L'Arab American Institute a réalisé un sondage dans la communauté arabo-américaine. Il en conclut que 52% des sondés sont favorables à Barack Obama contre 26% en faveur de Mitt Romney. 16% restent indécis. Pour Barack Obama, le soutien de cette frange de l'électorat recule de 15% par rapport à 2008, relève Politico.
Ce n'est pas une vraie surprise. Le président démocrate avait suscité un vrai enthousiasme à l'issue de son discours du Caire de 2009. Puis il s'est perdu dans les contingences de Washington et le conflit israélo-palestinien n'a pas perdu en acuité. Barack Obama est accusé de ne pas avoir même tenté de faire avancer la cause de la paix. Or pour 83% des Arabo-Américains, ce conflit est important, voire très important. La convention démocrate de Charlotte n'a en ce sens pas arrangé les choses. La plateforme du parti ne mentionnait plus Jérusalem comme la capitale d'Israël alors que ce point figurait dans le programme démocrate de 2008. Puis Barack Obama est intervenu et les délégués démocrates ont réintégré, après un vote faussé, la mention de Jérusalem. Or le président démocrate a toujours dit que la paix devait se négocier. Il l'avait répété lors de son discours devant l'ONU en septembre 2011 quand l'Autorité palestinienne évoqua sa volonté de soumettre sa demande visant à acquérir le statut d'observateur à l'ONU. Pour Jérusalem, question ultra-sensible de part et d'autre, les négociations ne semblent plus nécessaires, selon la Maison-Blanche.
L'avortement sera-il un game changer, sera-t-il un facteur déterminant de l'élection présidentielle dans certains Etats indécis? C'est le pari que fait le Susan B. Anthony List, un groupe de pression conservateur anti-IVG qui diffuse ces jours une publicité en Ohio, où Barack Obama est actuellement en tête dans les sondages. Selon la pub, le président démocrate est "un extrémiste en matière d'avortement". Sa réforme de la santé, l'Affordable Care Act , est par ailleurs la plus grande expansion des avortements subventionnés.
Elle fut la présidente de la Federal Deposit Insurance Corporation, l'agence fédérale américaine chargée de garantir les prêts bancaires aux Etats-Unis. Sheila Bair le dit dans un livre qui vient de paraître, "Bull by the Horns" (aureau par les cornes"). Les administrations Bush et Obama n'ont pas agi en faveur des propriétaires immobiliers happés par la crise financière et ont jugé prioritaire de porter leurs efforts sur le sauvetage de Wall Street (photo du taureau de Wall Street/Mario Tama/Getty Images/AFP).
Sheila Bair est très critique de Timothy Geithner quand il était encore président de la Réserve fédérale de New York et de sa nomination au poste de secrétaire au Trésor par Barack Obama. Elle avait recommandé à ce dernier de nommer Paul Volcker au poste de "ministre des Finances", mais le président lui préférera Geithner, "un coup de poing dans l'estomac".
Pour venir en aide aux propriétaires, l'administration Obama (Timothy Geithner et Lawrence Summers, qui dirigeait à l'époque le Conseil économique national) fera adopter le "Home Affordable Modification Program". Pour Sheila Bair, c'était de la cosmétique pour la presse, mais en aucun cas un programme sérieux censé apporter une aide substantielle aux propriétaires en difficulté avec leur hypothèque.
L'auteure de "Bull by the Horns" distribue aussi des notes aux différents dirigeants de banques quant à leur capacité de prendre les bonnes décisions en pleine crise financière. Les patrons de Citi Group et de Bank of America en prennent pour leur grade alors que le patron de JP Morgan, Jamie Dimon, est considéré comme "le plus intelligent des grands banquiers". Ce dernier fit néanmoins les titres de la presse américaine au début de l'été quand sa banque annonça une perte de 9 milliards de dollars alors que peu avant, celui qu'on appelle aussi le "roi de Wall Street" avait rué dans les brancards pour protester contre la régulation du secteur bancaire par Washington.
Au cours de la campagne électorale, c'est un gros mot pour Mitt Romney: changement climatique. Il ne s'aventure jamais à le prononcer et préfère déclarer lors de ses meetings électoraux qu'il faut exploiter au maximum les ressources fossiles que sont le pétrole, le gaz et le charbon pour que l'Amérique conquiert son indépendance énergétique. Il n'hésite pas à décocher des flèches empoisonnées à l'encontre du président Barack Obama qui s'opposerait, dit-il, à relancer l'économie américaine grâce à un secteur énergétique en plein boom grâce notamment à la fracturation hydraulique.
Au sein du Parti républicain, le positionnement de Mitt Romney rejoint le profond scepticisme des conservateurs et des membres du Tea Party au sujet d'un possible réchauffement climatique. Les preuves scientifiques sont balayées sans réserve. Une grande majorité ne croit pas à cette théorie qui n'a pour but que de mettre des bâtons dans les roues de l'économie. Ils appellent à la suppression de l'Agence de protection de l'environnement (Environment Protection Agency).
Mais tous les républicains n'entonnent pas ce credo. Ex-élu à la Chambre des représentants pour la Caroline du Sud, Bob Inglis est persuadé que le réchauffement climatique, un problème réel à ses yeux, peut être combattu grâce à l'initiative privée. Ses convictions courageuses lui ont coûté son mandat au Congrès à Washington. Il fut battu par un représentant du Tea Party. Responsable de l'Energy and Enterprise Initiative à la George Mason University, il le dit sur NPR: "Nous pensons que la libre entreprise a la réponse (aux défis énergétiques) et (au problème) du climat." Bob Inglis propose de supprimer toute subvention ou crédit d'impôts pour des fabricants de panneaux solaires ou de voitures électriques, mais aussi pour les grandes majors de l'industrie pétrolière et gazière. Pour lui, il faut imposer une taxe carbone sur les énergies fossiles. Pour Bob Inglis, la société paie déjà un coût caché du statu quo: les émissions de gaz à effet de serre et la pollution détériorent la santé de la population et les émetteurs de gaz à effet de serre ne paient pas le prix de ces effets indésirables.
Voici le sujet traité par la radio publique nationale NPR:
Et les explications de Bob Inglis, responsable de l'Energy and Entreprise Initiative:
Pourquoi Mitt Romney reste-t-il aussi vague dans ses propositions pour réduire le déficit budgétaire ou pour lutter contre l'immigration? Parce que le Parti républicain, sous l'influence du Tea Party et des ultra-conservateurs, l'a harnaché dans une espèce de camisole de force. C'est le sentiment que partage le commentateur vedette de CNN (GPS) Fareed Zakaria (photo Emmanuel Dunand/AFP) dans le "Washington Post".
Pour réduire le déficit de près de 1000 milliards par an, le candidat républicain à la Maison-Blanche reste vague. Il ne veut pas de hausse d'impôt, veut réduire les dépenses, sauf celles de la Défense. S'il déclarait, comme Ronald Reagan dans les années 1980 ou George H. Bush au début des années 1990, que parfois des hausses d'impôts sont nécessaires, il provoquerait une révolte interne chez les Républicains. Idem en matière d'immigration. Mitt Romney a soutenu les dures lois anti-immigration d'Arizona, s'est opposé au Dream Act permettant à des jeunes étudiants de talent issus de l'immigration illégale de poursuivre leur chemin aux Etats-Unis et a enfin plébiscité les "renvois volontaires" pour résoudre le problème des 12 millions de sans-papier. Pour Fareed Zakaria, les positions de Mitt Romney s'expliquent par un culte du politiquement correct de la droite de la droite au sein des républicains.
Le Parti républicain responsable du flou entretenu par Mitt Romney dans la campagne? C'est une manière de voir les choses. Mais au vu des nombreux retournements de veste dont s'est fait l'auteur Mitt Romney (l'art du flip-flopping), beaucoup se demandent si le candidat républicain à la Maison-Blanche a une vraie vision personnelle de ce qu'il ferait en tant que président.
En 2008, le candidat Barack Obama avait formulé une promesse lors d'un meeting électoral en Virginie, mais aussi à plusieurs reprises au cours de la campagne: "Dans une administration Obama, nous abaisserons les primes d'assurance maladie jusqu'à 2500 dollars par famille par an.”
Les chiffres révèlent une réalité différente en 2012, deux ans après l'adoption de l'Affordable Care Act (photo Chip Somodevilla/AFP) qui est censé réduire les primes d'assurance, même si l'essentiel de la loi réformant le système de santé américain produira ses effets à partir de 2014. Les coûts de la santé ont augmenté de 4,6% en 2011, soit 4500 dollars en moyenne par personne, selon le Health Care Cost Institute, un organisme indépendant. Les primes d'assurance ont augmenté en moyenne de 3% en moyenne par personne, soit 186 dollars et 4% pour une famille, soit 672 dollars. Entre 2009 et 2012, ces primes ont augmenté de 2370 dollars par famille bénéficiant d'une assurance fournie par l'employeur. C'est plus qu'à l'époque de George Bush.
Pour Barack Obama, ce n'est pas une bonne nouvelle. Il doit toujours convaincre les Américains, d'ici au 6 novembre, que sa réforme de la santé, dénommée ObamaCare par ses détracteurs, va à terme réduire les coûts de la santé et les primes d'assurance maladie. Mitt Romney aurait cependant tort d'utiliser cet argument pour s'en prendre à son rival démocrate. Dans le Massachusetts, où le républicain a promulgué une loi similaire à l'ObamaCare, le RomneyCare, la réforme de la santé a permis d'atteindre une couverture santé quasi universelle. Mais elle ne prévoyait pas de maîtriser les coûts de la santé. De fait, les coûts ont explosé et les responsables politiques du Massachusetts se sont penchés à partir de l'an dernier sur la nécessité d'adopter une loi pour réduire les coûts.
Fox News n'a pas cessé de thématiser la venue de Mahmoud Ahmadinejad à New York. Le président iranien s'exprime aujourd'hui mercredi à la tribune des Nations unies dans un contexte moyen-oriental en ébullition. L''ennemi numéro un d'Israël a surtout été appeler à faire son discours le jour même de Yom Kippour, la fête la plus importante du calendrier juif.
Yom Kippour, c'est le jour du pardon, le jour du jeûne, le jour où chacun fait le bilan pour tirer les leçons qu'il juge nécessaires. La venue d'Ahmadinejad chamboule toutefois les habitudes et plusieurs rabbins orthodoxes se demandent s'il faut éviter de parler de l'Iran et rester dans un champ sémantique de recueillement ou s'il faut au contraire souligner la menace que représente la République islamique pour Israël.
Plusieurs organisations influentes de Juifs orthodoxes américains estiment que l'heure est suffisamment grave pour mélanger politique et religion. Le Conseil rabbinique d'Amérique (Rabbinical Council of America), qui représente une centaine de rabbins orthodoxes, exhorte à la prière pour éviter que l'Iran acquiert l'arme nucléaire synonyme de menace mortelle pour Israël.
Les propos durs de Barack Obama à l'ONU mardi contre l'Iran ne suffiront sans doute pas à faire disparaître la République islamique des sermons prononcés dans certaines synagogues.
A partir de mardi 25 septembre, Susan Rice (photo Stephen Chernin/AFP) joue gros. Ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU à New York, c'est à elle qu'incombe la tâche de défendre la position de l'administration Obama par rapport à la Syrie devant la 67e Assemblée générale des Nations unies qui s'ouvre ce mardi. Cette docteure en philosophie de l'Université d'Oxford doit tenter de justifier le fait que Washington n'entend pas s'engager militairement en Syrie alors que la pression internationale ne cesse d'augmenter en faveur d'une intervention.
Comme le raconte le Washington Post, Susan Rice s'était rendue au Rwanda à Thanksgiving l'an dernier pour y passer des vacances en famille, mais aussi pour prendre toute l'ampleur de ce que fut le génocide de 1994. A l'époque, elle avait trente ans et était dans le Conseil de sécurité nationale de l'administration de Bill Clinton. 1994, c'est un an après la désastreuse intervention américaine en Somalie qui avait poussé Bill Clinton a émettre la PDD 25, une décision présidentielle limitant l'intervention de GI sur des terres étrangères. Le Rwanda en a en quelque sorte fait les frais. Susan Rice a la réputation d'être une interventionniste. Mais face à la Syrie, sa position risque d'être très ambiguë. Directeur général de Human Rights Watch, Kenneth Roth le déclare: Susan Rice a une vision sélective des droits de l'homme: elle est dure quand il s'agit d'en exiger le respect dans des pays ennemis de l'Amérique. Elle l'est beaucoup moins dans les autres cas.
Sa prestation à l'ONU sera observée de près. Comme Hillary Clinton va sans doute quitter le Département d'Etat, même si Barack Obama est réélu en novembre, Susan Rice pourrait la remplacer. Elle a fait forte impression en jouant un rôle clé à l'ONU pour convaincre Russes et Chinois d'accepter une résolution pour intervenir en Libye, mais aussi pour imposer des sanctions contre l'Iran. Ses passes d'armes avec l'ambassadeur russe Victor Churkin sont parfois épiques.
Vendredi soir, sur Fox News, rencontre entre le présentateur vedette de la chaîne, Bill O'Reilly, et Ted Koppel, l'un des grands présentateurs de la télévision américaine après les Cronkite, Rather ou Brokaw. Ted Koppel, qui travailla longtemps pour la chaîne nationale ABC, estime que vu leur biais idéologique, Fox News (droite) et MSNBC (à gauche) ne font pas du bien au pays, contribuant à sa polarisation extrême.
C'est le geste qui laisse pantois tous ceux qui suivent la campagne électorale: vendredi, le candidat républicain Mitt Romney (photo Mangel Ngan/AFP) a
publié sa déclaration d'impôts pour 2011. Sous pression, il avait déjà dû publier celle de 2010 au cours des primaires républicaines. Qu'y apprend-on? Qu'il a été imposé à un taux de 14,1% et que s'il avait procédé aux déductions auxquelles il avait droit en versant plusieurs millions à des oeuvres caritatives, il aurait été soumis à un taux d'imposition inférieur à 10%. Rien de nouveau donc. La déclaration précédente révélait un taux d'imposition de 13,9%, soit à peu près la moitié moins que ce que paie l'Américain moyen.
Maisalors pourquoi la publier maintenant? Tout le monde avait plus ou moins laissé de côté le fait qu'il n'était pas prêt à publier les déclarations des huit dernières années à l'image de ce qu'avait fait son père en 1968 alors qu'il était candidat à l'investiture républicaine. Certains avancent que du moment que les commentateurs parlent des errances de Mitt Romney, autant donner toutes les mauvaises nouvelles maintenant. Mais l'argument est peu convaincant. Etait-ce une manière de détourner l'attention, de rebondir après les deux semaines calamiteuses qu'il a connues (déclarations intempestives sur les incidents du Caire et de Libye, vidéo réalisée en caméra cachée révélant que Mitt Romney n'a pas à se soucier des 47% d'Américains qui dépendent de l'Etat, qui sont des victimes et qui vont de toute façon voter pour Barack Obama)? Ce faisant, non seulement il n'empêche pas les médias et la campagne Obama d'exploiter encore et toujours les propos de la vidéo tournée lors d'une collecte de fonds à huis clos, mais il donne aussi aux démocrates le fouet pour se faire battre. Il montre une nouvelle fois qu'il est déconnecté de l'Américain moyen.
En termes de communication, Mitt Romney n'a pas été très habile non plus en utilisant un pourcentage (100%) pour dire à quel point il se souciait de toute l'Amérique. C'était une manière de répondre directement à sa gaffe des 47%. Quand à son équipe de campagne, divisée et dominée par Stuart Stevens aujourd'hui sous le feu des critiques, elle semble annoncer chaque semaine qu'elle va relancer la campagne. A force de la relancer toutes les deux semaines, le message essentiel du candidat républicain se perd. Au café près de chez moi à New York, un habitué, démocrate, juif new-yorkais, a tout déballé vendredi: "Mitt Romney n'a pas de colonne vertébrale. Il dira tout ce que son audience souhaite, quitte à dire exactement le contraire devant un autre public. C'est le plus mauvais candidat républicain depuis longtemps."
Pendant ce temps, le président Barack Obama tenait un meeting électoral à Milwaukee dans le Wisconsin. Beaucoup disent que la victoire le 6 novembre dépend de lui-même, de sa capacité à remobiliser les foules malgré certaines promesses non tenues. Samedi dans le Wisconsin, le démocrate (photo Scott Olson/Getty Images/AFP) a montré sans doute la meilleure facette de sa personnalité: son allocution était teintée d'humour, traduisait un populisme mesuré, était marquée par des piques bien choisies contre son adversaire et traduisait une aisance indubitable.
Visiblement, Barack Obama aime être en campagne électorale. Son discours à Milwaukee était meilleur que celui qu'il avait prononcé lors de la convention démocrate de Charlotte. A ce stade, il faudrait une très mauvaise nouvelle sur le front de l'économie ou de la politique étrangère pour que Barack Obama ne réussisse pas à conquérir un second mandat.
Mary Matalin, 59 ans, républicaine jusqu'au bout des ongles, travailla pour Ronald Reagan, puis fut vice-directrice de la campagne électorale de George Bush père qui convoitait un second mandat à la Maison-Blanche en 1992, puis conseilla George W. Bush et Dick Cheney. Elle fut même une collègue du stratège et Machiavel Karl Rove. James Carville, 67 ans, fut le directeur de la campagne électorale de Bill Clinton. C'est à lui qu'on attribue la fameuse expression "It's the economy, stupid" qui avait marqué la bataille entre ce dernier et George Bush père au profit de Clinton. Il reste un démocrate pur sucre.
Leurs avis politiques sont toujours radicalement différents. Mais ils ont des points communs. Ils sont mariés depuis 1993, ont eu deux enfants et ne cessent d'intervenir sur CNN à tour de rôle ou ensemble pour commenter la politique américaine. Près de 20 ans plus tard, ils vivent toujours sur le même toit à la Nouvelle-Orléans.
Quand les Américains observent avec consternation les blocages du Congrès déchiré entre démocrates et républicains, ils se demandent si le couple Matalin-Carville ne serait pas finalement l'exemple à suivre. Lors d'une interview, James Carville révélait la recette du couple, non sans ironie: capitulation et retraite. Mary Matalin était plus sérieuse, qualifiant son mari de vrai martyr, une caractéristique propre aux progressistes (liberal). Pour elle, la recette de cette union repose sur la foi, la famille et le bon vin. Mais tous deux ne parlent a priori pas de politique à la maison. Les débuts furent difficiles. Les deux consultants se rencontrèrent en 1991. Peu après, quand James Carville annonça à sa future épouse qu'il allait travailler pour Bill Clinton, la nouvelle la fit vomir.
Voici quelques vidéos illustrant la relation de ces deux figures médiatiques:
Les recettes du couple, malgré les divergences politiques:
Le souvenir de leur rencontre en 1991:
Le couple est si improbable qu'il intéresse les publicitaires:
C'est apparemment de la pure propagande des médias conservateurs américains dont The Blaze, Breitbart et Glenn Beck. Le
Département d'Etat américain serait sur le point de transférer l'islamiste égyptien Omar Abdel Rahman (photo: manifestation au Caire avec la soeur d'Omar Abdel Rahman qui demande la libération du terroriste/Khaled Desouki/AFP) de sa prison de Caroline du Nord à une geôle égyptienne. Il répondrait ainsi à la requête faite peu après son élection par le président d'Egypte Mohamed Morsi qui plaidait pour ce transfèrement pour des "raisons humanitaires et de santé".
Dans la campagne électorale pour la présidentielle américaine, c'est le genre de nouvelle qui peut vite être exploitée. Mais elle semble non seulement improbable, mais aussi absurde dans le contexte des élections. On voit mal le président Barack Obama laisser Hillary Clinton libérer un terroriste qui a été condamné à la perpétuité pour avoir comploté dans le cadre de l'attentat contre le World Trade Center en 1993 et pour avoir fomenté plusieurs autres attentats à New York, dont l'un contre le président égyptien en visite Hosni Moubarak.
Pour un responsable du Département d'Etat parlant sous couvert d'anonymat en juin dernier, peu après la requête de Morsi, il "y a zéro chance" qu'il obtienne une réponse favorable pour le transfèrement de Omar Abdel Rahman, dénommé le cheikh aveugle. C'est d'autant plus vrai après l'assaut, par des manifestants salafistes, de l'ambassade américaine du Caire.
Exercice difficile pour Barack Obama (photo Brendan Smialowski/AFP) jeudi sur le plateau d'Univision, la chaîne de télévision en espagnol. Le président démocrate a dû expliquer pourquoi il n'avait pas tenu sa promesse de mener une profonde réforme de l'immigration dès la première année de son mandat à la Maison-Blanche. "J'accepte volontiers la responsabilité d'être naïf", a-t-il déclaré relevant que son premier mandat a été fortement perturbé par la crise économique qu'il a fallu gérer tant bien que mal.
"J'aimerais tout d'abord que vous admettiez que vous n'avez pas tenu votre promesse", a insisté le modérateur de Univision. Barack Obama a riposté: "C'était avant que l'économie ne soit sur le point de s'effondrer. Cela nous pris énormément de temps au cours de la première année."
La promesse non tenue irrite encore certains Hispaniques qui sont actuellement entre 60 et 65% à vouloir voter pour Barack Obama en novembre. La population latino, au même titre que les Afro-Américains, est beaucoup plus touchée par le chômage et des millions de jeunes Hispaniques sont sans emploi. Dans certains Etats indécis, leur vote pourrait être crucial. A la faveur du président, ce dernier a passé une réforme de la santé qui couvre désormais 9 millions d'Hispaniques supplémentaires. Il est favorable au Dream Act qui permet aux étudiants issus de l'immigration clandestine de poursuivre leurs études. Il a aussi contesté, par le biais de la Cour suprême, les lois de certains Etats comme l'Arizona et l'Alabama qui traduisent un très net durcissement en matière d'immigration. Enfin, avant l'été, il a adopté un décret présidentiel permettant aux étudiants accomplissant de brillantes études de les terminer même s'ils sont entrés aux Etats-Unis clandestinement. Une décision qui avait suscité l'ire du juge de la Cour suprême Antonio Scalia qui, deux jours avant que l'institution ne délivre son verdict sur la réforme de la santé, avait fustigé publiquement le président démocrate.
Aujourd'hui, l'immigration illégale est plutôt stable par rapport aux neuf dernières années. Mais 12 millions de sans-papier vivent toujours aux Etats-Unis après que George W. Bush, pour répondre aux besoins de l'économie, avait ouvert toutes grandes les vannes de l'immigration.
A 47 jours de l'élection présidentielle américaine, le candidat républicain Mitt Romney fait face à une adversité inattendue après
les commentaires très controversés qu'il a faits à huis clos, mais sous l'oeil d'une caméra cachée, lors d'une collecte de fonds chez le millionnaire Marc Leder en Floride au mois de mai.
Jeudi, le co-président de sa campagne de Mitt Romney, Tim Pawlenty (photo Brendan Smialowski/AFP), qui fut un très bref instant en automne 2011 candidat à l'investiture républicaine avant de se désister, a annoncé qu'il démissionnait de ce poste pour endosser celui que responsable du Financial Services Roundtable, un groupe de pression très influent dans le secteur bancaire.
Avant lui, le sénateur républicain du Nevada Dean Heller, qui se bat pour conserver son siège au Capitole dans une bataille qui s'annonce difficile, a lui aussi pris ses distances comme Linda McMahon, candidate républicaine au Sénat pour le Connecticut. Opposé à la tenace Elizabeth Warren, qui quitta l'administration Obama en 2010, le sénateur du Massachusetts Scott Brown a jugé nécessaire de se distancier des propos de Mitt Romney. Quant à la candidate républicaine au Sénat Linda Lingle, d'Hawaï, elle le déclare sans ambages: "Je ne suis pas un béni-oui-oui de mon parti et je ne suis pas responsable des déclarations de Mitt Romney." Faisant référence aux 47% de victimes évoqués par Mitt Romney, elle souligne: "Les gens d'Hawaï savent que je ne crois pas dans les étiquettes et eux non plus."
Tout le monde se souvient de la polémique autour du candidat Barack Obama qui, en 2008, avait été dépeint par certains de ses adversaires comme un musulman en raison de son deuxième prénom Hussein.
Or une étude des universités de Haïfa et du Texas s'est penchée sur le phénomène en montrant que le deuxième prénom peut influencer la perception qu'on a de quelqu'un. L'expérience a été menée avec un groupe de Juifs israéliens, d'Arabes israéliens et d'Américains. Chaque groupe a été prié de regarder une vidéo de 3.40 minutes montrant le président Barack Obama avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le président palestinien Mahmoud Abbas. Certains ont vu la vidéo avec un sous-titre mentionnant "Président Barack Obama". D'autres avec le sous-titre "Barack Hussein Obama", ceci pour un total de 20 secondes. Parmi les Juifs israéliens, ceux qui faisaient partie du second groupe ont perçu Barack Obama comme étant moins pro-Israël et estimé que son approche du processus de paix était moins juste et moins réalisable que ce qu'en percevaient ceux du premier groupe.
Etonnamment, le président américain, affublé du prénom Hussein, est perçu comme étant moins positif même par les Arabes israéliens. Juifs et Arabes israéliens le trouvent moins pro-Israël, moins juste aussi pour les premiers et plus correct pour les seconds.
Quant aux Américains rangés en deux groupes, l'un sympathisant d'Israël, l'autre des Palestiniens, qui sont habitués aux deuxièmes prénoms (John Fitzgerald Kennedy, George Walker Bush, Bill Jefferson Clinton), l'ajout de Hussein à Barack Obama n'a eu aucun effet sur la perception des uns et des autres.
Enfin, l'impact culturel du prénom Hussein a été mesuré. Juxtaposé à d'autres prénoms tels que Mike, Diego, Jean-Pierre, Hussein est lié à beaucoup plus d'associations négatives parmi les Juifs israéliens et les Américains. Il est par contre associé à des choses positives du côté des Arabes israéliens. L'une des auteurs de l'étude, Natalie Jomini Stroud, de l'Université du Texas le souligne: "Il semble que la décision d'un politique d'utiliser un deuxième prénom ou de ne pas le faire - voir Obama dans son discours du Caire de juin 2009 -, peut avoir un impact."
Après l'éditorialiste conservateur Bill Kristol, Richard Armitage, l'ex-membre de l'administration de George W. Bush, et même l'ultraconservateur animateur de radio Rush Limbaugh, c'est au tour de Peggy Noonan de tirer à boulets rouges sur l'équipe de campagne de Mitt Romney. Doit être particulièrement visé le stratège en chef Stuart Stevens (photo Brendan Smialowski/AFP). Dans sa chronique du Wall Street Journal, celle qui rédigeait les discours de Ronald Reagan tire la sonnette d'alarme. Pour elle, le candidat républicain ne peut pas perdre la présidentielle 2012. Cela aurait des conséquences graves pour le pays, pour cette grande philosophie politique qu'est le conservatisme.
Pour elle, Mitt Romney devrait apprendre ce qu'Obama a appris en 2008: il n'y a pas de discussions "privées" dans une campagne électorale. Il y a toujours un téléphone portable qui traîne ou une caméra invisible. "Il est temps que l'équipe de campagne de Mitt Romney admette qu'elle est incompétente. Elle est trop petite, elle n'est pas brave et n'aborde pas les grands problèmes de façon réfléchie. [...] Tous les activistes, militants du parti et grands donateurs doivent forcer le changement. [...] Très bien, mais Mitt Romney n'est pas une marionnette: il choisit qui il écoute. Une intervention est à l'ordre du jour: "Mitt, cela ne marche pas."
C'est James E. Carter IV qui a réussi à convaincre l'auteur des vidéos controversées réalisées lors d'une collecte de fonds en Floride en mai dernier de les publier sur le site du magazine Mother Jones.
James E. Carter est le petit-fils du président Jimmy Carter. Mardi soir, il a expliqué sur plusieurs chaînes de télévision comment il avait réussi son coup: en faisant de la recherche sur YouTube, il est tombé sur un extrait de la vidéo. Puis il a traqué l'auteur via Twitter. Et c'est via Twitter qu'il a conversé avec l'auteur de la vidéo qu'il dit ne pas connaître personnellement. Une fois le contact noué entre l'auteur et Mother Jones, c'est le journaliste du magazine de gauche David Corn qui s'est chargé de diffuser les documents visuels.
Son grand-père Jimmy Carter était au courant de ses recherches. Répondant à Anderson Cooper sur CNN, James E. Carter a admis que le fait que Mother Jones a diffusé ces vidéos était une source de satisfaction après les virulentes attaques républicaines contre l'ex-président Carter, "mais que cela n'avait pas été ce qui l'a prioritairement motivié". Il voulait que les gens sachent de quoi Mitt Romney parle en privé.
Les médias américains ont parlé toute la soirée des vidéos tournées en caméra cachée dans la villa d'un milliardaire de Floride lors d'une collecte de fonds. Mitt Romney y décrit sa vision des choses. Dan Rather, le journaliste vedette de CBS qui avait remplacé Walter Cronkite, n'en revient pas lui-même. Il n'a jamais assisté à un tel dérapage dans une campagne électorale. Dans la première vidéo, le candidat républicain à la présidence parle de politique étrangère, de l'Iran et d'Israël, mais aussi des Palestiniens. Mardi, se sentant obligé de réagir à la diffusion des premiers extraits, Mitt Romney a demandé que le magazine de gauche Mother Jones ne se contente pas de ne diffuser que ces extraits, mais qu'il diffuse l'intégralité du discours. Mother Jones ne s'est pas fait prier.
Et la deuxième vidéo:
Dans un commentaire, Mitt Romney le déclare: s'il est élu le 6 novembre, "même sans rien faire, l'économie sera stimulée". Il annonce aussi sa stratégie consistant à attirer les "déçus" d'Obama qui aiment toujours le président, mais qui estiment qu'il a échoué. Il raconte aussi pourquoi il est important d'apparaître sur les grandes émissions du prime time, le "David Letterman Show, Jay Leno". Il refuse en revanche de participer à l'émission satirique "Saturday Night Live" qui avait ridiculisé Sarah Palin en 2008. "Je dois toujours avoir l'air présidentiel", confesse le candidat à la Maison-Blanche.
Le vrai débat présidentiel ne sera pas un duel entre Barack Obama et Mitt Romney, mais entre le présentateur vedette du prime time sur Fox News Bill O'Reilly et le comédien satirique Jon Stewart, présentateur du "Daily Show" sur Comedy Central. Date de ce grand moment médiatique: 6 octobre prochain à 20 heures à l'Université George Washington. Le débat sera diffusé en live streaming sur Internet.
Pour l'heure, les journaux qui souhaitent la rencontrer sont contraints de signer une clause de confidentialité. Monica Lewinsky
(photo livres de Bill Clinton et de Monica Lewinsky qui se sont vendus dans le monde entier/photo Reuters), la stagiaire de la Maison-Blanche qui avait eu une liaison avec le président des Etats-Unis de l'époque Bill Clinton, est sur le point de publier un ouvrage. Elle a aujourd'hui 40 ans et certains craignent ce qu'elle pourrait encore raconter à propos de l'un des plus grands scandales sexuels qui a secoué la Maison-Blanche. Quand elle connut Bill Clinton, elle avait 22 ans et Chelsea Clinton, la fille du président, 15 ans. Niant l'évidence, accusé de parjure et d'obstruction à la Justice par la Chambre des représentants, Bill Clinton avait été sauvé par le Sénat.
En 2012, Monica Lewinsky est une autre femme. Elle a achevé voici quelques années un master en psychologie sociale à la London School of Economics. Auparavant, elle avait connu des fortunes diverses, tentant une carrière à la télévision Fox dans une émission de téléréalité qui ne dura pas. Mais elle n'a pas sombré dans les regrets après avoir dû expliquer à huis clos et en détails sa relation intime avec Bill Clinton à un grand jury fédéral et publiquement par le biais d'une vidéo diffusée au moment où le Congrès se penchait sur la procédure de destitution du président. Avec son histoire, elle avait néanmoins gagné un peu moins de 700 000 dollars pour avoir réservé l'exclusivité de son histoire à Channel 4, mais elle avait utilisé une grande partie de cette manne pour payer ses frais de justice.
Dans la campagne électorale américaine, Mitt Romney est en quelque sorte son propre ennemi. Il vient de le prouver lors d'une soirée de gala en présence de généreux donateurs qui s'est tenue en mai dernier. Le candidat républicain à la Maison-Blanche y déclarait que 47% des électeurs sont forcément en faveur du président Barack Obama. Motif? Ils dépendent de lui et du gouvernement, car ils touchent des subventions pour leur logement, pour la nourriture et la santé. Selon les déclarations de Mitt Romney captées dans une vidéo qui a été trouvée par le petit-fils de Jimmy Carter pour le magazine de gauche Mother Jones, 47% d'Américains ne paient pas d'impôts sur le revenu, rendant ainsi inopérante la stratégie de Romney visant à baissr les impôts.
Les démocrates n'ont pas tardé à réagir pour montrer à quel point le rival républicain de Barack Obama a déjà rayé de sa carte électorale près de la moitié du peuple américain. Ils se demandent ainsi comment le républicain pourrait ainsi devenir le président de tous les Américains. Mitt Romney estime que les 47% d'électeurs américains sont acquis au démocrate et qu'il faut désormais se concentrer sur les 3-5% d'électeurs indépendants susceptibles de voter tantôt démocrate, tantôt républicain.
Le potentiel vice-président des Etats-Unis, Paul Ryan, maîtrise-t-il toujours sa communication? Il participait vendredi au Values Voter Summit, un sommet de conservateurs américains à Washington. Dans la liste des orateurs, le colistier de Mitt Romney figure à côté d'un autre orateur, Kamal Saleem, qui se présente comme un ancien terroriste...
Sept. 14-16, 2012
Omni Shoreham Hotel Washington, D.C.
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Lila Rose President, Live Action
Rep. Paul Ryan(R-WI)
Kamal Saleem Founder, Koome Ministries; Author, Former Terrorist
Dans la campagne électorale, à commencer par les primaires, les républicains ne cessent de se référer à l'icone du parti, Ronald Reagan (photo Reuters). Mitt Romney le premier. Or les commentateurs politiques se sont demandés ce que dirait Ronald Reagan des récents événements en Egypte et en Libye.
Aurait-il lui aussi profité du fait que les intérêts américains ont été attaqués par des islamistes radicaux pour fustiger l'administration démocrate? Mitt Romney, le rival d'Obama dans l'élection présidentielle, n'a pas hésité. Comme les démocrates l'ont ironiquement relevé, il "a tiré avant d'avoir visé" en politisant les événements en déclarant, en toute mauvaise foi, que l'administration Obama sympathisait avec les terroristes. Il se référait à un tweet de l'ambassade américaine du Caire envoyé avant les manifestations qui ont conduit à l'assaut sur l'ambassade. L'objectif était précisément de tenter d'éviter ce genre de mobilisation dangereuse. Avec Mitt Romney à la Maison-Blanche, les Etats-Unis ne seraient pas à "la merci des événements", souligne le candidat républicain, mais "façonneraient les événements". Autrement dit, il n'y aurait pas eu de flambée de violence contre les ambassades américaines à travers le monde.
Ronald Reagan a été conffronté à une situation semblable. En pleine campagne électorale de 1980, le président démocrate Jimmy Carter a lancé une opération de sauvetage des otages américains en Iran. Une opération qui échoua dans un désert iranien. Mais le républicain n'en tira pas profit. Il joua la carte de l'unité nationale. Voici ses propos après l'échec de l'opération en Iran:
"C'est un jour difficile pour nous tous, Américains... Il est temps de rester unis. C'est un jour de sereine réflexion. ..où les mots devraient être rares et avant tout limités à nos prières."
Une fois élu, Ronald Reagan s'est toutefois assuré que la libération des otages ne s'effectuerait pas sous l'administration Carter. Quelques minutes après son investiture, ils étaient libérés...
Jeudi, au Constitution Center de Philadelphie, l'Amérique a rendu hommage à Mohamed Ali, légende de la boxe mondiale en lui attribuant la Liberty Medal, une récompense pour son combat pour la liberté, les droits civiques, les droits de l'homme et la liberté de religion. Un hommage qui tombe bien.
Alors que les Etats-Unis sont confrontés à une vague d'anti-américanisme provoquée par la diffusion d'une vidéo insultante au sujet de Mahomet, ils honnorent un citoyen américain qui s'est converti dans les années 1960 à l'Islam. Au nom de sa foi, Mohamed Ali, alias Cassius Clay, avait refusé d'aller au Vietnam. On lui avait retiré sa couronne mondiale de boxe qu'il récupérera dans les années 1970. Mohamed Ali se bat contre la maladie de Parkinson depuis près de trente ans.
Lors de la cérémonie tenus à la base aérienne d'Andrew, dans le Maryland, le président Barack Obama et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton ont voulu rendre un vibrant hommage aux quatre Américains tués lors de l'assaut du consulat des Etats-Unis de Benghazi. Le moment est fort, Hillary Clinton expliquant l'extraordinaire engagement de son ambassadeur Christopher Stevens et des trois autres diplomates, dont deux ex-Navy Seals.
Et puis il y a ce moment, fort, très fort, où Barack Obama et Hillary Clinton se prennent la main en guise de solidarité et d'unité. A voir après 27.26 minutes.
On a beaucoup ergoté sur la progression dans les sondages que pourraient provoquer les conventions démocrate et
républicaine. De fait, le républicain Mitt Romney n'a que très peu bénéficié du grand rassemblement de Tampa. Barack Obama a lui fait un bon de plusieurs points après le rendez-vous de Charlotte. Mais comme on le sait, ce genre de rebond ne dure pas.
Bruce Springsteen (photo Cristina Quicler/AFP) en revanche, a beaucoup profité de la convention démocrate. Pour une fois, il ne s'y est pas produit, mais sa chanson "We Take Care of Our Own" est passée immédiatement après le discours du président Obama, nous raconte le New York Times. A la fin de la semaine de la convention, la vente de sa chanson avait connu une progression de 409% et plus de 2000 téléchargements. Même son dernier album "Wrecking Ball" en a bénéficié.
Pour le chanteur, c'est un retour d'ascenseur bien venu, lui qui était intervenu en 2004 en faveur du candidat présidentiel John Kerry et de Barack Obama en 2008. Bruce Springsteen n'a pas assisté à la convention de Charlotte cette année. Il avoue ne pas entendre assez de voix de gens issus de la classe moyenne et laborieuse au sein de l'administration américaine.
C'est aujourd'hui au Royaume-Uni qu'est publié un rapport de la Global Commission on Elections, Democracy and Security. Présidée par Kofi Annan (photo Fabrice Coffrini/AFP), l'ex-secrétaire général de l'ONU et composée de plusieurs ex-leaders mondiaux ainsi que de Prix Nobel, la commission est particulièrement critique du système électoral des Etats-Unis, "le pays le plus puissant au monde" qui a une responsabilité de montrer l'exemple. Selon le Guardian, les experts estime que le système américain manque de transparence et que le financement de la campagne électorale est hors de contrôle.
La commission est particulièrement critique de la décision de la Cour suprême de janvier 2010, "Citizens United" qui a balayé les efforts de réformer le financement des campagnes (le républicain John McCain et le démocrate Russ Feingold avaient échafaudé un projet bipartisan au début des années 2000) et qui a permis l'avènement des Super PAC, ces groupes politiquement actifs que les entreprises ou syndicats peuvent financer sans limite pour soutenir les candidats pour autant qu'il n'y ait pas un lien direct entre ces derniers et les Super PAC.
"Citizens United a miné l'égalité politique, affaibli la transparence du processus électoral et ébranlé la confiance des citoyens dans les institutions politiques et les élections américaines", précise le rapport. Ce dernier critique aussi les Etats américains qui ont introduit des lois imposant des cartes d'identité avec photo pour pouvoir voter et qui ont pour effet de limiter la participation des Afro-Américains dans le processus électoral. Pour la commission de Kofi Annan, le financement incontrôlé des campagnes électorales est l'une des cinq principales menaces guettant la démocratie.
Les commentateurs américains n'ont pas été tendre avec Mitt Romney dans l'affaire de l'ambassade (photo Mohamed Abd El Ghany/Reuters) des Etats-Unis au Caire. Alors qu'il était en pleine campagne électorale à Jacksonville en Floride, le candidat républicain a commenté à chaud, via un communiqué, le tweet envoyé par l'ambassade américaine de la capitale égyptienne qui condamnait "les efforts continus d'individus mal avisés pour heurter les sentiments religieux de musulmans [...] et les tentatives d'offenser les croyants de toutes religions". Il y condamnait le ton absurde du message qui laissait entendre que l'Amérique s'excusait de la diffusion d'une vidéo islamophobe, "L'Innocence des musulmans", alors que des islamistes radicaux prenaient d'assaut l'ambassade.
Or la chronologie des faits nous montre que Mitt Romney a réagi trop vite. Les commentateurs jeudi abondaient dans ce sens, affirmant même, pour certains, qu'il avait déjà perdu toute stature présidentielle. Le tweet de Larry Schwartz, du service de communication de l'ambassade, a été envoyé avant l'assaut de l'ambassade. Cette dernière souhaitait précisément éviter toute manifestation et calmer les esprits après que la vidéo très controversée et insultante eut été diffusée sur YouTube et sur la télévision égyptienne. Mitt Romney n'était bien entendu pas au courant de ce timing. Mais le lendemain, il n'en démordait pas, insistant sur le fait que l'administration Obama continuait de s'excuser dans le monde entier. Nicholas Burns, un haut diplomate du département d'Etat, qui a travaillé pour l'ancien président républicain George W. Bush, s'est dit "consterné de voir le gouverneur Romney insuffler de la politique [...] quand nos ambassades sont attaquées".
Ce type de soft power, pourtant, ne date pas de l'accession de Barack Obama à la Maison-Blanche, même si à l'époque il ne s'exprimait pas par le biais de Twitter. Frappée par les manifestations de violence anti-américaines en 2005 qui avaient éclaté après qu'un coran fut jeté dans les toilettes par des responsables américains qui interrogeaient des suspects d'Al-Qaida, l'administration de George W. Bush avait, comme nous l'apprend le Washington Post, tout fait pour éteindre l'incendie qui se déclarait dans le monde arabe. La secrétaire d'Etat adjointe de l'époque, Karen Hughes, en charge des relations publiques, s'était fait l'auteur de plusieurs déclarations similaires au tweet du Caire.
Analysant cet événement, l'éditorialiste du "New York Times" Gail Collins résume l'affaire ainsi: "Mitt's Major Meltdown".
Il avait 52 ans, était diplômé de Berkeley, parlant couramment l'arabe et le français. Christopher Stevens, ambassadeur des Etats-Unis à Tripoli depuis mai dernier, a parfois été nommé "l'homme de Benghazi". Au moment des révoltes arabes du printemps 2011, ce Californien a joué un rôle majeur en tant qu'ambassadeur pour aider les révolutionnaires désireux de faire chuter le régime de Mouammar Kadhafi. Il était le contraire du diplomate bureaucrate, vissé à son bureau. Il allait sur le terrain, rencontrait la population.
En retournant en Libye ce printemps, il était mû par un projet: celui d'aider le pays à construire une démocratie solide et prospère. Tué mardi soir lors d'un attentat (peut-être prémédité) perpétré par des islamistes, l'homme de Benghazi est tombé là où la population l'avait érigé en héros.
En arrivant en Libye en mai dernier, Christopher Stevens a d'emblée voulu se présenter au peuple libyen. Voici la vidéo qu'il a diffusée sur YouTube avec sous-titres en arabe:
Le général à la retraite Wesley Clark, qui avait commandé les opérations durant la guerre du Kosovo, est très critique des déclarations intempestives du candidat républicain Mitt Romney au sujet de l'assaut de l'ambassade des Etats-Unis au Caire orchestré par des islamistes. Il souligne à quel point le président Obama a relativement bien géré l'incertitude générée par le Printemps arabe. Wesley Clark fut, il est vrai, un candidat à la présidence lors des primaires démocrates de 2004 avant de se rallier derrière John Kerry.
2000 manifestants prenant d'assaut l'ambassade américaine du Caire (photo Khaled Desouki/AFP) et brûlant le drapeau américain. Des dizaines d'hommes armés appartenant à une milice islamiste Ansar al Sharia qui attaquent le consulat américain de Benghazi en Libye à coups de grenades lancés par des roquettes. Un agent du Département d'Etat américain tué dans l'aventure et dont la mort est confirmée par la cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton. Le film "Innonence des musulmans", qui dépeint le prophète Mahomet en coureur de jupons, pédophile et homosexuel, a suscité une vague d'indignation qui ne va pas sans rappeler l'épisode des caricatures de Mahomet qui avaient enflammé le monde musulman.
Le film, dont un extrait est disponible sur Internet (voir ci-dessous), a été réalisé, explique le Wall Street Journal (WSJ), par un promoteur immobilier israélo-américain, Sam Bacile. Ce dernier, dans une déclaration au quotidien américain, relève qu'il s'agit "d'une production américaine qui ne vise pas à attaquer les musulmans, mais à montrer l'idéologie destructrice de l'Islam. [...] Le film révèle par ailleurs, dans un ton satirique, la vie de Mahomet." Dans une conversation téléphonique avec le WSJ, Sam Bacile précise: "Ce film est politique et non religieux."
Le cinéaste et producteur Sam Bacile, 52 ans, originaire de Californie, a récolté 5 millions de dollars pour réaliser son film grâce à une centaine de donateurs juifs qui souhaitent rester anonymes. Selon le Wall Street Journal, Sam Bacile a mis trois mois à produire le film de deux heures avec 60 acteurs et 45 collaborateurs.
"Innocence des musulmans" a par ailleurs été promu par le pasteur intégriste chrétien de Floride, Terry Jones, qui s'est déjà fait remarquer pour avoir brûlé des corans. Le film tel qu'il est révélé par la bande-annonce est plus provocateur encore que les caricatures de Mahomet. Les événements du Caire et de Benghazi pourraient n'être qu'un début. Le Département d'Etat américain se refusait hier soir encore à faire un lien direct entre le film et les violences de lundi. L'ambassade américaine du Caire a pour sa part fait savoir que la diffusion du film relevait de la liberté d'expression garantie par le premier amendement de la Constitution américaine, mais qu'en l'occurrence, ce droit avait été bafoué.
Pour l'ex-vice-prédident des Etats-Unis Dick Cheney, le 11e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 n'est manifestement plus l'occasion (rare) d'unifier le pays. Dans un courriel envoyé au Daily Caller tard lundi soir (10 septembre 2012), le numéro deux de l'administration de George W. Bush, que beaucoup considèrent comme ayant été de facto le numéro un et l'un des vice-présidents les plus puissants de l'Histoire américaine, émet une critique au vitriol contre le président Barack Obama:
"Si le président Obama participait aux briefings de ses services de renseignement sur une base régulière, il comprendrait peut-être pourquoi des gens se sentent offensés par ses efforts de s'attribuer tout le crédit d'avoir tué Oussama ben Laden." Et Dick Cheney, qui dispose d'un nouveau coeur après une transplantation ce printemps, d'ajouter: "Ceux qui méritent le crédit de l'opération sont les hommes et les femmes de notre armée et des renseignements qui ont travaillé des années durant à le traquer. Ce sont eux qui méritent les remerciements d'une nation reconnaissante."
Les propos, envoyés au Daily Caller à quelques heures des commémorations du 11 septembre 2001 (lire le résumé de Propublica, organisme à but non lucratif spécialisé dans l'enquête), ont choqué, voire scandalisé. Certains n'ont pas manqué de rappeler que ces mêmes renseignements avaient soumis à la Maison-Blanche, au printemps 2001, un rapport soulignant qu'une opération terroriste était en train d'être mise sur pied aux Etats-Unis. Or George W. Bush assistait, contrairement à Barack Obama, à tous les briefings présidentiels avec les services de renseignement. Manifestement, cela n'a pas servi au président républicain. Le manque de coordination entre les agences du renseignement ont ajouté à l'incapacité américaine de déjouer les plus graves attentats ayant jamais frappé l'Amérique.
Dick Cheney n'est d'ailleurs pas le seul à tirer à boulets rouges sur Barack Obama. Une équipe d'anciens Navy Seals et officiers des forces spéciales s'exprime dans une vidéo pour dénoncer le fait que le président Obama s'attribue tous les mérites. Or ce dernier a au contraire répété à plusieurs reprises l'énorme courage et l'excellent travail des Navy Seals. Les anciens officiers apparaissant dans la vidéo ne sont toutefois pas très neutres. La plupart sont ou ont été des militants du Parti républicain, voire porte-parole du Tea Party.
La présidence des Etats-Unis, qui est convoitée par le répubicain Mitt Romney et que Barack Obama souhaite conserver pour quatre ans supplémentaires, est toujours un vaste sujet de débat outre-Atlantique. Après le troisième volume de la biographie de Lyndon Johnson publié par Robert Caro (The Passage of Power) ce printemps, c'est au tour de Steven Spielberg de présenter prochainement sur les écrans américains une biopic d'Abraham Lincoln. C'est sous la présidence de ce dernier que fut aboli l'esclavage et achevée la Guerre de Sécession.
Barack Obama lui-même s'est régulièrement référé à Abraham Lincoln, notamment dans son discours d'investiture devant le Capitole en janvier 2009. Il avait également effectué le même trajet en train que Lincoln après sa victoire en 2008.
Malheureusement pour la campagne électorale, les deux prétendants à la Maison-Blanche ne pourront pas s'inspirer du nouveau film de Spielberg pour leur campagne électorale. La sortie du film est prévue le ...9 novembre, 3 jours après la présidentielle. Voici néanmoins la première bande-annonce:
J'ai rencontré récemment dans un avion un collaborateur d'une société basée aux Etats-Unis spécialisée dans la production de piles et de batterie. Les produits de cette entreprise sont très pointus. Au fil de la conversation, il nous arrive soudain de parler de la guerre en Irak (photo Roberto Schmidt/AFP), un gouffre financier pour l'Amérique.
Pour le collaborateur en question, l'invasion de l'Irak n'était en réalité pas une surprise. Des semaines avant le fameux 20 mars 2003, sa société a vu son carnet de commandes exploser. L'armée américaine avait besoin de ce matériel en grande quantité. Conclusion: avant d'interroger des spécialistes de géopolitique pour savoir quand un pays s'engagera dans une guerre, il vaut mieux observer l'évolution du carnet de commandes de sociétés qui fournissent les armées.
Pour le candidat républicain Mitt Romney, conquérir l'électorat féminin sera un défi. Bien qu'il fût favorable à l'avortement dans les années 1990, il y est aujourd'hui fortement opposé. Il laisse par ailleurs les plus conservateurs de son parti imposer aux femmes des ultrasons intravaginaux pour les forcer à prendre conscience de ce qu'elles font quand elles avortent.
Autre victime de la campagne du ticket républicain: Planned Parenthood, une organisation qui fournit de l'aide en matière de santé à des millions de femmes. L'organisation lance dès lors une vaste campagne de 3,2 millions de dollars contre Mitt Romney en Ohio et en Virginie. Voici sa publicité:
Le site Internet de la campagne du républicain Mitt Romney, accusé de plagiat, a dû faire marche arrière. Il avait copié le même texte que celui figurant sur le site de la campagne de Barack Obama invitant les internautes à faire des dons pour soutenir le candidat. Le texte figurait sur le site, mais aussi dans les courriels et sms envoyés par l'équipe Romney. Le site Buzzfeed a constaté l'abus et l'équipe du candidat républicain à la Maison-Blanche a corrigé le tir.
Le discours de Mitt Romney (photo: Kayana Szymczak / Getty Images North America/ AFP) depuis qu'il est candidat à la Maison-Blanche (primaires républicaines y compris) était univoque: dès le
premier jour à la Maison-Blanche, s'il est élu, il abrogera l'Affordable Care Act, la réforme du système de santé du président Barack Obama. "I will repeal Obamacare on Day One", assène-t-il régulièrement sur les chaînes de télévision nationales.
Or dimanche lors de l'émission Meet the Press sur NBC, le républicain de Boston, qui a promulgué une loi similaire dans le Massachusetts quand il en était gouverneur en 2006, a fait volte-face. Il reconnaît que tout n'est pas à jeter dans la réforme. Mitt Romney conserverait ainsi la clause interdisant aux assureurs maladie de refuser un patient parce qu'il a déjà une maladie préexistante.
Certains ont déjà voulu voir un assouplissement des positions de Mitt Romney, qui, jusqu'ici, a entonné le credo de la droite dure, du Tea Party et des conservateurs les plus endurcis. Motif? tenter de séduire les électeurs du centre. C'est d'ailleurs souvent là que se gagnent les élections américaines. Le geste est séduisant, mais il pourrait aussi desservir le Bostonien en montrant une nouvelle fois qu'il change de position sur un sujet majeur. Il a déjà changé d'avis sur les droits des homosexuels et sur l'avortement.
Le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 avait donné lieu à de multiples célébrations et à un nombre incalculable de documentaires. Les cérémonies avaient lieu quelques mois seulement après la mort d'Oussama ben Laden, le leader d'Al-Qaida, l'organisation terroriste à l'origine des attaques contre les Etats-Unis.
Cette année, tout est apparemment beaucoup plus discret. Lle président Barack Obama demande néanmoins de ne pas oublier:
Entamant les deux derniers mois de campagne électorale, le président Barack Obama s'est rendu en Floride, l'un des Etats les plus disputés et plus importants de la présidentielle 2012. La bataille entre lui et son rival républicain Mitt Romney demeure très indécise.
Dans son tour de Floride, Barack Obama a voulu honorer le propriétaire d'une pizzeria, Scott Van Duzer, très actif pour faire la promotion des dons de sang dans le pays. Il a aussi une particularité: il est enregistré auprès des républicains, a voté cependant pour Barack Obama en 2008 et compte en faire de même en novembre. Scott Van Duzer est un costaud qui n'a pas manqué de surprendre le président quand il le souleva en plein restaurant devant une escouade de journalistes.
Une grosse bavure du service de sécurité? Apparemment non. Scott Van Duzer avait assuré ses arrières en demandant à l'un des gardes du corps de Barack Obama s'il pouvait tenter de soulever le président.
Même si elle a été un peu ternie par les chiffres du chômage qui ont été publiés un jour après sa clôture, la convention démocrate de Charlotte fut un événement sans fausse note. Si on la compare avec la convention républicaine de Tampa, les démocrates gagnent largement aux points. Mais cela va-t-il se répercuter dans le bond que pourrait faire Obama dans les sondages? Pour Mitt Romney, le sursaut fut minimal.
Voici pour conclure des vidéos de trois protagonistes: Michelle Obama, Barack et Bill Clinton.
Après trois jours de discours, de votes et de débats, la convention démocrate s'est achevée jeudi soir avec le discours de Barack Obama. Dans la Time Warner Cable Arena, pleine à craquer, le président noir a affirmé que l'élection du 6 novembre mettra les Américains devant le "choix le plus clair" de cette génération.
Auparavant, les délégués et sympathisants démocrates dans la ville de Charlotte, en Caroline du Nord:
(Cliquez sur les photos pour les agrandir)
La révérence de Bill Clinton devant Barack Obama:
Puis l'accolade...
Elizabeth Warren, ex-membre de l'administration Obama et candidate au Sénat contre le républicain Scott Brown. Son discours était moyen, mais elle a eu droit à une ovation de la salle:
Bill Clinton sur l'écran géant:
Et la star du début de la convention, la First Lady Michelle Obama à côté des frères Castro, grands espoirs démocrates et le vice-président américain à sa droite Joe Biden
Dans la Time Warner Cable Arena de Charlotte, dans le cadre de la convention démocrate, le révérend Jesse Jackson se confesse. Figure mythique de la lutte en faveur des droits civiques dans les années 1960, il était dans le parking devant la maison où Martin Luther King fut assassiné en 1968. Candidat à l'investiture démocrate dans les années 1980, il reste aujourd'hui une figure respectée du parti.
C'est souvent en période de crise que se révèlent les bons présidents. L'actuelle présidente du Comité national démocrate, Debbie Wasserman Schultz, n'appartient manifestement pas à cette catégorie. De façon générale, sa défense du bilan démocrate n'est jamais très bien articulée ou est excessive.
A Charlotte, en Caroline du Nord, où les démocates sont réunis en convention, Debbie Wasserman Schultz a sombré dans l'affaire de Jérusalem. Le Parti démocrate avait initialement enlevé de sa plateforme électorale (2008) la référence à Jérusalem comme capitale d'Israël. Mardi dernier, le président Barack Obama serait intervenu et les délégués ont voté par acclamation. Il y avait de fait autant de délégués contre que pour un retour de la référence dans le document. Mais le président de la convention a arbitrairement décidé que le "oui" l'avait emporté.
Invitée sur CNN jeudi matin, Debbie Wasseman Schultz s'est défendue, mal, très mal. Selon elle, si la référence ne figurait plus dans la plateforme du parti, c'était en raison d'une "omission technique". Les délégués n'ont d'ailleurs, selon elle, pas du tout discuté de la question. Sachant l'ultra-sensibilité de la question de Jérusalem, elle donne aux démocrates soit une image de parti désinvolte, soit de parti tellement confus qu'il ne sait plus quelle position adopter par rapport à Israël. Selon les médias américains, la présidente du Parti démocrate ne devrait pas prolonger son mandat. Le parti n'en sera pas forcément perdant.
Bill Clinton a tenu un discours de 50 minutes qui a galvanisé les quelque 6000 délégués présents dans la Time Warner Cable Arena. Maître de l'art oratoire, l'ex-président démocrate a livré un playdoyer en faveur du président sortant Barack Obama. Il a souligné qu'aucun président, ni même lui-même n'aurait pu sortir l'Amérique de la crise en seulement quatre ans. Soulignant que les théories économiques des républicains ne tiennent pas la route, il a montré comment l'administration Obama a permis la création de quelque 4,5 millions d'emplois dans le secteur privé alors que le Congrès s'est distingué en n'en créant aucun.
Pour Barack Obama, c'est sans doute le soutien le plus massif et le plus efficace qu'il ait reçu depuis le début de la campagne électorale. Vu la popularité de Bill Clinton, cette aide pourrait être décisive le 6 novembre prochain face à un camp républicain qui a bien un plan drastique de coupes budgétaires, mais qui dans le même temps prévoit d'augmenter de 2000 milliards le budget militaire et de réduire les revenus de l'Etat de quelque 5000 milliards par des baisses d'impôts.
A la sortie de la Time Warner Cable Arena, trois Américains réagissent au discours de Bill Clinton:
Tonyaa J. Weathersbee, journaliste, Jacksonville, Floride:
Donnell White, membre de la NAACP, Détroit:
Eleanor Smeal, présidente de Feminist Majority, Arlington
Les mauvaises langues diront que les organisateurs de la convention démocrate de Charlotte ont déplacé le discours du président
américain de jeudi soir du stade des Panthers à la Times Warner Cable Arena, car il voulait montrer qu'il est toujours fâché contre Wall Street. Le stade en question s'appelle le Bank of America Stadium (photo Robyn Beck/AFP).
Beaucoup s'interrogent toutefois. Pourquoi avoir organisé l'un des moments clés de la campagne électorale de Barack Obama dans un stade à ciel ouvert alors que les orages sont fréquents en septembre en Caroline du Nord? Aujourd'hui cependant, les prévisions météo étaient plutôt meilleures qu'il y a quelques jours. D'où la question: les démocrates ont-ils eu peur de subir la même mésaventure traumatisante que Mitt Romney qui tint un meeting électoral dans un stade vide de Detroit dans le Michigan?
Quand je disais que les démocrates entretiennent une relation difficile à la question d'Israël et du conflit israélo-palestinien (voir mes postes précédents), je ne pensais pas si bien dire. La plateforme démocrate de 2012 at rayé la référence à Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu alors qu'elle figurait dans le document de 2008.
Mais coup de théâtre: Barack Obama est intervenu et a demandé d'inscrire à nouveau Jérusalem en tant que capitale d'Israël. Les délégués réunis à Charlotte en Caroline du Nord ont dû voter à trois reprises pour que la modification présidentielle soit acceptée. Quand l'ajout a été approuvé, il a fait l'objet de huées de la salle. Le vote, effectué par acclamation, a d'ailleurs été interprété un peu vite par le président de la convention Antonio Villaraigosa comme un "oui" à la modification proposée par le président Obama.
Avant que la Maison-Blanche décide d'intervenir, les républicains avaient profité d'exploiter le changement de plateforme pour dénoncer l'attitude démocrate envers l'Etat hébreu dont Mitt Romney s'est fait le vrai défenseur. Et Barack Obama, comme en septembre 2011 dans son discours à l'ONU, dans lequel il ne fit pas une seule fois mention des Palestiniens, a cédé aux pressions républicaines. Pour ne pas faire de vagues à un peu plus de deux mois de l'élection présidentielle. En jeu: l'électorat juif qui a voté à 78% en sa faveur il y a quatre ans. Mais n'est-ce pas réducteur de limiter ces électeurs à la seule question d'Israël?
Le candidat républicain à la vice-présidence des Etats-Unis Paul Ryan a laissé une impression étrange ces dernières semaines en commettant deux gros mensonges qui pourraenit saper en partie sa crédibilité. Mais manifestement, les républicains, qui ont fait du mensonge ou des demi-vérités une arme de campagne ne sont pas les seuls à jouer avec la vérité.
Voici quelques jours, la présidente du Comité national démocrate, Debbie Wasserman Schultz, a déclaré qu'un ancien ambassadeur israélien, Michael Oren, lui a confié que la politique que les républicains entendent mener serait "dangereuse" pour Israël. Or le diplomate en question réfute de tels propos. La polémique n'a pas fini de faire des remous, car Debbie Wasserman Schultz ne lâche pas prise. Elle réaffirme les déclarations de l'ambassadeur. Quant au Washington Post, qui a procédé à son exercice habituel de vérification des faits (fact checking) en réécoutant les propos de la démocrate, iil attribue quatre Pinocchios à la présidente du Comité national démocrate.
En quatre ans, la plateforme électorale des démocrates a peu évolué. Un changement n'est toutefois pas passé inaperçu: par
rapport à 2008, la référence à Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu a disparu. C'est apparemment dans la logique des choses. Le président Barack Obama avait souligné, dans son discours devant les Nations unies en septembre 2011, que seules des négociations permettraient de résoudre le conflit israélo-palestinien et donc la question de Jérusalem. Dans un discours destiné notamment à rassurer l'électorat juif (qui a voté à près de 80% en sa faveur en 2008), il tentait de réfréner les ardeurs des Palestiniens qui souhaitaient adhérer à l'institution onusienne en forçant un vote de ll'Assemblée générale. Il essayait aussi de contenir les fortes pressions des républicains qui continuent de dépeindre le démocrate comme un président qui a "jeté Israël sous le bus".
Or l'aide des Etats-Unis à Israël demeure soutenue (près de 10 milliards de dollars). La coopération entre les armées américaine et israélienne demeure intense en dépit des relations houleuses entre le président américain et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. En voulant, dès son entrée en fonction, dialoguer avec l'Iran, Barack Obama avait pourtant d'emblée irrité les Israéliens. Aujourd'hui, Barack Obama, qu'on peut difficilement accusé de mener une politique étrangère molle, a durci le ton face à Téhéran en appuyant l'adoption de lourdes sanctions. Mais son image de "président le plus anti-israélien de l'Histoire", selon les termes du milliardaire et bailleur de fonds de Mitt Romney Seldon Adelson, perdure.
A Charlotte, à la convention démocrate, Nadia Hussain (photo Hyphen Magazin) est venue parler de son engagement politique. Musulmane américaine d'origine bangladaise, cette blogueuse pour le magazine Hyphen vit en Californie. Elle a été élue déléguée démocrate pour la convention. Elle le rappelle, en 2008, près de 80% des musulmans avaient voté pour Barack Obama. Cette année, elle a bon espoir que le parti retrouve un second souffle.
Quand on lui demande d'expliquer la relation du Parti démocrate à la question israélo-palestinienne et au changement opéré dans la plateforme électorale, Nadia Hussain explique qu'elle se concentre sur les questions de participation et ne traite pas de cette question. La gêne par rapport à Israël demeure d'autant que Mitt Romney a adopté un profil de campagne très pro-israélien. Le candidat républicain s'est rendu en Israël pour y déclarer que Jérusalem devait être la capitale de l'Etat hébreu.
Paul Ryan, candidat républicain à la vice-présidence des Etats-Unis est-il en train de saborder sa propre crédibilité? Depuis que Mitt Romney a choisi le représentant du Wisconsin pour l'accompagner sur le ticket républicain dans la course à la Maison-Blanche, il a tout d'abord séduit par son courage, sa vision. Le président de la Commission du budget de la Chambre des représentants a élaboré ce printemps un budget qui tranche à la hussarde dans les prestations de l'Etat, sauf la Défense. Les conservateurs ont jubilé.
Son discours à la convention républicaine de Tampa a d'abord été bien reçu. Puis, peu à peu, les mensonges grossiers - et non les habituels petits mensonges (white lies) propres aux campagnes électorales tant démocrates que républicaines - sont apparus ici et là. Le dernier en date, c'est le temps que Paul Ryan a mis pour courir un marathon en 1990. Dans une interview accordée à Hugh Hewitt, une figure de journalisme radiophonique aux Etats-Unis, le vice-président putatif n'a pas fait dans le détail: il a couru les 42 kilomètres en 2 heures 50 et des poussières. Fasciné par cette performance, Scott Douglas, de Runner's World, veut en savoir plus. Il fait des recherches et trouve la vraie performances de Paul Ryan: 4 heures 01.
C'est la deuxième fois en une semaine que Paul Ryan est pris en flagrant délit de mensonge. Politiquement, cela paraît insensé. On a tous menti à un inconnu qui nous demande un jour ou l'autre notre performance dans tel ou tel sport, sachant qu'on ne va pas le revoir. Mais sur une chaîne nationale américaine, c'est presque une volonté délibérée de s'auto-saborder. A la convention républicaine, il avait accusé Barack Obama de ne pas avoir tenu sa promesse quant au maintien d'une usine de GM dans la ville de Paul Ryan. Or l'usine en question fut fermée sous George W. Bush...
Il y a encore 64 jours de campagne. Cela risque d'être long pour Paul Ryan...
Voici le dialogue qu'il a eu avec le journaliste radiophonique Hugh Hewitt:
HH: Are you still running? PR: Yeah, I hurt a disc in my back, so I don't run marathons anymore. I just run ten miles or yes. HH: But you did run marathons at some point? PR: Yeah, but I can't do it anymore, because my back is just not that great. HH: I've just gotta ask, what's your personal best? PR: Under three, high twos. I had a two hour and fifty-something. HH: Holy smokes.
Certains observateurs de la scène politique américaine l'affirment: le Daily Show de Jon Stewart est l'une des formes de journalisme politique critique les plus abouties. Bien sûr, Jon Stewart, qui a l'humour et le sarcasme du Juif new-yorkais, est un "liberal", un satiriste de sensibilité de gauche. Mais il met en lumière toutes les incohérences des politiques, qu'ils soient démocrates et républicains.
Regard de Stéphane Bussard, correspondant du Temps aux Etats-Unis sur une Amérique innovante, audacieuse, mais que l'explosion des inégalités sociales a fini par faire douter de sa capacité à se réinventer, une Amérique désormais écartelée entre deux visions diamétralement opposées de son avenir.