"Je trouve que c'est la moindre des choses, pour un artiste connu, de s'engager ainsi." Le clown Dimitri
était au Festival du film et forum international sur les droits humains (Fifdh) jeudi. Il est venu rencontrer la journaliste russe Oksana Chelyscheva dans le cadre de l'opération de parrainage Défendre les défenseurs
des droits de l'homme mise sur pied par le Département fédéral des Affaires étrangères, l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et le Fifdh.
Magnifique rencontre sous un soleil printanier avec un clown qui, en l'occurrence, traitait d'un sujet sérieux. Dimitri, dont le grand-père maternel était Russe, parraine ainsi Stanislas Dmitrievski, un Russe accusé de terrorisme par le pouvoir. "Le DFAE m'avait demandé de choisir une victime des droits humains. Je leur ai dit, choisissez vous-mêmes, je ne peux pas choisir une victime", relève-t-il.
Pour faire avancer la cause de Stanislas, Dimitri entend publier une lettre ouverte dans la presse russe. "Il faudra trouver les bons mots, je ne souhaite pas non plus nuire à la personne que je suis censée soutenir." Pour Dimitri, ce type d'action n'est pas une surprise: "J'ai toujours eu une affinité pour ce genre de cause. Je me suis toujours occupé de réfugiés, engagé pour résoudre des problèmes sociaux. J'ai aussi caché des Kurdes.
Peut-on traiter des droits humains avec de l'humour? Le clown Dimitri avait assisté, comme membre du jury, à un festival du film sur les droits humains à Locarno. Il avait vu plus d'une vingtaine de films. Il s'en souvient: "Je dois avouer qu'il n'y avait que peu de place pour l'humour. Mais je viens de lire dans le "Tagesanzeiger" que l'une des soupapes de sécurité en Russie aujourd'hui, c'est l'humour. On parle désormais de Lilipoutine pour qualifier le successeur de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev. C'est amusant." Et Dimitri de confesser qu'il aime la Russie, les Russes, des gens "très créatifs et intelligents". S. Bu. (photo Keystone)


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