Genève, capitale des libertés? La formule fait figure de slogan. Stéphane Bussard, Frédéric Koller et Richard Werly racontent le quotidien des acteurs impliqués dans la défense des droits de l'homme, notamment au Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

mars 2008

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17/03/2008

Le FIFDH boucle sa 6e édition sur un succès retentissant

Le Festival du film et forum international sur les droits humains a attiré les foules à Genève du 7 au 16 mars: jeunes, moins jeunes, militants des droits de l'homme ou non, Genevois, non-Genevois. 16000 festivaliers ont défilé à la Maison du Grütli pour assister aux projections et aux débats parfois très animés consacrés aux droits humains. Des débats qui ont parfois duré jusqu'à une heure du matin.

Fifdh_08_logo_web Le Festival a cette année encore et peut-être plus que par le passé joué son rôle de contrepoids du Conseil des droits de l'homme réuni actuellement en 7e session au Palais des Nations à Genève. Les débats du Festival étaient forcément moins diplomatiques que les interventions des ambassadeurs au CDH. Les films étaient aussi moins politiquement corrects.

Dans les souvenirs, soirée très émouvante samedi soir sur les femmes qui se battent contre l'impunité avec Yasmin Sooka, membre de la Commission de vérité d'Afrique du Sud et Helen Mack, une Guatémaltèque qui se bat pour les droits humains depuis que sa soeur a été poignardée alors qu'elle enquêtait sur les personnes déplacées traquées par l'armée.

Le palmarès du Festival a été dévoilà le 15 mars: deux films ont terminé premiers: IN PRISON MY WHOLE LIFE de Marc Evans et SUFFERING AND SMILING de Dan Ollman. S. Bu.

14/03/2008

Le clown Dimitri s'engage pour les droits de l'homme

"Je trouve que c'est la moindre des choses, pour un artiste connu, de s'engager ainsi." Le clown DimitriDimitri2 était au Festival du film et forum international sur les droits humains (Fifdh) jeudi. Il est venu rencontrer la journaliste russe Oksana Chelyscheva dans le cadre de l'opération de parrainage Défendre les défenseurs des droits de l'homme mise sur pied par le Département fédéral des Affaires étrangères, l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et le Fifdh.

Magnifique rencontre sous un soleil printanier avec un clown qui, en l'occurrence, traitait d'un sujet sérieux. Dimitri, dont le grand-père maternel était Russe, parraine ainsi Stanislas Dmitrievski, un Russe accusé de terrorisme par le pouvoir. "Le DFAE m'avait demandé de choisir une victime des droits humains. Je leur ai dit, choisissez vous-mêmes, je ne peux pas choisir une victime", relève-t-il.

Pour faire avancer la cause de Stanislas, Dimitri entend publier une lettre ouverte dans la presse russe. "Il faudra trouver les bons mots, je ne souhaite pas non plus nuire à la personne que je suis censée soutenir." Pour Dimitri, ce type d'action n'est pas une surprise: "J'ai toujours eu une affinité pour ce genre de cause. Je me suis toujours occupé de réfugiés, engagé pour résoudre des problèmes sociaux. J'ai aussi caché des Kurdes.

Peut-on traiter des droits humains avec de l'humour? Le clown Dimitri avait assisté, comme membre du jury, à un festival du film sur les droits humains à Locarno. Il avait vu plus d'une vingtaine de films. Il s'en souvient: "Je dois avouer qu'il n'y avait que peu de place pour l'humour. Mais je viens de lire dans le "Tagesanzeiger" que l'une des soupapes de sécurité en Russie aujourd'hui, c'est l'humour. On parle désormais de Lilipoutine pour qualifier le successeur de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev. C'est amusant." Et Dimitri de confesser qu'il aime la Russie, les Russes, des gens "très créatifs et intelligents". S. Bu. (photo Keystone)

«Au nom d'Anna»

VIDEO. La journaliste Manon Loizeau a présenté au Festival international du film sur les droits humains son documentaire sur Anna Politkovskaïa, sa consœur russe assassinée en octobre 2006. Dans un entretien vidéo, elle évoque le combat de cette voix des sans-voix, et le travail des journalistes dans la Russie de Vladimir Poutine. Rencontre. (FK/PC/ML)

(Vidéo: LeTemps.ch/CAPA ; 3:30 min.)

La Birmanie dit "non" à Paulo Sergio Pinheiro

La Birmanie avait soufflé le chaud et le froid. C'est finalement le froid qui l'a emporté. Vendredi, l'ONU à9f0521c5 Genève a confirmé que le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Birmanie s'est vu refuser son visa par la junte birmane. Ce n'est pas une totale surprise si l'on sait que Paulo Sergio Pinheiro a présenté un rapport pour le moins critique sur le pays. Il faut dire que les autorités birmanes n'ont pas contribué à une quelconque amélioration sur le terrain. Le nombre de prisonniers politiques atteint désormais le chiffre vertigineux de 1850 personnes. S. Bu.

La Russie passionne les foules

Poutine_2Débat très animé jeudi soir au Festival du film et forum international sur les droits humains. Le thème? Le système Poutine. Les interventions ont révélé des histoires très différentes. Ainsi, la journaliste russe Oksana Chelyscheva s'est montrée très critique du régime instauré par Vladimir Poutine. Pour elle, il est inutile d'essayer d'expliquer la répression qui sévit ici et là. "Il faut accepter l'absurde comme une part de la réalité. Il ne faut pas chercher la logique dans chaque action."

Et la journaliste de poursuivre: "Le pouvoir russe n'a pas d'idéologie comme à l'époque du Parti communiste et de l'URSS. Il a l'idéologie du pouvoir, il veut le pouvoir pour le pouvoir."
Politologue et directeur de Merkator, Dmitri Orechkine était plus nuancé: "La mentalitéde Poutine, c'est une mentalité de transition. En Russie, tous savent que les élections étaient truquées, même le Kremlin. Mais personne n'est horrifié. Si l'élection avait été démocratique en Ingouchie ou en Tchétchénie, il y aurait pu avoir des résultats donnant largement vainqueurs des mouvements islamistes radicaux. On sous-estime le traumatisme qu'a été la fin de l'URSS. Les Russes ont donc peur de perdre d'autres territoires."
Georges Nivat, professeur de russe, n'a de son côté pas goûté le film de Jean-Michel Carré: "La métholologie historienne du film est mauvaise." Quant à Manon Loizeau, réalisatrice d'Au nom d'Anna, elle refuse l'argument de Georges Nivat selon lequel la répression serait l'oeuvre d'autorités locales autonomes: "Ok, Anna Politkovskaïa n'a pas été tuée par Poutine, mais c'est le système qu'il a mis en place qui l'a assassiné." Da svidania!!! S. Bu.

12/03/2008

Un juge de la Cour pénale internationale à Berne

En savoir plus sur la Cour Pénale Internationale? Mieux cerner les enjeux et les difficultés rencontrées par la justice face aux criminels de guerre et aux responsables de crimes contre l'humanité ? Suite à l'intervention ce jour dans nos colonnes du procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, Anya George, de l'association Trial, nous informe à juste titre de la conférence que donnera jeudi 13 mars le juge Hans Peter Kaul, de la CPI, à l'issue de son assemblée générale (Université de Berne, 18h30 à Berne. Les années passées, Carla Del Ponte, ex-procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et le professeur Walter Kälin, l'un des pères du Conseil des droits de l'homme avaient répondu à l'invitation de Trial. R. W.

 

Au nom d'Anna (Politkovskaïa) au FIFDH

Elle ne voulait pas avoir honte devant ses petits-enfants. Elle s'est donc jurée de lutter contre les abus du pouvoir russe envers les journalistes notamment. Anna Politkovskaïa, journaliste critique du Kremlin dans son attitude lors de la guerre en Tchétchénie, assassinée le 7 octobre 2006, témoigne de son combat dans un film de Manon Loizeau, qui est projeté au Festival international du film sur les droits humains à Genève (Maison du Grütli, 20h15, suivi d'un débat avec un autre cinéaste, Jean-Michel Carré, auteur du Système Poutine, Georges Nivat, professeur de russe, Manon Loizeau et Dmitri Orechkine, politologue).

Anna1Pour Manon Loizeau, le plus terrible, un an et demi après l'assassinat d'Anna Politkovskaïa, journaliste à Novaïa Gazeta, c'est l'indifférence de la société russe actuelle, une société qui "s'habitue aux meurtres de ses journalistes". Pour la réalisatrice, la Russie a beaucoup changé: être résistant en Russie aujourd'hui, "c'est vendre un journal indépendant", relève-t-elle. Poignant témoignage aussi d'un journaliste, Andreï Novikov, enfermé dans un asile psychiatrique car il est considéré comme un danger pour la société. S. Bu.

La liste de Washington qui offusque Damas

Les autorités syriennes ont tenu à protester mercredi contre la décision de Washington de faire figurer la Syrie sur la liste des "pires Etats violateurs des droits de l'homme" de la planète. Elles ont déclaré que "l'évaluation avancée par les Etats-Unis dans leur rapport n'est pas objective, elle est basée sur des considérations politiques", affirme le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué. Les droits de l'homme ont une composante politique? Au Conseil des droits de l'homme, cette dimension nous avait échappé... S. Bu.

Un master interdisciplinaire en droits de l'enfant est créé

Une formation nouvelle et inédite voit le jour à l'Institut universitaire Kurt Bösch à Sion en collaboration avec l'Université de Fribourg: un master interdisciplinaire en droits de l'enfant. Cette formation est proposée notamment par Jean Zermatten, directeur de l'Institut des droits de l'enfant et vice-président du Comité des droits de l'enfant de l'ONU.

Selon les responsables de ce programme, la Convention relative aux droits de l'enfant, adoptée par presque tous les Etats du monde, "jette les bases d'un nouveau contrat social entre l'Etat et l'enfant et plus généralement entre tous les acteurs sociaux (parents, enseignants, autorités civiles). L'enfant, autrefois simple objet de mesures de protection est désormais considéré comme un sujet, un acteur social." S. Bu.

Micheline Calmy-Rey déçoit profondément l'American Jewish Committee

Dans une lettre adressée à la conseillère fédérale et ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey,Micheline_calmyrey l'American Jewish Committee exprime sa profonde déception par rapport au soutien apporté par la Suisse à la résolution adoptée par le Conseil des droits de l'homme le 6 mars condamnant Israël au sujet de la situation à Gaza. Le directeur exécutif du AJC souligne que "le CDH a déraillé de la faute de pays qui ont peu d'égards pour les droits de l'homme et dont le seul agenda, semble-t-il, est d'isoler et de censurer Israël." Et le directeur d'ajouter: "Nous regrettons profondément que votre gouvernement juge adéquat de se rallier à ces pays." S. Bu.

Washington retire Pékin de la liste noire

Washington est parfois conciliant. Le gouvernement américain vient de retirer la Chine de sa liste desUncle_sam_pointing_finger pires violateurs des droits humains. Son argument: la Chine est désormais un "pays autoritaire en pleine réforme économique ayant vécu des changements sociaux rapides mais n'ayant pas procédé à des réformes politiques et continuant à nier à ses citoyens les droits de l'homme et les libertés fondamentales basiques". Selon la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, la liste "est rédigée avec l'espoir qu'aucune partie du monde n'est condamnée à perpétuité à la tyrannie".

La Russie n'a pas cette chance-là. Le rapport annuel américain relève qu'en Russie, la concentration du pouvoir entre les mains de l'exécutif, un parlement complaisant, la corruption, la sélectivité dans l'application des lois, les restrictions imposées aux médias et le harcèlement de certaines ONG font que le gouvernement est de moins en moins redevable de ses actes". Le passage sur la Russie occupe plus d'une centaine de pages... S. Bu.

Le droit à l'alimentation à Cuba selon Jean Ziegler

Vu l'allégeance idéologique du rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation Jean Ziegler (il dit toujoursHav_ana_cuba_020 être resté à Genève sur conseil de Che Guevara, quand ce dernier avait séjourné à Genève dans les années 60), on pouvait craindre le pire sur son appréciation de la situation sur l'île des Caraïbes. En mission du 28 octobre au 6 novembre dernier, le rapporteur a souligné que le droit à l'alimentation est l'une des grandes priorités des autorités cubaines. En théorie, c'est vrai, le droit figure dans la Constitution. En réalité, c'est moins vrai. Le carnet de rationnement (libreta) n'assure que le strict minimum et c'est pas toujours ragoûtant. Et les denrées accessibles sur le marché libre sont de plus en plus chères. La présence permanente des deux monnaies, peso cubano et peso convertible, y est pour quelque chose. Pour Jean Ziegler, des "facteurs externes influencent grandement (en mal) la réalisation du droit à l'alimentation". C'est notamment la fin du bloc commercial soviétique, le blocus américain et l'augmentation des prix des produits alimentaires sur le marché mondial.

Pour désamorcer d'emblée les critiques et ne pas courir le risque du discrédit, Jean Ziegler a néanmoins mis en évidence certaines lacunes à Cuba. La production et la distribution intérieures de produits alimentaires sont limitées, les facteurs de production agricole sont insuffisants, les moyens de transports également. Les restrictions du marché et la faiblesse des prix versés aux producteurs agricoles "ne les incitent guère à augmenter  la production. Les consommateurs souffrent également du manque de revenu, etc. Et, last but not least, le climat tropical, vraiment? Candidat officiel de la Suisse à l'élection du Comité consultatif du CDH, Jean Ziegler nous a fait craindre le pire. Il s'en sort finalement pas trop mal. S. Bu.

11/03/2008

Xinran, les jeux et le dalai lama

Xue Xinran, femme journaliste et écrivain de renom, a une piètre estime des dirigeants chinois. Lundi soir, lors du débat "Chine, un podium pour les droits de l'homme" organisé par le FIFDH, elle a expliqué pourquoi elle était favorable aux jeux de Pékin. En résumé, elle y voit, grâce au dialogue qu'ils créent avec le monde extérieur, une très bonne occasion d'éduquer les Chinois et en particulier leurs cadres. 37208_xue_xinranPour preuve de l'inculture des élites chinoises - que les Occidentaux auraient une facheuse tendance à surestimer - Xinran m'a livré cette anecdote. Quelques heures plus tôt, le dalai lama avait vertement critiqué la brutalité de l'occupation chinoise au Tibet depuis son fief de Dharamsala. L'agence "Chine nouvelle" a aussitôt déformé les propos du dalai lama en lui faisant dire qu'il appelait à un boycott des jeux de Pékin. Une contre-vérité grossière puisqu'il venait de répéter, deux jours plus tôt, qu'il était favorable à ces jeux. Les réactions de protestations sont immédiates en Chine. C'est Xinran qui, contactée par Chine nouvelle, corrige l'erreur de leur dépêche. Malveillance de l'agence officielle pour noircir un peu plus l'image du dalai lama auprès des Chinois ? Point du tout, selon Xinran. L'explication est plus simple: les Chinois ignorent tout du Tibet et de son chef spirituel réduit à son étiquette d'anti-Chinois. Donc, forcément contre les jeux. Et si Pékin invitait le dalai lama pour la cérémonie des jeux ? F.K.

10/03/2008

Comment conduire les mercenaires à respecter les droits de l'homme?

Le Conseil des droits de l'homme (CDH) s'est penché lundi sur un phénomène inquiétant qui s'est Blackwaterday1a140x110 développé depuis la fin de la Guerre froide en raison de la réduction des effectifs des armées nationales: les mercenaires ou les soldats privés. Si, d'un point de vue militaire, ils peuvent être problématiques car ils n'obéissent pas aux chaînes de commandement prévues par un dispositif national ou international, ils posent un vrai problème en termes de respect des droits de l'homme et du droit international humanitaire.

Le groupe de travail du CDH relève que dans des Etats minés par les conflits, ceux-ci n'ont pas la capacité de contrôler et de cadrer ces soldats privés qui sont souvent d'anciens membres des forces armées nationales. Il souligne que comme ces mercenaires n'ont de compte à rendre qu'à leur employeur, leur société de sécurité, ils bénéficient d'une quasi-immunité qui se transforme bien souvent en impunité. Car on a pu le voir notamment en Irak, où les sociétés de sécurité privées abondent, que ces mercenaires ne sont pas avares d'abus des droits de l'homme. Le groupe de travail relève que comme les Etats ont le monopole de l'usage de la force, c'est à eux qu'il incombe de remettre à l'ordre ces mercenaires. La tâche promet d'être difficile. Ces sociétés et leurs employés (qui gagnent jusqu'à 20000 francs par mois) sont fortement attirés par l'appât du gain et n'ont souvent aucune formation dans le domaine des droits de l'homme et du droit international humanitaire. S. Bu.

Micheline Calmy-Rey candidate au Haut-Commissariat?

Le nom de la ministre suisse des Affaires étrangères circulait dans les coulisses du Conseil des droits deMichelinecalmyrey14 l'homme la semaine dernière. La rumeur semble être parti de journalistes. Est-ce que la conseillère fédérale va succéder à Louise Arbour à la tête du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme? La radio et la presse se sont étendues sur le sujet sans apporter de réponse.

Même si le choix incombe au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et qu'il doit être entériné par l'Assemblée générale de l'ONU, est-ce bien réaliste?

L'engagement de Micheline Calmy-Rey pour les droits humains ne fait aucun doute. Toutefois, plusieurs facteurs tendent à invalider une telle "candidature". Premièrement, comme l'a indiqué Louise Arbour, son successeur devrait plutôt être d'un pays dit du Sud. Deuxièmement, il n'est pas sûr que les Occidentaux, et en particulier les Américains et les Britanniques, soient prêts à soutenir la conseillère fédérale dont la sensibilité envers le Sud pourrait la rendre moins compatible avec l'orthodoxie occidentale en la matière. A moins que les Etats-Unis fassent parler leur réalisme en se disant que "mieux vaut conserver le Haut-Commissariat dans le camp occidental avec une candidate qui y a grandi et qui y a été formée aux valeurs démocratiques".

Il n'en demeure pas moins que, ministre des Affaires étrangères qui a poussé à la création du Conseil des droits de l'homme, Micheline Calmy-Rey est aussi une Genevoise. Et le Haut-Commissariat étant à Genève, on pourrait avoir l'impression qu'on se bat davantage pour Genève que pour les droits de l'homme. S. Bu.