Vu l'allégeance idéologique du rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation Jean Ziegler (il dit toujours
être resté à Genève sur conseil de Che Guevara, quand ce dernier avait séjourné à Genève dans les années 60), on pouvait craindre le pire sur son appréciation de la situation sur l'île des Caraïbes. En mission du 28 octobre au 6 novembre dernier, le rapporteur a souligné que le droit à l'alimentation est l'une des grandes priorités des autorités cubaines. En théorie, c'est vrai, le droit figure dans la Constitution. En réalité, c'est moins vrai. Le carnet de rationnement (libreta) n'assure que le strict minimum et c'est pas toujours ragoûtant. Et les denrées accessibles sur le marché libre sont de plus en plus chères. La présence permanente des deux monnaies, peso cubano et peso convertible, y est pour quelque chose. Pour Jean Ziegler, des "facteurs externes influencent grandement (en mal) la réalisation du droit à l'alimentation". C'est notamment la fin du bloc commercial soviétique, le blocus américain et l'augmentation des prix des produits alimentaires sur le marché mondial.
Pour désamorcer d'emblée les critiques et ne pas courir le risque du discrédit, Jean Ziegler a néanmoins mis en évidence certaines lacunes à Cuba. La production et la distribution intérieures de produits alimentaires sont limitées, les facteurs de production agricole sont insuffisants, les moyens de transports également. Les restrictions du marché et la faiblesse des prix versés aux producteurs agricoles "ne les incitent guère à augmenter la production. Les consommateurs souffrent également du manque de revenu, etc. Et, last but not least, le climat tropical, vraiment? Candidat officiel de la Suisse à l'élection du Comité consultatif du CDH, Jean Ziegler nous a fait craindre le pire. Il s'en sort finalement pas trop mal. S. Bu.
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