entendre que le voyage de Beyoncé (photo AFP) à Cuba a été orchestré par la dictature cubaine.
Durant le voyage, le couple de musiciens s'est beaucoup mêlé à la foule, a eu des échanges avec des milieux culturels de la danse et de la musique. Il a visité ainsi l'Instituto Superior de Arte de la Havane. Beyoncé a aussi assisté à une répétition de la Cuban Contemporary Dance Company. Toutefois, selon l'embargo, il n'est pas possible pour un Américain de se rendre simplement à Cuba en tant que touriste. Si près de 10 000 Américains visitent Cuba chaque année, c'est dans le cadre d'échanges bien encadrés d'associations sportives, religieuses ou autres. Ceux qui voient dans le voyage du couple de musiciens américains un pont culturel avec Cuba estiment que Beyoncé et Jay-Z pourraient argumenter que leur voyage a été une série d'échanges avec les milieux artistiques cubains.
C'est la réponse du berger à la bergère. Aujourd'hui, le maire de New York Michael Bloomberg (photo: Michael Bloomberg à gauche, Wayne LaPierre, directeur général de la NRA à droite/ AFP), qui a fait du
contrôle des armes l'un de ses chevaux de bataille, dévoile un plan visant à donner des notes aux membres du Congrès en fonction de leurs votes et prises de position en la matière. Il réplique ainsi, non sans ironie, le système mis en place par la National Rifle Association, le puissant lobby des armes.
Le plan, dévoilé par la Coalition des maires contre les armes illégales, une organisation à but non lucratif forte de 900 membres largement financé par le milliardaire, entend mettre en oeuvre un système d'évaluation allat de A (meilleure note) à F (moins bonne note).
Le Washington Post a mis la main sur le projet de ladite coalition. "Pendant des décennies, explique le directeur de l'organisation Mark Glaze, la NRA a fait un travail admirable de fichage en détails des positions des membres du Congrès sur les armes. Nous avons décidé d'en faire de même.
La coalition des maires contre les armes illégales va aussi diffuser des publicités afin de promouvoir un contrôle plus strict des armes. L'offensive de Michael Bloomberg arrive à un moment où le Congrès pourrait bien passer à côté d'une opportunité majeure de mieux réglementer la possession des armes aux Etats-Unis protégée par le second amendement de la Constitution. Le président Barack Obama a pourtant tenté de le convaincre en menant une campagne de quatre mois depuis la tragédie de Newtown, où 26 personnes dont 20 enfants ont été abattues par un jeune de 20 ans armé d'un fusil d'assaut.
Pour Meryl Streep (photo Justin Tallis/AFP), qui incarna l'ex-premier ministre britannique dans le film "The Iron Lady" et qui gagna un Oscar pour son rôle, a décrit Margaret Thatcher, décédée lundi, comme une "figure de grande admiration" pour sa force et son courage quoi qu'on pense de sa politique.
La Dame de fer était "une pionnière, volontairement ou involontairement, pour promouvoir le rôle des femmes en politique. Selon l'actrice, "il est difficile d'imaginer une parcelle de notre histoire contemporaine qui n'ait pas été touchée par des mesures qu'elle a prises au Royaume-Uni à la fin du XXe siècle.
"Je vois la preuve d'une certaine grandeur - que l'Histoire confirmera ou non- dans le fait qu'elle a résisté de la sorte à une haine et aux railleries qui n'avaient, à mon avis, jamais atteint une telle virulence à l'encontre d'un personnage public alors qu'elle ne fut ni une tueuse en série et qu'elle avait réussi à rester fidèle à ses convictions découlant d'idéaux ancrés en elle qu'on peut juger erronés aujourd'hui."
L'ex-secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a quitté l'arène purement politique, mais elle est toujours sur les radars des médias. Mardi dernier, elle a tenu un premier discours très remarqué depuis son départ de Foggy Bottom lors de la Vital Voices Global Leadership Conference au Kennedy Center à Washington. Au cours d'une allocution de 12 minutes, elle a déclaré qu'elle avait "une foi inébranlable dans le potentiel encore inutilisé des femmes et des filles". Elle a rappelé la nécessité de renforcer l'éducation pour les femmes et les efforts de lutte contre la violence domestique contre les femmes dans le monde.
Hillary Clinton a aussi précisé qu'elle ne prévoyait pas de se porter candidate à la présidentielle 2016, mais qu'elle n'excluait rien. Elle l'avait déjà formulé ainsi sur NPR au début février: "Je ne me pose même pas la question. J'ai envie d'arrêter (de vivre à) un rythme fou. J'ai arrêté la politique en tant que secrétaire d'Etat, et je ne me vois pas refaire de la politique."
Très populaire, l'ex-First Lady, l'ex-sénatrice et l'ex-cheffe de la diplomatie américaine avait tombé les lunettes qu'elle avait dû porter à l'issue de sa commotion cérébrale qui lui avait causé des problèmes de vue. Sur les télévisions américaines, les commentateurs politiques en sont presque persuadés: elle sera candidate dans trois ans. Des super-PAC (super-comités d'action politique) se sont déjà constitués pour soutenir une éventuelle candidature de la démocrate. Un site internet ,readyforhillary, vient par ailleurs d'être lancé. (photo Nicholas Kamm/AFP)
Ce vendredi à New York, elle sera à nouveau au cœur de l'attention en tant qu'oratrice au Sommet des femmes du monde.
L'éditeur Simon & Schuster a ajouté aux spéculations jeudi en annonçant qu'Hillary Clinton allait publier des mémoires en 2014. Elle y racontera les moments les plus dramatiques de son mandat de secrétaire d'Etat, jettera un regard critique sur la politique étrangère des Etats-Unis et le rôle de leader que l'Amérique doit continuer de jouer dans le monde. Elle parlera également de la mort d'Oussama ben Laden, de la chute de Kadhafi et des révoltes arabes.
Robbie Novak, 9 ans, est une star aux Etats-Unis. Il s'appelle lui-même la "voix d'une génération". Très jeune comédien, il a déjà réalisé plusieurs vidéos sur YouTube pour rendre "le monde moins ennuyeux" qui ont attiré plus de 10 millions de visiteurs. Il participe à de nombreuses autres émissions en ligne et interviewe des personnalités célèbres.
La Maison-Blanche n'a pas hésité longtemps avant de le recruter pour faire de la publicité autour de la course aux œufs de Pâques dans le jardin de la Maison-Blanche. Robbie Novak, qui se nomme aussi Kid President, a récemment été invité par Barack Obama dans le Bureau ovale:
La prestation de Robbie Novak du 1er avril dernier à la Maison-Blanche:
37% des sondés pensent que la thèse du réchauffement climatique est un leurre. 51% ne le pensent pas. Chez les républicains, ils sont 58% à nier le fait que la planète se réchauffe.
6% des personnes interrogées pensent qu'Oussama ben Laden est toujours vivant. 7% pensent que les Américains ne sont jamais allés sur la Lune. (photo Nasa/AFP).
28% des électeurs sondés croient que Saddam Hussein était impliqué dans les attentats du 11 septembre 2001. Parmi les électeurs du républicain Mitt Romney, ils sont 36% à le croire et 41% à ne pas adhérer à cette thèse. A cet égard, George W. Bush a-t-il trompé les Américains en estimant que l'Irak possédait des armes de destruction massive pour justifier l'invasion du pays le 20 mars 2003? Ils sont 45% à le penser, mais là, le fossé entre démocrates et républicains est béant. 72% des électeurs démocrates sondés pensent que c'était une tromperie. Les électeurs républicains ne sont que 13% à le croire.
15% des sondés pensent que l'industrie pharmaceutique et médicale invente de nouvelles maladies pour faire de l'argent.
11% des personnes interrogées estiment que le gouvernement américain a délibérément laissé se produire les attentats du 11 septembre 2001.
13% des sondés pensent que Barack Obama est l'Antéchrist. Chez les électeurs de Mitt Romney, le pourcentage passe à 22%.
Ce fut le 4 avril 1968, au motel Lorraine de Memphis. Le révérend noir Martin Luther King fut assassiné par un condamné qui s'était enfui de sa prison, James Earl Ray, 40 ans, qui avait réservé une chambre dans une pension en face du Lorraine. Il fut accusé de l'assassinat du leader des droits civiques après la plus longue enquête que le FBI avait jamais menée.
1) Le Los Angeles Daily News rappelle quelques faits relatifs à cette tragédie nationale. Martin Luther King était venu à Memphis pour soutenir des employés de la voirie qui faisaient grève après la mort de deux éboueurs tués par un camion en mauvais état. Une grande marche était prévue à Memphis.
2) Le président Lyndon Johnson décréta le dimanche 7 avril 1968 journée de deuil national et appela le pays à rester uni. Mais malmené par la guerre du Vietnam, il ne participa pas aux funérailles de MLK, envoyant son vice-président Hubert Humphrey à sa place.
3) Les employés de la voirie de Memphis eurent finalement gain de cause après des négociations avec les autorités de la ville. La marche, à laquelle participèrent 42 000 personnes, eut un impact manifeste.
4) Après l'assassinat du révérend noir, de nombreuses villes des Etats-Unis furent le théâtre de violentes émeutes. Par un discours appelant à la non-violence tenu à Indianapolis, Robert Kennedy incita les Américains à contenir leur colère. Le musicien James Brown contribua lui aussi à calmer les esprits à Boston.
5) Le motel Lorraine est désormais le Musée national des droits civiques. Pour 10 dollars, il est possible de voir la chambre où séjourna MLK.
6) Le groupe de rock U2 consacra une chanson à la tragédie: "Pride (in the Name of Love)". En voici quelques paroles: "Early morning, April 4/Shot rings out in the Memphis sky/Free at last, they took your life/They could not take your pride." Le Los Angeles Daily News fait toutefois remarquer que la chanson comporte une erreur: le King a été tué en début de soirée. Dix autres chansons font honneur à Martin Luther King.
Les conséquences de l'assassinat de MLK et l'annonce de sa mort faite par Robert Kennedy, qui sera lui-même assassiné la même année:
Elwin Wilson (photo Mary Ann Chastain/AP/Keystone), 76 ans, est décédé jeudi dernier dans un hôpital de Caroline du Sud. La communauté afro-américaine aurait eu des raisons de lui en vouloir. Proche du Ku Klux Klan au début des années 1960, il s'est distingué par le passé comme un Blanc raciste prêt à en découdre avec les Noirs à une période où la ségrégation raciale sévissait encore.
Selon le New York Times, en 2009 toutefois, cherchant à se faire pardonner pour ses actes, Elwin Wilson accorda une interview à The Rock Hill Herald au cours de laquelle il confessa avoir frappé plusieurs activistes des droits civiques. En 1961, à Rock Hill, il avait été l'un des jeunes Blancs qui avaient frappé deux membres du mouvement Freedom Riders qui luttaient pour mettre fin à la ségrégation raciale. L'une des deux victimes était Blanche, Albert Bigelow, la seconde était Afro-Américaine, John Lewis. Durant l'interview, Elwin Wilson a appris que John Lewis était devenue une figure historique de la lutte des droits civiques et surtout un membre du Congrès. Le déclic pour ses confessions: l'élection du premier président noir à la Maison-Blanche, Barack Obama.
Elwin Wilson s'empressa d'aller rencontrer John Lewis à Washington, qui accepta immédiatement les excuses de son ex-bourreau. Ils se mirent tous deux à pleurer. Les deux années suivantes, ils participèrent ensemble à des émissions de télévision, dont l'une avec la papesse des confessions cathodiques, Oprah Winfrey.
Le journaliste du Rock Hill Herald avait demandé à Elwin Wilson où il irait s'il mourrait tout de suite. "En enfer", avait répondu ce dernier. Après cela, il présenta ses excuses à de nombreux Afro-Américains. "Mais je n'essaie pas de devenir un Martin Luther King ou quelque chose du genre", avait-il prévenu.
Pour sa part, John Lewis a jugé "très sincères" les excuses de celui qui le frappa voici 52 ans. Mais il admet ne pas se souvenir du visage qu'avaient ses agresseurs. Ces excuses furent les premières qu'il a jamais reçues pour les violences subies et c'était une évidence pour lui de les accepter. "C'était toute la philosophie de la non-violence à la base du mouvement [des droits civiques], avoir la capacité de pardonner et d'aller vers la réconciliation."
L'une des apparitions télévisées communes d'Elwin Wilson et de John Lewis, ex-bourreau et ex-victime:
Depuis une semaine, la rumeur est insistante. Caroline Kennedy, la fille du président assassiné John F. Kennedy, serait la favorite pour occuper le poste d'ambassadrice des Etats-Unis au Japon et remplacer l'actuel ambassadeur John Roos. A 55 ans, celle qui apporta un soutien symboliquement fort à Barack Obama quand ce dernier se battait pour l'investiture démocrate face à Hillary Clinton et qui coprésida sa campagne de réélection à la Maison-Blanche l'an dernier marcherait ainsi sur les pas de son grand-père, Joseph Kennedy, qui fut ambassadeur des Etats-Unis à Londres entre 1938 et 1940.
Avocate, auteure de dix livres, dont le dernier vient de sortir, Caroline Kennedy (photo Stan Honda/AFP) est également présidente de la fondation chargée de gérer la Bibliothèque John F. Kennedy. Elle préside également le comité consultatif de l'Institute of Politics à la Harvard Kennedy School of Government.
Si son nom est déjà apparu dans les médias voici quelque temps, certains commentateurs à Washington se sont demandé si elle avait les compétences requises pour un poste qui risque d'être très exposé. Le Japon est en pleine reconstruction après la catastrophe de Fukushima. Mais il est surtout de plus en plus inquiet de l'attitude de la Chine et de la Corée du Nord, au point que certains voient déjà Tokyo s'affranchir de sa politique pacifiste de l'après-guerre. Le Japon est par ailleurs un maillon essentiel dans le redéploiement stratégique des Etats-Unis dans l'espace Asie-Pacifique.
Une étude d'Harvard révélait la semaine dernière que le coût des guerres en Afghanistan et en Irak pourrait s'élever à 4 voire 6 milliards de dollars si l'on inclut les coûts de santé générés par les anciens combattants blessés sur le champ de bataille.
Ce n'est pas la seule mauvaise surprise des guerres de l'Amérique. L'administration de Barack Obama a décidé de retirer les troupes américaines d'Afghanistan d'ici à la fin 2014. Or, l'opération sera complexe et très onéreuse. "Le retrait [appelé "retrograde" dans le jargon militaire du Pentagone] d'Afghanistan est l'une des opérations de transports militaires les plus difficiles de l'Histoire en termes d'ampleur et de complexité", selon le brigadier-général Steven Shapiro. 25 000 véhicules (photo Romeo Gacad/AFP) ont déjà été évacués d'Afghanistan, mais il en reste tout autant à renvoyer en Amérique. En outre, plus de 100 000 conteneurs, qui seront remplis de matériels de combat, d'équipements de fitness, d'ordinateurs, etc., devront également être rapatriés.
Le coût du retrait, de 2012 à 2014, est estimé à 5 voire 6 milliards de dollars. Un montant exorbitant qui symbolise douze ans de présence en Afghanistan.
C'est un fait plutôt suprenant. Un peu moins de douze ans après les attentats du 11 septembre 2001 (photo Timothy A. Clary/AFP), seules 1634 victimes décédées lors de l'effondrement des deux tours jumelles du World Trade Center à New York ont été formellement identifiées, alors que la tragédie avait coûté la vie à 2750 personnes.
Depuis 2006, les efforts ont été renforcés, mais les équipes d'enquête ont commencé lundi, sur un site de Staten Island, à fouiller les 60 camions de débris rassemblées dans les environs, soit quelque 451 mètres cubes.
Les autorités estiment à dix semaines la durée des travaux d'identification à l'aide de tests ADN. Ils seront menés par plusieurs agences gouvernementales. Sans garantie de succès.
Le 6 novembre dernier, à quelques heures des résultats de l'élection présidentielle américaine, Barack Obama n'a pas dérogé à la tradition. Comme en 2008, il s'adonna à une partie de basketball avec ses amis de Chicago, dont David Axelrod. Depuis, les affaires du monde et intérieures l'ont beaucoup occupé. Ces jours, la rhétorique enflammé de la Corée du Nord a tenu les Etats-Unis sur leurs gardes. Le président américain a eu moins de temps pour s'entraîner.
Cela fut manifeste ce lundi de Pâques. Sur 22 tirs au panier, le locataire de la Maison-Blanche n'en a marqué que deux. Voici un aperçu de ses "performances":
Barack Obama a eu plus de succès en lisant une histoire, "Chicka Chicka Boom Boom", aux plus jeunes:
Michelle, Malia et Sasha Obama ont également contribué à la journée marquée par la course aux œufs de Pâques en lisant elles aussi un livre aux jeunes invités. Les mauvaises langues s'étonnent de voir l'administration Obama organiser de telles festivités pour Pâques alors qu'elle a supprimé les visites de la Maison-Blanche pour le public en raison du "séquestre", les coupes budgétaires automatiques décidées par le Congrès.
René Veuve (photo Rémi Joyeuse/AP) naquit à Zurich en 1920. Il était l'un des huit enfants de parents franco-italiens appartenant à la classe laborieuse. Il est décédé en juin dernier à l'âge de 92 ans à Saranac Lake, dans l'Etat de New York. Vendredi 29 mars 2013, il a été inhumé dans le très excluvif cimetière militaire d'Arlington, à quelques kilomètres du centre de Washington. Il est le seul Suisse d'origine à avoir eu droit à de tels honneurs et il rejoint le cercle très fermé des 62 étrangers ensevelis dans le cimetière d'Arlington depuis sa création en 1864, en pleine guerre de Sécession.
John F. Kennedy et son épouse Jackie, Edward et Robert Kennedy y sont enterrés, comme des membres de la navette spatiale Challenger, qui explosa en plein ciel en 1986.
Né Veuve, René choisit le nom Joyeuse en tant que nom d'espion quand il commença à travailler pour l'Office of Strategic Services, le prédécesseur de la CIA. Il le fit en référence à la "Veuve joyeuse", jouant sur les mots. A ce titre, il a sauvé plus de 200 membres des forces aériennes alliées dont les appareils avaient été touchés par la DCA allemande. Il reçut l'une des plus hautes récompenses attribuées à cet échelon, la Distinguished Service Cross, et c'est le général Dwight Eisenhower, commandant suprême des forces alliées qui le décora personnellement.
Comme le rappelle le Washington Post, René Joyeuse (il garda son nom d'espion après la guerre) est bien né en Suisse, mais il a passé une grande partie de sa jeunesse en Alsace-Lorraine et a obtenu un diplôme de deux universités françaises. Il étudiait aux Etats-Unis quand il fut appelé en 1943 par les Forces françaises libres du général de Gaulle. Il fut l'un des 120 Français engagés par l'Office of Strategic Services, mais c'est sans doute lui qui fut le plus en vue. Les historiens estiment que sa contribution lors de l'opération "Sussex" fut exceptionnelle et montra sa ruse et son audace. Il engagea lui-même plusieurs agents secrets et, grâce aux informations, qu'il transmit à Londres, les Alliés furent à même de localiser les mouvements de troupes allemandes et les fabriques d'explosifs du IIIe Reich.
Après la Seconde Guerre mondiale, René Joyeuse fut actif dans le renseignement en Indochine pour la France. Choqué par la manière dont les graves blessés de guerre étaient soignés, il reprit des études de médecine à Paris. Il mena ensuite une carrière de chirurgien aux Etats-Unis.
L'honneur d'être enterré à Arlington n'est toutefois pas venu par hasard. C'était le vœu le plus cher de René Joyeuse mais, en raison de critères d'"admission" très sévères, ce privilège lui fut refusé jusqu'à vendredi. C'est grâce à l'intervention de ses enfants Rémi et Marc-Jérome, puis de personnalités aussi prestigieuses que le général David Petraeus, ex-directeur de la CIA, que les autorités du cimetière d'Arlington ont assoupli le règlement pour accepter le Zurichois d'origine.
Sur la photo prise vendredi 29 mars à Arlington, la veuve de René Joyeuse, Suzanne. (photo Jacquelyn Martin/AP)
Avocat conseil dans le cas Boumediene vs Bush, tranché par la Cour suprême des Etats-Unis en 2008 en faveur du détenu Boumediene, qui revendiquait le droit à un procès (habeas corpus), Thomas Wilner est un Américain remonté contre l'inertie de Washington quand il s'agit de traiter de l'avenir de la prison de Guantanamo, sur la base américaine de Cuba (photo Roberto Schmidt/AFP).
Dans une tribune libre, il exprime sa colère. Sur les 166 détenus encore incarcérés à Guantanamo, 86 ont été blanchis en partie sous la présidence de George W. Bush, puis par l'administration de Barack Obama. Or, cela fait plus de trois ans qu'ils croupissent à Guantanamo alors qu'aucune charge ne pèse contre eux. Ils n'ont pas la possibilité de communiquer avec leur famille. Ils ne peuvent surtout pas être renvoyés dans leur pays d'origine ou aux Etats-Unis. Le Congrès a adopté une loi qui limite très sévèrement de tels transfèrements, les rendant quasiment impossibles.
Or, relève Thomas Wilner (à gauche sur la photo de Brendan McDermit/Reuters), hormis la perte d'autorité morale que peut causer une telle inertie, celle-ci a aussi un coût. "Guantanamo est la prison la plus chère de notre pays, avec un budget avosinant les 177 millions de dollars par an, soit plus d'un million de dollars par année et par détenu. Les 86 détenus acquittés voici plus de trois ans coûtent 90 millions de dollars par an." Depuis qu'ils ont été blanchis, ce coût s'élève à plus de 300 millions. Pour Thomas Wilner, il est évident que les coûts de détention vont même augmenter si la structure de Guantanamo reste ouverte. L'armée a déjà demandé 200 millions supplémentaires pour permettre au centre de détention lié à la guerre contre le terrorisme de fonctionner normalement. Pour l'avocat conseil, ces dépenses sont une vraie aberration au vu des coupes budgétaires drastiques provoquées par le "séquestre", un mécanisme d'austérité automatique conçu par le Congrès.
En 1973, l'arrêt de la Cour suprême des Etats-Unis Roe vs Wade fut historique, faisant de l'avortement un droit constitutionnel. Les femmes qui se sont battues pour l'obtenir pensaient que c'était un acquis. Or, depuis 1973, le droit à l'avortement est constamment battu en brèche (photo Mandel Ngan/AFP). Mardi, le gouverneur du Dakota du Nord, le républicain Jack Dalrymple, a promulgué la loi la plus restrictive du pays en matière d'avortement. Elle équivaut à une quasi-interdiction de l'interruption volontaire de grossesse.
La loi du Dakota du Nord interdit tout avortement dès que les battements du cœur du foetus peuvent être perçus, soit après six semaines de grossesse. Le seul moyen de le savoir est l'ultrason intravaginal. Pour les défenseurs de l'IVG, la loi du Dakota du Nord est une tentative frontale de contester l'arrêt Roe vs Wade, qui autorise l'avortement jusqu'à ce que le fœtus puisse vivre hors de l'utérus, soit après vingt-quatre semaines. Les Etats essaient ainsi de vérifier les frontières de l'arrêt de 1973.
Quelques semaines plus tôt, c'est l'Arkansas qui a adopté une loi interdisant l'avortement après douze semaines de grossesse. L'Arizona prévoit aussi l'interdiction de l'IVG après vingt semaines. Depuis 2011, neuf Etats interdisent l'IVG après vingt semaines, basant leur décision sur l'hypothèse, contestée par les milieux médicaux, que le fœtus sentirait la douleur à ce stade de son développement.
Jane Roe, qui fut la protagoniste de l'arrêt de la Cour suprême en 1973, dont le nom réel est Norma McCorvey, incarne à elle seule la résistance croissante au droit à l'avortement. Depuis des années, elle milite désormais contre l'IVG...
Il y a quelques semaines, l'augmentation du prix du gallon (3,89 litres) d'essence à quelque 4 dollars a suscité une vague de protestation aux Etats-Unis. Les Américains ont l'habitude de bénéficier de prix très bas à la pompe, comparés aux prix européens. Avec le boum des gaz et huiles de schiste, qui permet aux Etats-Unis d'envisager d'exporter bientôt du gaz tant la production est abondante, la tendance ne s'est pas améliorée et le prix de l'or bleu en Amérique défie toute concurrence, incitant des entreprises américaines qui avaient délocalisé leur production à l'étranger de revenir.
Mercredi, le FMI s'en est directement pris à ce type de politique où l'énergie n'est pas facturée au prix juste. Premier directeur général adjoint du FMI, David Lipton l'a souligné dans une interview accordée au Washington Post: "Il est temps de mettre fin aux subventions et de mettre en place une taxe carbone. L'idée n'est pas de provoquer une surconsommation parce qu'on peut acquérir quelque chose à un prix inférieur à son coût réel et qu'on fait payer pour cela quelqu'un d'autre."
Selon le FMI, les Etats-Unis devraient majorer le prix du gallon d'essence de 1,4 dollar pour atteindre une augmentation totale, toutes taxes comprises, de 1,7 dollar par personne afin de compenser le coût réel des énergies fossiles utilisées et d'inclure dans le prix le coût de la pollution et des mesures prises pour lutter contre le réchauffement climatique.
L'étude risque de produire l'effet d'une bombe tant elle marque l'entrée fracassante du Fonds monétaire international (FMI) dans le débat sur le changement climatique. Pour le FMI, ne pas tenir compte des coûts réels de l'énergie a des conséquences fâcheuses sur l'économie mondiale et le marché de l'énergie: cela encourage la surconsommation et laisse des pays sans moyens pour répondre aux besoins sanitaires et éducatifs. Cela pervertit les décisions prises en matière d'investissements dans le domaine de l'énergie. Des pays comme le Pakistan ou l'Egypte sont réputés pour subventionner fortement les prix de l'essence. L'Iran est un exemple plus éloquent encore. Faute de raffineries suffisantes, Téhéran importe de l'essence de Turquie au prix du marché, qui est souvent revendue en Turquie au prix subventionné iranien ou qui alimente la contrebande vers l'Afghanistan ou le Pakistan.
Aux Etats-Unis, le subventionnement des énergies fossiles coûte 2,4% de la production annuelle, soit 363 milliards de dollars en 2011. Au plan mondial, cela représente quelque 1900 milliards de dollars par année.
La Cour suprême des Etats-Unis se penche mardi et mecredi sur deux cas relatifs au mariage homosexuel (photo Saul Loeb/AFP). Si une majorité d'Américains approuvent désormais le mariage de personnes de même sexe, le sujet reste très sensible. A Washington, mardi matin, opposants et partisans du mariage gay ont pu donner un aperçu des tensions.
Mais quelle est la situation des homosexuels aux Etats-Unis? Selon une étude du Law's Williams Institute de l'Université de Californie (UCLA) citée par Associated Press, l'Amérique abrite 9 millions de gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres (LGBT). Neuf Etats ainsi que le district de Columbia (DC) autorisent le mariage homosexuel: Connecticut, Iowa, Maine, Maryland, Massachusetts, New Hampshire, New York, Vermont et Washington. La côte Est des Etats-Unis et la Nouvelle-Angleterre sont parmi les plus progressistes.
Trente Etats, dont la Californie, interdisent le mariage gay dans leur Constitution. Dix autres Etats le prohibent, mais dans une loi. Le Massachusetts fut le premier Etat à accepter le mariage gay il y a neuf ans.
En Californie, le mariage homosexuel fut légal pendant 142 jours avant d'être interdit par un référendum connu sous le nom de Proposition 8. Pendant cette brève période de quelques mois, la Californie a assisté à 18 000 mariages de personnes du même sexe.
Enfin, AP s'amuse à énumérer le statut social des neuf juges de la Cour suprême. Six d'entre eux sont mariés à une personne de sexe opposé. La juge Ginsburg est veuve, la juge Sotomayor est divorcée et la juge Kagan ne s'est jamais mariée...
Dans l'administration de Barack Obama, qui a révolutionné la communication en recourant largement aux réseaux sociaux et à d'autres modes de communication modernes, les propos de Janet Napolitano (photo Nicholas Kamm/AFP), ministre de la Sécurité intérieure (Homeland Security), tenus lors d'un petit déjeuner organisé par le Christian Science Monitor à Washington, ne manquent pas de surprendre.
La patronne du Département de la sécurité intérieure, 55 ans, prend le contre-pied du gouvernement en affirmant clairement que les courriels lui font perdre son temps et qu'elle préfère téléphoner, car c'est beaucoup plus efficace. Janet Napolitano n'est pas prête à faire défiler la centaine d'e-mails qu'elle reçoit par jour. "Les courriels nous font perdre du temps", avoue-t-elle. "J'ai cessé d'utiliser le courriel quand j'étais procureure d'Arizona", a-t-elle déclaré.
Inutile dès lors de demander à la ministre si elle utilise Twitter. Elle n'envoie pas de SMS non plus.
Quand il arriva aux Etats-Unis à l'âge de 17 ans, Arsalan Kazemi (photo Ezra Shaw/Getty Images/AFP) fut presque traumatisé par six heures d'interrogatoire à l'aéroport de Houston. Il fut sur le point de vouloir rentrer immédiatement chez lui. Ce joueur de basketball, âgé aujourd'hui de 23 ans, est Iranien. Son père tient une fabrique de bonbons à la pistache et au nougat à Ispahan. Joueur dans l'équipe de l'Université de l'Oregon, il fait l'objet d'éloges de tout le milieu du basketball.
Son entraîneur Dana Altman le confie au New York Times: "Il est tranquille, humble et gracieux. C'est difficile de ne pas l'aimer." Et selon lui, il a une générosité rare qui constitue une qualité très recherchée par une équipe. Arsalan Kazemi n'a pas une musculature hypertrophiée et n'est pas nécessairement très rapide. Mais c'est le champion du rebond et du tir à distance. C'est d'ailleurs le premier Iranien à bénéficier d'une bourse pour étudier à l'université et évoluer en première division du championnat universitaire américain. Pour sa famille en Iran, c'était une occasion unique de pouvoir jouer au basket et de bénéficier d'une formation universitaire. Son père aimerait néanmoins qu'il continue d'étudier pour devenir un jour médecin ou ingénieur. Le joueur iranien appelle d'ailleurs ses parents deux fois par jour, précise le New York Times.
Arsalan Kazemi a des fans parmi les familles iraniennes d'Eugene dans l'Oregon, mais aussi à l'Université de Californie (UCLA), pourtant rivale de l'Université de l'Oregon. Alors que les relations entre Téhéran et Washington restent très tendues en raison de l'absence de liens diplomatiques depuis 33 ans et d'un programme nucléaire soupçonné d'être de nature militaire, Arsalan Kazemi est un vrai ambassadeur du rapprochement. Même si parfois on l'appelle "terroriste", il se plaît à montrer qui sont vraiment les Iraniens afin de détruire les clichés.
Le sport est manifestement un canal utile pour rapprocher l'Amérique de la République islamique. Il y a peu, des membres de l'équipe américaine de lutte gréco-romaine s'étaient rendus à Téhéran pour les championnats du monde. Ils avaient défendu les mêmes intérêts que leurs homologues iraniens afin de faire pression sur le Comité international olympique pour ne pas abolir la lutte gréco-romaine lors des Jeux olympiques de 2020.
Le président américain Barack Obama a passé trois jours au Moyen-Orient (photos AFP) en entamant son périple en Israël, où il a passé 48 heures, en visitant le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah dans les Territoires palestiniens et l'église de la Nativité à Bethléem. Il a poursuivi son voyage en Jordanie où il a rencontré le roi Abdallah II. Il a promis 200 millions de dollars d'aide à Amman pour aider le pays à faire face au flux massif de réfugiés syriens. Le résultat le plus tangible est sans doute le début de réconciliation entre Israël et la Turquie après que le premier ministre israélien eut présenté ses excuses pour l'affaire de la Flottile de la liberté, où plusieurs militants pour la paix turcs avaient été tués lors d'un raid de soldats israéliens.
Au cours de son périple, Barack Obama a aussi débloqué 500 millions de dollars après une décision du Congrès lié à la reconnaissance de la Palestine comme Etat observateur par les Nations unies.
La première visite du président Barack Obama en Israël (à gauche, Barack Obama et le président israélien Shimon Peres à l'aéroport, à droite, le président américain en compagnie de son homologue israélien et du premier ministre Benjamin Netanyahou)
Barack Obama au musée de l'Holocauste en présence du président israélien Shimon Peres et du premier ministre Benjamin Netanyahou:
La visite de Barack Obama en Cisjordanie (1ère photo: protestation contre sa venue et demande de libération de détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, 2e photo: la rencontre de Barack Obama avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Bethléem) et sa rencontre avec Theopilos III, le patriarche de l'Eglise orthodoxe ici à l'église de la Nativité de Bethléem:
Barack Obama avec son secrétaire d'Etat John Kerry en Jordanie rencontrele roi Abdallah II. Il s'est ensuite rendu sur le site de l'ancienne cité nabatéenne Petra:
Une bonne partie des Américains pensaient qu'après la tragédie de l'école primaire de Sandy Hook à Newtown, dans le Connecticut, où 20 enfants de six et sept ans ont été abattus ainsi que six éducateurs, l'Amérique allait enfin sévir. Le président Barack Obama, très touché par la fusillade de Newtown a annoncé en 2013 près de 40 mesures pour durcir le contrôle des armes et promis d'user du décret présidentiel pour faire avancer les choses. Il a aussi exhorté le Congrès à voter sur la question pour que le peuple américain puisse apprécier le refus du Capitole de prendre des mesures pour réduire la violence perpétrée par les armes à feu.
Or le Congrès a jusqu'ici lamentablement échoué à légiférer en faveur d'un durcissement. Harry Reid, leader démocrate du Sénat proche de la NRA, est l'incarnation même de l'échec. Alors que sa collègue de Californie Dianne Feinstein avait déposé un projet de loi pour interdire les fusils d'assaut, le sénateur du Nevada a lâchement abandonné le projet, estimant que celui-ci n'allait pas obtenir un nombre de votes suffisant. Il a créé un immense tollé parmi la majorité de la population (57%) qui juge une telle interdiction nécessaire pour éviter de telles atrocités telles qu'à Newton où le tueur, Adam Lanza, 20 ans, a pris moins de 5 minutes pour abattre 26 personnes avec son AR-15 doté d'un chargeur de plus de 30 balles.
L'un des pères d'une petite victime de Sandy Hook n'a pas caché son dégoût face à un Congrès sous l'emprise de la National Rifle Association, un lobby des armes qui ne compte pourtant qu'un peu plus de 4 millions de membres et dont l'influence sur le Congrès est disproportionnée par rapport à sa réelle importance. Lors des dernières élections, quelque 1% des candidats soutenus par la NRA ont été élus.
Le réalisateur de Bowling for Columbine Michael Moore est littéralement déchaîné contre la médiocrité de Washington et l'exprime chaque soir sur les télévisions américaines ainsi qu'à travers ses tweets. Samedi soir, il organise avec le site Moveon.org un événement pour mobiliser la foule contre l'inertie du Congrès et offre aux abonnées de Netflix de visionner gratuitement son film l'espace d'un soir. Le vice-président américan Joe Biden a néanmoins laissé apparaître une
lueur d’espoir, déclarant qu’il «ne se reposerait pas et que le
président ne se reposerait pas» tant que rien n’aura été fait. La
Maison-Blanche espère que le Congrès approuve au moins les vérifications
d’identité et d’antécédents judiciaires des acheteurs d’armes au début
avril. Depuis la tragédie de Newtown en décembre, 3000 personnes ont été
tuées par des armes à feu aux Etats-Unis.
De son côté, Yoko Ono, 80 ans, l'épouse du défunt John Lennon, a envoyé le 20 mars, jour de ce qui aurait pu être le 44e anniversaire de leur mariage, un tweet de choc pour réveiller l'opinon publique. Celui-ci révèle que depuis l'assassinat du membre des Beatles le 8 décembre 1980 à Central Park, 1, 057 million de personnes ont été tuées par les armes à feu aux Etats-Unis. A cette occasion, elle a tweeté une photo (Yoko Ono/AP) des lunettes ensanglantées de son défunt mari:
Bo. C'est le chien le plus célèbre des Etats-Unis. On le voit partout. C'est lui qui présente les décorations de Noël au public américain. C'est encore lui qui fait la promotion de la course aux oeufs de Pâques sur le gazon de la Maison-Blanche. Bo, connu sous le nom de DOTUS (Dog of the United States) a été baptisé ainsi par les filles de Barack Obama, Sasha et Malia en référence au nom de leur chat et au surnom du père de Michelle Obama, Diddley et du chanteur décédé Bob Diddley
Le choix de ce chien d'eau portugais repose sur ses propriétés hypoallergènes, car Malia souffre d'allergies. Ce fut un don du défunt sénateur Ted Kennedy. Bo lui-même suit un régime depuis 2012.
La dernière prestation de Bo promouvant la course aux oeufs de Pâques:
Bo présentant les décorations de Noêl en décembre 2012:
Bo, qui figure sur une carte de Noël, suscite de vives critiques des républicains...
C'est un scoop du Daily Beast. Sous Barack Obama, la CIA est sur le point d'être privée des opérations
d'éliminations ciblées de terroristes à l'aide d'avions sans pilote. Selon trois responsables de l'administration démocrate, celle-ci devrait transférer la compétence de ce programme au Pentagone.
Ce faisant, explique le Daily Beast, les critères autorisant les frappes à l'aide de drones risquent de se durcir afin d'accroître la transparence d'opérations qui ont suscité récemment une vive controverse à Washington en raison de leur caractère secret et du statut des personnes visées. La CIA a parfois ciblé des accompagnants de terroristes présumés, les assimilant à des combattants. Une pratique contraire aux Conventions de Genève.
C'est une vraie révolution que l'ONG Human Rights Watch a régulièremenrt appelée de ses voeux. Son directeur Kenneth Roth le confiait récemment au Temps dans une interview critique du programme de drones de la Maison-Blanche. La décision de transférer les compétences pour les attaques de drones au Pentagone est décrite au sein de l'administration comme un effort "d'institutionnalisation" censé instaurer des procédures et règles claires pour autoriser des éliminations ciblées de terroristes.
Paradoxalement, c'est le nouveau directeur général de la CIA John Brennan qui a poussé à cette institutionnalisation, estimant que le cadre juridique ad hoc pour ce type d'opérations très controversées n'est pas adapté aux exigences d'aujourd'hui. Or par le passé, en tant que patron de la lutte contre le terrorisme et grand architecte des frappes ciblées à l'aide d'avions sans pilote, John Brennan a suscité quelques remous en laissant entendre qu'il appuyait les méthodes d'interrogatoire de l'administration Bush assimilables à de la torture.
La nouvelle est considérable, mais elle répond à une logique manifeste. Le président Barack Obama est soumis depuis plusieurs mois à une pression constante pour faire plus de lumière sur ce programme de drones. Ce d'autant que son administration a longtemps refusé de remettre aux commissions des renseignements du Congrès les documents juridiques permettant de justifier les attaques. C'est sous la pression du Capitole qu'il a fini par céder.
Récemment, deux événements ont accru la pression sur l'administration Obama. Rapporteur auprès de l'ONU sur la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, Ben Emerson a passé trois jours à Islamabad. Il a relevé que les frappes de drones américains au Pakistan constitue une claire violation de la souveraineté pakistanaise: "La position du gouvernement du Pakistan est tout à fait claire. Il n'autorise pas sur son territoire l'usage de drones américains et considère cela comme une violation de la souveraineté et l'intégrité territoriale du Pakistan." (photo B.K Bangash/AP)
Dans le même temps, un juge d'un Cour d'appel fédérale a imposé vendredi dernier à la CIA de révéler les documents qui justifient l'élimination ciblées de terroristes présumés au moyen d'avion sans pilote.
Il avait déjà tendu la main à l'Iran au Nouvel An en 2009, quelques mois après son élection historique à la Maison-Blanche. Lundi, Barack Obama a réitéré son message à l'intention des Iraniens à l'occasion de Norouz, le Nouvel An persan. Le geste du président américain ne manque pas d'audace, deux jours avant sa première visite présidentielle en Israël. La première tentative de 2009 avait largement échoué, le régime de Téhéran écrasant même peu après le Mouvement vert aspirant à des changements au sein de la République islamique. Lors de la dernière campagne présidentielle, Barack Obama a été fréquemment accusé par ses adversaires républicains, dont Mitt Romney, d'avoir cherché à dialoguer avec l'Iran et de n'avoir pas soutenu explicitement le Mouvement vert.
Les raisons qui expliquent cette nouvelle main tendue de la Maison-Blanche sont sans doute multiples. Mais l'une d'entre elles semble relever de l'impasse dans laquelle se trouve l'administration Obama. L'Iran continue d'enrichir de l'uranium à 20% en quantités qui dépassent largement les besoins dont parle Téhéran pour alimenter un réacteur à des fins médicales. Israël, par ailleurs, menace constamment d'intervenir militairement avant que l'Iran n'acquière la bombe. Pour Barack Obama, il est évident que résoudre le casse-tête nucléaire iranien par la diplomatie serait la porte de sortie la plus souhaitée. Car même s'il répète que toutes les options sont envisagées, beaucoup doutent de la réelle volonté du président américain de s'engager dans un nouveau conflit aux conséquences imprévisibles.
Dans son message aux Iraniens, Barack Obama a déclaré vouloir s'adresser directement au peuple d'Iran. Il a aussi invité le gouvernement iranien à "prendre des mesures immédiates et significatives pour réduire les tensions et œuvrer à une résolution de la question nucléaire". La Maison-Blanche dit avoir conscience des difficultés accentuées par des décennies de méfiance réciproque. Elle estime que Téhéran n'a pas fourni les preuves de la nature pacifique de son programme nucléaire.
"L'isolement de l'Iran n'est pas une bonne chose pour le monde", a ajouté le président démocrate, qui estime que la planète ne peut que profiter des talents des jeunes Iraniens. Et Barack Obama de citer le poète persan Hafez pour conclure son intervention.
Depuis l'échec du ticket John McCain-Sarah Palin face à Barack Obama et Joe Biden en 2008, l'ex-gouverneure d'Alaska avait réussi à se maintenir dans le flux quotidien des médias grâce notamment à son mandat de contributrice extérieure pour Fox News. Mais la chaîne, qui caresse la droite conservatrice dans le sens du poil (à l'image de ce que fait MSNBC avec la gauche), a pris congé de Sarah Palin.
Samedi, l'ex-candidate à la vice-présidence des Etats-Unis a fait un retour tonitruant dans une arène qui lui sied comme un gant: la Conservative Political Action Conference (CPAC). Cette réunion annuelle, qui a vu défiler des Mitt Romney, Rand Paul, Jeb Bush ou encore Marco Rubio, a été conquise par Sarah Palin, qui a décoché des flèches empoisonnées en direction du président démocrate Barack Obama. Elle a aussi emballé son public en moquant l'interdiction des boissons sucrées géantes décrétée par le maire de New York Michael Bloomberg (désavouée par une cour de New York) en sirotant en plein discours son immense soda. Elle a montré qu'en tant qu'égérie du Tea Party, elle n'avait peur de rien en s'attaquant directement à l'ex-stratège de George W. Bush Karl Rove, qui juge nécessaire de mieux sélectionner les candidats aux primaires pour être sûr de gagner. Une manière, pour ce dernier, d'écarter des candidatures "folkloriques" issues du Tea Party.
Sans vision, Sarah Palin est devenue la divertisseuse en chef du Tea Party et des conservateurs. Dotée d'un talent de communicatrice, elle a toutefois montré samedi qu'elle conservera sans doute ce statut et aura plus de peine à franchir le cap d'une nouvelle candidature d'importance au plan national.
Un extrait de sa prestation de samedi à la conférence CPAC à Washington:
Regard de Stéphane Bussard, correspondant du Temps aux Etats-Unis sur une Amérique innovante, audacieuse, mais que l'explosion des inégalités sociales a fini par faire douter de sa capacité à se réinventer, une Amérique désormais écartelée entre deux visions diamétralement opposées de son avenir.